L’éolien en Chine : quels risques ? quelles opportunités ?
May 31, 2007
Article issu de la Newsletter L’ÉNERGIE en Chine - Partenariats dans l’énergie propre
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L’énergie renouvelable qui connaît la plus forte croissance dans la production d’électricité est l’éolien. Fin 2006, la Chine avait construit pour 2588 MW de capacité installée cumulée (+104%), la plaçant au 6°rang mondial (2005 : 1255MW (+65%), 61 fermes éoliennes, 10° rang mondial). La Chine prévoit d’accroître cette capacité à 4-5GW en 2010 et 20 à 40GW selon les sources en 2020, ce qui ferait d’elle le numéro un mondial. L’objectif pourrait même être atteint avant : en 2007, l’investissement prévu est déjà de 1,5 MM d’euros pour 2GW supplémentaires soit une production potentielle de 4,3GW. Selon le rapport « Wind Force 12 » de Greenpeace, l’Association européenne pour l’énergie éolienne et l’Association chinoise pour les énergies renouvelables, l’éolien pourrait théoriquement, si son potentiel était développé de manière optimale pendant les quinze prochaines années, atteindre les 170 GW en Chine en 2020, soit plus de 15% des 900 GW de consommation électrique chinoise prévue à cette date.
Le potentiel de l’éolien serait en effet très grand. L’Académie chinoise pour les sciences météorologiques estimait que le pays possèdait un potentiel de 235GW en onshore et 750GW en offshore (sur des réserves prouvées de 3200 GW). Si les réserves ont été déclarées officiellement surévaluées Cf. Article du Vent de la Chine, elles restent importantes. Les ressources sont concentrées sur la côte Est (du Liaoning au Nord au Guangdong au Sud) et le long des (grasslands) du Nord et du désert de Gobi jusqu’à la Mongolie Intérieure et au Xinjiang. L’offshore particulièrement aurait un potentiel énorme avec un rendement 60% plus grand que celui en onshore, bien qu’il soit plus cher. La China National Offshore Oil Corp (CNOOC) devrait construire pour la fin 2007, la première ferme éolienne offshore du pays, d’une capacité de 100MW, dans le champ pétrolier de Bohai Bay sur la côte de la province du Hebei. Un projet similaire est prévu au large de Shanghai ; la ville aurait en offshore un potentiel de 3GW.
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Une des provinces les plus prometteuses pour l’éolien serait le Guangdong, aux besoins énergétiques énormes et luttant contre une pollution de l’air qui noircit la région dont HongKong. En octobre 2005, un rapport d’experts de Greenpeace, soulignait que la province avait un potentiel de production de 20GW d’énergie éolienne soit 17% de sa demande actuelle. Le gouvernement provincial a d’ailleurs sa propre cible : de 86MW en 2005 à 30GW en 2020 (soit trois grosses centrales nucléaires) et est le seul à avoir introduit son propre tarif provincial fixe pour l’énergie éolienne à 0,53Rmb par Kwh.
Quel coût ?
L’éolien est la meilleure option pour la Chine pour diversifier son mix énergétique, dans la mesure où malgré tout elle est la source renouvelable la plus économique. Les coûts d’investissement par kWh sont de 5 à 6 fois moins que pour l’énergie solaire, et ont baissé à un taux annuel de 15% ces dernières années.
Néanmoins, avec 0,5-06,Rmb par kWh, l’énergie éolienne reste deux fois plus chère que celle produite par une centrale au charbon traditionnelle. En outre, l’éolien n’est pas aussi fiable que les centrales électriques traditionnelles. L’énergie éolienne n’est pas constamment disponible : les turbines de Dongshan (sud du Fujian en face de Taiwan) sont actives 35% de l’année, ce qui est considéré comme bien pour un site offshore.
Le futur de l’éolien en Chine dépendra donc avant tout de la volonté des autorités chinoises et des aides financières apportées (subventions directes, incitations fiscales). La loi sur les énergies renouvelables, en vigueur depuis le 1er janvier 2006, va dans ce sens : la TVA est réduite de 8,5% (standard 17%) ; l’impôt sur le revenu passe à 15% (normal 33%) ; la taxe moyenne est réduite à 23% au niveau du marché international ;les principaux composants des turbines éoliennes bénéficient de taxes douanières plus favorables. Néanmoins, les experts recommandent la fixation d’un tarif national en réseau pour l’éolien : les compagnies locales de distribution achéteraient alors des quantités fixes d’électricité éolienne à des taux négociés par le gouvernement. Un rapport du China Sustainable Energy Forum (San Francisco) fait remarquer qu’un tel tarif avait permis à l’Allemagne de devenir le leader mondial de la capacité éolienne installée. Il précise que les compagnies de transmission sont néanmoins réticentes à ce tarif dans la mesure où elle cherche à faire porter sur le consommateurle surcoût et suggèrent que celui-ci soit financé sur fonds publics , comme ça a pu être fait pour les Trois Gorges.
Développer l’industrie locale de l’éolien (1)
Le gouvernement a pour la première fois fait la promotion de l’industrie éolienne il y a 10 ans. Le programme « Ride the Wind », initiative pour établir un secteur domestique des turbines éoliennes en important de la technologie étrangère. Le programme « National Debt wind power », venait, quant à lui, encourager l’achat de composants pour l’éolien fabriqués localement en octroyant des facilités et aides en compensation du risque.
La dernière politique en date a été menée à l’initiative de la NDRC (National Development and Reform Commission) en 2004 : le « Projet de concession d’énergie éolienne ». Le but du système de concession, opérationnelle pour 20 ans, est de réduire les tarifs de l’énergie éolienne en construisant des fermes éoliennes de grande capacité pour atteindre des économies d’ échelle. Tous les projets d’une capacité de 1000MW doivent être proposées et approuvés par la NDRC, contrairement aux petites fermes éoliennes qui peuvent être initiées par le promoteur et approuvées localement. Les promoteurs potentiels font une offre de prix fixe de la vente d’électricité éolienne aux consommateurs. La concession va à celui qui a le tarif le plus bas ; il signe un PPA -power purchase agreement- (marché cadre) de long terme avec le réseau électrique local.
Le Plan Quinquennal (2006-2010) prévoit la construction de 3570MW par concessions. Jusque là, 2200MW ont été approuvés depuis 2003, mais 52MW étaient construits seulement à la mi 2006).
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Les avantages du système de concession pour les promoteurs sont qu’ils connaissent précisément le prix qu’ils obtiendront de leur électricité, ce qui minimise le risque du retour sur investissement. Et pour les services publics et les consommateurs, les prix sont maintenus bas. Sur le court terme, le système de concession est un succès dans la mesure où l’énergie éolienne se développe à la fois rapidement et en termes de coûts à la baisse. Mais les appels d’offre compétitifs ne sont pas favorables à un développement sain de l’énergie éolienne sur le long-terme. Ils peuvent en effet encourager les promoteurs à fixer un prix très bas, quelquefois à peine plus haut que le coût de production, ce qui ne pousse pas à l’investissement comme le remarque le Global Wind Energy Council (GWEC). Les taux internes de retour sur les projets éoliens seraient, selon JP Morgan, estimés à 6-9%, bien inférieurs aux 12% de profit généralement requis par les investisseurs étrangers. (1)
Le résultat est que les investisseurs expérimentés et étrangers ne répondent pas à l’appel d’offres sachant ne pouvoir être compétitifs. Finalement, le système de concession profite aux grandes entreprises chinoises qui peuvent se permettre de perdre de l’argent si cela leur garantit en contrepartie, une présence sur le marché dans cette nouvelle industrie. N’oublions pas en effet que les grandes entreprises publiques devront, selon les plans de la NDRC, acheter 5% de leur produit total des sources d’énergie renouvelable d’ici 2010, et 10% d’ici 2020. Les trois derniers appels d’offre (sur 4) ont d’ailleurs été remportés par des géants électriques étatiques chinois, avec un prix d’offre entre 0.4 and 0.6 yuan ($0.05–0.075) par kWh, un prix que les experts estiment bien trop bas pour assurer la rentabilité du projet. Lors du dernier appel d’offre, en août 2006 - qui concernait 3 projets dans le Nord de la Chine (2 fermes éoliennes en Mongolie Intérieure et une dans le Hebei pour une capacité installée combinée de 700MW), seules les compagnies étatiques chinoises ont d’ailleurs pris part à l’appel d’offres. (2)
Prix de l’éolien selon les concessions Prix moyen : 0,48yuan/kWh ( 6cents)
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Source : CEQ Q4 2006.
En outre, la dernière série de concessions introduisait un nouveau critère : 70% des turbines doivent être désormais produits localement, le but étant bien sûr de nourrir l’industrie éolienne locale et d’accélérer le transfert de la technologie avancée des producteurs et concepteurs de turbine internationaux. Ce qui a d’autant plus favoriser les fabricants de turbines chinois qui ont augmenté leur part de marché de 18 à 28% en 2006, avec Goldwind, le principal producteur, gagnant 20% de parts de marché (grâce entre autres au critère des 70%). Etant donné le boom attendu de l’énergie éolienne, les investisseurs prêtent grande attention au secteur. Les parties intéressées comprennent les « Big Five » compagnies éléctriques (Huaneng, Datang, Huadian, Guodian and Zhongdiantou), d’autres firmes privées, et plusieurs investisseurs énergétiques provinciaux tels que Harbin Power et Shanghai Electric, voire même des compagnies comme la CNPC, China Guangdong Nuclear Power.
Cependant, la compétition risque de devenir destructrice en conduisant à une course des prix vers le bas et en favorisant la quantité de faible qualité. Stephen Terry, le directeur d’Azure International, une société d’investissement spécialisée dans les renouvelables et basée à Pékin, rappelle que le surinvestissement dans le secteur électrique traditionnel dans les années fin80s-90s avait forcé le gouvernement à déclarer illégal de nombreux contrats PPA, et que cela a surtout profité aux acteurs locaux. Il y aurait plus d’argent à perdre qu’à en gagner dans l’éolien en Chine. Stephen Terry recommande plutôt d’investir dans les sociétés exportatrices, citant le succès de Suntech dans le solaire.(1)
Le bénéfice des MDP ?
Une recherche de Edmond LEE et Boris KAN de JP Morgan, évoquée dans China Economic Quaterly (1), suggère que quelques promoteurs parieraient sur le fait que le marché d’émission du carbone pourrait rendre l’énergie éolienne plus rentable. En supposant des crédits carbone à 7-21$ la tonne d’émissions de CO², le retour sur investissement dans l’éolien pourrait être boosté de 12 à 15%. Les fermes éoliennes en Chine pourraient donc être compétitives avec les centrales à charbon en obtenant des revenus supplémentaires via les Mécanismes de Développement Propre (MDP) *** qui permettent de dégager des crédits carbone *** revendables aux acheteurs potentiels. La ferme éolienne de Huitengxile en Mongolie Intérieure a d’ailleurs été le premier projet enregistré comme MDP en Chine en 2005 (25,8MW permettant un réduction de 500000 tonnes par an d’émissions de CO2). Quatorze firmes éoliennes chinoises étaient enregistrées en tant que projet MDP fin 2006.
Existe-t-il un risque "technologique" ?
La Chine est déjà l’un des leaders mondiaux dans la production et l’installation de micro et petites turbines de 100 à 3000 W, et maîtrise la fabrication de turbines de 200 à 700 kW, mais il est évident, au vu des programmes de développement de l’éolien présentés ci-dessus, qu’elle cherche maintenant à acquérir une technologie plus avancée et réussir à produire des turbines de 1 à 1,2 MW équivalentes à celles des concurrents étrangers.
Plus de 180,000 petites turbines éoliennes ont été installées en Chine, avant tout pour répondre aux besoins en électricité des zones rurales non raccordées au réseau électrique national, permettant ainsi à plus de 600 000 personnes, principalement en Mongolie intérieure, d’avoir accès à l’électricité. Mais les producteurs domestiques manqueraient du savoir-faire technique pour développer eux-mêmes de grandes turbines éoliennes et sont fortement dépendants des technologies étrangères importées : en 2005, 90% des générateurs à turbine éolienne de large capacité étaient toujours importés. Le fabricant chinois le plus important, GolwindTechnologies, construit uniquement des turbines de 600 et 750 KW, beaucoup plus petites que celle de 2MW des constructeurs étrangers. En outre, le système de concessions amène des distorsions telles que les fabricants étrangers de turbines, ne pouvant rivaliser avec leurs concurrents locaux , ne répondent pas aux appels d’offre, et les promoteurs chinois de fermes éoliennes, faisant de faibles profits, n’achètent pas la technologie étrangère, chère.
Cependant, si les compagnies étrangères sont réticentes à opérer des fermes éoliennes, elles sont au contraire de plus en plus à vouloir ouvrir des usines en Chine, 70% de la production devant désormais être locale. La firme danoise Vestas a décidé en 2006 de doubler la capacité prévue de son usine de Tianjin (près de Pékin) avant même qu’elle ne soit ouverte, pour produire jusqu’à 1200 turbines par an. Elle a également le projet de construire une usine de générateurs à turbines avec une capacité annuelle initiale de 350 unités d’1 MW. De même General Electric Energy (USA) a ouvert une usine dans le Nord Est de la Chine, à Shenyang (Liaoning) qui a produit en 2006 une centaine de turbines éoliennes de 1,5MW. GE a en outre signé fin mai un protocole d’accord avec la CNRD pour investir 50 millions dollars dans la recherche et le développement dans le secteur des énergies renouvelables, dont l’éolien ; il est engagé dans des commandes totalisant 700 megawatts d’énergie éolienne.
Or n’oublions pas que les chinois savent acquérir et intégrer la technologie pour satisfaire leur amibition d’un développement rapide. Selon Shanghai Securities News, la compagnie China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC) aurait commencé récemment la construction d’un projet éolien de près de 650M$ à Chongqing, qui devrait offrir de l’électricité grâce à des générateurs de 850KW et 2MW pour lesquels la compagnie bénéficie des droits de propriété intellectuelle. Mais la qualité et la performance des turbines éoliennes chinoises sont loin d’être équivoques.
Comme dans tous les domaines, les chinois apprennent vite et le système semble en outre dans l’éolien, leur être favorable. Mais sont-ils en mesure de jouer demain dans la même cour que leurs concurrents Vestas (Dk), Gamesa (Esp.), Suzlon (Inde), Nordex (All.) et autres géants mondiaux de l’éolien ?
Sources principales :
(1) Tom Miller, « Renewable - », China Economic Quaterly, Q4, 2006, p.35-39.
(2) Worldwatch Institute
(3) China’s renewable and alternative energy news, China Institute, University of Alberta.
Julie Fouquart
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L’enjeu de l’eau en Chine
May 30, 2007
L’eau a toujours été et demeure un des problèmes majeurs auquel doit faire face la Chine aujourd’hui de manière urgente.
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La quantité
La Chine dispose d’importantes ressources en eau. Néanmoins, les disponibilités naturelles en eau par habitant sont très inférieures aux moyennes mondiales et diminuent annuellement. La Chine serait bientôt à la limite du seuil du stress hydrique (de 1700m3/an/hab). Les disparités géographiques sont grandes : la Chine du Sud, où il faut contenir les inondations, contraste fortement avec le Nord et le Nord-Est où l’eau manque cruellement (faibles débits des fleuves et prélèvements humains accrus). Les caractérististiques du climat sont exacerbées par le réchauffement climatique (+1 à 2°C) qui connait en Chine un développement spectaculaire concentré (60%) sur les quinze dernières années et avec une hausse supplémentaire de 1 à 2°C prévue d’ici à 2030. L’écart annuel entre la demande et l’offre est de 40MM de m3. Les pénuries touchent 400 villes (plus des 2/3) et une grande partie du nord de la Chine, avec des coupures d’eau fréquentes dans les villes, voire des arrêts de production industrielle (notamment dans des secteurs forts consommateurs d’eau comme l’électricité). A cela s’ajoute la surexploitation des lacs qui ont connu une diminution de leur superficie du tiers depuis 40 ans.
La qualité
Le manque d’eau dûe à l’aridité du fait du réchauffement climatique et de la surexploitation des ressources, est aggravé et aggrave en retour la pollution des eaux. Sept des plus grands cours d’eau de la Chine sont pollués à un point tel que 28% de l’eau est hors normes d’usage. En mars 2005, l’Agence Chinoise de Protection Environnementale, la SEP,A annonçait que 70% des rivières et lacs chinois étaient pollués, que 320 millions de personnes en zone rurale n’avaient pas l’eau potable ; que 700 millions boiraient une eau de qualité insuffisante (selon les critères de l’OMS) voire non potable. La pollution de surface touche également les nappes phréatiques qui, à proximité des grandes villes, seraient polluées à 90%. A cela s’ajoute les accidents industriels -comme celui sur le fleuve Amour à la frontière russe en novembre 2005 ( une explosion dans une usine chimique provoque le déversement de 100T de benzène), ou encore les pluies acides -conséquence et cause aggravante à la fois. La pollution considérable des eaux provoque diverses maladies dûes aux contaminations au fluor, au sulphate de sodium et à l’arsenic, et notamment une hausse du nombre de cancer et d’enfants malades. L’origine de la pollution de l’eau est aujourd’hui partagée par les trois secteurs, agricole, urbain, industriel. La contribution du secteur urbain domestique est de plus en plus importante, avec plus de 70% des eaux usées qui ne sont pas encore traitées.
La politique de l’eau : une gestion de l’offre
Comme dans tout pays en développement, l’Etat met une priorité à l’accès à l’eau et à l’augmentation de l’offre en eau pour satisfaire la demande. La politique nationale se traduit par :
- La promotion des infrastructures lourdes. La dérivation Sud-Nord du Yangtzé en est un exemple. La construction débutée en 2002 doit permettre à trois canaux de drainer plus de 70km3/ an d’eau jusqu’en 2050 du Sud au Nord.
Les grands barrages tels que celui des Trois Gorges en sont un autre, mais sont très problématiques. Plus de 85000 barrages existent en Chine dont 22000 grands barrages (sur 45000 dans le monde). Or plus du tiers sont vétustes voire dangereux. Au problème de la qualité s’ajoute un entretien qui coûte cher. Les graves conséquences environnementales et sociales (déplacement de la population) du Barrage des Trois Gorges ont largement été évoquées dans les medias et analysées par les experts. Un problème majeur récurrent en Chine est celui de la gestion des cours d’eau par bassins. Des commissions ont été établies pour les 7 principaux bassins, mais cela demeure insuffisant face aux résistances locales.
- La désalinisation. De gros progrès techniques pourront peut être bientôt permettre de baisser le coût de revient à la tonne d’eau à 3 RMB.
- Usines de production d’eau potable et de traitement des eaux usées Pour le développement des stations de production d’eau potable, la Chine fait désormais appel aux entreprises internationales privées – telles Véolia ou Suez, auxquelles elles cèdent des concessions d’exploitation temporaires en partenariat avec des sociétés chinoises. En parallèle, de la même manière, les usines de traitement des eaux usées se multiplient (près de 100MM $ d’investissement sur la période 2006-2010). Mais pour les investisseurs étrangers, la garantie de leurs investissments est loin d’être acquise. L’exemple typique est celui de RWE Thames Water, un des géants mondiaux du traitement de l’eau, qui exploitait, sous BOT (Build-Operate-Transfer), une station d’épuration construite en 1995 à Shanghai, et ce, selon le contrat, pour 20 ans à un taux de rendement fixe annuel de 15%. En 2004, le gouvernement central interdisait de tels accords (de rendement fixe), et RWE Thames Water abandonnait la station, devenue illégale. (2)
En outre, le prix de l’eau reste un obstacle majeur à la rentabilité des investissements et au développement du secteur. Jusqu’en 1985, l’eau était gratuite, et les consommateurs n’ont de fait pas été sensibilisés et incités à limiter le gaspillage des ressources en eau. Le secteur industriel consomme quatre fois plus d’eau que la moyenne mondiale. L’accent sur une politique de gestion de l’offre doit s’accompagner d’une meilleure gestion de la demande pour être efficace sur le long-terme. La politique d’ajustement progressive à la hausse de la tarification de l’eau potable est destinée à mieux responsabiliser les consommateurs, mais la hausse sera progressive. L’objectif premier reste l’ordre social.
Les risques d’instabilité politique et sociale.
En effet, les dégradations de l’environnement et la pénurie d’eau constituent un facteur d’aggravation de la précarité dans un pays où 47% de la population vivent avec moins de 2€/jour (critère du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale) et où la protection sociale est quasi inexistante en zones rurales. Les terres cultivables ont diminuées de moitié en 50 ans, avec corrolairement, une baisse de la production céréalière. La rareté de l’eau potable pose un défi à la suffisance alimentaire de la population alors que la population augmente tout comme la demande en eau augmente du fait de la hausse du niveau de vie dans les villes. La protestation gagne, notamment les campagnes, et parfois de manière très violente. Les autorités craignent les troubles sociaux voire le risque de démocratisation. Les mesures environnementales qui sont prises le sont moins pour protéger l’environnement qu’avec l’idée de maintien de l’ordre social. Les atteintes à l’environnement coûte 7,5% au PIB selon la Banque Mondiale et autant au « développement harmonieux » de la société. Dans le domaine agricole, pour tenter de répondre à ces défis, la Chine mise alors sur les nouvelles technologies (biotechnologie, productivité hydrique, etc…) et l’augmentation de la surface dédiée à la culture des céréales au dépens d’autres cultures - la production céréalière est repartie en 2005.
Le risque de tensions avec les pays voisins. (1)
Aux risques d’instabilité interne, s’ajoute les tensions potentielles avec les pays voisins qui « partagent » un cours d’eau avec la Chine. Les projets de barrages et canal sur les fleuves Ili et Irtych, déjà exploités à 80% par le Kazakhstan , pourraient nuire aux relations cordiales avec le pays et provoquer l’asséchement des fleuves comme cela fut le cas pour la Mer d’Aral.
De même, la résurgence récurrente de l’idée d’un barrage sur le Brahmapoutre, déjà source de tensions entre l’Inde et le Bangladesh, pour alimenter en eau le Tibet, ainsi qu’une possible exploitation de l’Indus, qu’ont toujours géré à l’amiable l’Inde et le Pakistan malgré leurs différents, peuvent faire craindre des tensions entre trois puissances asiatiques -nucléaires, ne l’oublions pas.
Le Yunnan a prévu également la construction de 14 barrages hydroélectriques sur le Mékong (8 approuvés et financés, deux déjà en construction) dont le potentiel corstituerait 20% de la consommation électrique chinoise (7700MW), ce qui inquiète les pays riverains du fleuve qui ont, depuis les années 60s, géré ses ressources en eau de manière harmonieuse (à l’exception de la Chine et la Birmanie).
Enfin les relations entre la Chine et la Russie, partenaires stratégiques oscillant entre méfiance et pragmatisme, peuvent être confrontées aux problèmes de pollution frontalière.
En 1998, Wen Jiabao, alors premier ministre, alertait : « La survie de la Chine est menacée par la pénurie d’eau ». Aujourd’hui, l’enjeu demeure et est devenu crucial. Les conséquences sont dramatiques du point de vue humain comme écologique. Qu’a-t-il été fait depuis ? Reste à savoir si on posera toujours la même question dans dix ans…
Pour aller plus loin :
MA Jun, China’s water crisis, China Environmental Sciences Publishing House, 1999.
ECONOMY Elizabeth, The River Runs Black : The Environmental Challenge To China’s Future, Council on Foreign Relations Book., Cornell University Press, 2005.
TAITHE Alexandre, « L’eau, facteur d’instabilité en Chine – Perspectives pour 2015 et 2030 », FRS- Fondation pour la Recherche Stratégique, 25 janvier 2007. (1)
TONG Nora, « The Environment – the big fix », China Economic Quaterly, Q1, 2005, p.19-34. (2)
Auteur : Julie Fouquart
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Danone attaqué par son partenaire, Wahaha - N°15bis
May 23, 2007
En une attaque frontale le 09/04, Zong Qinghou, président de Wahaha a dévoilé la tentative de Danone, son partenaire français, de reprendre le contrôle de filiales extérieures à leur JV. Quittant sur Internet une tradition de secret d’affaires, Zong ose qualifier le lien entre les deux maisons, de « traités inégaux », allusion désagréable à la guerre de l’opium. Pour Wahaha, il revendique le droit, cédé pour 50 ans à leur JV, d’utiliser librement sa marque. Puis sous 48heures, suivant un scénario très au point, viennent le soutenir ses distributeurs, des officiels (au nom des « 20.000 employés »), et la presse !
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En 1996, lorsque Danone et Peregrine (banque d’affaires entretemps disparue dans la crise asiatique de 1997) acquièrent à Hangzhou 51% d’une JV avec Wahaha, ce dernier n’est qu’une PME, qui accepte avec plaisir la cession de sa marque (dont le nom, populaire, signifie « bébé qui rit »), et de ne pas concurrencer les produits de la JV. Suite à quoi, grâce à la technologie Danone, la JV passe au 1er rang pour l’eau en bouteille, au n°2 du biscuit, et devient un leader en yaourt et jus de fruit. Conformément à la loi, le groupe de Zong a, et garde jalousement, l’exclusivité de la distribution.
Le dérapage arrive « après 2000 » : violant l’accord, le groupe Wahaha crée des filiales qui vont produire et distribuer pour son propre compte les mêmes produits élaborés par Danone –même apparence, même marque. La fraude prend de l’ampleur : en 2006, ces « vrai-faux Wahaha » lui rapportent 100M€. Réalisant à l’automne 2006 l’ampleur du dérapage, Danone veut négocier une reprise « à l’amiable » des branches illégales : 387M€ pour 51%. Zong accepte d’abord, et signe en décembre un accord en ce sens. Mais en janvier, il a créé une nouvelle JV sino-chinoise de distribution. Pour justifier sa rupture de contrat, Zong reproche à Danone d’avoir multiplié les participations avec des firmes telles Mengniu ou Huiyuan, n°1 du lait et du jus de fruit, alors que lui-même voit sa route barrée vers ce type d’alliances.
Dans la tourmente, Danone veut privilégier l’accommodement à la justice… Mais Zong, par ses formules populistes, cherche à gagner l’opinion et établir, au minimum, son droit à pirater son ex-maison-mère, au maximum, à emporter avec lui le meilleur de la JV aux 880M€ d’actifs. L’Etat, selon son espoir, faisant jouer le « fait accompli » et la passivité, au nom de la stabilité, et « société harmonieuse ». Face à l’attaque, Danone réagissait 48h (11/04) pour menacer Wahaha Group d’une plainte en justice, sauf accord sous 30 jours.
Des négociations vont donc reprendre « à trois », sous l’arbitrage de l’Etat.
Le pire n’est pas inéluctable : la Chine tient à son image, ne peut toujours pas se passer de la présence étrangère, témoin à Tokyo, Wen Jiabao (cf p.2) qui invite les industriels nippons à venir investir
Témoin aussi le feu vert donné à SEB par Pékin pour un rachat majoritaire de Supor (le n°1 chinois de la casserole), malgré une plainte d’un concurrent local, s’estimant lésé. Le 11/04, le Ministère du commerce faisait un premier point.
Il « encourage les investissements étrangers et protègera les droits des firmes chinoises dans les disputes surgissant d’acquisitions étrangères ».
Il gérera le conflit Danone-Wahaha, « selon les règles strictes ».
Autrement dit, tout est ouvert !
Written by journaliste · Filed Under Le Vent de la Chine, Regards juridiques | Leave a Comment
La Chine par l’autre bout de la lorgnette - N°16
May 23, 2007
Chaque jour, l’actualité chinoise fourmille d’incidents et de happenings, par lesquels le pays s’exprime toujours plus - hormis bien sûr, en politique !
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En annonçant une commande de TGV pour sa ligne Londres-Newcastle, Grand Central, opérateur britannique, marque une rupture : l’Angleterre, inventeur du chemin de fer, achète son TGV chinois ! Pour 40M€, Grand Central recevra 3 rames diesel-électrique en 2010. Ici, la Chine a le triomphe discret : depuis Changchun ou Qingdao, ses pôles ferroviaires construisent selon des technologies transférées de France, Allemagne, Canada ou Japon (cf rubrique Argent). Or, très symboliquement, ce contrat apparaît le jour où la Chine inaugure son à grande vitesse : l’élève n’a pas perdu un jour pour rivaliser ses maîtres, sur le marché mondial !
En Chine même, le nouveau Grand Canal, ouvrage immense devant fournir à Pékin 1MMm3/an d’eau du Yangtzé et de ses affluents, prend du retard, faute de moyens, dit Wang Shusheng, le ministre de l’eau. Pékin ne trouve pas les 10ainesde MM€ revendiqués par ces équipements et ces dépenses collatérales, les centrales de retraitement (pour éviter de faire du canal un cloaque), l’intéressement des riverains (pour éviter les vols), le relogement de 250.000 déplacés. Pour compenser, un « plan B » est prévu, 4 réservoirs du Hebei, pour assurer 0,3Mm3/an, en attendant…
Tentation de la société moderne : à Handan (Hebei, 14/04), deux caissiers à la Banque de l’agriculture ont joué les filles de l’air avec un trou de caisse de 5M€. Mal leur en a pris : classés ennemis publics n°1, ils ont vu leur photo affichée à des millions d’exemplaires, en tous quartiers, de chaque ville, avec 5.000€ de prime sur chaque tête. L’un a été pris à Lianyungang, l’autre à Pékin. Sous les verrous, ils ont expliqué avoir volé à trois reprises, dont les deux 1ères (4M€), pour jouer à la loterie—d’abord, pour tenter de faire fortune, puis pour tenter de rembourser leur caisse, la dernière pour la route. Désormais, leur vie ne tient plus qu’à un fil !
A Milan (14/04), le parking désinvolte d’une femme d’affaires chinoise et l’amende de 40€ qui suivit, provoquèrent un affrontement entre des 100aines de marchands de la Chinatown et la police. Entretemps, à l’autre bout du monde, à Bogota (Colombie), 101 clandestins chinois sont détenus, en instance de rapatriement forcé. Tels incidents expriment un début de tension dans le monde, face à l’effort intense d’émigration chinoise, déjà 30M d’expatriés discrets, organisés, « pauvres et riches » à la fois, qui vivent à moitié prix et rachètent tout sur leur passage…
Enfin, en l’absence de lien direct avec Taiwan (qui vient d’ailleurs de refuser toute participation au portage de la torche Olympique), Pékin inaugure (16/04) une Chambre de commerce taïwanaise, pour protéger les intérêts des 3M d’expatriés insulaires et leurs 100MM$ d’investissement. Un Mr Chang Hanwen la préside, vu en sauveur par certains expatriés, en transfuge par le pouvoir à Taipei. Dans cette Chambre, on ne fait pas de politique– les membres s’en gardent comme de la peste. Mais c’est un incontestable besoin qu’elle comble, et un signe historique irréversible !
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L’écologie chinoise : un blocage salvateur ? N°17
May 23, 2007
La SEPA, l’agence chinoise de la protection de l’environnement vit les mois les plus tendus de son existence. A l’heure où s’amoncellent les nuages jaunes (400.000 morts par an du fait de la pollution de l’air) et où les regards du monde se tournent vers elle, la Chine s’avère paralysée !
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En mars, la SEPA aurait dû publier le « PIB vert », initiative donnant une vision plus exacte de la croissance en en ôtant les coûts de la pollution. La publication fut ajournée par la NDRC, sa maison-mère.
Le 24/04, le Conseil d’Etat devait présenter son plan contre le réchauffement global : on s’attendait à ce qu’il renforce les efforts des usines en rendement énergétique, crée des plans de prévention des cataclysmes, mais refuse tout engagement national de réduction d’émission de gaz à effet de serre, type « Kyoto ».
Or, ce plan vient lui aussi d’être repoussé sine die. Mais le 22/04, apparaît son rapport sur les risques du changement climatique pour le pays. Le ton est clairement alarmiste.
D’ici 2100, les 35.000 glaciers chinois fondront « aux 2/3 » - un autre rapport de l’ONU, publié en même temps, parle d’une fonte à 80%. Après 2050, croit ce texte, les récoltes baisseront de 37%, et une bande côtière de la surface du Portugal, berceau de 60% de la population et de l’essentiel de sa richesse disparaîtra sous 1m de remontée des mers. Il conclut donc à des « effets négatifs sévères » à attendre pour « l’environnement de survie ».
Et pourtant, malgré ces menaces, le rapport rejette toute suggestion d’effort de baisse d’émission de CO². Un certain Qin Dahe, membre de la China Meteorological Administration (CMA) et apparent « pape » de cette théorie, croit que « la croissance est la priorité urgente.
C’est seulement après, pas à pas, que nous réglerons notre problème de climat ». Les choses sont claires : l’écologie est un luxe que la Chine ne peut accepter, que s’il est payé par l’étranger « bourgeois », et compatible avec une forte croissance.
Face à cette exigence, les 2MM$ /an comptent pour peu de chose, que la Chine pourrait recevoir des pays signataires du protocole de Kyoto (selon la BAD), en leur vendant des droits d’émission.
A ce rythme, il ne faudra à la Chine que 25 ans pour dépasser en émissions, la totalité des pays industrialisés. D’ici là, la température aura déjà monté de 1,1° à 2,1°–avec toutes les conséquences prévisibles pour ce pays, qui ne les prend pas encore en compte…
C’est à ce moment sombre, quand on ne l’attend plus, que réapparaît l’espoir —pas par hasard. Le 25/04, le 1er ministre Wen Jiabao crée un Bureau national de l’économie d’énergie dirigé par lui-même, et annonce un règlement de l’« information environnementale ouverte », imposant aux firmes la publication de leur pollution.
Il rappelle l’objectif interne de réduction du taux d’émissions par rapport au PIB, de 20% d’ici 2010, et adjure « régions et ministères de réaliser l’importance de cette promesse solennelle au peuple ».
Pan Yue lui, n°2 de la SEPA, va plus loin et veut mobiliser l’action citoyenne du public, « 1ère partie prenante de l’environnement ».
Ces remous contradictoires évoquent, au sommet, un furieux débat entre « anciens », adeptes aveugles de la discipline de Parti et de la puissance technocratique, et « modernes » éduqués, à la pensée plus autonome, déterminés à éviter une catastrophe à leurs petits enfants dans 50 ans.
Ainsi derrière le rideau, se joue aujourd’hui même la bataille de la prise de conscience et de la responsabilité : lutte contre la montre, gagnable, entre autres, si les vieux rejoignent assez vite leurs ancêtres !
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La mondialisation en marche
May 23, 2007
Avant l’été, la Chine des affaires prend le mors aux dents. A travers ces contrats nouveaux, l’Etat intervient plus que six mois avant : signe d’une tension qui se dessine, dans le triangle Chine-Amérique et Europe, forçant Pékin à prévenir pour éviter la crise !
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1- La NRDC (National Development and Reform Commission) intervient pour assagir son marché de l’aluminium. Depuis 2004, elle a gelé pour 1,7MM€ de projets de fonderies, et pour 2006, 9,6% des investissements du secteur.
Et pourtant en janvier et février, les investissements fixes chauffaient rouge, à +124%, attisés par la hausse de prix du métal blanc et l’abondance en électricité.
C’est Chalco qui en a profité, la nébuleuse compagnie publique en train de décupler ses capacités. En janvier, en pleine action de rachat de ses petits rivaux, elle annonçait le passage de son parc productif de 1,94Mt à 5Mt d’ici 2009. Elle vient de tripler sa valeur (31MM$) en bourse de Shanghai, et a quintuplé ses profits en 3 ans, à 2,25MM€ .
Mais voilà qu’Alcoa le n°1 (USA) se réveille, et veut racheter Alcan (Canada, n°3) pour 33MM$, dont 6 de dettes. Avec 7,5Mt/an de capacité, le nouveau géant resterait loin devant Chalco, qui peut se faire du souci, avec déjà 8% de ses parts chez ce dernier. Aussi le tour de vis de Pékin sur le secteur de l’aluminium, semble être un coup de fouet destiné à accélérer la consolidation, pour éviter la session à l’Amérique du joyau public chinois !
2- Une foule d’affaires européennes se débloquent. A Shanghai, le consortium Transrapid obtient le prolongement de son Maglev (voir p2). Alstom reçoit (12/04) son feu vert au rachat de 51% des Chaudières de Wuhan pour 34M€, et reprend (2/05) Sizhou (Qingdao), expert en traitement des cendres de centrales thermiques. Dès le 13/04, Pékin avait aussi approuvé le rachat par SEB de Supor le n°1 chinois de la casserole, malgré l’objection des rivaux, au nom de la « souveraineté nationale ».
Il faut aussi remarquer l’attitude volontariste du ministère du commerce, dans la crise Danone-Wahaha. Il tente une médiation, et surtout, agit par voie de presse pour expliciter les torts de la partie chinoise : c’est nouveau.
Dans le deal Carlyle-Xugong, il avait fait traîner les choses 18 mois, et laissé peser d’un poids bien plus lourd le point de vue de la concurrence locale. Cet interventionnisme est atypique : depuis l’entrée à l’OMC (2001), l’Etat limite son dirigisme aux dossiers stratégiques, comme l’énergie ou le nucléaire.
Tentons une explication : avec le départ de Jacques Chirac, Pékin a conscience de perdre un ami, comme il l’avait déjà ressenti avec Gerhard Schroeder, remplacé par une Angela Merkel moins conciliante. Outre-Manche aussi, Tony Blair prépare ses valises, le 27/06.
Pour la Chine, le temps des amitiés confortables en Europe semble arriver à terme.
Or, au plan des affaires, depuis un an ses préférences sont allées nettement vers l’Amérique, dans l’espoir de retarder des sanctions et un protectionnisme — qui arrivent quand même.
Ceci explique en Chine un nouveau souci de rééquilibrage favorable à l’Europe : Pékin veille au grain !
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Danone= le coup d’état du vrai -faux wahaha ! - N°15
May 19, 2007
En une attaque frontale le 09/04, Zong Qinghou, président de Wahaha a dévoilé la tentative de Danone, son partenaire français, de reprendre le contrôle de filiales extérieures à leur JV.
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Quittant sur Internet une tradition de secret d’affaires, Zong ose qualifier le lien entre les deux maisons, de « traités inégaux », allusion désagréable à la guerre de l’opium. Pour Wahaha, il revendique le droit, cédé pour 50 ans à leur JV, d’utiliser librement sa marque. Puis sous 48heures, suivant un scénario très au point, viennent le soutenir ses distributeurs, des officiels (au nom des « 20.000 employés »), et la presse !
En 1996, lorsque Danone et Peregrine (banque d’affaires entretemps disparue dans la crise asiatique de 1997) acquièrent à Hangzhou 51% d’une JV avec Wahaha, ce dernier n’est qu’une PME, qui accepte avec plaisir la cession de sa marque (dont le nom, populaire, signifie « bébé qui rit »), et de ne pas concurrencer les produits de la JV. Suite à quoi, grâce à la technologie Danone, la JV passe au 1er rang pour l’eau en bouteille, au n°2 du biscuit, et devient un leader en yaourt et jus de fruit. Conformément à la loi, le groupe de Zong a, et garde jalousement, l’exclusivité de la distribution.
Le dérapage arrive « après 2000 » : violant l’accord, le groupe Wahaha crée des filiales qui vont produire et distribuer pour son propre compte les mêmes produits élaborés par Danone –même apparence, même marque. La fraude prend de l’ampleur : en 2006, ces « vrai-faux Wahaha » lui rapportent 100M€. Réalisant à l’automne 2006 l’ampleur du dérapage, Danone veut négocier une reprise « à l’amiable » des branches illégales : 387M€ pour 51%. Zong accepte d’abord, et signe en décembre un accord en ce sens. Mais en janvier, il a créé une nouvelle JV sino-chinoise de distribution. Pour justifier sa rupture de contrat, Zong reproche à Danone d’avoir multiplié les participations avec des firmes telles Mengniu ou Huiyuan, n°1 du lait et du jus de fruit, alors que lui-même voit sa route barrée vers ce type d’alliances.
Dans la tourmente, Danone veut privilégier l’accommodement à la justice… Mais Zong, par ses formules populistes, cherche à gagner l’opinion et établir, au minimum, son droit à pirater son ex-maison-mère, au maximum, à emporter avec lui le meilleur de la JV aux 880M€ d’actifs. L’Etat, selon son espoir, faisant jouer le « fait accompli » et la passivité, au nom de la stabilité, et « société harmonieuse ». Face à l’attaque, Danone réagissait 48h (11/04) pour menacer Wahaha Group d’une plainte en justice, sauf accord sous 30 jours.
Des négociations vont donc reprendre « à trois », sous l’arbitrage de l’Etat. Le pire n’est pas inéluctable : la Chine tient à son image, ne peut toujours pas se passer de la présence étrangère, témoin à Tokyo, Wen Jiabao (cf p.2) qui invite les industriels nippons à venir investir. Témoin aussi le feu vert donné à SEB par Pékin pour un rachat majoritaire de Supor (le n°1 chinois de la casserole), malgré une plainte d’un concurrent local, s’estimant léser.
Le 11/04, le Ministère du commerce faisait un premier point. Il « encourage les investissements étrangers et protègera les droits des firmes chinoises dans les disputes surgissant d’acquisitions étrangères ».
Il gérera le conflit Danone-Wahaha, « selon les règles strictes ».
Autrement dit, tout est ouvert !
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Le marché automobile chinois progresse ; les constructeurs chinois se positionnent
May 15, 2007
Alors que les marchés automobiles occidentaux ont tendance à s’essouffler, le marché et l’industrie automobiles chinois sont en pleine ébullition. Nombreux sont les constructeurs automobiles qui ont vu leurs ventes en Chine augmenter au cours du premier trimestre 2007, le marché ayant augmenté de 16% pour le seul mois de mars. Au cours du premier trimestre, Volkswagen a vendu 202 623 véhicules, contre 164 708 en 2006, augmentant ainsi ses ventes de 23% sur un an. De même pour General Motors, pourtant en recul sur le marché américain, qui a enregistré une hausse de 25% de ses ventes (291 588 véhicules). Le constructeur japonais Toyota a vu ses ventes croître de 66% (103000 véhicules vendus). Le marché chinois est donc une véritable aubaine pour les constructeurs étrangers. Mais cette progression du marché sourit également aux constructeurs locaux.
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La coqueluche des constructeurs automobiles chinois est bien sûr CHERY qui vient d’atteindre un record national en produisant son 800 000ème véhicule, un seuil de production jamais atteint dans le pays, grâce sa petite QQ6, le « Scarabée chinois » lancé en septembre. La production annuelle de Cherry est en augmentation constante depuis 2002. Aujourd’hui, la société affirme pouvoir produire 350 000 voitures, 400 000 moteurs et 300 000 boîtes de vitesse. La fierté de Cherry est d’autant plus grande qu’en mars 2007, il est devenu le premier constructeur chinois depuis 20 ans, à afficher des ventes plus élevées que celles de la concurrence sino-étrangère (44 568 véhicules vendus en février 2007, dépassant pour la première fois Shanghai GM (40 071), Shanghai VW (38 627) et FAW-VW (37 016)). Mais l’ambition du groupe privé est de développer ses exportations : en 2006, il a exporté 50 000 véhicules et près de 30 000 au cours du premier trimestre 2007, alors que l’objectif initial fixé pour 2007 était 70 000 ventes. Depuis le groupe souhaite doubler ses exportations afin d’atteindre le cap des 100 000 véhicules. Il compte s’appuyer sur Chrysler qui a accepté de distribuer ses petits modèles en Amérique du Nord et en Europe.
Cherry n’est pas le seul à se tourner vers les marchés occidentaux. Au premier trimestre 2007 devait débuter l’importation des premières voitures de la marque chinoise Brilliance Jinbei Automobile en Europe, via l’importateur HSO Motors Europe (Allemagne). Le blog caradisiac affirme que fin février 2007, cinq cents grandes berlines Brilliance BS4 et BS6 (de 19 000 à 23 000 euros) auraient quitté le port de Dalian pour atterrir à Bremerhaven, en Allemagne. Brilliance souhaite, d’ici 2010, vendre 75 000 voitures chaque année en Europe, dont 15 000 BS6 en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas et en Belgique en 2007. La France devrait être l’étape suivante via un partenariat avec Asie Auto -qui s’occupe déjà de la distribution du tout-terrain Landwind. Par ailleurs, selon le même blog et d’après des informations publiées par le quotidien portugais Publico, le constructeur chinois s’intéresserait à une usine General Motors au nord de Lisbonne (Portugal) qui a fermé ses portes récemment. « Assembler voire construire des voitures sur le territoire européen permettrait à Brilliance de contourner la taxe de 10% imposée aux voitures importées de pays non-européens et ainsi de proposer ses véhicules à des tarifs encore plus attractifs et compétitifs. »
La performance des constructeurs chinois est à l’image de l’ambition de la Chine. A l’instar de ce qu’ont pu faire les japonais et les sud-coréens, Pékin veut imposer rapidement sur la scène mondiale quelques champions nationaux. L’objectif est de placer parmi les 500 plus grosses entreprises mondiales, le plus vite possible, une cinquantaine de sociétés chinoises parmi certaines, privées ou publiques, sélectionnées. Comme Baosteel (acier), TCL (télévision), Huawei (télécommunications), Haier (éléctroménager) ou encore Tsingtao (bière), les entreprises du secteur automobile doivent s’internationaliser et être capables de concurrencer rapidement les plus grands -européens, américains ou japonais. L’Etat chinois a décidé, depuis la fin des années 90s, de doter le pays d’une industrie automobile, source de croissance et d’emplois (directs et indirects), et ce, avec une planification méthodique, des avantages certains -main d’œuvre bon marché, financement presque illimité- et surtout une compréhension affinée des enjeux internationaux. Le gouvernement chinois a un rôle primordial dans la mise en place d’une stratégie commune entre les constructeurs chinois. Le Ministère chinois du Commerce et la Commission d’Etat pour le Développement et la Réforme (NDRC) ont ainsi identifié 160 « constructeurs orientés vers l’exportation d’automobiles » (ou pièces détachées), dont dix marques seraient susceptibles de conquérir les marchés internationaux, l’Europe faisant partie des cibles privilégiées. Parmi elles figurent Cherry, Landwind, Brilliance, FAW et Geely. Ils ont également sélectionné huit plateformes pour optimiser l’exportation d’automobiles des constructeurs nationaux, assurer la protection des droits de propriété intellectuelle et faciliter l’innovation industrielles (Changchun, Shanghai, Tianjin, Wuhan, Chongqing, Xiamen, Wuhu, Taizhou).
Alors que les voitures chinoises ont d’abord été vues avec un regard arrogant du fait de leur qualité et sécurité inférieures, les constructeurs occidentaux commencent à s’inquiéter de ce qui rappelle l’arrivée des voitures japonaises. Après le mépris, les marques chinoises arriveraient sur le marché au compte-goutte, avant de s’installer durablement pour finalement dominer ? Les chinois n’ont en effet pas leur pareil pour apprendre et comprendre les attentes les clients, et temporiser, en restant en retrait, pour émerger ensuite en vainqueur. Quoiqu’il en soit, la progression du marché chinois de l’automobile, avec les préoccupations qui vont de pair –pollution, dépendance pétrolière, nouveaux standards, etc- devrait à terme forcer les constructeurs occidentaux à repenser leur métier. « C’est là bas que va se décider, dans les années à venir le leadership de notre industrie au niveau mondial », suggérait ainsi, avec lucidité, Richard Wagoner, le patron de General Motors.
Sources :
Voitures chinoises
Caradisiac
J.F.
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L’ADEME et la Chine - 20 ans de coopération sur l’énergie et l’environnement
May 15, 2007

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"Depuis maintenant vingt ans, l’ADEME mène des projets avec la Chine pour développer des technologies propres dans le pays ou accompagner les éco-entreprises françaises.
L’agence a mis en place un programme qui s’articule autour de trois priorités :
la lutte contre le changement climatique, orientée sur des opérations d’efficacité énergétique dans le bâtiment et le développement des énergies renouvelables,
la promotion des éco-technologies françaises et,
la coopération dans les domaines de la formation et de la recherche.
Efficacité énergétique dans le bâtiment et promotion des énergies renouvelables pour lutter contre le changement climatique
Premier pays bâtisseur au monde, la Chine doit répondre à une demande croissante de confort qui entraîne une augmentation des consommations d’énergie et de matières premières.
Depuis 1999, le « Programme d’efficacité énergétique dans la construction en Chine » financé par le Fonds français pour l’Environnement mondial (FFEM), soutenu par le ministère de l’Ecologie et du Développement durable (MEDD) et piloté par l’ADEME a déjà permis d’obtenir des résultats significatifs.
En s’appuyant sur des projets immobiliers déjà décidés et financés, il a été démontré la possibilité de diviser par deux les consommations d’énergie pour le chauffage dans les logements neufs pour un surcoût à la construction de 5 à 10% seulement. L’objectif de ces opérations est de démontrer leur faisabilité technique et financière dans la réalité économique chinoise afin qu’elles soient ensuite répliquées à grande ampleur.
Un 2ème programme sur trois ans a été lancé en 2004 pour promouvoir des solutions innovantes en matière d’efficacité énergétique et de qualité environnementale.
Promouvoir les éco-technologies françaises en Chine, notamment dans les domaines de la haute qualité environnement (HQE) des bâtiments et la gestion des déchets.
Le « Plan Export des Eco entreprises », soutenu par l’ADEME et Ubifrance, facilite l’approche du marché chinois des éco-technologies et favorise le positionnement des entreprises françaises. Parmi les éco-entreprises participant au PEXE, nombre d’entre elles sont membres du Club ADEME International qui regroupe une soixantaine de PME-PMI qui ont assuré une participation active lors des événements organisés avec la Chine en 2006 (Pollutec Shanghai, Suzhou, Cap export/Jinan).
Un groupe d’action du PEXE spécialement dédié à la Chine favorise au maximum l’implantation des entreprises françaises sur le marché chinois et a permis l’émergence des premiers projets d’offre collective portant sur :
• des opérations de maisons « Haute qualité environnementale » à Suzhou (dans la perspective de l’exposition universelle de Shanghai en 2010) et à Pékin ;
• un projet de construction exemplaire en terme de qualité acoustique et environnementale à Pékin soit deux tours de 590 000 m2 comprenant des logements, un centre commercial et un hôtel ;
• la gestion des déchets municipaux dans des villes de taille moyenne.
La coopération dans les domaines de la formation et de la recherche
Le Centre franco-chinois de l’Environnement et de l’Energie de l’Université de Tshinghua (CEFCEET), créé en décembre 2001, associe l’Université de Tsinghua et un consortium français créé à l’initiative du Ministère français de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche auquel participe l’ADEME. Deux mastères spécialisés dans les domaines de l’environnement et de l’énergie démarreront en 2007. Les étudiants recevront à l’issue de la formation un double diplôme :
• Le Mastère Spécialisé, label de la Conférence des Grandes Ecoles,
• Le Mastère of Engineering de l’Université de Tsinghua.
Dans le cadre de la coopération de l’Agence française de développement avec la province du Hubei, des travaux de recherche ont démarré pour la mise en place de mécanismes financiers visant la réhabilitation du parc immobilier tertiaire et résidentiel de la ville de Wuhan. L’ADEME participe notamment dans la définition d’une méthodologie de recherche pour la mise en place de mécanismes financiers favorisant l’efficacité énergétique dans les bâtiments existants."
L’ADEME en bref
L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) est un établissement public sous la tutelle conjointe des ministères de l’Ecologie et du Développement durable, de l’Industrie et de la Recherche. Elle participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. L’agence met ses capacités d’expertise et de conseil à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public et les aide à financer des projets dans cinq domaines (la gestion des déchets, la préservation des sols, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la qualité de l’air et la lutte contre le bruit) et à progresser dans leurs démarches de développement durable.
Le Club ADEME international, créé en 1997, rassemble plus de 60 éco-entreprises françaises en vue de développer l’exportation de biens et services sur les marchés de l’environnement et de l’énergie. Le Club ADEME international propose à ses adhérents de nombreux services de veille, d’accompagnement et de promotion, ainsi qu’un accès facilité à l’ensemble des offres de l’ADEME et des organismes publics participants au "Plan export des éco-entreprises" (PEXE)"
Le Plan Export des Eco-entreprises (PEXE) a été initié par l’ADEME et UBIFRANCE pour soutenir le développement international des PME-PMI dans les domaines de la protection de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Le PEXE vise à concentrer et à promouvoir l’offre française sur les thématiques prioritaires (déchets, eau, air, énergies renouvelables, acoustique, construction durable…) ainsi que sur les zones cibles en forte croissance comme l’Asie ou les Pays d’Europe Centrale ou Orientale (PECO)
Toute information supplémentaire est disponible sur le site www.ademe.fr
Contacts :
noemie.zambeaux@ademe.fr chargée de mission pour le programme FFEM constructions HQE
valerie.jouvin@ademe.fr chargée de mission Club ADEME International
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Entre deux tours : les Présidentielles vues de Chine
May 15, 2007
Qu’ont voté les français de Chine ?
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Selon le site du Sénat au service des français à l’étranger, les Français résidant en Chine ont voté au premier tour pour Nicolas Sarkozy (Cf. ci-dessous). Le candidat de l’UMP arrive largement en tête avec 52,7% des voix, atteignant jusqu’à 62,7% à Hong-Kong. La candidate socialiste remportait quant à elle 17,3% des voix (22, 75 % à Pékin, 12,5% à Hong-Kong et 16% à Shanghai). C’est le candidat centriste François Bayrou qui prenait la seconde place, partout en Chine, avec 28,6% des voix à Pékin, 24% à Shanghai ou encore 19,7% à Hong-Kong, selon l’AFP. De là, c’est Ulan Bator, en Mongolie extérieure, qui crée la surprise avec 45% des voix allant à Ségolène Royal contre 22,5% pour Sarkozy.
Le taux de participation, bien que plus faible qu’en métropole, n’est pas négligeable puisqu’il atteint 61,1% (63% à Pékin) pour 7 bureaux de vote (ambassade à Pékin, consulats de Shanghai, Guangzhou, Wuhan et Chengdu, et deux à Hong Kong) dans un pays aussi vaste que la Chine.
Selon une dépêche de l’AFP, les Français, en l’occurence de Pékin, auraint voté principalement par crainte de voir à nouveau le Front National atteindre le second tour.
INSCRITS : 10517
PARTICIPATION : 61,1%
M. BAYROU 1528 23,9%
M. BESANCENOT 42 0,7%
M. BOVÉ 29 0,5%
Mme BUFFET 21 0,3%
M. DE VILLIERS 33 0,5%
M. LE PEN 122 1,9%
M. NIHOUS 14 0,2%
Mme LAGUILLER 21 0,3%
Mme ROYAL 1104 17,3%
M. SARKOZY 3365 52,7%
M. SCHIVARDI 2 0,0%
Mme VOYNET 105 1,6%
Comment la presse chinoise en parle-t-elle ?
La presse chinoise reste prudente et a traité les élections françaises et le vote de manière purement factuelle, sans prendre position aucune. Mêmes les politologues chinois incités à s’exprimer dans China Daily, ne se sont pas prononcé sur ce qui relève avant tout du choix du peuple français : "Ce que l’on espère, note l’un d’eux, c’est que le nouveau régime va poursuivre et consolider la politique du prédécesseur visant à développer les relations amicales avec la Chine, étant donné que cette politique a eu des bénéfices significatifs pour les deux parties", rapporte une dépêche de l’AFP. Seule le Hong Kong Economic Journal se positionne en affirmant que si les sondages prédisant la victoire de Nicolas Sarkozy, s’avéraient exacts, "les perspectives économiques de la France s’en trouveront améliorées".
Pourtant, les medias chinois n’avaient pas manqué, après l’annonce de Jacques Chirac de ne pas briguer un troisième mandat, de vanter, avec regret, les mérites du "dinosaure politique européen " qui a contribué, pendant plus de dix ans, au rapprochement politique entreParis et Pékin. Et de rappeler sa passion et sa connaissance de l’Asie et de la Chine en particulier. Ainsi l’hebdomadaire chinois Globe (Xinhua), se plaisait à rappeler l’épisode où Jacques Chirac s’était permis, au cours d’un dîner officiel dans le village natal de Jiang Zemin en 2000, de corriger un convive sur le nombre d’empereurs de la dynastie des Sui (581-618), ce à quoi Jiang Zemin avait répondu : "Je vois que parmi ceux qui sont assis autour de la table ce soir, en ce qui concerne la connaissance de l’histoire chinoise, personne ne peut égaler le président Chirac". (APF, 16.04.2007)
Que pensent les dirigeants chinois des Présidentielles ?
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, a également remercié les efforts du Président Chirac dans la coopération bilatérale franco-chinoise, profitant de l’occasion pour rappeler que son pays apprécie "la juste position" de la France sur Taïwan et sur la levée de l’embargo de l’Union européenne sur la vente d’armes en Chine. Néanmoins, le Ministre des Affaires Etrangères, et de manière plus générale les officiels chinois, n’ont marqué aucune préférence pour tel ou tel candidat, au moins publiquement.
Leur interrogation, sinon leur inquiétude, sur cette nouvelle génération politique française, sans véritable expérience internationale, est de savoir si elle sera en mesure de perpétuer et de renforcer les bonnes relations entretenues, jusque là, par le Président Chirac avec Jiang Zemin puis Hu Jintao .
Ségolène Royal, seule candidate à s’être rendue à Pékin où elle a été reçue par le numéro cinq du régime, Zeng Qinghong, a affirmé que la Chine, devenue un partenaire économique et stratégique incontestable et incontesté, serait l’un des premiers pays où elle se rendrait si elle était élue. Mais dans le même temps elle se positionnait face à Nicolas Sarkozy sur le boycott envisageable des Jeux Olympiques de Pékin dans le but de faire pression sur le pays asiatique au sujet de sa politique au Darfour.
"Je pense que la Chine n’a pas de craintes, plutôt des attentes", estimait Wang Liqiang, expert des questions françaises à l’Académie chinoise de sciences sociales, interrogé par l’AFP (22.04.2007). La Chine espère en effet, avant tout, un renforcement des liens dans le domaine économique et technologique, où la France peut lui apporter beaucoup mais demeure en retard, par exemple par rapport à l’Allemagne .
Julie Fouquart
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