Naissance d’une nouvelle politique chinoise en matière de changement climatique
La Conférence de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain aura pour mission majeure de faire rentrer la Chine dans un accord contre le réchauffement global qui succédera en 2012 au protocole de Kyoto.
Première pollueuse mondiale depuis deux ans, la Chine sait qu’elle doit arriver à Copenhague avec une offre acceptable sous peine de se retrouver marginalisée et même sanctionnée par la communauté internationale.
Précisément, notre étude « En route vers Copenhague (COP 15) – Naissance d’une nouvelle politique chinoise en matière de changement climatique » qui sort le 10 juillet prochain, vous révélera les bases de l’offre préparée par Pékin.
Si nous avons décidé de mener cette étude, c’est parce que nous ne parvenons nulle part à lire ces intentions chinoises, ni à trouver des analyses sur les chances de réussite de sa nouvelle stratégie. Nous vous proposons au travers de cette étude de décrypter la position chinoise qui tente un passage vers un développement durable et à faible intensité en carbone.
Bonjour, je me présente, Eric MEYER, fondateur de China Trade Winds.
Je suis à Pékin en poste depuis 22 ans comme journaliste et analyste de la Chine, ce qui m’a permis de côtoyer toutes sortes de milieux et personnages, tel Zhu Rongji le premier ministre, que j’interviewais en 2002.
China Trade Winds existe depuis 1996, né de la demande du monde des affaires en expertises et en analyses sur l’univers chinois. Nous nous concentrons sur la publication d’études, des conférences en Chine ou en Europe selon les besoins des groupes ou associations.
Notre produit phare est Le Vent de la Chine, lettre circulaire électronique qui couvre et surtout analyse les faits économiques et politiques marquants de la semaine, et en livre les clés. Le Vent de la Chine comporte 150 abonnements parmi les firmes, chambres de commerce et ambassades, et est lu en moyenne par 2000 personnes chaque semaine.
L’affaire a deux volets :
►I Celui des dégâts déjà sensibles sur l’environnement et la société chinoise, qui s’aggraveraient lourdement au cas où Pékin choisirait d’ignorer le phénomène. Sans réorientation vers une économie à bas carbone, sous 50 ans, la mer de Chine aura monté de 30 cm, menaçant les côtes, Shanghaï, le Fujian, pour des dégâts en centaines de milliards de dollars. Sous 30 ans, avec 1 à 2 degrés de température en plus, la Chine perdra 20 à 30% de ses récoltes, et aura du mal à se nourrir.
On voit donc ici une stratégie chinoise de survie et une motivation très puissante, indépendamment du jeu diplomatique avec l’étranger.
►I Et puis il y a le second volet : celui de la diplomatie, du rendez-vous de Copenhague en décembre prochain, où Pékin devra arriver avec une plateforme de négociation acceptable, avec compromis obligatoire à la sortie, sous peine de conséquences désagréables.
Si nous avons décidé cette étude, c’est parce que nous ne parvenons nulle part à lire les intentions de la Chine face à ce double défi intérieur et extérieur. A fortiori, nous ne trouvons pas d’analyses sur la faisabilité de telles intentions, si elles aboutissent à une Chine viable pour elle-même et pour le monde. Nous voulons donc aider toutes les entreprises ou instances gouvernementales ou universitaires à y voir plus clair.
Basés ici à Pékin, nous sommes au meilleur endroit pour y parvenir. Avec mon équipe, nous suivons les séminaires, forums, et toutes les publications sur la question au jour le jour. Nous côtoyons les professionnels diplomates, industriels ou financiers de ce milieu fermé qu’est celui des projets CDM, mécanisme de développement propre, sous l’égide des nations unies et du protocole de Kyoto. Encore mal connu, le CDM est en chine le seul mécanisme d’échange de crédits d’émissions, et c’est ici, à Pékin que se tiennent 50% des contrats de CDM. Il est aussi l’incitation majeure à la Chine, pour adhérer à une stratégie planétaire contraignante contre le changement climatique.
Aussi, la nouvelle stratégie chinoise vis-à-vis du Cop15 aura des conséquences sur toutes les industries et la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes. Pour les firmes, prospérer ou souffrir dans cet environnement radicalement nouveau, dépendra des décisions prises à temps pour s’y préparer, sur la base d’informations et d’analyses comme celles de notre étude.
D’abord, le CAP AND TRADE :
►I La CHINE a pour but d’imposer à ses firmes et ses zones d’activité les plus importantes la « philosophie » du protocole de Kyoto. Pour maximiser ses chances, elle commence au stage expérimental et tente d’imposer la limitation des émissions des polluants les « plus faciles » comme le dioxyde de sulfure autrement dit SO2.
►I Ici, l’enjeu coule de source : LES ENTREPRISES des régions à la pointe des technologies vertes comme l’Europe ou les Etats-Unis… s’imposeront naturellement comme fournisseur privilégié des équipements et surtout de la formation et du savoir-faire.
Ensuite, le CDM :
►I Depuis 2005, la CHINE éprouve un attrait irrésistible envers ce système qui lui apporte spontanément des fonds et des investissements étrangers sans contrepartie. Elle est bien consciente de la pression qui pèse depuis l’étranger pour faire changer ce système, qui lui est très favorable en l’état. Alors pour la Chine, le jeu consiste naturellement à jouer la montre, pour profiter le plus longtemps possible de ce système.
►I POUR LES ENTREPRISES ETRANGERES (industrie, traders, banques…) par contre, l’enjeu consiste à prendre le virage à temps. Un immense marché se prépare dans chaque province, qui dispose déjà de son bureau CDM et attend les projets étrangers, pour renforcer l’efficacité énergétique de cette économie.
Enfin vous avez les POLITIQUES NATIONALES ad hoc :
►I La CHINE veut agir sur le front du changement climatique sans attendre d’avoir les moyens de contrôler et réduire les émissions de CO2. L’enjeu est aussi de subventionner l’utilisation de techniques simples ou complexes réduisant les émissions gaz à effets de serre et confirmer la Chine comme poids lourd mondial de telles industries.
►I Pour les étrangers, l’opportunité est évidente : que ce soit en éoliennes ou en centrales nucléaires, la Chine veut percer, sur son marché et sur ceux du monde, mais pour réussir, elle ne pourra pas se passer de l’apport des étrangers. Pour 10 ans au moins, la Chine mettra sur la table de fortes sommes, y-compris pour s’approprier les filières étrangères, plus performantes et durables que les siennes propres.
►I Le risque premier est l’absence d’accord à Copenhague en décembre.
Les pays développés, ceux qui ont déjà commencé à faire chez eux le grand nettoyage ou qui annoncent des plans parmi les plus sévères du monde, ne toléreront pas que la Chine prétende rester sur la touche. En cas de clash, les pires scénarios sont envisageables, y compris le spectre de taxes compensatoires de l’Ouest sur tout produit chinois, taxes destinées à forcer la Chine à travailler sous les mêmes règles que les autres, en terme d’objectifs de réduction des émissions.
►IUn autre risque concerne le CAP AND TRADE.
En effet, le risque est grand de ne pas voir d’application stricte et complète de la nouvelle réglementation, faute de pouvoir suffisant du niveau central sur les provinces. Si les fraudes se multiplient, les firmes n’auront plus aucun intérêt à jouer le jeu des quotas d’émission. Et dès lors, les chances seront ruinées de passer aux limitations de polluants plus importants comme le CO2.
►IEnfin pour revenir à notre troisième volet des POLITIQUES NATIONALES, ici, le risque est de rejeter toute priorité à l’environnement au nom de la lutte contre la récession. Ce type d’illusion est spécialement présent dans les provinces, à l’ouest et au Dongbei où la conscience environnementale reste encore basse, avec des leaders souvent anciens gardes rouges, sans formation scientifique et avec vision à court terme.
Il y a des opportunités pour absolument tous les secteurs.
Je passe sur la banque et la finance, qui sera derrière tous les projets, par définition, et seront gestionnaires de portefeuilles de CDM.
Je passe aussi sur les firmes financières qui font les intermédiaires entre instances politiques régionales chinoises et firmes technologiques chinoises ou étrangères.
Pensez à l’agriculture et aux infrastructures d’économie de l’eau ou d’énergie, aux serres, à l’agroalimentaire : un fort marché d’efficacité énergétique y est à prendre.
Même chose dans l’élevage, avec les technologies de récupération du méthane.
En énergie, ce n’est pas par hasard si les géants mondiaux s’intéressent toujours plus aux renouvelables et à la Chine.
En industrie, voyez l’automobile où la Chine, déjà quasi premier producteur mondial, prétend convertir sous 10 ans la moitié de son marché à l’électrique ou à l’hybride.
A tous ces secteurs, notre étude permettra d’ouvrir les yeux sur les opportunités nouvelles.
Elles reflètent celles du pays et de son système.
Sous l’angle industriel, nous avons affaire à un pays de 20 millions de PME, avec peu de groupes nationaux et où les frontières provinciales demeurent fortes. Donc un pays encore arriéré, dont le meilleur atout reste sa main d’œuvre à bas prix et disciplinée. C’est aussi un régime autoritaire, au pouvoir central fort capable de s’imposer face à l’étranger, mais moins face à ses lobbies et ses provinces.
Tout cela donne depuis deux ans le premier pays pollueur du monde, et un gouvernement pas forcément obéi. Par exemple, les offices provinciaux de protection de l’environnement dépendent de la capitale locale et non de Pékin, causant un conflit d’intérêt.
Pour ces raisons, l’approche chinoise, telle que nous la décrivons dans notre étude, est forcément gradualiste, et une composante majeure sera de gagner du temps, ne pas s’engager, mais exiger un effort maximal des pays riches : Pékin aux dernières nouvelles, revendique un recul de 40% de leurs émissions de GES d’ici 2020.
Cependant, la Chine est aussi un univers en fin de parcours totalitaire, et dont le niveau de sophistication croissante appelle davantage de transparence, de communication, d’équité devant la loi. Le passage vers un monde à bas carbone sera une révolution, mais il n’ira pas sans un autre passage, celui à un style de gouvernance plus associatif, moins autoritaire.
C’est un chemin difficile qui attend la Chine, mais elle en a vu d’autres. Pour trouver le courage de changer, elle a deux vertus : le volontarisme – qui est la capacité de suivre les mots d’ordres quand on y croit – et le pragmatisme, la lucidité pour se convertir sans retard aux solutions qui marchent. Enfin, cette économie nouvelle à bas carbone, apporte d’immenses bénéfices, en terme d’emploi et de richesse.
Pour ces raisons, nous sommes certains que dès décembre à Copenhague, la Chine, tout en défendant âprement ses intérêts, saura faire le bon choix !
Au sommaire de l’étude
Chapitre 1. Négociations multilatérales : Chine et monde Naissance d’une « diplomatie du changement climatique » Chapitre 2. Politique chinoise du changement climatique Dévoiler les rouages d’un système secret Chapitre 3. La stratégie nationale chinoise Des investissements massifs pour une économie à bas-carbone d’avenir Chapitre 4. Le commerce d’émissions en Chine Libérer le potentiel des MDP, concrétiser d’autres mécanismes, tel le ‘cap-and-trade’ Chapitre 5. Scenarii plausibles pour le COP 15 Pays pauvre et/ ou puissance mondiale, la Chine joue ses cartes
Strategy and arguments.
Coming to the ‘strategy’, at first, it doesn’t seem possible to link Chinese official statements to: A) a real and assumed position of China or B) a strategic move. In addition, conflicting statements from different officials could reveal inside factional struggles on the issue, as well as tactics aimed at “buying time” for the decision-makers. A highly symbolic sign of this confused approach has come from statements from two high-profile Chinese officials from the same agency, who spoke (…) in contradictory ways. Li Gao (Director of NDRC’s CC department) (…) adopting a hard-line stance, says the West was responsible for the CO2 emitted for the production of Chinese goods it imports. When further analyzed, (this argument) hardly holds: (…) exports have been China’s main source of economic growth for decades and at the end of the day, someone has to bear the responsibility of GHGs emissions for (the imported) goods: if not China, then who? (…) Having the (western) consumer bear the price of ‘going green’ would be the equivalent of imposing a tax on Chinese products, something that all Chinese officials strongly reject. (…) China’s exports would be free of any ‘low-carbon’ restrictive policy, while goods produced in developed countries would bear a double burden: responsibility for the GHGs emitted during the production process and responsibility for Chinese goods sent abroad. In addition to being unbalanced, this approach would be extremely dangerous climate-wise i.e. such a great carbon leakage would turn China into a pollution islet (…). In contrast, , Xie Zhenhua (NDRC’s Vice-Minister) offered a far more conciliatory attitude, saying that China wants to be involved in the fight against climate change and is ready to move towards emissions caps, but by 2050, citing the real difficulty being finding a satisfactory framework for the intermediary steps.
Introduction –
So – Copenhagen aside – China appears determined to take strong action on environmental issues nationally, following its own path. However, its actions will be significant enough to impress developed countries, even if every action won’t have a strong impact on climate change. Certainly Beijing’s position during COP15 negotiations will rely heavily on its ‘achievements’ at home and its promises of future success. Looking beyond the December Copenhagen Conference, Vice- Minister of Finance Zhang Shaochun unveiled another objective: to “take hold of the commanding ground of the new emerging industries” by investing massively in climate change and in new energy related technologies.
‘Green’ proposals vs. ‘realpolitik’
An article on the China Academy of Sciences (CAS) website presented a November 2008 report (…) proposing the construction of a domestic carbon trading system in China based on the carbon balance between provinces, municipalities and autonomous regions. (…) This proposal, if followed by concrete actions, would be an important first step toward a system similar to the one operating in Europe with national allocation plans. However, no additional information has been released regarding implementation of this proposal, and the source of the report does not give grounds for optimism: it was released by the Association for Environment Culture Advancement of China, whose president is Mr Pan Yue, Vice-Minister of Environmental Protection. Pan Yue, recruited by Hu Jintao when the latter took power in 2003, was in recent years China’s most prominent and influential voice in the pro-environmental campaign. However, last year he lost his position as the ministry spokesperson and has since “disappeared” from the front lines of the political scene. It is rumored that recently he was accused of corruption. However, the true reason of his removal may have been his being too vocal about the environment, at a time where the country was planning to spend billions of yuan on infrastructure projects as part of its stimulus plan. This outspokenness, in addition to the sensitivity of post-Copenhagen negotiations, could well have resulted in Pan Yue’s replacement by Wu Xiaoqing, also a Vice-Minister but a much less controversial figure.
Une étude réalisée par CHINA TRADE WINDS (HK) Ltd
www.chinatradewinds.com
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