L’architecture en Chine
Éditorial
S’il est bien une chose qui frappe lorsque l’on revient souvent à Shanghaï, Pékin, Bangkok, Kuala Lumpur… et dans les mégalopoles asiatiques, c’est le bouleversement, la transformation, le remodelage architectural de ces villes.
D’un côté des gratte-ciel poussant comme des champignons, des immeubles prestigieux aux noms clinquants, portés par des investisseurs souvent aveugles, prêts à recevoir les futurs investisseurs de l’économie locale.
De l’autre côté une destruction de l’habitat traditionnel développant son cortège de malheurs, tout en étant un appel d’air pour des déracinés en quête de meilleurs lendemains, dans ces villes anciennes devenues nouvelles, modernes, tentaculaires, et qui doivent sans cesse s’adapter au nombre, gérer les flux, adapter l’environnement tout en le préservant… quels défis !
Pour marquer une puissance retrouvée ou conquise, ou pour s’inscrire dans la compétition du marketing des grandes villes internationales, les responsables politiques marquent souvent leur passage par l’empreinte d’une audace architecturale comme nous l’explique très bien, dans l’interview audio de notre dossier, Françoise Ged, directrice de l’Observatoire de l’Architecture Contemporaine en Chine à la Cité de l’Architecture & du Patrimoine de Paris Trocadéro.
Quant à l’architecte Carlos Ott, il pointe du doigt dans nos échanges l’absurdité de l’importation de modèles étrangers aux dépends de l’identité des cultures locales et nous livre à travers ses esquisses, photos, reportages et maquettes, un retour d’expériences « mondialisées » des deux Amériques à l’Europe, la Chine et le Moyen-Orient.
Cette Newsletter a été réalisée en coopération avec la très intéressante revue trimestrielle Monde Chinois, éditée par les Editions Choiseul, qui vient de publier un riche dossier sur l’architecture en Chine.
Pour finir, Goethe disait que l’architecture est une musique figée ; pour Nietzche, l’architecture est une sorte d’oratoire de la puissance au moyen de formes.
Très bonne lecture.
Jean-Louis Margoche
jl.margoche@objectif-chine.com
Au sommaire
L’Edito
Le Dossier – L’architecture en Chine
- Questions à l’architecte Carlos Ott
- Carlos Ott : Relevant experience
- Awarded Chinese construction projects designed by Carlos Ott
- Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?
La réponse de l’architecte et sinologue Françoise Ged dans le Monde chinois n°16 - Entretien avec Françoise Ged
Extraits audio - La disparition du vieux Pékin
L’état des lieux de Nicolas Vinoy répond à nombre d’interrogations que suscite cette disparition annoncée - Points de vue sur la construction en Chine
Extraits de la revue Monde Chinois n° 16 - Shanghaï, une ville en construction permanente
Témoignage de Hugues Martin
Images de Chine
Et toujours
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Conception et réalisation de la Newsletter » Andraini Bachrain, Web & Graphic Designer
L’architecture en Chine
Hangzhou International Conference Centre • Hangzhou – Zhejiang, China • 150000 sqm area • 98.50 m height
First Prize, 2004 • Carlos Ott / PPA Design Architects
Questions à l’architecte Carlos Ott
Quelles sont les tendances architecturales des pays émergents et plus particulièrement de la Chine ?
Dans le contexte d’une crise économique mondiale, les tendances de l’architecture des pays émergents sont en train de changer et ceci de façon plus radicale que dans les pays dits riches.
Cette crise se traduit malheureusement par un impact négatif sur l’environnement économique et, afin de le minimiser, la baisse des coûts de construction est devenue un impératif incontournable dans ces pays.
Les états doivent se substituer à l’activité privée, qui est en train de disparaître du fait de la disparition des prêts hypothécaires, et lorsque cela est possible, l’activité privée se concentre dans l’investissement de projets d’infrastructures. C’est surtout le cas en Chine.
Dans les prochains mois, nous verrons la construction de nouvelles autoroutes, d’aéroports, de barrages hydroélectriques, etc. et beaucoup moins de bâtiments résidentiels, de bureaux, d’hôtels.
Par contre, dans la recherche de technologies et solutions moins onéreuses, il y aura un abandon des styles importés de l’étranger et en particulier de l’occident. Il y aura substitution par des solutions plus adaptées à l’économie et au savoir-faire local.
Les gratte-ciel en verre copies de Manhattan seront remplacés par des solutions plus innovatrices et logiques, et la créativité chinoise aura la chance de montrer son génie, ce qui me semble être un pas en avant très souhaitable pour l’architecture du pays.
Quand un projet se définit, peut-on identifier des axes ou des thèmes fondamentaux ?
Il est essentiel de déterminer les axes et thèmes d’un projet quand il se définit. Par contre, souvent en Chine la logique et le cartésianisme des occidentaux ne s’appliquent pas. Il est essentiel pour un architecte étranger de comprendre que les buts d’un projet en Extrême Orient sont souvent très différents qu’en Europe ou en Amérique.
La philosophie derrière cette définition des axes et thèmes est souvent absolument différente de la nôtre, et en conséquence, le résultat recherché doit, par définition, être aussi différent.
Au contraire de l’Europe où des règles strictes existent en matière d’urbanisme, de hauteur de construction… les pays émergents sont-ils des lieux de créativité et d’expression architecturale ?
Il me semble que l’on peut souvent observer que l’absence d’un pouvoir économique local permet toutefois le développement de formes architecturales et d’urbanisme différents. Différents mais non moins intéressants par rapport aux pays dits riches.
Par exemple, l’âge d’or du cinéma italien est celui de l’après-guerre où une situation économique difficile pousse les créateurs à obtenir un résultat maximal alors que l’on est dans une économie des moyens. On retrouve le même contexte avec l’architecture.
L’exemple de l’architecture précolombienne en Amérique Latine, celle de l’Afrique et de l’Asie sont des preuves irréfutables de la créativité de ces cultures, et de l’existence d’autres formes possibles.
A l’absence de règles d’urbanisme rigoureuses dans le tiers monde se substituent des contraintes économiques encore plus draconiennes. Mais la créativité de l’homme trouve toujours des moyens pour s’en échapper.
Si un pays est puissant parce que ses entreprises sont puissantes, ce postulat est-il également vrai pour l’architecture ?
La puissance économique et/ou politique d’un pays n’est pas une condition suffisante pour le développement de son architecture.
Le développement de l’art et de l’architecture dans la Toscane du quattrocento est évidemment lié à la puissance économique et politique de la région. Mais ceci n’est pas une règle automatique.
En fait, l’évolution rapide de la richesse au profit de pays riches en ressources énergétiques ou en matières premières ne se traduit souvent pas dans un contexte urbain ou architectural intéressant.
L’importation de modèles étrangers à la culture ou à l’environnement de ces pays avec l’intention ou la finalité d’accéder immédiatement à une image « moderne » montre l’absurdité de prétendre obtenir du jour au lendemain un niveau de sophistication qui serait l’expression de leur nouveau pouvoir économique.
Carlos Ott : Relevant experience


Since winning the international competition for the new Paris Opera House in 1983, and after its completion and inauguration in 1989, I have had the unique opportunity of working in North and South America, Europe, and the Middle and Far East with representative offices around the world with base in our main world wide office in Montevideo, Uruguay.
My firm is involved in different types of buildings including opera houses and concert halls, hospitals, airports, institutional, commercial and residential buildings, hotels and headquarters for international private companies and banks, as well as recreational buildings and resorts. We are involved from early planning and urban design, through all phases of architectural work and most often also involved in interior design.
For such a complex programmes, I feel that this experience in different typology of buildings and the knowledge of international standards and most advanced technology provide us with an exceptional array of solutions and methodology to be applied.
The fact that the combined offices with local architects have successfully competed different kind of complexes is a proof of the advantages we bring to a potential collaboration with every new projects.
Our buildings have been commissioned after our successful participation in national and international competitions, and the fact that many of them are to repeat client further emphasizes our commitment to our work and the recognition of our clients.
In an open global world, we must keep in touch with new technologies, products and philosophical and economic considerations. This plethora of analyses will become essential in the planning of modern, efficient and world class facilities.
Carlos Ott 
About Carlos Ott
Carlos Ott has forty years of outstanding experience in the design of construction projects. He has designed and directed large scale projects in the fields of architecture and urban planning. Recognized internationally as one of the leading design architects, Carlos Ott has been awarded several international prizes and awards of merit.
In 1983 he started his own firm in Toronto, Canada and has since expanded to Europe, the Middle East, Asia and South America. The firm includes architects, designers and support staff. The various offices of the firm are the basis of operations from which he can apply his internationally recognized skills and comprehensive architectural services to both private and public clients around the world. Effort is concentrated on ensuring that projects are of the highest possible quality and on creating buildings that are architecturally distinctive, while respecting the clients functional, financial and schedule requirements.
Projects with Carlos Ott’s unique architectural signature have recently been completed in Canada, the United Arab Emirates, France, Argentina, Germany, China and Uruguay; others are presently under construction in Uruguay, the United Arab Emirates, USA, Argentina and China.
Construction documents are currently being prepared for major projects in Canada, the United Arab Emirates, China, India, Mexico, Panamá, República Dominicana, Ecuador, Argentina and Uruguay.
Awarded Chinese construction projects designed by Carlos Ott
Artwork & photo galleries
Dongguan Yulan Theater • Guangdong, China • 30,000 sqm area
Completed 2006 • First Prize, 2002 • Carlos Ott / PPA / Tongji University, Architects • Silvia Menendez, Arch., June Chuang, Arch.
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Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?
La réponse de l’architecte et sinologue Françoise Ged dans le Monde chinois n°16
Avec les Jeux olympiques à Pékin en 2008 le monde entier a pu constater les constructions impressionnantes et éblouissantes qui sont réalisées en Chine.
Comment Pékin fut utilisée, de Mao aux JO, comme théâtre des symboliques architecturales et urbaines ? Quelles furent les prouesses entreprises dans la réalisation de ces édifices ?
Quels furent les symboles identitaires de l’architecture moderne chinoise ?
Comment ont émergé les structures officielles, puis privées, permettant la création et la construction de bâtiments en Chine ? Qui sont ces instigateurs d’une nouvelle manière d’imaginer la ville chinoise ? Quelle place ont les agences privées d’architectes dans ce nouvel essor ? Quel est leur apport à l’architecture, à l’urbanisme, et à la modernité chinoise ?
En répondant à ces questions structurantes du dossier de ce numéro de Monde Chinois, l’article de Françoise Ged nous permet de bien comprendre les enjeux et les repères symboliques de l’architecture moderne à la chinoise, mais surtout de comprendre les origines et les raisons de l’avènement de cette nouvelle génération d’architectes chinois ainsi que des structures privées d’architectures.
Extraits :
« La Chine des villes occupe désormais une place de premier plan dans les problématiques urbaines qui sont posées à travers le monde et elle est devenue en quelques années un interlocuteur difficile à méconnaître »
« Paradoxalement, alors qu’on rattache à la période maoïste la destruction des vieilles pierres et des villes chinoises, ce sont les deux dernières décennies, celles de l’économie de marché et de l’immobilier comme moteur du développement économique, qui ont été les plus destructrices pour les centres anciens, notamment Pékin. Curieusement, les gouvernements de ces deux époques, celle du 10ème anniversaire de la République de Chine, et celle des JO, attachent une importance similaire à l’architecture officielle, aux édifices emblématiques construits pour ces occasions d’exception. »
« La ville fonctionnelle, (…) n’est plus si simple à mettre en œuvre. Pour autant, la médiocrité commune à nombre de constructions nouvelles tout comme les prouesses des édifices remarquables conçus avec des agences étrangères, ne doivent pas oblitérer la capacité réelle à inventer de nouvelles pistes que l’on voit se dessiner dans des morceaux de ville, de paysage et d’architecture et qui témoignent d’itinéraires personnels à même de se réapproprier leur histoire dans sa pluralité, celles des sites, des savoir-faire. »
» Lire l’article de Monde chinois
Entretien avec Françoise Ged, extraits audio
Françoise Ged, architecte et sinologue, dirige l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris). Elle enseigne à l’Institut d’Administration des Entreprises à Nantes, à l’INALCO à Paris et anime régulièrement des conférences dans les écoles d’architecture et les universités en France et à l’étranger, faisant partager son expérience et ses analyses de la Chine où elle séjourne régulièrement depuis 1985. Elle a publié de nombreux articles sur la ville, le patrimoine et la ville de Shanghai notamment.
Depuis une douzaine d’années, elle développe au sein de l’Observatoire des programmes pluriels de coopération avec ses partenaires chinois et des interlocuteurs français des milieux professionnels de la ville et de l’architecture (Institut pour la Ville en Mouvement, Club Ville Aménagement, Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture, Association nationale des villes et pays d’art et d’histoire, Ecole Française d’Extrême Orient, Ateliers doctoraux franco-chinois en sciences humaines et sociales de Beijing- Université Tsinghua…).
Avec l’Université Tongi et le Centre de formation et de recherches sur le Patrimoine Mondial – Asie Pacifique (Shanghaï) , la Direction de l’architecture et du patrimoine au Ministère de la culture et de la communication et la Cité, sont mis en œuvre des programmes de recherche et d’échanges très appréciés de part et d’autre sur les quartiers anciens, le patrimoine naturel et culturel et le développement urbain.
Liens :
- Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine : cliquez ici
- Vidéos des conférences et débats avec les architectes chinois présentés
dans l’exposition «Positions» : cliquez ici
La disparition du vieux Pékin
par Nicolas Vinoy
Tiré du dernier numéro de la revue Monde Chinois, cet article de Nicolas Vinoy répond parfaitement aux multiples interrogations sur les enjeux de la mutation architecturale urbaine pour le patrimoine historique de Pékin.
L a rupture. Un mot incontournable pour définir l’importante mutation architecturale que vit aujourd’hui la Chine. Les plus grandes villes chinoises sont désormais méconnaissables pour l’observateur d’il y a seulement quinze ou vingt ans. La destruction créative se pose en nouveau credo des autorités, dont la volonté légitime de modernisation s’effectue souvent au détriment du riche patrimoine de l’empire du Milieu. Peu à peu, les derniers vestiges de l’architecture traditionnelle volent en éclats. L’ancien dans sa globalité – ou presque – tombe sous les coups des bulldozers, entraînant la disparition complète (Zhengzhou et Taiyuan), ou partielle (Nankin, Xi’an, et Suzhou (1)Frédéric Edelmann, Françoise Ged (dir.), Positions, portrait d’une nouvelle génération d’architectes chinois, Actar/Cité de l’architecture et du patrimoine, Barcelone/Paris, 2008.) de villes historiques…
Mais, sans conteste, Pékin et sa récente et prodigieuse métamorphose, symbolisent le mieux cette politique de modernité destructrice, dénoncée par nombre d’intellectuels, comme Catherine Xia, écrivain et essayiste franco-chinoise née et résidant toujours dans la capitale : « Ce qui se passe ici est un drame pour le patrimoine mondial. Les quartiers historiques représentaient l’âme du vieux Pékin, un véritable musée vivant d’architecture et d’urbanisme. Une ville qui détruit son passé n’a pas d’avenir (2)Entretien de l’agence France-Presse, août 2008. ».
Pékin, cité médiévale
Pour prendre toute la mesure de ce bouleversement culturel opéré ces deux dernières décennies dans la capitale chinoise, un bref rappel historique s’impose.
En l’an 1267, Hu Bilie, premier empereur de la dynastie Yuan (1271-1368), décide de construire sa capitale, Dadu, sur l’actuel site de Pékin. Toute la conception de la future ville se base sur le code de conduite confucéen qui gouverne à l’époque les rapports interpersonnels de la société féodale chinoise. Les premiers hutong (ruelles) et siheyuan (maisons à cour carrée) apparaissent et s’affirment comme l’expression même de ce code, maintenant au sein de chaque quartier et de chaque habitation, le système social hiérarchique. Les principales règles de conduite dans une maison traditionnelle marquent ainsi une stricte distinction entre l’intérieur et l’extérieur, le supérieur et l’inférieur, l’homme et la femme, le maître et le domestique.
Dans le détail, l’aile nord de chaque siheyuan s’avère la plus importante puisqu’orientée au sud et donc recevant prioritairement la lumière du soleil. Par conséquent, la chambre centrale, pièce bénéficiant du meilleur emplacement, devient la salle de réception ou la salle des ancêtres. Les chambres situées à l’est de l’aile nord sont généralement occupées par les grands-parents, et celles de l’ouest par le chef de famille.
Les générations les plus jeunes logent dans les ailes est et ouest du siheyuan. Traditionnellement, le fils aîné et sa famille logent dans l’aile est, tandis que le cadet et sa famille résident dans l’aile ouest.
L’aile sud de la maison abrite les chambres d’amis, les salles d’études, les cuisines et les réserves. Les fenêtres des chambres donnent toutes sur la cour centrale. Des murs écrans sont dressés directement dans les portes principales, afin d’empêcher la vue depuis l’extérieur. La vie à l’intérieur de la cour relève ainsi d’un monde confiné, qui souligne la différence de statut entre les générations, les primautés filiales et les sexes.
Véritables symboles de l’architecture traditionnelle de l’empire du Milieu et du mode de vie si particulier en découlant, les siheyuan et les hutong demeurent les principales caractéristiques du tissu urbain pékinois pendant près de sept siècles. Même malmené lors de la période maoïste, l’essentiel de ce patrimoine résiste jusqu’au début des années 1990. Mais l’accélération des réformes voulues par Deng Xiaoping, et le spectaculaire développement économique qui s’en suit dans la capitale, vont rapidement précipiter le vieux Pékin dans son tombeau.
Le prétexte des Jeux olympiques
Tout commence par un simple sinogramme tracé à la peinture blanche, qui apparaît aux murs d’un hutong, une ruelle du centre historique de la capitale : 拆. Il signifie littéralement « chai », soit « à détruire ». Dans le meilleur des cas, les habitants du quartier disposent de deux à trois semaines avant que leurs maisons traditionnelles ne soient entièrement rasées. « Les dégâts sont inouïs », déplore Li Xinjia, l’un des responsables de l’Institut de sauvegarde du patrimoine, une ONG de Pékin : « De 1949 à 1990, le nombre de
hutong est resté stable à environ 3000. Mais en l’an 2000, il n’y en avait déjà plus que 2500, et aujourd’hui on en dénombre un millier. C’est bien simple : en moyenne, trois hutong disparaissent chaque semaine depuis 2001 (3)Agence Reuters, « La mort des hutong », juillet 2008. ».
2001, l’année de l’obtention des Jeux de Pékin par le pouvoir, est le véritable début de l’emballement du système pour faire de la ville olympique de 2008, le symbole de la toute nouvelle puissance économique chinoise. L’utilisation des Jeux à des fins urbanistiques n’est pas une spécificité propre à la Chine, mais bien la caractéristique commune à l’ensemble des pays et des villes accueillant cet événement sportif planétaire, et ce depuis les Jeux canadiens de Montréal en 1976. L’ampleur de la profonde et fulgurante métamorphose de Pékin reste cependant, et pour longtemps, un cas à part : « Les Jeux n’ont été qu’un prétexte de la part des autorités pour vendre la ville aux promoteurs immobiliers », juge aujourd’hui l’architecte vénézuélien Antonio Ochoa-Piccardo (4)Ibid qui travaille depuis 15 ans dans la capitale chinoise. Il déplore « le manque de réflexion préalable de la part des responsables chinois sur la mobilité et les transports. Il n’y a pas eu au départ une véritable politique urbaine clairement définie comme à Barcelone pour les Jeux de 1992 ».
En l’espace de sept ans, le centre-ville de Pékin se transforme dans tous les sens, à une vitesse phénoménale. La construction de sites olympiques, de tours de bureaux, de complexes résidentiels et autres centres commerciaux, entraîne une démolition quasi systématique des vieux quartiers, au nom de ce que la municipalité appelle « l’indispensable développement urbain ». Mais comme le souligne fort justement Frédéric Edelmann, journaliste pour Le Monde et récent commissaire de l’exposition « Dans la ville chinoise » au palais de Chaillot, cet essor constructif sans précédent dans l’histoire de l’humanité, porté sans aucun doute par une réelle volonté de modernisation, s’explique aussi et surtout par une spéculation qui place la construction comme principale source d’enrichissement de la Chine contemporaine : « Légitimer la destruction de ce patrimoine historique par les nécessités du développement urbain est un contresens. La densification apparente des quartiers anciens n’a plus rien à voir avec l’amélioration de la vie, mais tout avec la spéculation foncière : les surfaces des logements – notamment les plus luxueux – augmentent, mais non la population logée (5)Frédéric Edelmann, « La Chine fait table rase », Le Monde, 2006 ».
Le combat des défenseurs du patrimoine
Qu’en pense la population chinoise ? La dernière enquête de l’Institut de sauvegarde du patrimoine, réalisée auprès des habitants des vieux quartiers, révèle un avis partagé : si un bon tiers s’oppose aux destructions, près de la moitié d’entre eux ne regrette pourtant pas de devoir quitter des maisons souvent insalubres pour des appartements neufs. La modernité au service de la lutte contre la précarité devient l’argument récurrent du discours des autorités pour convaincre les plus réticents : « Les étrangers sont contre la destruction des hutong et des siheyuan car ils les trouvent pittoresques. Mais qu’ils viennent y vivre un an, qu’ils sachent un peu ce que c’est que de s’habiller les nuits froides d’hiver pour aller aux toilettes, et ils comprendront que les Pékinois n’ont pas de regret (6)Agence France-Presse, « Pékin, ville nouvelle », juillet 2008. », lance Hu Yuanzi, professeur à la retraite ayant vécu 35 ans dans un hutong au nord-est de la ville. Le vieil homme habite aujourd’hui un appartement moderne en bordure du cinquième périphérique : trois pièces, salle de bains avec douche et chauffage central. «J’ai passé ma vie dans une petite maison mal chauffée, je veux au moins vivre le temps qu’il me reste dans de bonnes conditions même si c’est à l’extérieur de la vieille ville », explique-t-il, conscient néanmoins d’avoir été rejeté comme tant d’autres du centre historique, désormais hors de prix pour le pékin moyen. « Bien sûr, nous avions une vie communautaire qui n’existe plus aujourd’hui, mais le quotidien était difficile. Nous nous chauffions au charbon, la maison était toujours sale et enfumée. Chaque année, des gens mouraient, empoisonnés par les émanations d’oxyde de carbone provenant de la combustion du charbon. Comment voulez-vous regretter cela ? »
Le profond changement de la population pékinoise sur 60 ans illustre également l’évolution des mentalités observée chez les habitants de la capitale. De 4 millions en 1949, la population pékinoise frôle aujourd’hui la barre des 17 millions, avec une majorité originaire de province : « Les habitants ont changé », soupire Li Xinjia de l’Institut de sauvegarde du patrimoine. « Il y a 30 ans, c’était encore de vrais Pékinois qui vivaient ici. Avec le développement économique de ces dernières décennies, sont arrivés des gens qui n’ont pas d’affection particulière pour cette ville. Tout ce qu’ils viennent chercher, c’est du travail et des conditions de vie meilleure que dans les campagnes. Il est par conséquent très difficile de leur faire prendre conscience de l’importance de ces vieux quartiers, et du mode de vie qui va avec. » Alors l’Institut organise des formations pour apprendre aux gens à entretenir leur vieille maison, ou imagine des microcrédits pour y maintenir les familles les plus pauvres. Le défi est quotidien pour les membres de l’ONG, comme d’ailleurs pour l’ensemble des défenseurs de ce patrimoine, intellectuels, avocats, historiens, dont le combat fait l’objet d’une attention toute particulière des autorités.
L’exemple de Ni Yulan en est une preuve flagrante. Depuis plus de dix ans, cette avocate de 47 ans est engagée dans la lutte contre les démolitions des vieux quartiers et contre les expropriations sauvages des habitants. Avec l’aide de ses militants, elle a dénoncé à plusieurs reprises les compensations financières insuffisantes accordées aux familles expulsées par le gouvernement, indemnisations fréquemment en dessous du prix du marché – de l’ordre de 10000 yuans le mètre carré, soit 1000 euros environ, contre 30000 à 40000 yuans normalement, donc 3000 à 4000 euros. Accusée en 2002 d’avoir porté atteinte à la propriété publique lors d’une manifestation contre la destruction d’une maison traditionnelle et emprisonnée pendant un an, Ni Yulan a de nouveau été arrêtée au mois d’avril 2008 pour s’être opposée, cette fois-ci, à la démolition de sa propre maison. Son procès, prévu le 4 août – soit quatre jours avant l’ouverture des Jeux olympiques devant accueillir plus de 20000 journalistes étrangers – s’est trouvé opportunément reporté à une date ultérieure, le parquet invoquant un besoin de temps pour rassembler des preuves. Toujours dans l’attente de son procès à ce jour, Ni Yulan n’a donc pas assisté au mois de novembre dernier à la destruction de sa maison.
Mais grâce à des combats comme le sien, une première prise de conscience, certes tardive, permet en mai 2006 de définir 25 quartiers « à préserver », le ministre de la Culture Sun Jiazheng regrettant alors publiquement les destructions aveugles du centre historique. Mais ces 25 quartiers sont presque aussitôt redécoupés en 40 entités réduites, et un grand nombre de zones soi-disant protégées sont finalement raccourcies pour faire passer des autoroutes à six ou huit voies. Parallèlement, la ville vient tout juste d’entreprendre la plus grosse campagne de rénovation de quartiers anciens de son histoire moderne. 1474 siheyuan s’apprêtent à être retapées dans une quarantaine de hutong. L’opération, entièrement aux frais de la municipalité, coûtera 250 millions de yuans (environ 25 millions d’euros), soit « la plus grosse somme jamais consacrée à une rénovation de ce genre depuis la fondation de la République populaire (7)« Pékin protège son patrimoine », China Daily, juin 2008. », se félicite ainsi la municipalité, qui vient en outre de classer 658 hutong à son patrimoine. « Faites le calcul. Il reste aujourd’hui environ 1000 hutong à Pékin. Avec ces 658 qui viennent d’être classés au patrimoine de la ville, cela veut dire que plus de 300 hutong sont encore appelés à disparaître sous les coups des bulldozers », explique, fataliste, Li Xinjia de l’Institut de sauvegarde du patrimoine.
Une incompréhension culturelle ?
Loin de vouloir porter au final un quelconque jugement sur ce bouleversement architectural sans précédent dans l’histoire d’une ville comme Pékin, fort est de constater le profond décalage existant entre une vision occidentale, stupéfaite devant la disparition annoncée d’un tel patrimoine – les hutong appartiennent aux lieux les plus prisés des touristes – et une vision chinoise, fort bien résumée par Liang Sicheng (1901-1972), l’un des plus célèbres architectes et historiens chinois du XXe siècle : « Il n’y a généralement pas en Chine une compétition de longévité avec la nature. Les Chinois se contentent d’une loi consistant à remplacer le vieux par le neuf, en considérant la vie et la mort comme un cycle naturel. On ne se soucie pas de la longévité ou de la fugacité des réalités matérielles, on n’a pas l’ambition de ne jamais les voir périr ». Cette destruction presque «meurtrière» du patrimoine pour nos yeux d’Occidentaux, ne relèverait que de l’ordre naturel aux yeux des chinois. Une différence de culture fondamentale que l’écrivain britannique Rudyard Kipling souligna ainsi : « l’Orient est l’Orient, l’Occident est l’Occident, et jamais ces deux mondes ne parviendront à se comprendre ».
Points de vue sur la construction en Chine
Le dernier numéro de la revue Monde Chinois consacré au renouveau de l’architecture en Chine fait écho au thème de notre Newsletter. Des entretiens auprès d’architectes de différents horizons ont permis de recueillir points de vue et retours d’expériences passionnants sur le développement effréné de l’architecture en Chine. Objectif-chine.com vous en présente un aperçu.
Qi Xin | La Chine n’est plus un monde à part, p. 27-33
De cet entretien avec Qi Xin, architecte chinois directeur de l’agence Architects & Engineers à Pékin, et ayant suivi une formation française, l’article nous invite à une réflexion sur l’architecture actuelle en Chine, ses influences, son style, ses contraintes, son avenir…
Peut-on parler d’occidentalisation de l’urbanisme en Chine ? Quelles sont les évolutions, les ruptures, opérées avec l’architecture chinoise traditionnelle, et quelles en sont les causes ? Quel est le style Qi Xin dans cette nouvelle génération d’architecte, quels sont ses modèles esthétiques ?
Quels sont les enjeux de la surpopulation urbaine en Chine et quelles réponses l’architecte peut-il y apporter ? Quelle est sa conception de la ville chinoise du XXIe siècle ? Quelle place pour le développement durable dans les réalisations architecturales dans ce pays au développement économique et industriel hors norme ? lire l’article »
Martin Tzou | Produire de la qualité dans la mutation permanente, dialogue avec des architectes de la nouvelle vague chinoise, p. 34-44
Cet article-entretien avec plusieurs architectes chinois de la « nouvelle vague » nous permet de saisir les évolutions de l’architecture chinoise, mais également les mutations de la Chine contemporaine dans son ensemble.
Quelles sont les origines de l’effervescence architecturale en Chine ? Quelles en sont les évolutions, les influences et les formes ? Comment peut-on qualifier et présenter cette nouvelle vague d’architectes chinois ? Comment arrivent-ils à concilier création architecturale de qualité et logiques de marché ? Quel regard portent-ils sur l’influence de la mondialisation sur la Chine contemporaine ? Quelles relations entretiennent-ils avec leurs collègues occidentaux ?
Par ces quelques questions posées aux architectes, l’auteur cherche à provoquer une réflexion sur leur condition particulière dans un contexte professionnel en mutation, mais également à sonder leur attitude intellectuelle sur des questions de fond. lire l’article »
Yu Zhang | Construire en Chine : une aventure frustrante, un challenge passionnant (témoignages d’architectes français en Chine), p. 59-62
A travers les expériences de P. Chavannes, J. Pajot et W. Mitrofanoff, trois architectes français travaillant en Chine, cet article nous permet de comprendre les frustrations et les challenges inhérents au métier d’architecte étranger en Chine.
Comment, pour des Français, gagner les concours et remporter des projets en Chine ? Quelles sont les changements méthodologiques à opérer pour y réussir ? Quels sont les moyens pour les architectes français de s’imposer face à la concurrence anglo-saxonne ? Autant de questions dont les réponses ici nous amènent à mieux saisir les enjeux de cette aventure. lire l’article »
Entretien avec Etienne Tricaud | AREP, une modernité « à la chinoise » », p. 45-51
Cofondateur et PDG de l’AREP (Aménagement, Recherche et Pôles d’Echanges), Etienne Tricaud travaille beaucoup en Chine, essentiellement sur des projets de grande envergure (gare, musée capitale, centre d’affaires, hôpital…).
Dans cet entretien l’architecte nous expose et explique l’évolution de l’AREP (de filiale de la SNCF à une structure responsable de grands projets en France et en Chine), mais également ses impressions sur l’urbanisme chinois.
Comment l’AREP s’est implantée en Chine ? Au regard des nombreux projets réalisés aux quatre coins du pays, comment a t-elle réussi à correspondre aux attentes chinoises en matière d’architecture et d’urbanisme ? Quelles sont ces attentes ? Existe-t-il un style AREP commun à l’ensemble de ces réalisations ? Après une collaboration fréquente de l’AREP avec des architectes chinois, peut-on parler d’une « voie chinoise » pour une « urbanisation chinoise » ?
Autant de questions dont les réponses, appuyées de quelques photos de réalisations de l’AREP en Chine, nous aident à mieux saisir les enjeux de la modernité de l’urbanisme en Chine. lire l’article »
Luca Poncellini | Laszlo Hudec : l’architecture de Shangaï entre les deux guerres et la recherche de la modernité chinoise », p. 63-71
C’est au cœur de la ville cosmopolite du Shanghaï des années 1920-30 que Laszlo Hudec, jeune hongrois diplômé en architecture, va exercer son talent et son habileté en tant qu’architecte. Avec pour but d’exprimer la modernité de la ville tout en la distinguant des images occidentales, Hudec élabore des bâtiments variés (théâtre, maison, église, usine, université, habitations) dont le Park Hotel restera certainement le plus remarquable.
Dans les années 1930, le style Hudec devient plus moderne et est alors célébré par les magazines et critiques du monde entier. Cette période faste pour l’architecte sera interrompue par divers événements historiques (crise financière en 1935, invasion japonaise en 1937) qui condamneront certains de ces projets. Mais encore aujourd’hui, son style et son empreinte sont toujours visibles à Shanghaï devenue depuis la ville de la modernité chinoise par excellence. L’article met en parallèle photos d’archives et photos contemporaines des réalisations d’Hudec à Shanghaï. lire l’article »
Shanghaï, une ville en construction permanente
Témoignage de Hugues Martin
Ce qui frappe le nouvel arrivant à Shanghaï, c’est la poussière des chantiers incessants. A une année de l’exposition universelle Shanghaï 2010, la ville fait peau neuve à vitesse renforcée. Tout le monde s’active pour créer cette cité carte postale qui brillera bientôt sur les écrans du monde entier.
Comme Pékin préparant les jeux olympiques, Shanghaï est un chantier permanent. En construction ou déjà terminés, on compte pèle-mêle 10 lignes de métro, un aéroport, 3 ponts, 2 tunnels, des kilomètres de voies rapides montées sur pilotis, des centaines de complexes d’appartements.
Le clou du spectacle étant l’innombrable série de complexes abritant un hôtel, une tour de bureaux et un énorme centre commercial. Ce modèle tout-en-un, adopté dans toute l’Asie se répète à l’infini sur les artères de la ville. Celle-ci se transforme à une telle vitesse que des quartiers entiers disparaissent quelques mois et sont reconstruits tout aussi rapidement. La main d’œuvre abondante et peu chère des travailleurs migrants est une mine d’or pour les magnas de l’immobilier très présents parmi les Chinois richissimes. Encore en travaux, Shanghaï est déjà une ville moderne et agréable à vivre qui fait l’admiration des touristes et des nouveaux arrivants. Shanghaï renaît en tâchant de préserver un peu de son passé de Perle de l’Orient.
Contrairement à ses modèles comme Hong-Kong ou Singapour, Shanghaï a une vraie histoire qu’on distingue encore dans les musées et au détour d’une ruelle. Fille d’une colonisation forcée au XIXe siècle, elle s’épanouit entre deux guerres pour devenir une sorte de New-York asiatique, ville riche au développement rapide où s’imbriquent trois parties séparées mais en symbiose, la Concession Internationale, la Concession Française et la Ville chinoise. La compétition entre ces trois entités force chacun à construire plus beau, plus grand, plus riche que le voisin couvrant le centre-ville de merveilles architecturales épargnées par la seconde guerre mondiale.
Comme en Europe de l’Est, la « libération » communiste et surtout la révolution culturelle forcera des millions de paysans à s’y entasser les uns sur les autres. Une maison ou un appartement conçu pour une famille se voit transformée en dortoir accueillant une dizaine de personnes, chacune ayant à peine l’espace pour survivre. La population augmente rapidement sans les investissements nécessaires, pesant lourdement sur ce patrimoine architectural.
Si l’extérieur des édifices reste inchangé, l’intérieur est souvent très abîmé. Le réveil de la belle endormie dans les années 90 est plutôt brutal. L’heure est au progrès forcené et les avenues bordées de platanes et d’immeubles art déco sont rasées pour faire place à des autoroutes surélevées qui transpercent la métropole. Elles ouvrent la porte aux années 2000, où des quartiers entiers sont rasés pour créer des complexes modernes qui feront la couverture des magasines du monde entier.
Au-delà de la modernisation à grande vitesse, les dernières années ont vu une redécouverte de l’histoire de la ville par les étrangers et les Chinois.
Les bâtiments anciens sont rénovés, transformé plus ou moins adroitement en fonction de besoins nouveaux. La ville s’embourgeoise à nouveau et la nouvelle richesse de ses habitants crée de nouvelles demandes. Les quartier piéton de Xin Tian Di et de Tai Kang Lu, novateurs il y a quelques années sont aujourd’hui des références.
La société des loisirs pousse à l’émergence de lieux de loisirs. Alors qu’il était difficile, il y a seulement cinq ans, de trouver une terrasse où profiter du soleil, c’est aujourd’hui monnaie courante. La ville s’humanise et devient de plus en plus agréable. Au milieu de l’agitation permanente se créent des aires plus reposantes, des oasis au milieu de la tourmente.
Les parties anciennes sont protégées et rénovées, et le prix des habitations coloniales s’envole montrant l’intérêt renouvelé que les habitants leurs portent. Alors qu’il était inconcevable pour un Chinois d’habiter volontairement dans un monument historique, les villas coloniales deviennent aujourd’hui des propriétés extrêmement recherchées.
Shanghaï devient un mélange de dynamisme asiatique et d’art de vivre à l’européenne.
L’exposition universelle de 2010 hâte encore le changement, forçant parfois à des choix trop rapides ou des constructions de piètre qualité. L’inflexion est cependant évidente en seulement quelques années. Shanghaï ne sera pas seulement une métropole moderne, elle gardera une part de son passé. C’est ce qui la rendra unique et encore plus agréable à vivre… quand le chantier permanent sera terminé.
Hugues Martin est un expatrié francais à Shanghaï travaillant dans la finance. Passionné de la ville où il réside depuis 5 ans, il est aussi l’auteur du blog Shanghailander.net. Il a auparavant résidé au Vietnam et dans plusieurs pays européens, dont la Hongrie, pendant 5 ans.
• Blog sur le vieux Shanghaï : www.shanghailander.net
• Visite de Shanghaï en side-car : www.shanghaisideways.com
Images de Chine
Photos du vieux Pékin

La Chine subit une importante mutation architecturale dont Pékin est devenu le symbole.
La photographe Adeline Cassier nous livre ici quelques images du vieux Pékin, scènes de vie dans les hutong, ces petites ruelles médiévales si caractéristiques de Pékin avec leurs siheyuan (maisons à cour carrée). Ces quartiers historiques vivent peut-être leurs dernières heures…
Ces photos illustrent l’article de Nicolas Vinoy, «La disparition du vieux Pékin», paru dans le n° 16 de la revue Monde chinois, et que vous retrouvez dans notre Newsletter.
Retrouvez d’autres images d’Adeline Cassier sur son blog : cliquez ici
Pékinois lisant le journal devant l’entrée de sa siheyuan dans le quartier historique de Qianmen – Juin 2006 © Adeline Cassier
Marché aux oiseaux à Pékin
Nouvelles photos de Julie qui cette fois a promené son objectif entre les étals du marché aux oiseaux… où l’on trouve également plantes, chiens, criquets et autres curiosités !
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