Le temps qu’il fait sur la Chine…- N°06

22 February, 2007

? Il suffit de regarder par la fenêtre pour constater la dégradation du climat chinois. Le 5/02, on atteignit 16°C, record absolu en 167 ans. Les magnolias de la capitale bourgeonnèrent 30 jours à l’avance. Il fit au Dongbei 4,1°C de trop. Déjà la sécheresse menace.

? Shanghai affirme (7/02) qu’elle gagne sa guerre anti-Atlantide, contre sa propre immersion. Dans les années ‘60, elle pompait dans ses nappes phréatiques, et s’enfonçait de 10 cm/an. A ce rythme, elle aurait dès 1998 mérité le sobriquet Xiahai (??, « ville sous la mer »). Cependant les mesures de salut public de l’époque renoncèrent à tout puisage et limitèrent le poids des structures nouvelles en zone sensible.

L’affaissement fut donc ramené à 7,5mm, en 2006, et retrouvera une hauteur de 7mm, en 2010. Il est temps : la mer n’est plus qu’à 4m ! Shanghai (20M habitants), affirme avoir assez d’eau, venant de deux sources dont le Yangtzé. Pour 1,6 MM€, elle vient de creuser un réservoir de 400Mm3. Assez pour étancher sa soif – tant que les glaciers du Tibet seront là pour alimenter le Yangtzé, soit 35 ans…

? Avec un luxe de détails, Caijing, le journal privé des affaires, tire le voile sur une carambouille effarante et sans doute, le record des 10 dernières années : la privatisation de Luneng, grande entreprise d’Etat du Shandong. En mai 2006, en secret et en toute opacité, 92% de ses parts passèrent à Shouda et Guoyan (groupes privés), à prix très amical, 373M€, pour un patrimoine (mine, immobilier, distribution électrique) estimé à 7,4MM€ !

Les vrais repreneurs constituent un trou noir. Guoyan et Shouda n’existaient pas trois ans avant. Guoyan (57% de Luneng), est financé par New Times, Fonds d’investissement, mais les trois groupes ensemble, n’a-vaient pas en caisse, les fonds suffisants pour cette transaction—le vrai argent vient d’ailleurs !

Protégé par la province du Shandong, Luneng a prospéré dans le pays, en rachetant mines et centrales à des prix qu’elle imposait, grâce à sa position dominante de distributeur.C’est pour cela que la réforme de l’électricité en Chine (2001) obligea la scission entre producteurs et distributeurs. Mais Luneng fut exempté - le seul groupe. Privilège obtenu, révèle Caijing, en cédant ses parts aux employés pour contourner la loi anti-trust. En 2006, il y échappe une 2de fois, en privatisant, après avoir forcé les employés à rendre leurs parts.

10 ans plus tard, son ex-boss Liu Zhenya, promu patron de Stade Grid le réseau national (1er groupe du pays), fait passer le futur réseau national, à travers les bases ainsi acquises par Luneng.

On voit donc deux victimes (l’Etat, les employés), et deux gagnants – les vendeurs et repreneurs, réels ou prête- noms. Le journal Caijing réclame un audit, et que soit introduit en Chine la pratique de l’appel d’offres sur les marchés publics –pour que l’Etat protège enfin le patrimoine de la nation, des appétits de ses hauts commis. Pour l’instant, Caijing prêche dans le désert…

LE VENT DE LA CHINE

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