Oui, la Chine peut être une opportunité d’affaires pour les PME.
15 juin, 2007
"L’étude Riposte Chine de SECOR-TAKTIK : 26 PME québécoises et canadiennes montrent que la Chine peut être une opportunité d’affaires"
Source : CNW TELBEC
"MONTREAL, le 27 mai /CNW Telbec/ - SECOR-TAKTIK vient d’achever une seconde étude de grande ampleur sur les conséquences de la concurrence chinoise pour notre économie. L’année dernière, avec Impact Chine 2006, elle avait réalisé, grâce à l’appui d’importants partenaires - BDC, Caisse de dépôt et de placement du Québec, Investissement Québec, ministère du Développement économique, Innovation et Exportation, Société générale de financement du Québec- un portrait du développement économique de la Chine et de la menace pour notre industrie.
Cette année, son étude Riposte Chine 2007 montre comment nos entreprises peuvent réagir de façon positive à cette menace. Ce sont les mêmes grandes institutions qui ont appuyé cette étude. Elles sont toutes engagées aux côtés des entreprises québécoises pour les aider à s’adapter à la mondialisation.
Dans cette perspective, la Caisse de dépôt et de placement du Québec annonçait récemment la création prochaine d’un "Centre international sur la prospérité des entreprises du Québec". De son côté, la BDC, si elle assiste financièrement les entreprises, souhaite aussi les compagner en matière de services-conseils dans leur approche des pays émergents.
Les témoignages recueillis par SECOR-TAKTIK auprès de 26 dirigeants de PME québécoises et canadiennes sont encourageants pour les entreprises qui se sentent menacées par la montée en puissance de la Chine et des autres pays émergents.
Oui, une riposte constructive à l’impact de la Chine sur notre industrie est possible.
De plus, c’est une expérience salutaire. Pour répondre à la concurrence chinoise, toutes les entreprises que nous avons rencontrées ont dû se remettre en question, réviser leur modèle d’affaires et se réorganiser en conséquence. Toutes sont sorties de l’épreuve plus performante, plus aguerries, préparées désormais à jouer leurs cartes dans une économie mondialisée.
Le ton de ces témoignages n’est pas du style "la menace chinoise est écartée, reposons-nous", mais plutôt "nous avons appris à faire de la Chine une opportunité ; maintenant, au suivant…". C’est le principal enseignement qui peut être tiré de cette étude : la Chine n’est pas une fatalité ; elle peut être aussi un tremplin, l’occasion pour une PME de devenir une entreprise de classe mondiale.
Quant au "comment" de la riposte, cette série de témoignages montre un consensus fort parmi les dirigeants d’entreprise sur les solutions à apporter
Les 4 axes de la "Riposte Chine"
Les PME québécoises et canadiennes qui ont trouvé une réponse à la concurrence de la Chine ont renouvelé leur modèle d’affaires à partir de 4 axes :
- Fabrication
- Approvisionnement
- Innovation
- Marketing
Ce qui donne l’acronyme évocateur FAIM, une formule popularisée par Investissement Québec, où l’Innovation correspond à la R&D et le Marketing inclut aussi les Ventes.
SECOR-TAKTIK avait ces 4 axes de riposte à la concurrence chinoise dans son étude Impact Chine de 2006, en donnant à ce sujet l’exemple de quatre entreprises québécoises - Aciflex, Mecachrome, EXFO, Louis Garneau. Ces exemples restent valables, et les 26 autres entreprises étudiées dans cette étude 2007 confirment la validité de ces 4 axes.
Il faut préciser qu’il y a plus d’une solution à la concurrence chinoise. A l’intérieur d’un même secteur industriel, le choix de l’axe sur lequel reposera le nouveau modèle d’affaires peut varier d’une entreprise à l’autre. Une entreprise va considérer qu’elle réussira en renouvelant 25 % de ses produits sur deux ans, quand une autre perfectionne le refroidissement de ses moules à injection, afin de gagner les quelques minutes qui lui permettront de produire moins cher que tous ses concurrents. Mais les entrepreneurs rencontrés ont tous fait le choix d’un axe principal de riposte, sur lequel ils concentrent leurs efforts.
L’Innovation R&D est, de loin, l’axe de différenciation privilégié par les entreprises pour répondre à la concurrence chinoise : 16 sur 26.
Pour 4 entreprises, la Fabrication demeure l’axe principal de leur "Riposte Chine".
L’approvisionnement concerne pratiquement toutes les entreprises, mais 3 d’entre elles en font l’axe principal de leur différenciation. Par conséquent, la délocalisation n’est pas de facto pour ces entreprises le seul modèle privilégié.
Les entreprises ne délaissent pas pour autant les autres grands leviers de performance. Nous leur avions demandé d’indiquer l’axe de différenciation qui venait en numéro 1 dans leurs préoccupations. Pour ceux qui n’en ont pas fait leur axe principal de différenciation, la R&D et le Marketing figurent en tête des axes secondaires.
Le "qualitatif" au secours du "quantitatif"
Sur 26 dirigeants d’entreprise rencontrés en 2007, 23 ont insisté sur l’importance du capital humain et des actifs intangibles. Ils sont quasi unanimes à considérer qu’une entreprise qui ne réussit pas dans ces deux domaines connaîtra des difficultés, ou même des échecs dans son expérience avec la Chine.
La notion de capital humain porte sur tous les aspects des ressources humaines. Pour nos entrepreneurs, les facteurs essentiels dans ce domaine sont la compétence et la fiabilité des partenaires chinois, la capacité des employés de l’entreprise à faire le pont entre les deux cultures et le fait qu’ils acceptent de s’expatrier pour des périodes assez longues.
Dans les "actifs intangibles", les entrepreneurs québécois et canadiens classent en premier la bonne connaissance de la Chine, si différente de nous par sa culture, ses pratiques d’affaires dans le commerce et l’industrie. Ils placent au second rang la qualité et l’étroitesse des liens développés avec les partenaires chinois. Au troisième rang, ils citent l’expérience acquise par l’entreprise en Chine, son histoire. Ils sont unanimes à dire que développer et appliquer une stratégie face à la Chine est un exercice difficile, qui demande du temps et de la persévérance.
Des pistes d’action pour aider nos PME
26 entreprises qui réussissent face à la Chine, c’est bien, mais cela ne fait pas une politique industrielle. L’analyse des témoignages montre que les PME québécoises et canadiennes ont besoin d’un soutien dans une série de domaines :
Eliminer le défaut informationnel
Dans l’ensemble, les PME ont un large déficit de veille concurrentielle (le monde) et d’intelligence économique. A partir de ses convictions, le dirigeant de PME joue l’avenir de son entreprise face à la concurrence chinoise. Il faudrait que les PME disposent d’une information complète et à jour sur les tenants et aboutissants de la concurrence des pays émergents.
Leur donner les moyens d’une stratégie à long terme
La plupart des PME manquent d’un dispositif d’analyse-riposte face à la concurrence chinoise alors que cette expertise existe. La stratégie adoptée est plus souvent une stratégie de maintien que de conquête, ce qui pose la question de sa durabilité. Une réflexion sur des changements de fond ou sur le long terme est nécessaire.
Soutenir les PME dans la recherche des talents dont elles ont besoin
Les ressources humaines - qui prennent parfois la forme d’un pari - sont décisives pour les PME : elles apprécieraient un soutien dans ce domaine, en Chine comme au Canada.
Les aider à financer une riposte au bon niveau
Cela pose des questions importantes : les PME ont-elles assez de ressources financières pour s’installer en Chine au niveau requis ? Est-ce que leur approche par petits pas ne les handicape pas face à une concurrence asiatique qui avance par grands bonds ? Que peuvent faire nos banques et institutions financières pour les soutenir ?
Aider les associations sectorielles à se financer et à s’organiser
Des disparités importantes selon les secteurs pénalisent beaucoup de PME. Il faut aider les associations sectorielles à trouver le financement et l’organisation humaine et matérielle qui leur permettront d’être efficaces.
Faire connaître et améliorer l’impact des organismes publics
Les PME semblent méconnaître le potentiel de soutien des organismes publics ou le trouvent insuffisant et trop compliqué.
L’exemple de ces 26 entreprises montre que la riposte est possible. Mais que dire des autres ? Toutes les entreprises sont en définitive, à terme, concernées par l’impact de la Chine et des pays émergents. Il faudra une véritable mobilisation des grands acteurs économiques pour que les entreprises québécoises, dans leur ensemble, parviennent à transformer la menace chinoise en une opportunité."
Renseignements :
Danièle Lajeunesse, Directrice développement
SECOR-TAKTIK
(514) 866-5827
dlajeunessee@secor.ca
www.secortaktik.com ;
Riposte Chine : Les entreprises et l’essor économique de la Chine.
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