Connaissez vous la « Jeune Chambre » de Shanghai ?
Interview de Thomas Chabrières, fondateur et le Président actuel de la Jeune Chambre Economique Française (JCEF) de Shanghai.
Thomas, peux tu nous expliquer tout d’abord d’où est née l’idée de la Jeune Chambre à Shanghai?
La Jeune Chambre Economique Française (JCEF) de Shanghai a été créée, il y a de ça un an maintenant, en février 2007. A vrai dire, elle est née d’un constat. Shanghai aujourd’hui, repose sur deux piliers : le travail et la fête.. Travaillez, faire du business, maximisez son profit, c’est génial ! Faire la fête, c’est génial ! Mais entre deux, il y avait un manque. Un manque d’ouverture à la culture chinoise, un manque de « faire le bien » si je peux dire… La Jeune Chambre de Shanghai est née de ce constat de manque.
La communauté française est très présente à Shanghai, mais les français restent souvent entre eux. Ce n’est pas un cliché de dire que l’ancienne concession coloniale française de Shanghai est devenue une sorte de ghetto d’expatriés français ! Je ne juge pas ; j’en fais partie ! Mais la critique est aisée lorsqu’on habite en Chine depuis un moment : sur la culture chinoise, sur le fait que les chinois crachent partout, sur les passants qui traversent sans regarder… sur tous ces petits désagréments du quotidien, qui prennent alors vite une proportion démesurée. Pourtant, on ne fait pas beaucoup pour y remédier !
Mais justement, il y avait, de ce fait, cette envie, cette volonté de fédérer et d’ouvrir sur une autre réalité chinoise… La JCEF est donc partie de ce besoin d’associatif, sans doute propre aussi à notre culture française. Ancien Pékinois, un ami qui montait Jeune Chambre de Pékin m’avait parlé de leurs actions dans la capitale. Je ne connaissais pas du tout le concept ; en fouillant un peu, j’ai découvert que mon père lui-même était un ancien « Jeune Chambre » ! C’était ça qui manquait à Shanghai. J’en ai parlé autour de moi et j’ai eu un écho plus que favorable. Avec quelques contacts, la Jeune Chambre était née !
Quel est donc le but de la JCEF de Shanghai ?
Il faut préciser que tous les membres de la Jeune Chambre sont engagés. Tous sont bénévoles, et mettent à disposition leur temps, leurs réseaux, leurs connaissances de l’environnement chinois…. Il y a une myriade de jeunes entrepreneurs qui arrivent la fleur au fusil en Chine et qui se retrouvent vite perdus. Nous sommes tous passés par là : entre l’euphorie et la panique ! La JCEF veut fédérer ces jeunes entrepreneurs et entreprenant, à travers des projets constructifs. Mais dans cette aventure, je le répète et j’insiste, nous somme tous engagés. La JCEF n’a pas d’objectif lucratif; c’est un investissement en temps pour participer à l’amélioration de la qualité de la ville. Un grand investissement certes, mais la satisfaction personnelle et collective gagnée en retour est déjà une grande récompense.
Plus précisément, quelles sont vos activités ?
Nous nous retrouvons régulièrement. Les membres se regroupent en commissions, chacune indépendante qui propose, met en œuvre et gère un projet selon les besoins, les envies. Le JCEF essaie de centraliser et coordonner l’ensemble des actions des commissions. Nous avons mis en œuvre déjà 4 projets cette année, et nous espérons bien en avoir 8 pour fin 2008.
- Biznet: en partenariat avec la JCEF de Pékin, nous aidons ainsi les entrepreneurs qui se lancent à Shanghai. Plus d’informations Ici
- La commission Photos : En mai l’année dernière, nous avons monté la plus grande expo photo de Shanghai avec 88 photographes, sur une même thématique. L’exposition devrait être requalifiée en Festival cette année ! Voir l’article du Shanghai Daily à ce sujet Ici
- IQ : Il y a énormément de conférences à Shanghai tous les jours sur la manière de faire du business en Chine, sur comment négocier avec les chinois, sur le guanxi… Ce que nous voulons faire, ce sont des conférences différentes, fédérées autour de « l’humain », autour de ce qui nous anime : la passion. Ce peut être l’argent certes, mais bien plus encore. Notre première conférence d’ici l’été aura pour thème la « Créativité » : peut-on et comment peut-on encore être créatif dans nos sociétés d’aujourd’hui ? Nous avons donc invité un entrepreneur, mais également un artiste et un écrivain qui interviendront sur le sujet, suivi ensuite d’un débat avec le public. Alors qu’on associe la Chine avec la copie, nous voulons sortir l’expatrié de la logique business et avoir une vision plus intellectuelle du « J’innove ». Ces conférences se veulent un moment pour se poser, pour pousser les gens à la réflexion, et qui sait, peut-être ensuite, à l’action !
- Shanghai Young Bakers. Nous avons un autre projet en cours de réalisation: un Centre de formation en boulangerie pour les jeunes chinois défavorisés de Shanghai. L’idée est de faire venir en Chine un ancien boulanger et d’aider les jeunes de la rue, en les formant à un métier et à les aider à accéder, éventuellement, à un premier emploi. La JCEF a un accès à tous les réseaux nécessaires – grande distribution, hôtellerie et restauration- qui peuvent l’aider pour cela. C’est un projet ambitieux mais qui nous tient vraiment à cœur.
Plein d’autres projets encore sont envisagés: monter un club VIE à Shanghai, faire plus d’opérations sociales, en fonction des envies, des attentes…
Vous avez de beaux et importants projets mais, finalement, vu de France en tout cas, vous ne semblez que peu connus ! Comment expliques-tu cela ? Que vous manque-t-il aujourd’hui pour vous développer ?
A vrai dire, nous mettons avant tout en valeur nos projets, et non notre organisation. Pourtant les JCEF sont à l’origine de nombreux projets depuis leurs débuts ; en France, par exemple, le 18 du SAMU, le tri des déchets, les rues piétonnes, etc, ce sont des initiatives « Jeune Chambre » !
De toute façon, nous ne soutenons pas nos projets indéfiniment. A terme, ils ont vocation à être transmis. D’ici un ou deux ans, à une institution, à une entreprise… La Jeune Chambre est un tremplin.
Aujourd’hui nous sommes une trentaine de membres actifs, et notre difficulté serait plutôt de faire face à la demande. Maintenant que nous commençons à être connus, beaucoup veulent nous rejoindre, sans savoir véritablement ce que nous sommes d’ailleurs, ni parfois véritablement réaliser l’investissement que cela nécessite.
Mais nous avons paradoxalement besoin aujourd’hui, néanmoins, de communiquer, car nous manquons de financement. La JCEF repose pour le moment sur les seules cotisations de nos membres, ce qui s’avère aujourd’hui insuffisant pour les projets que nous entendons développer. Nous venons d’élaborer des supports de communication et nous sommes ravis que des sites francophones comme www.objectif-chine.com puissent permettre de faire parler de nous ! Cela peut nous permettre de trouver des sponsors pour nos projets. Et, ça, nous en avons encore beaucoup !
Merci beaucoup Thomas, et donc bonne continuation à la Jeune Chambre de Shanghai !
Vous pouvez contacter Thomas Chabrières ou les membres de la Jeune Chambre de Shanghai à partir de leur site www.jcef-shanghai.com
Propos recueillis par Julie Fouquart.
L’équipe de la Jeune Chambre: de jeunes actifs dynamiques et entreprenants!

De gauche à droite:
Frederic Pailley: Secretaire General
Cesar Lengelle: Tresorier
Thomas Chabrieres: President
Clementine Kaeppelin: responsable Communication
Cyril Bertschy: Vice President Programmes
Voir aussi : “Young French entrepreneurs”, Jenny Hammond, Interview de Thomas Chabrières pour la JCEF de Shanghai, Shanghai Daily, 02.06.2007 http://www.shanghaidaily.com/sp/article/2007/200706/20070602/article_318086.htm
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