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La Chine face au changement climatique
Publié le 6 juillet 2009 • Classé sous : Newsletters
Éditorial
Réveillons nous !!!
Nous nous préparons à entrer par la grande porte de la Chine dans le cercle vertueux de la dégradation climatique avec des coûts prévisionnels politiques, économiques et sociaux astronomiques que va devoir supporter notre société mondialisée !
Quand 20% de la population mondiale vit sur 10% des terres arables d’ores et déjà rongées par un urbanisme galopant ;
Quand la fonte des glaciers du Tibet fait peser une menace sur 250 millions d’habitants du seul territoire chinois ;
Quand les grandes façades côtières urbanisées de la Chine – là où se sont progressivement concentrés nos principaux actifs – sont directement menacées par l’élévation du niveau de la mer ;
Quand l’impact du changement climatique sur la biodiversité affecte directement les ressources et les potentiels de la Mer de Chine Méridionale, un ensemble géographique, historique et géopolitique méconnu en Europe au potentiel gigantesque, équivalent à 1,5 fois la Méditerranée ;
Quand l’avancée des déserts et les phénomènes météorologiques impactent des centaines de millions d’habitants condamnés à quitter des régions devenues invivables, provoquant des chocs sociaux et des émeutes sur des structures urbaines non préparées à les recevoir ;
Quand les déséquilibres de ressources en eaux influent directement sur la sécurité alimentaire et la santé des populations ;
… Nous devrions très sérieusement analyser les risques qui pèsent sur nos implantations, nos marchés, nos clients, nos prospects, nos collaborateurs, mais aussi sur nos outils de production, nos chaînes logistiques, nos concurrents… pour redéfinir nos modes d’actions et ainsi préserver nos profits futurs ;
… Nous devrions très sérieusement analyser les potentiels qui s’offrent à notre R&D, à l’organisation et au pilotage des transferts de nos technologies… car nous y sommes condamnés pour tirer parti des gigantesques marchés qui s’ouvrent à nous ;
… Nous devrions très sérieusement analyser les enchainements de Kyoto et de Copenhague et la manière dont la Chine utilise très habilement nos différentes « chaînes de valeurs » pour faire financer ses équipements et infrastructures : détenir 40% des MDP à l’échelle mondiale donne quelques atouts pour faire valoir ses points de vue et négocier !!!
Mais sommes nous toujours très sérieux, ou tout simplement conscients de l’ensemble des enjeux et de leurs impacts sur nos différentes économies ???
Pour vous aider dans vos différentes réflexions et anticipations, nous avons réalisé depuis plusieurs mois avec nos amis de CHINA TRADE WINDS à Pékin une enquête très fouillée dans les provinces, avec un décryptage des hommes clés ainsi que les stratégies économiques et politiques qui se dessinent en Chine avant Copenhague : « On the road to COP 15 : Birth of a new climate change policy in China » décrite par ailleurs.
Nous espérons que vous serez nombreux à y souscrire et nous suivrons les développements de ces dossiers à travers l’observatoire dédié que nous mettrons en place à l’automne 2009.
par Julie Fouquart
Etat des lieux et analyse des mesures et prises de position de la Chine, depuis le Sommet de la Terre en 1992 jusqu’aux récentes négociations lors de la Conférence des parties de Poznan en décembre 2008 (COP14).
En conclusion
ou la difficulté d’élaborer des scénarios sur le futur positionnement de la Chine dans les négociations de Copenhague. Raison pour laquelle nous avons conduit depuis plusieurs mois une enquête fouillée et une étude détaillée sur ces thèmes avec China Trade Winds. L’étude, publiée en anglais, s’intitule : « On the road to COP 15 : Birth of a new climate change policy in China ».
Naissance d’une nouvelle politique chinoise en matière de changement climatique
La Conférence de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain aura pour mission majeure de faire rentrer la Chine dans un accord contre le réchauffement global qui succédera en 2012 au Protocole de Kyoto.
Première pollueuse mondiale depuis deux ans, la Chine sait qu’elle doit arriver à Copenhague avec une offre acceptable sous peine de se retrouver marginalisée et même sanctionnée par la communauté internationale.
Précisément, notre étude « En route vers Copenhague (COP 15) – Naissance d’une nouvelle politique chinoise en matière de changement climatique » qui sort le 10 juillet prochain, vous révélera les bases de l’offre préparée par Pékin.
Si nous avons décidé de mener cette étude, c’est parce que nous ne parvenons nulle part à lire ces intentions chinoises, ni à trouver des analyses sur les chances de réussite de sa nouvelle stratégie. Nous vous proposons au travers de cette étude de décrypter la position chinoise qui tente un passage vers un développement durable et à faible intensité en carbone.
Le cadre de l’enquête : vidéo de présentation en français
Bonjour, je me présente, Eric MEYER, fondateur de China Trade Winds.
Je suis à Pékin en poste depuis 22 ans comme journaliste et analyste de la Chine, ce qui m’a permis de côtoyer toutes sortes de milieux et personnages, tel Zhu Rongji le premier ministre, que j’interviewais en 2002.
China Trade Winds existe depuis 1996, né de la demande du monde des affaires en expertises et en analyses sur l’univers chinois. Nous nous concentrons sur la publication d’études, des conférences en Chine ou en Europe selon les besoins des groupes ou associations.
Notre produit phare est Le Vent de la Chine, lettre circulaire électronique qui couvre et surtout analyse les faits économiques et politiques marquants de la semaine, et en livre les clés. Le Vent de la Chine comporte 150 abonnements parmi les firmes, chambres de commerce et ambassades, et est lu en moyenne par 2000 personnes chaque semaine.
L’affaire a deux volets :
►I Celui des dégâts déjà sensibles sur l’environnement et la société chinoise, qui s’aggraveraient lourdement au cas où Pékin choisirait d’ignorer le phénomène. Sans réorientation vers une économie à bas carbone, sous 50 ans, la mer de Chine aura monté de 30 cm, menaçant les côtes, Shanghaï, le Fujian, pour des dégâts en centaines de milliards de dollars. Sous 30 ans, avec 1 à 2 degrés de température en plus, la Chine perdra 20 à 30% de ses récoltes, et aura du mal à se nourrir.
On voit donc ici une stratégie chinoise de survie et une motivation très puissante, indépendamment du jeu diplomatique avec l’étranger.
►I Et puis il y a le second volet : celui de la diplomatie, du rendez-vous de Copenhague en décembre prochain, où Pékin devra arriver avec une plateforme de négociation acceptable, avec compromis obligatoire à la sortie, sous peine de conséquences désagréables.
Si nous avons décidé cette étude, c’est parce que nous ne parvenons nulle part à lire les intentions de la Chine face à ce double défi intérieur et extérieur. A fortiori, nous ne trouvons pas d’analyses sur la faisabilité de telles intentions, si elles aboutissent à une Chine viable pour elle-même et pour le monde. Nous voulons donc aider toutes les entreprises ou instances gouvernementales ou universitaires à y voir plus clair.
Basés ici à Pékin, nous sommes au meilleur endroit pour y parvenir. Avec mon équipe, nous suivons les séminaires, forums, et toutes les publications sur la question au jour le jour. Nous côtoyons les professionnels diplomates, industriels ou financiers de ce milieu fermé qu’est celui des projets CDM, mécanisme de développement propre, sous l’égide des nations unies et du protocole de Kyoto. Encore mal connu, le CDM est en chine le seul mécanisme d’échange de crédits d’émissions, et c’est ici, à Pékin que se tiennent 50% des contrats de CDM. Il est aussi l’incitation majeure à la Chine, pour adhérer à une stratégie planétaire contraignante contre le changement climatique.
Aussi, la nouvelle stratégie chinoise vis-à-vis du Cop15 aura des conséquences sur toutes les industries et la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes. Pour les firmes, prospérer ou souffrir dans cet environnement radicalement nouveau, dépendra des décisions prises à temps pour s’y préparer, sur la base d’informations et d’analyses comme celles de notre étude.
D’abord, le CAP AND TRADE :
►I La CHINE a pour but d’imposer à ses firmes et ses zones d’activité les plus importantes la « philosophie » du protocole de Kyoto. Pour maximiser ses chances, elle commence au stage expérimental et tente d’imposer la limitation des émissions des polluants les « plus faciles » comme le dioxyde de sulfure autrement dit SO2.
►I Ici, l’enjeu coule de source : LES ENTREPRISES des régions à la pointe des technologies vertes comme l’Europe ou les Etats-Unis… s’imposeront naturellement comme fournisseur privilégié des équipements et surtout de la formation et du savoir-faire.
Ensuite, le CDM :
►I Depuis 2005, la CHINE éprouve un attrait irrésistible envers ce système qui lui apporte spontanément des fonds et des investissements étrangers sans contrepartie. Elle est bien consciente de la pression qui pèse depuis l’étranger pour faire changer ce système, qui lui est très favorable en l’état. Alors pour la Chine, le jeu consiste naturellement à jouer la montre, pour profiter le plus longtemps possible de ce système.
►I POUR LES ENTREPRISES ETRANGERES (industrie, traders, banques…) par contre, l’enjeu consiste à prendre le virage à temps. Un immense marché se prépare dans chaque province, qui dispose déjà de son bureau CDM et attend les projets étrangers, pour renforcer l’efficacité énergétique de cette économie.
Enfin vous avez les POLITIQUES NATIONALES ad hoc :
►I La CHINE veut agir sur le front du changement climatique sans attendre d’avoir les moyens de contrôler et réduire les émissions de CO2. L’enjeu est aussi de subventionner l’utilisation de techniques simples ou complexes réduisant les émissions gaz à effets de serre et confirmer la Chine comme poids lourd mondial de telles industries.
►I Pour les étrangers, l’opportunité est évidente : que ce soit en éoliennes ou en centrales nucléaires, la Chine veut percer, sur son marché et sur ceux du monde, mais pour réussir, elle ne pourra pas se passer de l’apport des étrangers. Pour 10 ans au moins, la Chine mettra sur la table de fortes sommes, y-compris pour s’approprier les filières étrangères, plus performantes et durables que les siennes propres.
►I Le risque premier est l’absence d’accord à Copenhague en décembre.
Les pays développés, ceux qui ont déjà commencé à faire chez eux le grand nettoyage ou qui annoncent des plans parmi les plus sévères du monde, ne toléreront pas que la Chine prétende rester sur la touche. En cas de clash, les pires scénarios sont envisageables, y compris le spectre de taxes compensatoires de l’Ouest sur tout produit chinois, taxes destinées à forcer la Chine à travailler sous les mêmes règles que les autres, en terme d’objectifs de réduction des émissions.
►IUn autre risque concerne le CAP AND TRADE.
En effet, le risque est grand de ne pas voir d’application stricte et complète de la nouvelle réglementation, faute de pouvoir suffisant du niveau central sur les provinces. Si les fraudes se multiplient, les firmes n’auront plus aucun intérêt à jouer le jeu des quotas d’émission. Et dès lors, les chances seront ruinées de passer aux limitations de polluants plus importants comme le CO2.
►IEnfin pour revenir à notre troisième volet des POLITIQUES NATIONALES, ici, le risque est de rejeter toute priorité à l’environnement au nom de la lutte contre la récession. Ce type d’illusion est spécialement présent dans les provinces, à l’ouest et au Dongbei où la conscience environnementale reste encore basse, avec des leaders souvent anciens gardes rouges, sans formation scientifique et avec vision à court terme.
Il y a des opportunités pour absolument tous les secteurs.
Je passe sur la banque et la finance, qui sera derrière tous les projets, par définition, et seront gestionnaires de portefeuilles de CDM.
Je passe aussi sur les firmes financières qui font les intermédiaires entre instances politiques régionales chinoises et firmes technologiques chinoises ou étrangères.
Pensez à l’agriculture et aux infrastructures d’économie de l’eau ou d’énergie, aux serres, à l’agroalimentaire : un fort marché d’efficacité énergétique y est à prendre.
Même chose dans l’élevage, avec les technologies de récupération du méthane.
En énergie, ce n’est pas par hasard si les géants mondiaux s’intéressent toujours plus aux renouvelables et à la Chine.
En industrie, voyez l’automobile où la Chine, déjà quasi premier producteur mondial, prétend convertir sous 10 ans la moitié de son marché à l’électrique ou à l’hybride.
A tous ces secteurs, notre étude permettra d’ouvrir les yeux sur les opportunités nouvelles.
Elles reflètent celles du pays et de son système.
Sous l’angle industriel, nous avons affaire à un pays de 20 millions de PME, avec peu de groupes nationaux et où les frontières provinciales demeurent fortes. Donc un pays encore arriéré, dont le meilleur atout reste sa main d’œuvre à bas prix et disciplinée. C’est aussi un régime autoritaire, au pouvoir central fort capable de s’imposer face à l’étranger, mais moins face à ses lobbies et ses provinces.
Tout cela donne depuis deux ans le premier pays pollueur du monde, et un gouvernement pas forcément obéi. Par exemple, les offices provinciaux de protection de l’environnement dépendent de la capitale locale et non de Pékin, causant un conflit d’intérêt.
Pour ces raisons, l’approche chinoise, telle que nous la décrivons dans notre étude, est forcément gradualiste, et une composante majeure sera de gagner du temps, ne pas s’engager, mais exiger un effort maximal des pays riches : Pékin aux dernières nouvelles, revendique un recul de 40% de leurs émissions de GES d’ici 2020.
Cependant, la Chine est aussi un univers en fin de parcours totalitaire, et dont le niveau de sophistication croissante appelle davantage de transparence, de communication, d’équité devant la loi. Le passage vers un monde à bas carbone sera une révolution, mais il n’ira pas sans un autre passage, celui à un style de gouvernance plus associatif, moins autoritaire.
C’est un chemin difficile qui attend la Chine, mais elle en a vu d’autres. Pour trouver le courage de changer, elle a deux vertus : le volontarisme – qui est la capacité de suivre les mots d’ordre quand on y croit – et le pragmatisme, la lucidité pour se convertir sans retard aux solutions qui marchent. Enfin, cette économie nouvelle à bas carbone, apporte d’immenses bénéfices, en terme d’emploi et de richesse.
Pour ces raisons, nous sommes certains que dès décembre à Copenhague, la Chine, tout en défendant âprement ses intérêts, saura faire le bon choix !
Vue sur les toits de Lijiang : au loin, les montagnes s’amenuisent au fur et à mesure que sont creusées les carrières pour l’extension de la Nouvelle ville, mettant à mal l’écosystème qu’elles abritent.
La réalité du réchauffement climatique (anthropique) fait aujourd’hui largement consensus à l’échelle politique mondiale et dans la société de manière plus large, en dépit de quelques centres de recherche financés en partie par certaines multinationales de l’énergie cherchant à le nier et dont on peut douter de la légitimité.
Précisons cependant que certains géographes et géophysiciens, s’ils ne réfutent pas la réalité du réchauffement cette fois, restent cependant sceptiques quant à l’alarmisme actuel sur le sujet. Partant du principe que les modèles et scénarios utilisés pour “prévoir le climat” et la transparence des données sont sujet à controverses, ces derniers restent sceptiques sur le “catastrophisme” du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat, réunissant principalement physiciens, chimistes et économistes) dont s’est emparé les médias.
Pour eux, amplifier un phénomène qui pourrait ne pas s’avérer aussi dramatique qu’il semble être aujourd’hui, pourrait au contraire amenuiser la nécessité pourtant impérative et première d’économies de nos ressources et engendrerait de fait des choix technologiques non opportuns comme par exemple celui de la technologie de captation et séquestration du carbone sur laquelle beaucoup misent, même si cette technologie dite “propre” utilise jusque 40% de l’énergie d’une centrale…
Là n’est pas l’endroit pour débattre de la réalité du phénomène et se positionner sur ces questions de “spécialistes”. Cependant, la problématique actuelle ne doit pas nous rendre aveugles sur le fait que les dégradations de l’environnement à l’échelle mondiale, le développement exponentiel, parfois quasi anarchique, de pays comme la Chine, l’augmentation de la population, etc. sont aujourd’hui tels que la solution première passera par nos propres changements de comportement et habitudes de consommation, c’est-à-dire en consommant moins et mieux, en cessant de gaspiller l’énergie, l’eau et toutes les ressources nécessaires à notre propre survie et en appliquant à nous-mêmes les bonnes paroles que nous prêchons. « Le vrai ennemi est le gaspillage de l’énergie et des ressources énergétiques qui sont limitées. Economiser l’énergie réduit les émissions de CO2 ! »
Ceci étant dit, quelque soit son ampleur, le réchauffement climatique – accéléré par l’action de l’homme – est une réalité, et ses impacts, pour le monde en général et pour ce qui nous concerne, et pour la Chine en particulier, pourraient s’avérer dramatiques.
En Chine, 30 ans de croissance accélérée et non contrôlée ont provoqué de tels dégâts environnementaux, tant à l’échelle locale que nationale, que le climat et le réchauffement climatique lui-même contribuent à les renforcer dans un cercle quasi “vertueux” de dégradation.
Un article du China Environment Forum récent aborde les impacts biophysiques pour l’environnement de la Chine.
En 2008, l’administration météorologique de Chine annonçait que sur le dernier siècle (1908-2007), la température à la surface de la terre en Chine avait augmenté de 1,1 °C. Le plan d’action de la Chine pour combattre le changement climatique (octobre 2008) prévoyait une augmentation de 3,5 °C d’ici la fin du XXIe siècle.
Les conséquences potentielles
• La fonte des glaciers
Le rapport chinois sur le changement climatique de février 2007 alerte sur la fonte rapide des glaciers.
La température du plateau du Qinghai-Tibet augmenterait ainsi encore plus rapidement (+0,3°C tous les 10 ans) et la perte des glaciers (200 lacs gelés) réduirait sévèrement le débit dans certains fleuves majeurs dont le Yangtze et le fleuve Jaune, tout en provoquant des inondations à grande échelle et coulées de boue dans les régions montagneuses du Sichuan-Tibet.
Même si le réchauffement climatique (anthropique) cessait, 1/3 des zones glaciales du Tibet aurait disparu en 2050 et la moitié en 2090. Or, selon le rapport Stern, 23% de la population de la Chine (~250 millions de personnes) vivent dans les régions qui dépendent principalement de l’eau fondue des glaciers.
• L’augmentation des niveaux de la mer
Le rapport de 2007 prédit une rapide augmentation du niveau de la mer (de 9 à 31 mm) sur les 3 à 10 prochaines années, principalement en raison du changement climatique et bien que l’utilisation extensive des nappes phréatiques dans certaines villes soit également responsable.
L’administration océanique d’Etat de la Chine alerte ainsi sur la rapide urbanisation le long des côtes, la surexploitation des eaux souterraines, ainsi que le défrichement de nouvelles terres et l’empiétement sur la mer, notamment à Shanghaï et Tianjin, d’autant plus touchées de fait par le risque d’élévation du niveau de la mer.
Hong-Kong est également particulièrement concerné.
• Perte de biodiversité
Selon l’IPCC, une augmentation de 1,5 à 2,5 degrés de la température pourrait engendrer la disparition de 20 à 30% des espèces mondiales dont les habitats naturels seraient détruits.
L’augmentation du CO2 dans l’eau entrainerait en outre la perte des récifs coralliens dans la mer de Chine du Sud (déjà affectés par la surexploitation de la pêche), et ainsi la disparition de l’habitat de nombreuses espèces marines.
La mort des récifs coralliens aura des conséquences supplémentaires sur la pêche et le tourisme.
• Augmentation des désastres naturels
Le plan d’action de la Chine d’octobre 2008 prévoit la recrudescence des tempêtes de poussières dans le Nord, la baisse des pluies dans les régions côtières de l’Est, l’augmentation de tempêtes de neige dans le Centre et le Sud, ainsi que plus de cyclones tropicaux, plus puissants.
L’année 2008 a été exemplaire en termes d’événements climatiques spectaculaires (tempêtes de neige, inondations, tremblements de terre…) ; qu’ils soient dus ou non au réchauffement climatique, celui-ci ne fera que les exacerber. Les régions affectées par la sécheresse augmenteront, alors que déjà 40% de la population vit dans des régions manquant d’eau. Les déserts, qui touchent déjà un quart du pays, continuent à s’étendre à une vitesse qui a doublé depuis les 70’s. Les efforts pour en contrecarrer l’avancée ont connu peu de succès. La désertification pourrait provoquer la fuite de 200 millions de réfugiés, alors que selon Pan YUE, vice-ministre du MEP, les provinces ne peuvent en absorber que 30 millions !
• Conséquences sur la sécurité alimentaire
De fait, les terres arables seront considérablement réduites, de même que l’accès à l’eau potable. Le rapport 2007 prédit que si la température en Chine continue d’augmenter jusque 2100, cela pourrait réduire la production de céréales de 37% dans la seconde moitié du siècle. Si aucune mesure n’est prise, le manque d’eau et la sécheresse auront un impact important sur les cultures et les stocks de céréales, la productivité totale de l’industrie fermière chinoise pourrait décliner de 5 à 10% en 2010.
Or la Chine compte 1 milliard 400 millions d’habitants, soit 20% de la population mondiale, mais ne dispose que de 10% de terres arables et l’urbanisation (40% aujourd’hui, 60% en 2020) engendre déjà la réduction de 0,5 millions d’ha. /an de terres arables !
• Conséquences sur la santé publique avec le développement des maladies
Enfin, le réchauffement climatique pourrait avoir des incidences également sur l’absorption du CO2 par les mers et les forêts, comme la libération du méthane de la toundra sibérienne, exacerbant de fait le réchauffement climatique de manière exponentielle, à 5 ou 6 degrés !
Les coûts de l’inaction
Les scientifiques suggèrent une limitation de 2°C comme base pour les politiques publiques.
Une étude d’experts chinois commissionnés pour un projet sur le potentiel de coopération UE-Chine, suggérait que la limite de 2°C empêcherait la Chine de continuer à se développer. Leur scénario alternatif serait de laisser la température augmenter à 2,8°C ou 3°C au dessus des températures pré-industrielles et utiliser ensuite les mesures de marché et les nouvelles technologies pour restreindre la montée des concentrations des GES à 500ppmv CO_ d’ici à 2100. D’autres scénarios envisagent que la cible de 2°C peut être atteinte sans empêcher la Chine de continuer à se développer.
Le rapport Stern évalue les coûts de l’inaction entre 5% et 20% du PIB, soit les coûts cumulés des deux guerres mondiales et de la Grande Dépression !
Les coûts sont déjà visibles au quotidien si on en croit la multiplication des intempéries climatiques et leurs effets. Les Nations Unies estiment les coûts potentiels des désastres climatiques à 1000MM $/ an à partir de 2040.
Depuis 1998, la responsabilité de coordination de la politique nationale du changement climatique est confiée à la Commission Nationale du Développement et de la Réforme (CNDR – alors State Development Planning Commission), marquant l’évolution des discussions scientifiques sur le climat dont les leaders étaient l’Administration météorologique de Chine (dont l’influence diminue) et l’Académie des sciences, vers la prise en compte de l’impact économique et politique du changement climatique.
La CNDR est à la tête de la délégation des négociations du climat. XIE Zenhua, l’actuel numéro un chinois lors des négociations est vice-président de la CNDR et anciennement à la tête de la SEPA (State Environmental Protection Administration – futur ministère de la protection environnementale, MEP). Avec le ministère des affaires étrangères, la CNDR insiste sur les préoccupations de souveraineté et de développement économique. Ils ont en outre la responsabilité de s’assurer que la Chine ne prend pas d’engagements qui nuiraient à son développement économique et auraient un impact sur la sécurité énergétique. Les acteurs comme le ministère des sciences et technologies (MOST) et le ministère de la protection environnementale (MEP) considèrent généralement plutôt les aspects positifs comme le transfert de technologies propres.
Plus précisément, c’est le Comité National de Coordination sur les Changements Climatiques (CNCCC), sous la CNDR, qui est en charge de coordonner la politique nationale sur le climat et d’élaborer la politique publique concernant les Mécanismes de Développement Propres (MDP). Le Comité MDP (qui examine et approuve les projets potentiels) est d’ailleurs lui-même sous la tutelle de ce CNCCC. La CNDR est également “l’Autorité Nationale Désignée” qui examine de manière préliminaire les projets MDP.
Depuis un peu plus de deux ans, des progrès ont été réalisés pour fixer le cadre d’une politique publique nationale chinoise concernant le changement climatique. Ci-dessous sont résumées brièvement ces initiatives :
• Première évaluation nationale sur le changement climatique (décembre 2006) :
Un effort collaboratif entre 9 départements gouvernementaux pendant 4 ans sur le schéma des rapports IPCC (International Panel on Climate Change) couvre trois parties : “Passé et futur du changement climatique”, “Impact et adaptation du changement climatique”, “Impact socio-économique du ralentissement du changement climatique”.
• 6 février 2007 : rapport sur le changement climatique publié par 6 départements centraux et organisations économiques (dont le MOST, la CMA et la CAS).
• Programme national de la Chine sur le changement climatique (4 juin 2007)
Retardé et publié à un moment où se négocie l’après-Kyoto et où la Chine venait de devenir le plus grand émetteur de GES au monde, le plan est avant tout symbolique, dans la mesure où, comme le souligne Joanna Lewis du Pew Climate Research Center, on y affirme que « la majorité des politiques décrites était déjà en place et ne permettront pas à la Chine de réaliser une contribution significative à la mitigation du CC ». Le programme sur 4 ans souligne les objectifs pour la réduction des émissions de GES et le développement des technologies vertes. Il sollicite la coopération internationale pour les projets de transfert de technologies, comprend les lignes directrices pour le soutien aux études et plans corporatistes pour combattre le réchauffement climatique, et entend susciter l’éveil et la conscience publique sur ces changements.
Selon le rapport, des systèmes d’administration régionaux sont établis pour mieux coordonner le travail en lien avec le changement climatique, l’efficacité énergétique et les ENR au sein des différentes agences. Est également annoncé un “Groupe National Dirigeant pour le Changement Climatique” de haut niveau, avec à sa tête le Premier Ministre Wen Jiabao.
• Premier livre blanc sur la politique publique et les circonstances dans l’énergie, décembre 2007
Changement dans les priorités de Pékin : si le livre blanc continue de défendre la position selon laquelle la Chine n’acceptera pas d’être liée de manière légale par des objectifs contraignants d’émissions de GES, elle place pour la première fois le contrôle des émissions de GES comme la priorité environnementale la plus importante pour « combattre la destruction écologique et la pollution environnementale ».
• Premier livre blanc sur le changement climatique, octobre 2008
Ce livre blanc doit servir de schéma directeur pour une réponse coordonnée. Il exprime clairement les craintes sur le changement climatique et met l’accent sur les pertes qu’il pourrait causer pour le développement de la Chine.
Il marque une évolution nette des priorités des politiques publiques vers l’adaptation au changement climatique, qui pourrait être en soi, une reconnaissance que la Chine (et les autres pays émergents à la croissance rapide) n’initieront pas de mesures sérieuses de réduction au moins jusqu’à ce que soit atteint le niveau des émissions des occidentaux. Les principes du libre blanc rejettent à nouveau les plafonds en termes d’émissions et sont fondés sur la réduction des niveaux d’émissions par le résultat d’un développement économique fort et non en retardant le développement. Il appelle à la mise en place d’un comité mondial sur l’adaptation au changement climatique, à l’aide au développement des capacités pour l’adaptation au changement climatique pour les pays en développement (PED) (dont un soutien financier), au transfert de technologies pour faciliter l’adaptation, à un “fonds d’adaptation” alimenté par les ressources de pays développés.
• Position sur la feuille de route de Bali, mai 2009
Accent sur :
- le principe de responsabilités communes mais différenciées ;
- la lutte contre le changement climatique dans le contexte du développement durable ;
- la priorité accordée à la mitigation et à l’adaptation au réchauffement climatique, aux transferts de technologies, au financement, toute mesure à considérer sur un pied d’égalité.
• Discours politique des plus hautes autorités au G8 et au Forum des Economies Majeures
La plupart des rapports sont consultables sur le site du Comité National de Coordination sur les Changements Climatiques : www.ccchina.gov.cn
Aborder la position et le rôle de la Chine dans les négociations internationales sur le climat nécessite de restituer préalablement le contexte de celles-ci, et notamment leurs dernières évolutions pour bien en fixer le cadre dans la perspective de l’échéance de Copenhague en décembre 2009.
La référence est la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), signée à Rio de Janeiro en 1992 lors du Sommet de la Terre, qui rassemble 191 États.
La CCNUCC fixait pour la première fois l’objectif ultime de stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) à un niveau tel qu’elles ne soient pas dangereuses pour le climat, ceci sans contrainte ni cible précise. Le principe des « responsabilités communes mais différenciées » faisait déjà consensus.
L’objectif de stabilisation des GES sur 1990-2000 d’alors pour les pays industriels a globalement été atteint. Sous les auspices de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Conférence des parties (COP) est le forum international de la lutte contre le changement climatique et du marché carbone, la première s’étant tenue à Berlin en 1995.
Pour une chronologie complète : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/changement-climatique/chronologie.shtml
La COP3 de Kyoto en 1997 marque une étape importante – pour la première fois, des cibles contraignantes à atteindre sur 2008-2012 sont établies pour 37 pays industrialisés (pays de l’Annexe 1). Le Protocole de Kyoto entre en vigueur le 16 février 2005 ; il compte aujourd’hui 177 États membres parties, depuis la ratification par l’Australie en décembre 2007. Les États-Unis sont désormais le seul grand pays industrialisé de la Convention à ne pas l’avoir ratifié. Les négociations pour l’après-2012 (expiration du Protocole de Kyoto) sont entamées en 2005 à Montréal.
En vertu de cet instrument, les 37 pays industrialisés sont légalement tenus de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) – des quotas sont fixés.
Pour faciliter les engagements pris par les États, le protocole prévoit la possibilité de recourir à 3 mécanismes, dits “de flexibilité”, en complément des politiques et mesures qu’ils devront mettre en œuvre au plan national : • Les permis d’émission – International Emission Trading (IEA) – qui permettent de vendre ou d’acheter des droits à émettre entre pays industrialisés ; • Les mécanismes de développement propre (MDP) – Clean Development Mechanism (CDM) – qui reposent sur la réalisation de projets permettant à des entités des secteurs public ou privé de pays industrialisés d’investir dans des activités qui réduisent les émissions de GES dans des pays en développement et d’acquérir ainsi des crédits en retour, les “réductions d’émission certifiées” – Certified Emission Reductions (CERs). Ces crédits peuvent ensuite être utilisés par les parties pour compenser leurs propres émissions ou vendues sur le marché libre ; • La mise en œuvre conjointe (MOC) – Joint Implementation (JI) – établie lors de la conférence de Marrakech (2001) qui permet aux pays développés d’investir dans d’autres pays développés, notamment des pays à économie en transition de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est, et d’obtenir des quotas d’émission de carbone – Emission Reduction Units (ERUs) – qu’ils peuvent utiliser pour respecter leurs engagements en matière de réduction des émissions.
Les “marchés carbone” ont en fait été divisés en un marché primaire et des marchés secondaires.
Dans les marchés primaires, les “crédits carbone” sont générés via les MDP et les MOC.
Hors du Protocole de Kyoto, des projets sur le modèle des CDM et MOC ont également émergé sur une base volontaire et sont devenus une source importante de crédits carbone appelés “Réductions d’émission vérifiées” (Verified or Voluntary Emission Reductions – VERS), vendues moins cher que les CERs/ERUs. Ces mécanismes sont d’autant plus importants quand on sait que le mécanisme MDP peut prendre un an, voire plus, à être accordé et face à l’incertitude du post-Kyoto qui expire en 2012.
Les marchés secondaires du carbone sont ceux où les CERs, ERUs et même VERs seront achetés et vendus après leur vente initiale (système Cap and trade).
Il y a déjà quelques marchés secondaires en place. Le plus important est celui de l’Union Européenne, le EU Emission Trading Scheme (EU-ETS), dont les pays membres doivent remplir des obligations de réduction d’émission sous Kyoto et qui se voient fixer des quotas à remplir. En savoir plus : http://ec.europa.eu/environment/climat/emission/index_en.htm.
Aux États-Unis, de manière plus fragmentée, des plateformes ont émergé au niveau local : le premier, le Chicago Climate Exchange, comme bourse d’échanges volontaires parmi les entreprises, bientôt suivi par la Californie et le Nord Est. En Asie, des initiatives en ce sens sont réalisés à Singapour, à Hong-Kong, et en Chine (Pékin, Shanghaï, Tianjin).
Le Partenariat International d’Action pour le Climat – International Carbon Action Partnership – tente de coordonner et d’intégrer ces efforts.
Les acheteurs sur les marchés secondaires du carbone sont ceux devant remplir des obligations d’émission sans vouloir participer au marché primaire, par exemple en investissant dans les CDMs (Compliance Buyers), ou les traders du carbone qui peuvent profiter de la volatilité du prix des permis carbone, les prix sur le marché secondaire étant généralement plus élevés que sur le marché primaire.
Dix ans après le Protocole de Kyoto, après deux semaines de négociations douloureuses lors de la conférence des parties COP13 à Bali, l’adoption du Plan d’Action de Bali fait naitre l’espoir d’un accord global sur le climat d’ici 2009 pouvant être ratifié avant que la première période de l’engagement du Protocole de Kyoto ne s’achève en 2012 et le sentiment d’avoir échappé au pire. Le Plan d’action de Bali invite ainsi les parties à trouver un accord dans les deux ans à venir et à l’entériner par une décision lors de la COP15, conférence des parties qui se tiendra à Copenhague, au Danemark, en décembre 2009.
Si les parties reconnaissent que « des réductions sévères des émissions mondiales devront être conduites », elles ne reprennent pas l’objectif de réduction de 25% à 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 par les pays industrialisés, proposé par l’Union Européenne, et rejeté par le gouvernement américain.
Les dernières évolutions de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) : http://unfccc.int/
A noter : les négociations pour l’après-2012 (expiration du Protocole de Kyoto) sont entamées en 2005 à Montréal selon deux processus de négociations :
- dans le cadre de Kyoto pour la deuxième période post-2012, pour les pays industriels seuls (Ad hoc working group for further commitments – AWG-KP) ;
- au sein de la Convention, pour un dialogue sur l’action future (Ad hoc working group on long-term cooperative action – AWG-LCA).
La Chine est le 5e pays à avoir ratifié la CCNUCC et a ratifié le Protocole de Kyoto en août 2002.
Elle ne fait pas partie des pays de l’Annexe I au protocole qui sont soumis à des quotas contraignants de réduction d’émission.
La Chine est un participant actif dans le Mécanisme de développement propre (MDP) établi sous le Protocole de Kyoto. La Chine est de loin la plus importante source de crédits MDP avec plus de 40% de ceux générés à l’heure actuelle (dernières statistiques sur le site http://cdm.ccchina.gov.cn/english/).
La Chine a été un participant actif et visible dans les négociations internationales pour le climat, agissant généralement de concert avec le groupe des pays en développement (“Groupe des 77”), tout en exprimant le besoin de réitérer constamment les vues et priorités chinoises de développement économique prioritaire.
Cependant, avec un PIB par tête (en parité de pouvoir d’achat) de 5656,2 US$ en 2008, le statut de la Chine comme pays en développement comme les autres est de plus en plus difficile à défendre. Elle est aujourd’hui le plus grand émetteur de GES au monde devant les États-Unis et devra en prendre les responsabilités.
En outre, les émissions par tête de la Chine sont en fait près de la moyenne mondiale, ce qui rend de plus en plus difficile pour Pékin de maintenir ses arguments selon laquelle les émissions par habitant sont encore loin derrière ceux des pays développés, refusant ainsi tout engagement contraignant de réductions.
La Chine, entre les États-Unis et le “Groupe des 77”
La Chine continue a vouloir se positionner auprès du “Groupe des 77” pays en développement (Non Annexe I) sur lequel elle a une certaine influence et avec lequel elle a une sorte de partenariat tacite.
Pendant les négociations sur le climat, de nombreux pays en développement comptent en effet sur la Chine comme négociateur ferme et bien préparé, pour obtenir le maximum d’avantages. Cependant, le “Groupe des 77” est lui-même particulièrement hétérogène avec de grands États, comme le Brésil ou l’Inde, d’un côté et les PMA (pays les moins avancés) de l’autre, ou encore les membres de l’OPEP s’opposant à l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), et plusieurs positions ont émergé au sein même des pays émergents.
La domination de la Chine sur le marché des MDP notamment pourrait engendrer des sentiments négatifs parmi les autres PED. Un autre point à souligner est que les progrès ont toujours eu lieu quand la Chine s’est dissociée des pays exportateurs de pétrole.
Cependant, si la Chine continue à défendre ses propres intérêts en se positionnant auprès des autres pays en développement, il ne fait aucun doute que sa position dépendra sûrement avant tout des pays développés, et notamment des engagements que prendront les États-Unis.
Le retrait de l’administration Bush du Protocole de Kyoto en 2001 (donc la baisse de pression sur la Chine) et l’échec pour la plupart des pays de l’Annexe 1 de remplir leurs engagements pris à Kyoto avaient permis à la Chine d’adopter une position de retrait et de renforcer son refus de tout quota d’émissions obligatoire qui limiterait de manière déloyale la croissance économique du pays.
La voie dans laquelle semble s’être orientée la nouvelle administration Obama (janvier 2009), en faveur de véritables engagements des États-Unis pour lutter contre le réchauffement climatique et le renforcement du dialogue Chine-USA sur le sujet, pourrait changer la donne à Copenhague.
Aujourd’hui, la Chine exige que les États-Unis prennent un engagement de réduction d’émission « juridiquement contraignant », vérifiable et sanctionnable par une instance internationale.
En réalité, ces derniers temps « la Chine multiplie les déclarations publiques sur ses positions à destination de l’étranger, donnant l’impression de souffler alternativement le froid et le chaud » et de vouloir brouiller les cartes :
« Dans sa prise de position sur la mise en place de la Feuille de route de Bali en mai 2009, elle a demandé que les pays développés s’engagent à réduire collectivement leurs émissions d’au moins 40% en 2020 par rapport à 1990 sans recourir aux mécanismes de flexibilité, donc uniquement sur le territoire national […] – non précisé lors de la première évocation de cette cible en avril. Elle avait auparavant soutenu la position de l’UE d’une baisse globale de 25 à 40% pour les pays développés entre 1990 et 2020. Sept jours plus tard, le 27 mai, elle revient en arrière en défendant à nouveau l’objectif des moins 25 à 40% dans une tribune dans The Guardian de Xie Zhenhua, vice-président de la NDRC et délégué des négociations pour le climat ».
Il reste que globalement la Chine maintient une position dure, par exemple en réclamant de changer les modalités d’inventaire d’émissions de GES agréées sous Kyoto, dans la mesure où environ 15 à 25% des émissions de la Chine proviendraient de la fabrication de produits destinés au reste du monde, et dès lors, ces émissions-ci devraient être imputées aux pays consommateurs et non aux pays producteurs.
Au final, les négociations de Copenhague ne pourraient être qu’une énième étape pour fixer la finalité politique de l’accord (engagements contraignants).
L’objectif de réduction des pays développés serait dans ce cas fixé une nouvelle fois ultérieurement.
Vers des cibles pour la Chine ? Mesures locales, mesures globales
Si la priorité reste la stabilité sociale et la croissance du pays, les autorités chinoises ont néanmoins réalisé le besoin d’une stratégie de développement économique plus durable, la population elle-même réclamant un rééquilibrage des disparités. La légitimité du parti en dépend.
La Chine met en avant les efforts effectués cette dernière décennie pour promouvoir une “économie verte” et qu’elle aurait ainsi contribué à la lutte contre le réchauffement climatique.
Cependant, les mesures environnementales prises jusqu’alors sont principalement des mesures locales pour contrôler la pollution de l’air, de l’eau et du sol (ceci a ainsi, entre autres, évité les risques de troubles dus à ces problèmes et permis de maintenir l’autorité en place, jugée aujourd’hui également sur ses performances environnementales), des mesures qui n’ont au final qu’un impact indirect sur la réduction des émission de CO2 et dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Les résultats impressionnants de réduction de GES de Pékin à la fin des 90’s se sont révélés être en réalité une sous-évaluation des statistiques du charbon. De même, si la Chine a stabilisé en 10 ans avec succès les émissions de dioxyde de souffre qui sont à l’origine des pluies acides, les émissions de GES ont plus que doublé sur la même période.
La contribution des énergies renouvelables dans la mitigation du CC serait en fait minime. Et le potentiel “vert” du dernier stimulus package qu’a vanté HSBC dans un fameux rapport, est largement soumis à controverse.
La problématique des émissions de GES et du réchauffement climatique, de nature “globale”, se voit donc accorder une priorité politique moindre, notamment aux niveaux locaux. « Il y a de grandes chances que la Chine ne fera pas d’efforts significatifs pour réduire ses émissions à part ceux qui lui apporteront des “co-bénéfices” en termes de réductions de coûts, de baisse des niveaux de pollution locale et d’apport en technologies propres, plus efficaces et moins chères ».
Si un article récent du Guardian suggère que la Chine « n’exclurait pas un objectif d’intensité carbone » dans son prochain plan quinquennal, un des négociateurs sur le climat, M. Su Wei, chef du département climat à la NRDC (Commission du Développement National et de la Réforme), aurait en fait affirmé qu’il serait « très facile » de traduire l’objectif de réduction de l’intensité énergétique de l’économie nationale en objectif de baisse de l’intensité carbone. Il ne s’agirait de fait que de « mettre en forme » des mesures déjà en place, quitte à les renforcer, pour qu’elles viennent satisfaire les pressions internationales. Selon le même article du Guardian, Su Wei s’est dit « très optimiste » sur l’atteinte de cet objectif, ajoutant toutefois que les mesures les plus faciles et les moins chères avaient déjà été prises pour respecter cette cible et qu’une performance similaire serait difficile à réaliser dans le cadre du 12e plan national.
Mitigation, adaptation, financement et transfert de technologies
Les positions de la Chine sur le changement climatique font donc écho à ses priorités nationales, en particulier sur les droits de propriété intellectuelle, le financement et le transfert de technologies propres.
Un des points importants que réclame la Chine aux côtés des pays en développement est le fait que les actions de mitigation dans les PED doivent être soutenues par les pays en développement en termes de transfert de technologies et de financement pour renforcer de telles actions.
De manière plus explicite, les pays développés doivent fournir la technologie, le financement et l’aide au développement des capacités (capacity building), d’une manière « mesurable, déclarable et vérifiable ». L’adaptation et la réduction de la vulnérabilité aux impacts du changement climatique nécessitent des mesures pour soutenir les pays en développement sous la forme de technologie et de financement pour l’adaptation.
La libéralisation du commerce – barrières réduites et plus grandes incitations au transfert de technologie – et la fourniture de soutien financier associés doivent permettre aux pays en développement d’obtenir l’accès à des technologies abordables et avancées, favorables au climat.
La Chine suggère l’établissement d’un tel mécanisme international pour la coopération en R&D.
En matière de financement, la Chine défend la mise en place d’un fonds d’adaptation, d’un fonds de mitigation, d’un fonds d’acquisition de technologies multilatérales, et d’un fonds de développement des capacités (capacity building), dont la gouvernance devrait être sous l’autorité et la direction de la COP avec une représentation « équitable et balancée » de toutes les parties.
C’est l’engagement des gouvernements des pays développés de fournir de nouvelles ressources financières, additionnelles, “adéquates” et prévisibles. Les ressources financières du secteur privé et le marché carbone ne seraient que complémentaires.
Les pays développés devraient contribuer à hauteur de 0,5 à 1% de leur PIB à ces fonds.
Il est intéressant de comparer la démarche qu’a eu la Chine, lors des négociations des amendements de Londres du protocole de Montréal, sur les substances qui affectent la couche d’ozone et lors des négociations sur le climat.
Si les bénéfices de signature du protocole de Montréal ont été défendus pour trois raisons – argument basé sur le marché (mécanisme de sanction potentielle), sur l’image dans la communauté internationale, argument scientifique –, ce furent les implications financières qui au final amenèrent la Chine à signer le protocole.
Tout comme l’Inde, la Chine a refusé de signer l’accord jusqu’à ce qu’un soutien financier significatif et des transferts de technologie de la communauté internationale soient promis.
Ce n’est qu’après que la communauté internationale ait accepté d’établir un fonds multilatéral spécial dans ce but, que la Chine a ratifié le traité en 1991.
Pourrait-il en être de même pour l’accord potentiel post-2012 ?
En termes de transfert de technologies, la Chine espère aller plus loin dans le débat, soutenue en cela par le “Groupe des 77”. C’est aujourd’hui que ceux-ci construisent les centrales qui opéreront demain. Le plan de la Chine pour le changement climatique (octobre 2008) a clairement identifié des domaines de priorité pour la collaboration technologique internationale : coopération sur les technologies avancées du charbon, technologies de construction efficaces en énergie, technologies des véhicules propres, technologies industrielles avancées…
Le déploiement de ces technologies est important non seulement pour la Chine mais également pour les principaux émetteurs. Les États-Unis et la Chine ont un intérêt commun dans la détermination de la manière dont ils vont gérer leur dépendance au charbon tout en utilisant les technologies du “charbon plus propre”. Cependant, les États-Unis ne veulent pas abandonner à la Chine la technologie de l’IGCC (toujours à un stade précoce), de peur qu’elle puisse être utilisée pour produire des missiles.
Un officiel du ministère des Affaires étrangères, Sun Guoshun, aurait affirmé qu’en ce qui concerne la technologie du CCS, la Chine ne serait pas encore intéressée, le concept de cette technologie n’ayant pas été démontré (unproven technology) et son coût serait encore trop élevé. Cependant, dans cette course à l’innovation, selon des sources contraires non-officielles, la Chine pourrait d’ores et déjà posséder cette technologie. La problématique du transfert de technologies favorables au climat s’avérerait en réalité avant tout une question d’argent plus que de propriété intellectuelle par exemple.
Cédric Philibert, de la division Efficacité Energétique et Environnement à l’Agence Internationale de l’Énergie, va dans le sens de Sun Guoshun, en affirmant que « dans le cas des technologies faible-carbone, comme les centrales électriques ou les produits de consommation plus verts, les coûts de R&D représentent souvent moins de 10% des coûts globaux – les coûts de production et d’infrastructure sont bien plus élevés ». Leur licence pour une production démultipliée en Chine, en échange de royalties, pourrait faire baisser les prix. Il n’empêche que la question des droits de propriété intellectuelle reste un problème majeur dans les pays en développement, et notamment en ce qui concerne la Chine qui a désormais les moyens de son développement et du financement de sa propre innovation et qui peut devenir un concurrent sérieux dans ces domaines technologiques clés.
Il reste en fait très difficile d’élaborer des scénarios sur le futur positionnement de la Chine dans les négociations de Copenhague et dans l’optique d’un accord post-Kyoto, et donc d’en suggérer les conséquences potentielles pour les pays occidentaux et pour le marché carbone.
C’est la raison pour laquelle nous avons conduit depuis plusieurs mois une enquête fouillée et une étude détaillées sur ces thèmes avec CHINA TRADE WINDS pour décrypter les faits et les positions locales, et, assurer leur suivi à travers la réalisation d’un Observatoire en cours d’élaboration.
L’étude publiée en anglais, s’intitule « On the road to COP 15 : Birth of a new climate change policy in China ».
Elle passe en revue successivement :
1° Les négociations multilatérales :
avec les Etats Unis (groupe des 17 plus gros producteurs), avec l’Union Européenne, avec les autres (Japon, Australie, etc.) ; 2° Les stratégies nationales :
les différents grands livres blancs, les organes, les ministères, les instances, les politiques nationales sectorielles de soutien (charbon propre, énergies renouvelables, nucléaire) ; 3° Le marché carbone :
les 27 CDM provinciaux (exemples, analyse, contradictions, etc.), les trois bourses de SO_ ; 4° Une description des scenari à Copenhague :
les négociations et rapports de force entre niveau central et local, les tendances dures et molles ; 5° Les exigences sur les pays “riches-blancs-capitalistes” :
40% de baisse d’émissions d’ici 2020, 1% de cession de leur PIB aux PVD.
Et présente en annexe des documents, textes de lois significatifs le “Who’s who” des 30 à 50 personnalités aussi secrètes qu’influentes sur ce dossier.
Officials from China and other countries are meeting in Bonn, Germany, until June 12 for more negotiations on a new set of global arrangements to prevent runaway climate change. The deal to replace the Kyoto Protocol, which ends in 2012, is supposed to… lisez la suite »
Les négociations sur le climat qui ont repris hier à Bonn risquent d’être polarisées par les États-Unis et la Chine. Le chef de la délégation américaine, Todd Stern, a déclaré que la Chine et les autres grands émergents devront s’engager à réduire… lisez la suite »
Diviser par quatre les émissions de CO2 d’ici à 2050, est-ce possible ? Oui, s’il y a une volonté politique, de bons choix technologiques et des changements radicaux de mode de vie, estime François Moisan, directeur scientifique de l’Agence de… lisez la suite »
CHINA is at the forefront of major developing nations that must help reduce greenhouse-gas emissions in a new treaty to stem global warming, US climate envoy Todd Stern said. The Asian nation, the world’s biggest producer of heat-trapping gases, will… lisez la suite »
GENÈVE | (AFP) Les mégapoles du monde, dont la population se compte en dizaines de millions, sont sous la menace grandissante de catastrophes naturelles très meurtrières en raison des changements climatiques, s’est inquiété, hier, le responsable des… lisez la suite »
President Dimitry Medvedev said Friday that Russia planned to release 30 percent more greenhouse gases by 2020 under a new emissions target scheme. The plan would reduce emissions by 10 percent to 15 percent from Russia’s emissions in 1990, when it was… lisez la suite »
Dans un pays entré à présent dans une dynamique du changement, et alors que les «laowai» (terme désignant les étrangers) continuent d’affluer en masses, la question du leadership en Chine dans le cadre de l’entreprise reste plus que jamais un sujet commun de discussion et de préoccupation dans les communautés expatriées.
Différents points de vue sur la notion de leadership
Du fait de nos différences culturelles, notre vision occidentale du leadership est bien souvent incomplète par rapport à ce qu’en attendent les Chinois. Car si en effet un manager occidental se voit comme celui qui gère des équipes, les motive et supervise les bonnes connexions entre elles, prend initiatives et grandes décisions, et analyse les données pour guider ses employés dans une réflexion orientée vers des solutions, un employé chinois va par ailleurs définir un bon manager occidental par des critères supplémentaires.
Lorsque vous interrogerez des Chinois, leurs ressenti sera bien souvent similaire : en Chine, un bon leader est celui qui joue un rôle de « père de l’entreprise » comme un chef de famille ; il mène, il prend les décisions importantes et il est toujours censé avoir raison. Malgré ce côté autoritaire, un bon leader doit être juste et doit faire de son mieux pour faire en sorte que la voie empruntée pour la prise de décision finale soit en fait orientée de façon consensuelle par ses employés. Il doit savoir « donner de la face » en félicitant en public les employés méritants, mais au contraire blâmer en privé ceux qui ont fauté.
Mis à part ce côté « actif » du rôle de leader, le manager occidental aura toujours besoin de prouver sa valeur réelle auprès des Chinois. Car en effet – et c’est ce sur quoi repose le concept d’expatriation, – un manager occidental travaillera en Chine avec des locaux parce qu’il apporte une certaine valeur ajoutée à l’entreprise, par son savoir et son savoir-faire, ceux-ci justifiant sa présence et sa position de chef.
Importance de la formation
Ce savoir-faire, le manager doit l’inculquer, le partager, le mettre à la disposition des employés de sa société. Les séminaires de formation doivent être réguliers et doivent toujours viser trois objectifs : bien entendu améliorer les performances de la société, miser sur le fait de conserver les employés sur du plus long terme, et créer plus d’opportunités d’interaction entre tous.
Le meilleur mode de formation consiste à alterner des sessions délivrées en interne par la direction de la société avec des sessions organisées par un consultant externe. D’un côté cela renforce la position du manager au sein de sa propre entreprise, puisque c’est publiquement qu’il livre un savoir encore unique. De l’autre côté, le fait de faire bénéficier à tous des connaissances d’un consultant externe prouve aux employés locaux que la société pour laquelle ils travaillent a de réelles intentions de progresser et d’appuyer également un certain développement individuel au niveau des équipes locales. Les sessions de formations peuvent se doubler de sessions de coaching si le manager en a le temps, le cas échéant il s’adressera à un coach externe, et cela encore une fois dans le but de construire dans l’esprit de tous une vision de long terme.
Pour une gestion efficace du travail et des équipes
Assurer un fonctionnement stable de votre société est tout à fait possible à condition de mettre en place certains outils de travail et d’organiser vos ressources humaines de façon extrêmement structurée. Si d’un côté il faut définir les responsabilités techniques et les répartir en fonction des compétences de chacun, d’un autre côté cette organisation doit permettre en parallèle l’établissement de procédures de travail qui constitueront une chaîne d’actions impossible à briser. En effet, les procédures de travail doivent encadrer les employés et les faire avancer de façon absolument mécanique dans le traitement de leurs dossiers, tout comme les obliger à renforcer une communication inter-départements qui est souvent inexistante en Chine.
Dès que la taille de votre société le permet, il est bon d’assigner des managers à la tête des départements. En tant que superviseur général, ce type d’organisation vous permettra de responsabiliser les équipes pas à pas et leur inculquer progressivement une certaine autonomie, de hiérarchiser les personnes et leur niveau d’implication dans les tâches journalières, de créer un esprit d’équipe ; mais surtout cela vous permettra de hiérarchiser les personnes pour justifier la mise en place d’un système efficace et imparable de double voire triple vérification des informations circulant en interne comme en externe.
Enfin, en termes d’ outils de travail qui peuvent faciliter en Chine un mode de management qui reposent sur des mécanismes bien rodés, le manager étranger devra en bâtir pour ses employés mais aussi pour lui-même, en ne perdant jamais de vue que malgré l’autonomie croissante de ses équipes il ne peut s’autoriser aucun moment de relâche dans son rythme effréné de travail de supervision. Les Chinois ayant une conception du travail différente de la nôtre, ils sont effectivement peu habitués à développer des idées ou à prendre des initiatives, ils peuvent rencontrer des difficultés à définir les priorités, n’ont qu’une vague notion de l’urgence, et ne se mettent à la place du client qu’en de très rares occasions. Pour parer à cela, il peut souvent se révéler très utile de mettre en place des « working plans » (calendrier de travail) que vous superviserez, et un système de « to-do-lists » pour les postes-clés et/ou les personnes qui pourraient ainsi améliorer leurs performances. Le travail quotidien qui incombe au manager étranger consiste enfin à pousser ses employés chinois à s’intéresser aux problèmes que ceux-ci relèvent dans le cadre de leurs opérations journalières. Les Chinois ayant une tendance naturelle à exposer ces problèmes sans recourir à la démarche d’y apporter des solutions, un bon manager sera celui qui saura les guider dans l’identification précise des problèmes en question, l’information et le dialogue sur ces problèmes, la réflexion vers leur résolution, et enfin – on ne le dira jamais assez – l’anticipation des problèmes futurs.
Vous partez bientôt en Chine, vous avez un projet d’implantation,
une négociation à mener, n’hésitez pas à contacter Sophie Rebibo :
Tel +86 135 277 07 199
Lijiang est une ville du Yunnan, province à l’extrême sud-ouest de la Chine, région historique de la minorité ethnique Naxi.
Surplombée par les monts enneigés de la chaîne montagneuse du Yulong, dite du Dragon de Jade, la ville s’étend au dessus d’une vaste vallée arrosée par le fleuve Yangzi Jiang.
Plusieurs quartiers composent Lijiang : » la Vieille ville, trésor architectural millénaire, restaurée et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997 en tant que “ ville ancienne exceptionnelle sise dans un paysage spectaculaire ” ; » la Nouvelle ville, séparée de la Vieille ville par la Colline du Lion, abrite les quartiers dortoirs, la vie quotidienne, et n’a rien de touristique ; » la “Nouvelle Vieille ville”, une extension de la Vieille ville, construite sur le modèle traditionnel par le gouvernement local – ironiquement, les maisons traditionnelles faites de bois et de pierre de la Vieille ville ont mieux résisté au tremblement de terre de 1996 ; » les quartiers résidentiels à l’américaine, situés à la périphérie – et vides pour beaucoup.
Les photos de Julie s’attachent à montrer la transformation de la Vieille ville en “parc d’attraction” pour touristes (5 millions de visiteurs par an, chinois pour la plupart) : boutiques en tout genre, bars et discothèques bruyants, guesthouses pas toujours à la hauteur, etc. défigurent les ruelles séculaires de Lijiang ; Naxi ou pseudo-Naxi en costume traditionnel se relayent toute la journée sur la place centrale de Lijiang pour assurer le folklore et faire danser les touristes chinois…
Les politiques locales construisent à tour de bras, espérant faire face au développement du tourisme chinois qui connait effectivement un boom depuis 2000 : des quartiers entiers flambant neufs – et vides – sortent de terre… En attendant, la plaine de Lijiang est défigurée par les carrières, la montagne perd ses forêts. Les photos de Jullie sont éloquentes…
Après les chantiers et les carrières, se rendre dans les hauteurs de Lijiang fait un bien fou !
Là on se rend compte comme les paysages alentours restent spectaculaires.
Et quand Lijiang s’est endormie, musiques et néons criards éteints, on peut encore se laisser prendre par la magie d’une promenade dans la Vieille ville : les maisons de bois et de pierre aux portes sculptées, les toitures en tuiles, la lumière des lanternes rouges, les ruelles dallées et les multiples canaux traversés par quelques 350 ponts nous transportent dans la Chine ancienne et authentique. Chhhuuut…
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