Gros plan sur - Connexions-, le magazine de la Chambre de Commerce en Chine - toutelachine.com

21 September, 2007

La Chambre d’Industrie et de Commerce française en Chine a son propre magazine. Il s’appelle Connexions et a pour vocation d’offrir une meilleure compréhension de la Chine tout en parlant de la présence française dans l’Empire du milieu.
Nicolas Jucha, (Toute la Chine.com->www.toutelachine.com], 25/05/2007.

Le magazine Connexions a été créé en 2000 à l’initiative de Florence Gomez, directrice nationale de la CCIFC et directrice de la publication du magazine aujourd’hui. En 7 ans d’existence, le journal de la Chambre de Commerce a sorti 40 numéros, sur des thèmes aussi variés que l’énergie, le luxe, le sport et bien sûr l’économie et la société chinoises.

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Bimestriel, le magazine s’adresse en priorité aux décideurs économiques de tous secteurs exerçant leur activité dans une société française implantée en Chine, les administrations chinoises et françaises, les décideurs chinois. De manière plus large, son contenu s’adresse également aux salariés chinois des sociétés françaises, les passagers des vols Air France Pékin-Paris, Shanghai-Paris et Canton-Paris (sur lesquels il est disponible en première classe et en classe affaires) ainsi que la communauté française en Chine.

Ecrit en langue française, il compte également certains articles en chinois. Si son tirage est de 8000 exemplaires, son taux de circulation est estimé à 10000 personnes par numéro. Connexions est distribué gratuitement à l’ensemble des membres de la CCIFC, soit plus de 1000 implantations françaises sur le territoire chinois, aux décideurs chinois, ministres, vice-ministres, gouverneurs de province, maires, vice-maires, directeurs des zones de développement économique, directeurs des bureaux des investissements étrangers, directeurs des antennes locales du CCPIT (China Council for Promotion of International Trade), cadres de grandes entreprises chinoises, journalistes de la presse économique et financière chinoise, à l’ ambassade, aux consulats, et aux missions économiques françaises en Chine, à toutes les Chambres de Commerce et d’Industrie françaises en Asie ainsi que toutes les Chambres de Commerce et d’Industrie en France, partenaires de la CCIFC dans le cadre de Cap Chine.

L’objectif du magazine est de "fournir des outils pour une meilleure compréhension du marché chinois et de son environnement ainsi que promouvoir la présence française en Chine." Il se compose à chaque numéro d’un long dossier sur les grands enjeux de l’économie et de la société chinoise (innovation, énergie, consommation…), d’un grand entretien avec une personnalité du monde franco-chinois, l’actualité juridique, le portrait d’une PME et la rubrique culture et sa sélection de livres.

Les personnes importantes du magazine :
Florence Gomez - Juliette Yanitch - Rémi Paul - Anne Garrigue

Connexions est disponible à Pékin la librairie L’Arbre du Voyageur, et à Paris à la Librairie du Commerce International. Pour souscrire à un abonnement, télécharger le bulletin d’abonnement.

Retrouver les numéros de Connexions ici

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Entretien avec Anne Garrigue
Journaliste écrivain installée en Chine, Anne Garrigue occupe aujourd’hui les fonctions de rédactrice en chef du magazine Connexions.
Interview exclusive de Nicolas Jucha, pour toutelachine.com, 28/05/2007.

Présente en Asie depuis plus d’une décennie, Anne Garrigue est une spécialiste de l’Extrême Orient et en particulier du Japon, thème de plusieurs de ses ouvrages. Rédactrice en chef de Connexions, le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie française en Chine,elle nous a accueilli dans son logement à Pékin pour parler de son travail, de Connexions, mais également de son expérience de la Chine.

1) TLC : Bonjour Anne, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Toute la Chine ?

Je m’appelle Anne Garrigue et je suis journaliste-écrivain. Cela fait plus de douze ans que je vis en Asie : huit ans au Japon, trois ans en Corée du sud, et maintenant deux ans en Chine. J’ai choisi de venir puis de revenir en Asie où mon mari a exercé dans différents pays les fonctions de Ministre Conseiller pour les Affaires Economiques de l’Ambassade de France., par goût et par intérêt personnels. Je suis devenue avec le temps une vraie « mordue d’Asie ». J’ai une formation initiale de journaliste ( Science Po et CFJ). J’ai d’abord travaillé dans la grande presse au Japon et en France. Depuis une quinzaine d’années, j’écris plutôt des livres ou des articles pour des magazines. J’enseigne aussi à Science-Po Paris, Audencia , une école de commerce de Nantes, et Eurasiam , une nouvelle école qui s’est montée à Paris sur le Japon. Les thèmes qui me tiennent à coeur sont la culture et la société japonaises et le métissage culturel.

J’aime énormément le Japon dont je parle la langue. J’ai d’ailleurs publié plusieurs livres sur la société japonaise dont une enquête sur les femmes japonaises, intitulée « Japonaises, la révolution douce », et publiée chez Philippe Picquier. Cette enquête a été traduite par un éditeur japonais. Mon avant dernier livre « L’Asie en nous » est consacré à l’impact des cultures asiatiques sur notre société française.

Quant à la Chine, où je suis arrivée il y a un peu moins de deux ans, je l’observe avec grand intérêt notamment en prenant en charge, avec d’autres, et comme je l’avais fait lors de mon séjour en Corée du Sud, le magazine de la Chambre de Commerce et d’industrie française

2) TLC : Pouvez vous nous présenter ce magazine « Connexions » ?

C’est un bimestriel, qui présente la Chine, vue de Chine et met en valeur les connaissances et les savoirs faire des hommes d’affaires qui sont sur le terrain : « Qu’est-ce que savent faire les entreprises françaises ? Qu’est-ce qu’elles savent de la Chine ? Qu’est ce qu’elles ont à dire sur la Chine ? ». Nous donnons aussi la parole à de nombreux Chinois, experts ou non, dans tous les domaines, et à des chercheurs, des diplomates… Nous parlons aussi de la société en général, de la culture, des livres. Nous nous efforçons de mettre en valeur le travail et le point de vue des Français sur la Chine.

Tous les deux mois, nous consacrons une partie importante à un dossier thématique tel que « les nouveaux consommateurs chinois », « les ressources humaines en Chine », « Pékin », « 1976-2006, bouleversements et permanences », « La recherche-développement en Chine » ou même « Le sport en Chine ». Nous préparons actuellement un dossier sur l’énergie et un autre sur le luxe. Notre rédaction est basée à Pékin, à Shanghaï et, dans une moindre mesure, à Canton. L’important pour nous est de faire quelque chose qui sonne chinois, parle de la Chine en offrant une connaissance de ce pays venant de quatre grandes sources : entreprises, diplomates, journalistes et chercheurs. Nous cherchons à écrire de façon sympathique et journalistique à la fois, avec beaucoup d’illustrations.

Nous avons des accords avec une agence de photographies, nous avons même une jeune photographe professionnelle Anne Douard et une équipe de jeunes journalistes très compétents. Notre magazine est bilingue, deux tiers français, un tiers chinois. Actuellement nous réfléchissons à la façon de mieux présenter la partie chinoise même si notre public est d’abord principalement francophone à l’heure actuelle.

Au départ, notre journal n’était diffusé qu’en Chine, via les membres de la Chambre de commerce française en Chine qui le recevaient automatiquement. Il est en vente aujourd’hui dans la librairie du centre culturel français à Pékin. Il est aussi diffusé en France , via le réseau des Chambres de commerce et Ubifrance. L’objectif à terme est de mieux le faire connaître et de le diffuser au maximum auprès du grand public français qui s’intéresse à la Chine.

3) TLC : Qui s’occupe du magazine ?

Une commission de membres volontaires au sein de la Chambre, se réunit tous les mois pour orienter le destin du journal. Cette Commission est dirigée par Rémi Paul, de Pudong Water A l’origine du journal , se trouve Florence Gomez, la directrice actuelle de la Chambre qui a voulu créer Connexions, dès son entrée en fonction. Je collabore régulièrement avec la Chambre sous sa direction et celle de Juliette Yanitch. Agathe Allain, responsable des publications est l’indispensable cheville ouvrière du dispositif .

4) TLC : Pourquoi publiez-vous également des articles en chinois ?

Etant en Chine, notre mission est de mieux faire connaître les sociétés françaises aux Chinois, notamment aux leaders d’opinion. Nous ne traduisons pas tout. Nous choisissons des articles qui permettent de mieux faire connaître la position de la France en général ou celles des entreprises françaises. Cela permet à nos lecteurs chinois de pouvoir en déchiffrer quelques aspects.

5) TLC : Quelle type d’équipe participe au contenu de Connexions ? Un effectif fixe ?

Nous nous sommes entourés d’une bonne équipe de collaborateurs réguliers de qualité, journalistes professionnels Nous sommes ouverts aux compétences. A chaque numéro, nous réunissons un comité de rédaction qui porte essentiellement sur le dossier. Outre les collaborateurs habituels, nous invitons pour chaque dossier des experts, hommes d’affaires ou d’Ambassade, chercheurs concernés par la thématique. Ils nous apportent de l’information et des analyses. Nous voulons à tout prix éviter d’être superficiel. Ce qui nous interesse : faire un travail de fond que nos lecteurs puisse conserver en archives.

6) TLC : La force de votre magazine ne réside-t-elle pas dans ce large réseau de relations ?

Complètement, nous pouvons puiser des informations précises auprès de gens qui connaissent très bien la Chine et nous entretenons de bonnes relations avec les experts chinois qui acceptent volontiers de nous parler car nous représentons la Chambre de commerce française en Chine.

7) TLC : Que pensez-vous des informations sur la Chine actuellement disponibles dans les médias français ?

Je suis frappée à la fois par la masse d’informations sur la Chine et par son côté encore trop superficiel parfois. Il n’est pas évident d’avoir des informations précises et concrètes, une image qui ne soit ni caricaturale… ni trop institutionnelle. Cela se développe néanmoins avec de nombreux sites sur la Chine qui donnent, au jour le jour, beaucoup d’informations. En tant que journaliste depuis vingt ans en Asie, j’ai pu noter la montée prodigieuse de l’intérêt pour l’Asie et pour la Chine en France.

L’approche est de plus en plus mûre . Dans le cadre de cet approfondissement, pour les étudiants d’écoles de commerce, de Science-po ou d’autres institutions qui s’intéressent à la Chine ou au Japon, et qui en apprennent les langues, il est important d’avoir une information de plus en plus subtile, concrète et proche du terrain.

8) TLC : Par rapport à votre contenu, avez-vous des concurrents ?

Non, nous sommes un journal de Chambre fait de Chine, et nous n’avons pas d’équivalent français actuellement. Cela étant. il y a de la place pour toute le monde sur la Chine, notamment pour améliorer le contenu de nos relations avec ce grand pays, être plus vigilant sur ce qui se passe dans ce pays.

9)TLC : Y a t-il des équivalents français de Connexions dans d’autres pays que la Chine ?

Le journal de la Chambre de commerce de la France au Japon , France Japon Echo, qui existe depuis plus de dix ans, est une référence en la matière. J’avais fondé « Corée Affaires », le journal de la Chambre de commerce française en Corée du Sud qui a heureusement continué sur sa lancée. La plupart des Chambres de commerce ont un magazine . dont la qualité dépend des bonnes volontés disponibles.

10) TLC : Quels sont les objectifs du magazine en termes de contenu ? Nous voulons développer la convivialité et la qualité, mais aussi la présentation du magazine, le rendre plus professionnel et agréable à lire. Cela permettrait d’en assurer une diffusion plus large.

11) TLC : Avez-vous des anecdotes à partager sur votre collaboration avec Connexions ?

La rédaction du numéro sur « La Chine 1976-2006 » comporte beaucoup d’anecdotes puisque c’est une série de portraits. On a réalisé beaucoup d’interviews de Français qui étaient en Chine en 1976, et qui y sont encore aujourd’hui. Nous avons notamment pu relater une histoire exceptionnelle, celle d’Odile Pierquin, professeur de chinois au Lycée français de Pékin, et qui a été la première étrangère à épouser un Chinois depuis la Révolution Culturelle. Notre journal a un côté « local » puisqu’on y parle des gens qui représentent la France en Chine. Derrière les réussites économiques, il y a des visages et il faut les montrer.

12) TLC : Sur le plan personnel, quels types de sujets préférez-vous aborder dans Connexions ?

Personnellepent, je m’interesse à tout : la recherche et le développement sont un débat important, le sport un sujet palpitant. En interrogeant par exemple le vice-président du Comité International Olympique, ancien traducteur de Mao, j’ai mieux compris le climat qui régnait en Chine dans les années 50, les mentalités de l’époque. Je ne privilégie pas le culturel ou l’économique. Tout me paraît lié. Le plus important, c’est de pouvoir témoigner du dynamisme des gens qui travaillent en Chine. Globalement, les Français qui sont là « en veulent ». Ils ne viennent pas en Chine par hasard. Il y a donc beaucoup d’histoires à raconter. La Chine, c’est l’endroit où les plus débrouillards se débrouillent…

13) TLC : Essayez-vous, à travers votre séjour sur place, de vous imprégner de la culture chinoise ?

Bien sûr. Cela passe d’abord par la langue. C’est une exigence que je m’impose . Au Japon, j’avais appris le japonais. En Chine je me suis mise au chinois. Je n’imagine pas d’être en Chine sans parler la langue . j’ai trop besoin de bavarder avec mon voisin . En ce qui concerne les activités artistiques comme la peinture à, l’encre ou physiques comme les arts martiaux, j’ai beaucoup pratiqué cela, étant plus jeune. Je suis même devenue ?.professeur de Yoga. En arrivant ici, je me suis intéressée au Tai Ji Quan mais j’y ai renoncé car je ne me sentais pas prête à apprendre à partir de zéro un nouvel art martial.

A bientôt pour de nouvelles interviews sur Toute la Chine. "

Nicolas Jucha.

 

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