La procédure de liquidation d’une entreprise en Chine
March 29, 2007
La procédure de liquidation en Chine
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La plupart des entreprises étrangères en Chine prospèrent et rapportent de l’argent. Mais il en est aussi qui coulent et seront obligées de fermer du fait de circonstances extérieures liées par exemple aux opérations de leur maison mère à l’étranger. Dans le même temps, certaines des premières entreprises étrangères à s’être installées lors de la politique d’ouverture meurent de mort naturelle, après dix ans d’existence et doivent être fermées.
Lorsque tel est le cas, il faut tenir compte des intérêts de différentes personnes impliquées : les employés, les clients, les créanciers, les débiteurs, mais aussi de certaines autorités locales, juridiques et fiscales. La fermeture d’une entreprise provoque aussi des émotions et entraîne des incertitudes.
Il existe des dispositions dans la législation chinoise venant encadrer ce processus, régissant la façon dont il faudra procéder, s’assurant que les factures seront honorées, les impôts versés, le sort des employés pris en compte, que l’entreprise ne fuira pas ses responsabilités. Dans ce numéro de China Briefing, nous vous expliquons quelle est la procédure que vous devrez respecter si vous avez à fermer votre entreprise étrangère en Chine et soulignons les points qui devraient retenir votre attention. Nous vous souhaitons de ne pas avoir à connaître de ces formalités mais, si vous aviez à en connaître, il faut que ce soit fait de façon professionnelle.
Droit des sociétés et procédure de liquidation
Par Zoe Zhou, Manager, Guangzhou Office et Fiona Yuan, Manager, Shenzhen office, Dezan Shira and Associates
Les formalités à respecter lors de la dissolution et la liquidation d’une entreprise ne sont pas plus simples ou moins longues que celles qui régissent l’implantation d’une telle entreprise et cela demandera entre six et neuf mois.
En vertu de la législation applicable, une entreprise étrangère devra être dissoute lorsque :
1. L’existence de l’entreprise prend fin
2. L’entreprise rencontre des difficultés financières et le conseil de direction juge nécessaire de dissoudre l’entreprise
3. L’entreprise ne peut poursuivre ses opérations du fait de pertes importantes générées par des causes de force majeure
4. Parce que l’entreprise est en faillite
5. La dissolution est demandée par le gouvernement parce que l’entreprise a commis des actes illégaux qui contreviennent à l’intérêt public
6. D’autres cas de dissolution mentionnés dans les statuts de l’entreprise sont survenus
Dans les cas mentionnés sous les points (2), (3) et (4), la dissolution devra être autorisée et approuvée par l’autorité d’approbation d’origine. La dissolution déclarée, l’entreprise devra procéder à la liquidation.
Désignation d’un comité de liquidation
- Dans les 15 jours qui suivent la date de dissolution de l’entreprise, le comité de direction devra désigner un comité de liquidation
- Le comité de liquidation devra liquider et évaluer les biens de l’entreprise conformément au droit chinois et aux statuts de l’entreprise
- Le Comité de liquidation devra être composé de trois membres désignés par le Comité de direction, dont le représentant légal de l’entreprise, le représentant des débiteurs et les autorités gouvernementales responsables et devra également faire appel aux services de comptables agréés et de juristes.
- Le comité de liquidation aura le droit de mettre fin aux contrats de travail, de vendre, d’exporter, de transférer, d’assigner ou de disposer des biens, propriété de l’entreprise, qu’ils se trouvent sur le territoire chinois ou en dehors du territoire chinois et de conclure toute question relative aux activités de l’entreprise, dans le respect des dispositions chinoises applicables et des statuts de l’entreprise.
- Pendant la procédure de liquidation, le Comité de liquidation exercera les fonctions et pouvoirs suivants :
a) Liquider les biens de l’entreprise, préparer un bilan et la liste des biens de l’entreprise, et rendre un plan de liquidation
b) Publier la dissolution à l’intention des créanciers inconnus et notifier la liquidation par écrit aux créanciers connus
c) Boucler les opérations initiées par l’entreprises et non terminées
d) Rendre une estimation et évaluation des biens de l’entreprise avec leurs calculs et les bases retenues pour effectuer les calculs à l’appui
e) Honorer toute taxe non payée
f) Honorer toute dette non payée
g) Régler les réclamations et dettes de l’entreprise
h) Disposer des biens restants une fois que les dettes et obligations de l’entreprise ont été réglées
i) Représenter l’entreprise lors d’action au civil.
j) Produire un rapport de liquidation et le soumettre au Comité de direction et aux autorités responsables pour approbation.
Audits de Liquidation
Les audits de liquidation sont généralement requis à deux moments:
Ø lorsque la demande de dissolution est soumise aux autorités et qu’elle est approuvée par les mêmes autorités
Ø lorsque toutes les procédures de la procédure de dissolution ont été accomplies
Les audits de liquidation insistent sur les points additionnels suivants :
Ø les performances financières de l’entreprise pour les six mois précédents la déclaration de mise en liquidation
Ø la fiabilité et l’exactitude des informations fournies relatives aux actifs de l’entreprise, comme par exemple :
· si le calcul des comptes clients a été fait de façon correcte
· si la déduction des mauvaises créances a été autorisée dans les règles
· si les relevés de comptes bancaires sont reportés dans leur totalité
· si les actifs physiques sont bien la propriété de l’entreprise
· si les pertes et cession d’immobilisations ont été autorisées par les autorités compétentes
· si les investissements sont enregistrés et distribués correctement
Ø les obligations et dettes de l’entreprise :
· si les salaires dus sont calculés correctement
· si les impôts dus ont été versés
· si l’entreprise s’est acquittée de tout autre obligation, dette
Ø les frais de la procédure de liquidation, dont un contrôle sur le point de savoir si ces frais ont été engagés conformément aux dispositions applicables
Procédure de liquidation – échéances à respecter
Le Comité de liquidation devra respecter les échéances suivantes :
Ø dans les sept jours qui suivent le début de la procédure de liquidation, les autorités compétentes doivent être informées.
Ø dans les 15 jours qui suivent le début de la procédure de liquidation, le comité de liquidation doit être constitué.
Ø dans les 10 jours qui suivent sa constitution, le Comité devra informer les créanciers et leur demander de lui communiquer leurs réclamations.
Ø dans les 10 jours de sa constitution, le comité devra faire paraître une annonce dans un journal national et dans un journal local. Et, dans les 60 jours de sa constitution, il devra procéder à une publication supplémentaire.
Ø Dans les 180 jours qui suivent le début de la procédure de liquidation, un rapport devra être soumis aux autorités d’approbation.
Ø Dans les 10 jours qui suivent le rapport, le comité devra dés enregistrer l’entreprise auprès de l’administration fiscale et des douanes et obtenir de ces autorités les documents afférents.
Distribution des recettes de la liquidation
En vertu des dispositions du droit de la RPC, les revenus engendrés par la vente d’actifs liquidés devront servir à payer, dans l’ordre qui suit :
a) les dépenses afférentes à la procédure de liquidation, dont les dépenses de gestion, de vente et de distribution qu’implique la procédure ; les dépenses de publicité de la liquidation, les actions en justice et d’arbitration ; la rémunération des membres du Comité de liquidation et des conseillers du comité ; et les autres dépenses survenues lors de la procédure de liquidation
b) les salaires et les prestations sociales obligatoires des employés
c) les impôts dus
d) les créances prioritaires dues
e) les autres créances devant être honorées
Une fois les paiements effectués conformément aux indications mentionnées ci-dessus et la procédure de liquidation terminée, les revenus restants devront être convertis en US ou tout autre devise convenant à l’investisseur, par une banque désignée ou par tout autre moyen autorisé par la loi de la RPC, et pourront être librement transférés ou transportés à l’étranger.
Annulation de l’enregistrement de l’entreprise
Une fois les procédures de liquidation complétées, le Comité de liquidation soumet le rapport de liquidation, approuvé par la direction, aux autorités originelles d’approbation de l’entreprise. Le Comité devra également remettre la licence d’activité de l’entreprise et annuler les enregistrements faits auprès des autorités compétentes, auprès du Ministère du Commerce, de l’Administration de l’Industrie et du Commerce (SAIC), des Douanes, de l’Administration Fiscale et de l’Administration des devises étrangères (SAFE). Tous les comptes en banque de l’entreprise devront être fermés.
L’investisseur doit pouvoir conserver les livres comptables et tous les originaux des documents relatifs à la gestion de l’entreprise.
Dans les 10 jours qui suivent le dépôt du rapport de liquidation, l’entreprise devra procéder aux désenregistrements auprès des autorités, une fois accomplis, les fonds disponibles pourront être rapatriés. Ces désenregistrements et autres formalités à respecter sont les suivants :
Ø désenregisrement auprès du Ministère du commerce et annulation du certificat d’approbation
Ø audit fiscal et désenregistrement auprès du bureau de l’administration fiscale locale
Ø audit fiscal et désenregistrement auprès du bureau de l’administration fiscal d’Etat
Ø désenregistrement auprès des douanes
Ø désenregistrement auprès de la SAFE
Ø désenregistrement auprès de la SAIC
Ø désenregistrement du certificat du Code des entreprises
Ø annonce publique dans un journal notifiant la dissolution de l’entreprise
Ø remise des fonds aux investisseurs
Ø fermeture des comptes en banques
Certaines entreprises intervenant dans des secteurs particuliers auront certainement eu à procéder à des enregistrements spéciaux qu’il faudra également annuler. Des préoccupations autres que financières concernent les matières premières et les invendus, il faudra en disposer de façon appropriée et dans le respect de l’environnement, le sort des bâtiments et autres actifs importants devra également être réglé. Ne fuyez pas vos responsabilités !
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Session du Parlement, un bilan mitigé - N°11
March 22, 2007
Vendredi 16 mars, à Pékin, la session 2007 de l’ANP –Parlement - s’est conclue sous les flonflons militaires, sans se départir de son ambiance pesante de secrets : intrigues des lobbies et notables provinciaux, renouvellement de tous les postes de commande pour le XVIIème Congrès d’octobre… Pendant ce temps, un conflit social dans le Guangdong et une émeute sanglante à Yongzhou (Hunan, cf p.2) rappelaient la tension sociale extrême.
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Plus de 4500 propositions furent déposées sur tous les sujets. Cocardier, Jiang Hongbin, édile du Heilongjiang, a demandé de chasser de la Cité interdite un café Starbucks, estimant dégradante sa présence en ce lieu de conscience nationale. Frivole, un certain Zhao Lirong a souhaité instituer une « Fête des hommes » le 8 août, pendant de la journée des femmes du 8 mars.
Tandis que Xu Zhihong, Président de l’université Beida, défendait une improbable halte au festin des ailerons de requins, et que Jiang Deming du Jiangsu, suggérait une taxe canine (déjà appliquée dans les grandes villes), qui financerait l’éradication de la rage en même temps que celle d’excréments de chien sur les trottoirs.
Plus sérieusement, deux lois phares furent votées, sur la taxe des entreprises et la propriété privée, à une quasi-unanimité : 2826 pour, 37 voix contre, pour cette dernière.
La loi de propriété avait pourtant été très contestée dans le passé, éconduite sept fois au bureau de l’ANP avant d’atteindre le consensus. Elle protège les patrimoines émergés depuis 20 ans dans des conditions souvent obscures, mais non les terres des paysans.
Elle réveille donc l’amertume de cette frange, toujours puissante, de Chinois ayant mal vécu le passage de l’égalitarisme aux « fortunes pour quelques uns » !
Cette session a aussi connu des velléités de grogne. Fan Jiheng, du Shanxi a dénoncé la présence de « faux députés », incapables d’assumer leur fonction faute de bagage juridique, et a réclamé que l’initiative des lois revienne à l’ANP, jusqu’alors confinée dans le rôle de tampon des textes concoctés par les ministères.
De même, l’opinion dans les media s’indigne, aux photos de ces travées d’élus endormis, digérant en session.
On a même vu, en groupe de travail « développement rural » de la CCPCC (Conférence Consultative Politique du Peuple chinois), un élu lire au 1er ministre Wen Jiabao cette satire sur la corruption en province :
« Village piège canton, canton piège district,
Et ainsi de suite jusqu’au Conseil d’Etat.
Conseil émet un ordre, qui redescend la pyramide :
Chaque niveau lit l’ordre tour à tour,
Et puis s’en va au restaurant,
Laissant sur son bureau, le papier ignoré ! »*
La contestation était en fait bénigne : l’élu chevrotait son poème en sanglotant, et Wen Jiabao en personne avait invité l’audacieux à monter au perchoir, donnant ainsi à la réunion un vernis gentillet de discussion en famille !
* ????????????????
???????????????
??????????????? !
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Les fluctuations du marché boursier chinois
March 19, 2007
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Le 27 février 2007, la bourse de Shanghai chutait de près de 9%, entraînant derrière elle l’Europe et les Etats-Unis. Les bourses européennes et américaines connaissaient leur pire semaine depuis le déclenchement de la guerre en Irak fin mars 2003. Quelles explications peut-on en donner ? Bien sûr, le marché chinois est gonflé, surévalué - avec un indice qui a pris 175% depuis un an et demi. Mais en s’attachant aux causes spécifiques, l’explication est plus difficile.
Tout d’abord, si l’économie chinoise est saine de manière générale, regardons la façon dont les chinois jouent à la bourse. Les chinois ont ce trait culturel et économique propre d’adorer le jeu et de là, jouent à la bourse comme d’aucun peut jouer aux jeux d’argent. En outre, il n’existe que peu de moyens d’investissement en Chine qui peuvent rapporter réellement (les taux d’intérêts bancaires sont très bas) ; les Chinois sont ainsi attirés par les rendements élevés offerts par la Bourse. Ce phénomène est surtout visible depuis 2006. Le marché boursier chinois reste ainsi très volatil : il n’est pas encore mûr, avec des actions négociées en dollar, mais principalement des actions A en monnaie locale, réservées au marché domestique, soit quelques 82 millions de chinois souvent profanes et irrationnels en matière d’investissement.
A cela s’ajoute le fait que l’Etat chinois contrôle encore la majorité des entreprises cotées qui ont parfois des comptes non assainis, avec en toile de fond une corruption toujours importante. Un certain nombre d’événements récents ont ainsi également rendus les investisseurs chinois nerveux. De nouveaux scandales financiers ont en effet surgi, principalement dans le secteur de l’immobilier (notamment à Shanghai) ; on parle de centaines de millions de dollars par succursale bancaire.
Enfin, les investisseurs auraient interprété la baisse des marchés chinois comme un signe de surchauffe. Un certain nombre d’analystes considère que la chute de la bourse a été orchestrée par le gouvernement chinois qui entend ralentir un rythme d’expansion économique extrêmement élevé. Cela signifierait que le gouvernement pourrait imposer aux entreprises chinoises des contraintes environnementales, de fiscalité, etc… qui, de fait, feront baisser leur rendement, d’où les rendements des actionnaires également.
Ce qui est d’autant plus inquiétant au vu de l’effet d’entraînement qui s’est produit. Mais n’était ce pas avant tout le déclencheur d’un mouvement plus profond ? Le marché est très incertain quant à l’inflation, aux taux d’intérêt, à la situation internationale, etc… et chaque mauvaise nouvelle a tendance à provoquer des réactions extrapolées. Depuis les événements, la bourse de Shanghai est repartie à la hausse, les investisseurs étant confiants dans les fondamentaux de l’économie chinoise. Mais le marché boursier américain inquiète encore. La chute des indices boursiers chinois n’aurait-elle donc été qu’un prétexte à une correction nécessaire du marché ? Selon certains experts, il faudrait s’attendre à une correction d’au moins 5% de la réserve fédérale. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke, quant à lui, se montre serein, jugeant que les marchés fonctionnaient "bien" et "normalement".
Sources :
Radio 86
Le Figaro
Le Quotidien du peuple
Auteur : Julie Fouquart
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FEMME EXPAT
March 19, 2007
Pour former et accompagner la femme expatriée dans le monde.
FEMME EXPAT COMMUNICATION est l’éditeur du site http://www.femmexpat.com
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"On en rêvait, personne ne l’avait fait, alors on l’a créé !"
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Spécial session de l’Assemblée Nationale Populaire - N°10
March 15, 2007
Spécial session de l’Assemblée Nationale Populaire Wen Jiabao : une Chine verte, et ’durable’ !
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Au Grand Palais du Peuple, à Pékin le 5 mars, les élus en pleines palabres
« Nous visons une croissance de +8% », a affirmé lundi 5/03, en ouverture du Plenum du Parlement (l’ANP), le 1er ministre Wen Jiabao aux 2.988 députés. Sans conviction : depuis 30 ans, ces 8% sont chaque année cités et dépassés. 2006 a atteint 10,7% de croissance de PNB (2100MM€), 393MM€ de taxes, et 1.254MM€ d’échanges commerciaux !
A 6 mois du XVIIe Congrès d’octobre, le pouvoir veut rassembler ses oppositions gauchi-ste et réformiste, sans mettre le doigt dans l’engrenage de la démocratisation. Wen compte plutôt sur le carnet de chèques pour combler la fracture sociale qui s’aggrave, avec 1.176€ de revenu/an au citadin (+10,4%), pour 4 fois moins au paysan (358€, et 7,4% de mieux)…
C’est un programme tactique pour l’année que Wen a dévoilé : ni démocratie, ni modernisation du régime, mais une consolidation, une course à l’écologie et une lutte anti-surchauffe/pollution/corruption. Abandonnant le « rouge » socialiste, le 1er ministre se met au « vert » et confirme le nouveau mot d’ordre, le plus populaire : le développement durable.
Dès cette année, toutes constructions, pour être approuvées, devront intégrer des normes d’ isolation et d’éclairage naturel. Il n’y aura plus de licences pour chantiers (ou terrains de golf) pris sur des champs : dans la hantise de ne plus nourrir ses 1,3 MM de bouches, l’Etat fixe la barre des terres arables à 120M d’hectares. Dès cette année, seront déclassées des petites centrales thermiques pour un total de 10 MKw de capacité, et 10% du parc sidérurgique (-65Mt). Idem, les produits d’export trop gourmands en énergie ou trop polluants seront interdits.
L’Etat imposera à toute usine des objectifs décroissants et contraignants — gare aux transgresseurs !
Dans le même temps, Pékin veut rendre gratuite l’école à 150 M d’enfants de paysans pauvres (c’est déjà le cas pour 42 M), ouvrir un hôpital par canton, un dispensaire par village, un réseau de distribution de médicaments à bas prix, mais de qualité, tout en étendant à 80% des paysans l’assurance-retraite (très simple et limitée) créée pour eux. 410M auraient déjà commencé à cotiser.
Enfin dans ce discours qui laisse sur sa faim, et évite de critiquer les corps de l’Etat, un slogan obscur et quasi-anachronique réapparaît : les « trois représentativités » forgées 10 ans plus tôt par Jiang Zemin. C’est la main tendue par Hu Jintao à l’ex-rival, signe d’un besoin de réconciliation face à l’ épreuve du XVIIeme Congrès qui s’annonce rude !
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L’augmentation du budget militaire chinois : une menace ?
March 13, 2007

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La Chine annonçait fin février que ses forces armées auraient en 2007 un budget de près de 351 milliards de yuans (environ 45 milliards de dollars), soit une hausse de 17% par rapport à 2006 (7,5% du budget national contre 7,4% en 2006). Depuis 1997, le budget militaire officiel augmente en moyenne de 14% par an, nettement plus vite que la croissance pourtant élevée du PIB. Et il serait largement sous-estimé, ne prenant pas en compte les dépenses de R&D ou encore les achats d’armements à l’étranger. Le total des dépenses de défense réelles de la Chine serait ainsi deux à trois fois supérieur aux déclarations officielles. Malgré tout, il reste encore loin derrière le buget militaire américain (6% sans les lignes bugétaires hors défense).
Faut-il alors s’inquiéter de l’augmentation du budget militaire chinois ?
Notons tout d’abord que l’importance conférée à l’armée en Chine est à remettre dans un contexte géographique et historique. Sur le plan géographique, la Chine est entourée par des voisins imposants -Inde ,Russie, Vietnam, Corée du Nord, Japon. La région connaît des foyers d’instabilité forts. La Chine a besoin en outre de sécuriser ses approvisionnements, notamment énergétiques, en provenance principalement d’une zone maritime à risques. Par ailleurs, historiquement, est inscrite profondémment dans la mémoire du pays l’humiliation provoquée par les puissances impérialistes occidentales à la fin du XIXme siècle, et la Chine veut aujourd’hui retrouver le rang qui était le sien auparavant. La révolution et la guerre de libération populaire qu’elle a connues ensuite, ont ancré une tradition et une doctrine maoïste s’appuyant sur la masse. Aujourd’hui, comme toute puisance émergente, il est légitime que la Chine veuille moderniser et renforcer son outil militaire, symbole de la grandeur du pays.
L’augmentation du budget militaire s’emploie alors avant tout à couvrir la professionnalisation et la modernisation de l’armée qui s’engagent dès les années 80. Si la réduction des effectifs a été conséquente (4,2 millions de soldats dans le milieu des années 1980 à 2,3 millions aujourd’hui), elle s’est en effet accompagnée d’une amélioration de la qualité du personnel et de son entraînement. Le gouvernement chinois précise d’ailleurs que le budget de la Défense a augmenté cette année pour améliorer les soldes et les conditions de service des personnels militaires qui forment la plus grande armée du monde. Mais le budget a également servi à faire face à l’accroissement du coût sur le marché mondial des produits pétroliers utilisés par les armées. N’oublions pas enfin les compensations accordées aux cadres de l’APL pour les inciter à se séparer de leurs activités commerciales nuisibles à la qualité de celles militaires.
Parallèlement, le gouvernement a mis l’accent sur la modernisation technologique de son armée. En cinq ans, l’APL aurait accompli plus de progrès dans ce domaine que lors des vingt-cing années précedentes. La modernisation se fait aujourd’hui surtout dans le domaine de la logistique. Les priorités sont données aux transmissions, à la ccordination interarmes, mais également à l’équipement de défense anti-aérienne. La guerre de l’information occupe une place importante de la stratégie chinoise, le but étant à terme la maîtrise du C4I (Command, Control, Communications, Computers and Intelligence). Les progrès sont remarquables dans le secteur des missiles. La marine également connaît des développements conséquents : la Chine était une grande Nation maritime et veut le redevenir, le poids étant mis sur la construction d’une force amphibie et sous-marine. Le pays pourrait également développer son premier porte-avions dans les trois ans, selon une source anonyme militaire qui se serait exprimée récemment.
Cette ambition de la Défense chinoise provoque de fortes inquiétudes au sein de la communauté internationale et en particulier des Etats-Unis. Le Département à la Défense au Congrès publiait ainsi en 2006 un rapport estimant que l’ampleur de la modernisation militaire de l’APL fait de la Chine le premier concurrent militaire à long-terme, menaçant ainsi les intérêts nationaux américains.
Taïwan reste une source de préoccupation majeure avec 800 missiles balistiques pointés en sa direction. D’autres événements récents n’apaiseront pas les tensions. Les Chinois ont détruit, il y a peu, un vieux satellite météo avec une charge lancée par un missile balistique. Mais c’est surtout la marine chinoise qui inquiète dernièrement. Selon un rapport de l’armée américaine, elle procèderait actuellement aux essais en mer du premier de cinq sous-marins à propulsion nucléaire de nouvelle génération, équipée des nouveaux missiles JL-2 d’une portée de 8.000 kilomètres (les JL-1 ont une portée de 1800km). La Chine terminerait également des essais d’une nouvelle génération de sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire dotée de missiles de croisière et de torpilles plus performants (pouvant assurer une mission de protection de la flotte de surface mais aussi d’espionnage).
Ainsi, s’il est légitime pour la Chine de vouloir se moderniser, les Etats-Unis sont également en droit de s’inquiéter si cette modernisation ne s’accompagnera pas d’ambitions militaristes. Cependant l’évocation à outrance d’une « menace chinoise » n’est sans doute pas la manière la plus opportune pour apaiser le contexte stratégique. Les discours officiels chinois ne font d’ailleurs que réitérer le fait que la Chine est avant tout engagée "dans la voie d’un développement pacifique et de la coopération".
Julie Fouquart
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ANP – une session parlementaire bien vissée - N°09
March 8, 2007
Les préparatifs de la session du Parlement national (ANP) (5-16/3) sont restés occultés dans un brouillard dense. A 6 mois du XVII ème Congrès, point d’orgue de ses 5 ans de mandat, Hu Jintao doit à la fois contenir la critique interne et externe, et renouveler 100.000 cadres (rajeunis et plus éduqués), base d’un tournant futur dans la vie du pays - malgré la survie d’un dernier carré conservateur dangereusement fort. Aussi, cette session a pour but de :
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rassembler, tendre un lien entre marxistes et réformateurs, tous mécontents : les nostalgiques, parce que Mao Zedong est oublié ; les démocrates, parce que l’ultralibéralisme de la réforme, punit les pauvres, voire les suscite ;
rassurer Jiang Zemin, l’ex-Président hostile au changement, et promettre stabilité et refus de démocratie - ceci, pour avoir plus vite les mains libres. Ce plan met Zeng Qinghong le vice Président dans une position plus ambiguë que jamais. Cet ex bras-droit de Jiang Zemin, qu’on dit rallié à Hu Jintao, désigne les apparatchiks des cinq prochaines années, pour les 33 provinces (c’est déjà chose faite pour 14).
La semaine passée, en séminaire national, Zeng enseignait aux plus hauts cadres le nébuleux concept de Jiang, dit des sangedaibiao (???? « trois représentativités »), tout en prétendant « adapter le marxisme au contexte chinois » ! Mais Zeng se faisait aussi l’apôtre d’une « démocratie interne » et prétendait apprendre à ces hauts cadres à échanger, oser s’exprimer…
Au même moment, le 1er ministre Wen Jiabao dit au Quotidien du Peuple que la Chine ne connaîtra pas la démocratie avant « 100 ans », le temps d’atteindre la « maturité socialiste ». En attendant, la priorité restera à l’« équité dans la justice sociale » et à la croissance.
Ces propos contredisent la vieille promesse de Deng Xiaoping qui, dans les années ‘80, voyait la démocratie pour dans « 50 ans » : comme un mirage, plus on s’en rapproche, plus elle s’éloigne. Par ses propos, Wen rejetait les appels de deux vieux intellectuels, Zhou Ruijun et Xie Tao, qui réclamaient l’accélération de la réforme politique, voire une longue marche vers la social-démocratie, version suédoise.
Tel est le décor de cette session de l’ANP. On y verra l’adoption de 2 lois essentielles -celle de la propriété, celle de l’impôt des sociétés - dont la 1ère provoque une pétition de 3000 signatures dénonçant un « aval de fortunes scandaleuses ». Mais en même temps, on verra aussi une tentative, très contestée par la gauche (Luo Gan, patron de la police) d’abolir les centres de rééducation par le travail (?? laojiao), en place depuis 1957.
Autre fil rouge de la session : l’écologie. En 2006, avec -1,23% d’énergie brûlée par la nation, Pékin n’a rempli qu’un tiers des objectifs d’économies. La Chine est déjà n°1 en émission de dioxyde de soufre (pluies acides), et le sera dès 2009 en CO² (effet de serre). A ce rythme elle n’atteindra pas d’ici 2010 les -20% promis l’an passé. Pour ce faire, elle devrait réduire à 9% sa croissance, qui frisait 11% en 2006.
D’où l’urgence de nommer une administration fiable, et de négocier et discuter à tous niveaux, suivant le souhait de Zeng Qinghong !
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Spécial Chunjie 2007 - N°07/8
March 1, 2007
pécial Chunjie 2007 Au cochon, bonheur et désastre mélangés
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Une ceinture écarlate pour tout le monde…
L’année 2007 est pleine du meilleur et du pire - qui heureusement, se neutralisent. D’abord, elle est privée de « lichun » ou « saut de printemps », interférence astrale qui assure la fécondité (dit le mage). C’est donc une « année de la veuve », et pour ne rien arranger, l’année du cochon attire les catastrophes naturelles.
Et pourtant, 2007 est l’année de rêves de mariages et de faire des enfants. Rien qu’à Pékin,100.000 cochonnets/porcelettes y sont attendus - gynécologues et obstétriciens ont eu fort à faire pour contrarier la nature, retarder les 1ères naissances jusqu’au 18/02, la bonne date. Et tant pis si ces enfants seront toute leur vie en surnombre, à l’école, en université, au travail, problèmes que ne connaîtront nullement leurs amis nés l’an d’avant ou d’après, aux effectifs plus étriqués.
Partout, hôtels et restaurants à étoiles (banquets de noces en 100ainesd’euros par tête) affichent complets six mois à l’avance. Les somptueux cadeaux de nouvel an se financent à tire larigot : voiture, PC, lingot d’or, petit verrat vivant. Des fortunes se craquent en pétards compliqués. La nuit fatale, le trafic de texto passera à plus de 10 milliards. Sur les 460M de portables, des messages propiciatoires aux amis, avec images, sons et films se téléchargent du site pig.com, à 2¥/pièce. En un mois, pour rentrer au bercail, les Chinois feront 2MM de voyages dont 30M à l’étranger (100% de croissance), 159M par le train, le reste en bus. On l’aura compris, il s’agit d’une année rarissime, la 2704ème année du système lunaire : celle du cochon d’or, dernière du cycle classique dodécannal mais première des 60 ans de l’élément de l’eau, une conjonction qui ne se reproduit que tous les six siècles. Le cochon est le plus chinois, le plus bénin de tous les signes, personnifié par Zhu Bajie, le compagnon du roi des singes, patient, modeste, bon enfant, mais qui sait à l’occasion donner du bâton—pour se défendre.
L’or de ce cochon mène tout droit à deux autres : un an d’enrichissement éclair de cette Chine usine du monde, puis les médailles des Jeux Olympiques de Pékin 2008. Avec tant de trésors sous le berceau, il aurait pu être plébiscité par le régime. Pourtant, Pékin décide (sans précédent !) de bannir toute publicité sous l’égide porcine. Sous l’explication sèche : « la Chine est un pays multi-ethnique » - il ne faut pas chagriner le Xinjiang. D’autres esprits moins simples, spéculent que Pékin espère ouvrir davantage le robinet du pétrole saoudien.
Géomancien à Hong Kong, Peter So croit lire dans les astres qu’en 2007, « tous les porcs offensent le Dieu-Président ». Bigre ! Le porc est l’astre du bien-être mais aussi le cousin germain de la corruption. Selon la Commission centrale pour l’inspection de la discipline en 2005, en banquets, voitures tapageu-ses, amantes et villas, les cadres de Shanghai détournaient 10MM€. En 2006, ils étaient passés à 13MM€. Cette année, le Président Hu Jintao veut « étriper », « faire la peau » à ces pratiques cochonesques non durables. Mais, nous dit MrSo à sa manière, entre ses projets et ceux des cadres, il y a inversion de phase !
Written by journaliste · Filed Under Culture et Societe, Le Vent de la Chine | Leave a Comment
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