Editos

15 janvier 2009

Editorial – L’expertise française dans le monde

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Written by: admin

Objectif Chine vous présente tous ses vœux à l’orée d’une année 2009 déjà riche d’événements à la une, d’autres à suivre de près, et d’attentes.

Dans le feuilleton dramatique produit par le Moyen-Orient depuis soixante ans, quel sera le dénouement du nouvel épisode de « feu, d’acier et de sang » qui se déroule actuellement ?
Après les années Bush, quel sera le nouveau visage de la diplomatie américaine ? La petite phrase de Madame Clinton – « L’Amérique ne peut résoudre seule les problèmes les plus pressants du monde, et le monde ne peut pas les résoudre sans l’Amérique » – laisse-t-elle entendre une option plus multilatérale ? Quelle sera la place réelle laissée à la coopération internationale dans cette nouvelle orientation pour laquelle Madame Clinton a inventé l’expression de « smart power » : le pouvoir intelligent, en d’autres termes celui qui, au-delà de la puissance et de la diplomatie traditionnelle, use d’influence(s) ?

Quelle sera la position – voire l’action – de la Chine dans cet orchestre attaquant une nouvelle partition, ou du moins aux arrangements différents ? En fin d’année, par deux fois, la Chine a pris des décisions et des positions auxquelles nous n’étions pas habitués de sa part : en envoyant des navires dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes, en prenant officiellement position pour un cessez-le-feu immédiat dans la guerre de Gaza, et ceci bien avant la résolution de l’ONU du 9 janvier dernier. Devons-nous y déceler sa volonté de jouer de manière affichée sur la scène internationale ? Dans ce cas, quelle sera son option : celle du « smart power » de Madame Clinton ou bien quelque chose d’autre … à la chinoise ? Affaire à suivre.

Autre attente – non pas la moindre – celle des suites et impacts de la crise présente et de la manière dont la France sera roulée dans sa vague ou bien saura profiter de ce qui est, malgré tout, une dynamique.

Crise et influence : nous sommes peut-être là au cœur du questionnement. C’est la raison pour laquelle nous avons interviewé ce mois-ci Nicolas Tenzer, auteur d’un rapport, remis au Premier ministre en juin dernier, sur l’expertise internationale française, et d’un ouvrage qui le résume, « Quand la France disparaît du monde » (éditions Grasset, 9 euros, 138 pages). Ne vous y trompez pas, ce titre n’est pas un cri de désespoir décliniste, mais d’alarme volontariste. Pour ne parler que de la Chine, Nicolas Tenzer pose certaines questions. Entre autres : est-il normal que ce soit l’Allemagne qui vende des normes ferroviaires aux Chinois alors que nous disposons de l’une des meilleures expertises au monde en la matière ? Faut-il que ce soient les Japonais qui forment les Chinois aux règles environnementales quand, dans ce domaine encore, nous disposons de remarquables entreprises ?

Dans une économie qui sera de plus en plus celle de la connaissance, l’expertise n’est plus seulement une production intellectuelle, c’est un véritable produit et qui, en tant que tel, s’exporte. Plus encore, l’expertise est le cheval de Troie de l’exportation industrielle et, in fine, de l’influence. En effet, derrière les normes, les systèmes, le corpus legum, il y a les habitudes, les manières d’être et donc la façon de penser.

Expertise, voici un mot dont Objectif Chine et International Focus connaissent tout le sens et la portée. Nous en avons fait une philosophie, une stratégie de perspective pour nous et pour nos partenaires, parce que nous savons que pour aborder les pays émergents, leur réalité, leur histoire, leur complexité, il faut des experts, de véritables experts. Des hommes, des femmes qui concentrent, depuis des années, leur énergie, leur intelligence, sur l’analyse d’un pays, d’un secteur dans ce pays, ou encore des hommes, des femmes, qui se livrent au même exercice sur des questions globales précises : climat, environnement, économie, géopolitique, énergie, etc. Leurs savoirs, leurs analyses sont déjà au service de certains, engagés dans un défi international accru par la crise. Peut-être est-il temps que tous les savoirs, expertises dont notre pays est si riche, s’assemblent pour former un front commun de taille critique… Plus qu’un défi, c’est très certainement une nécessité.

 

Valérie FERT
Directrice générale International Focus

 

 

 

Quand la France disparaît du monde, éditions Grasset  disponible ici

Le Rapport sur l’expertise internationale française de Nicolas Tenzer :  disponible ici

 






 
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