Agnès Chung : « Au nom de la Rose » . La franchise en Chine.
21 April, 2008
Au nom de la Rose est une chaîne de « fleuristes de Roses » ; c’est comme cela qu’ils aiment se présenter. C’est une chaîne de fleuristes française basée sur un concept innovant et une franchise dont le succès va jusqu’à Shanghai ou Agnès Chung a ouvert deux magasins.
Âgée de 28 ans et diplômée d’une école de commerce : l’IFI (Institut de Formation Internationale, puis l’ESC Rouen) elle a terminé sa formation par une année d’échange universitaire en Chine dans le Zhejiang, plus exactement à Jinhua . Elle enchaîne ensuite directement par un stage de 6 mois de stage à Taipei.
Une fois diplômée, elle reste en Chine en choisissant le VIE (Volontariat international en entreprise). Ce qui lui permet d’acquérir l‘expérience qui lui sera nécessaire pour tenter l’aventure d’Au nom de la Rose. Basée a Shanghai, elle travaillera de 2004 à 2006 pour le compte de 5 entreprises agroalimentaires de la région Aquitaine en développant le réseau de distribution de produits importés français en Chine.
Le projet « Au nom de la rose Chine » est né en Janvier 2007. Après avoir créé la structure juridique et trouvé les emplacements, le premier magasin a ouvert en septembre 2007, le second en octobre, toujours à Shanghai.
1) Étant donné votre secteur d’activité et votre implantation en Chine, la franchise était-elle le moyen le plus adapté à votre développement ?
Nous pensons que la franchise est effectivement le moyen le plus adapté pour se développer en Chine, compte tenu de la superficie du pays, des lois sur les franchises qui se créent, mais attention, la Chine est un marché encore très immature dans ce secteur et cela nécessite le renforcement des lois existantes notamment en matière de contrat de franchise et de licence de marque.
2) Quels sont les principaux obstacles pour un entrepreneur français : Les questions administratives, la différence culturelle ? Est-ce un système complexe ?
Au nom de la Rose a confié la franchise à des personnes qui vivent en Chine depuis plusieurs années et qui comprennent ce marché complexe. L’initiateur du projet est français et parle couramment chinois. Maîtriser les subtilités du langage est essentiel pour saisir les non-dits très répandus dans la culture chinoise. Il faut aussi faire preuve d’une patience à toute épreuve et d’une bonne expérience de terrain. Les questions administratives doivent être confiées à une personne locale, de préférence shanghaienne si vous êtes à Shanghai par exemple.
3) Quels sont vos rapports avec vos partenaires Chinois, et comment les avez-vous identifiés ?
Je travaille généralement avec des partenaires qui m’ont été recommandés ou que je connaissais déjà à travers mon ancienne profession. Les « Guanxi » (les connexions, les contacts) font partie intégrante de la culture des affaires. Construire des relations sur le long terme nécessite beaucoup de suivi.
4) Se développer en Chine nécessite-il une structure juridique particulière ? Avez-vous fait appel à une société spécialisée ?
Un entrepreneur étranger ne peut pas créer sa structure juridique sans passer par une société spécialisée : les cabinets d’avocats, sociétés de conseil ou bureaux d’aide à la création. Par ailleurs il faut une licence d’agent officiel autorisée par l’administration du commerce pour effectuer les formalités d’enregistrement de sociétés étrangères, et cette licence n’est délivrée qu’à des agents chinois.
D’une manière générale, la création d’une société en Chine peut s’envisager légalement sous 2 formes distinctes :
- à capitaux mixtes (Joint venture) avec un partenaire chinois => à recommander seulement si la participation d’un partenaire local est absolument nécessaire, car il existe un risque de divergence d’opinion, de gestion de priorité, de contrôle et de stratégie.
- en propre, 100% a capitaux étrangers => certainement la solution la plus sage si vous pouvez vous le permettre, selon votre secteur d’activité. Attention, certains secteurs ne sont pas accessibles a des sociétés 100% étrangères.
Il existe une 3ème façon d’enregistrer une société dans laquelle vous auriez investi en Chine => par un partenaire chinois dont le nom figure en tant que représentant légal sur la « business licence », mais cette solution est peu recommandable a moins d’avoir une confiance très forte vis-à-vis de ce partenaire.
5) Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur s’intéressant au système de franchise pour aborder le marché chinois ?
Il faut bien maîtriser son modèle économique avant de franchiser à son tour, et l’accompagnement des franchises est primordial. Certaines entreprises ne confient leur commerce à un franchisé qu’après 24 mois d’exploitation en propre et imposent au moins 3 mois de formation sur le terrain aux candidats à la franchise. Tout dépend du type et de la taille du commerce, mais l’encadrement et le soutien du franchiseur sont des critères de réussite. Il faut éduquer le personnel et la clientèle pour expliquer l’identité d’une marque et ses services.
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