Luxe étranger –rare campagne de qualité

15 mai, 2007

Dior, Chanel, Armani, Max Mara, Burberry, Polo, Ralph Lauren, marques célèbres, symboles de qualité et de savoir-faire. Hengfang et Siloran, humbles cosmétiques de Shantou (Guangdong). Entre ces deux listes, rien de commun— sauf que leurs noms se retrouvent à la même affiche en quelques semaines, interpellés par l’administration, en contravention aux normes de qualité.

 

Mi-janvier, le Bureau de l’Industrie et du Commerce de Shanghai révélait qu’une 40aine d’articles textiles et de chaussures des grandes marques venaient d’échouer à ses tests de qualité, pour cause de teintures acides et nocives, voire d’affichage trompeur : ils seraient retirés, et les griffes, taxées. Le 6/02, les sociétés cantonaises étaient fermées, leurs six lignes de rouges à lèvres interdites : le bureau local de la qualité y avait détecté la présence du colorant Sudan IV, cancérigène.

 

Un jour plus tard, une autre rafle, pour la même raison, frappait un producteur de piment en poudre à Chongqing (au Sichuan, dont le piment est célèbre). Sur la motivation de cette ardeur soudaine à défendre le consommateur, on en est réduit aux conjectures. Frapper d’abord (légèrement) l’étranger, pour pouvoir ensuite punir le Chinois ? Simple brimade ?

 

En septembre 2006, les produits cosmétiques de luxe SK-II, du groupe P&G (cf VdlC 31) avaient été victimes d’une campagne similaire, retirés deux mois durant du marché sous un invraisemblable prétexte de mauvaise qualité, puis réintroduits sans un mot d’explication.

 

Le Vent de la Chine n° 18(XII) « La mondialisation en marche » 14 - 20 mai 2007

 

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