Inde et Chine, course à l’influence par la culture.

3 December, 2006

Source : Nilova Roy, ChaudhuryNew Delhi dans un article daté du 3 décembre

PÉKIN, pour développer sa capicité d’influence sous la banière de "l’harmonie culturelle" va investir près de 10 milliards de dollars pour construire 100 "Centres Confucius" à travers le monde d’ici à 2010. L’Inde, quant à elle, pour contrer cette influence, va chercher à se doter de nouveaux effets de leviers à partir de ses "soft power" que sont la musique, la danse, les films, la cuisine, les livres et l’art.

Les États-Unis ont exporté avec succès l’USIS, la Grande-Bretagne le British Council, la France l’Alliance Francaise, l’Allemagne l’Institut Goethe, la Russie ses centres culturels et le Japon la Japan Foundation. Toutess ces organisations "de diplomatie molle" sont presque entièrement financées par les différents Ministères des Affaires Etrangères de ces pays.

"L’Inde a eu un bon démarrage, par la création du Conseil indien pour les Relations Culturelles (ICCR) en 1950," selon Pavan Verma, le Directeur général de l’ICCR. Le but était "de placer l’Inde en tant que superpuissance culturelle," mais "nous nous sommes laissés distancés et semblons incapables de satisfaire la demande".

En citant un exemple, Monsieur Verma a indiqué qu’au moment de la visite du Premier ministre Indien Manmohan Singh à Kaboul l’année dernière, celui-ci a annoncé la mise en place de 500 bourses à destination des étudiants afghans pour qu’ils puissent venir faire leurs études en Inde. Plus de 12,000 étudiants afghans se sont présentés à l’Ambassade indienne de Kaboul pour passer l’examen d’attribution des bourses.

Dans une première phase, l’Inde projette de relever le nombre de ses centres culturels à l’étranger de 22 à au moins 30, en commençant par Washington, Paris, Kaboul, Kathmandu, Pékin, Tokyo et "quelque part dans le Golfe", probablement Dubai, dès que possible. Pour cela, le Ministère des Affaires Etrangères, qui chapotte l’ICCR, a cherché une augmentation du budget attribué à son développement auprès du Ministère des Finances qui considère l’initiative avec "sympathie, mais n’est pas entièrement convaincu", a dit le Président de l’ICCR Karan Singh.

Le projet Universitaire Nalanda, le prochain Festival de l’Inde au Japon, le déroulement de l’année de l’Amitié Chine-Inde, et le fait que l’Inde occupera bientôt le fauteuil de l’Association pour la Coopération Régionale pour l’Asie du Sud, sont des opportunités pour créer plus d’intérêt.

Mais "quelque part", ajoute Monsieur Verma, "par manque de fonds, nous prendrons du retard" parce que "nous sommes entrés dans une demande qualitative sur l’Inde. Nous ne devons pas la créer. La diversité du passé couplé avec l’excitation du présent aini que l’énorme potentiel de l’Inde pour l’avenir poussent les gens à vouloir en savoir plus.

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