Le luxe en Chine, Interview vidéo de Jonathan Siboni
March 22, 2008

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Diplômé de l’ESSEC (membre de la Chaire LVMH), de Paris IV-La Sorbonne et de Sciences Po Paris (Master in International Affairs, mention Asie), Jonathan Siboni est Directeur & Co-Fondateur de DEAL (Developing Euro-Asian Links), société de conseil en développement international spécialisée sur les marchés du luxe en Chine et au Japon. Il est aussi professeur visitant à l’ESSEC et anime un cycle de conférences sur "le luxe en Asie" au sein de la Division Asie de l’Association des Sciences Po.
Contact : jonathan.siboni@deal-luxury.com
A retenir sur le développement du luxe en Chine…
8 Leçons sur les marques de luxe qui se développent sur le marché chinois
- Personnalisation (des produits, des services) : vers plus d’authenticité
- Innovation : constante recherche de nouveautés
- Education des clients à l’histoire, à l’héritage véhiculés par les marques de luxe et éducation aux produits eux même (nécessité de se « substituer à la mère » dans l’utilisation des cosmétiques).
- Formation des managers occidentaux aux spécificités des clientèles chinoises et des équipes de retail chinoises aux spécificités des produits occidentaux
- Temporisation : être patient, penser à long terme car logique de construction de marque plutôt que de profit dans l’équilibre image/revenus
- Communication car pas de connaissance des marques de luxe (concurrence très forte entre marques occidentales + avec marques chinoises)
- « Localisation » : on dit souvent en Anglais que les 3 règles d’or dans le luxe sont "location, location, location"…. C’est plus vrai en Chine qu’ailleurs
- Et pour finir à 8 il faut rajouter le fil directeur de toute stratégie chinoise…. Adaptation : enrichir les classiques stratégies d’implantation occidentale à la Clausewitz par des stratégies d’adaptation chinoise à la Sun Tzu. Savoir d’où l’on vient et où l’on va, mais en se donnant un mot d’ordre aussi simple qu’ABC : Asian Business needs Culture, surtout dans la Stratégie, le Marketing, les RH….
Interview Vidéo en 5 parties
les 4 premières sur l’approche du marché du LUXE et la 5ème sur la FRANCHISE en tant qu’outil de développement
Part 1
- La notion du LUXE pour un chinois
Le Luxe en Chine - Part 1
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Part 2
- Mode de consommation et segmentation de la clientèle.
- Comparatif entre les modes de consommation LUXE entre le Japon et la Chine
Le Luxe en Chine - Part2
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Part 3
- La place des entreprises française sur ce marché,
- La capacité d’adaptation à l’environnement socioculturel
- Mode de consommation du LUXE reposant une typologie de clientèle bien particulière
Le Luxe en Chine - Part 3
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Part 4
- L’émergence de marques de LUXE chinoises
Le Luxe en Chine - part4
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LA FRANCHISE EN CHINE
-En Chine, quels ont les avantages d’un développement par la franchise?
-Est-ce un modèle viable?
-Quand la franchise a-t-elle commencé à se développer en Chine?
-L’administration chinoise en facilite-elle le développement?
Retrouvez également l’article écrit par Jonathan Siboni : Clientèle(s) et marché(s) du luxe en Chine
Written by louis savel · Filed Under Bibliotheque Medias, Interviews | 1 Comment
Quand l’Afrique rencontre le Chine
March 13, 2008
Interview de son excellence Jean-Pierre RAZAFY-ANDRIAMIHAINGO, ancien ambassadeur de Madagascar en France.
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Retrouvez un décryptage en version "texte" sous la 4ème vidéo.
Interview menée par Madame Valérie Fert dans le cadre du Point de Veille N°6, qui a eu lieu le 28 février à l’Ecole Militaire et qui a eu pour thème : « Intelligence économique et Affaires… Etrangères - Comparaison et mise en perspective des pratiques d’intelligence économique américaines, chinoises, européennes : exemples de leurs impacts en Afrique."
Thème abordé par vidéo
Première partie : La rencontre en l’Afrique et la Chine
Seconde partie : Ce qui se passe n’est pas un hasard mais une stratégie
Troisième partie : Décryptage de ces rencontres sino-africaines
Quatrième partie : La Chine et l’aide au financement de l’Afrique
La rencontre entre l’Afrique et la Chine
Ce qui se passe n’est pas un hasard mais une stratégie
Décryptage de ces rencontres sino-africaines
La Chine et l’aide au financement de l’Afrique
COMPARAISON ET MISE EN PERSPECTIVE DES PRATIQUES D’INTELLIGENCE ECONOMIQUE AMERICAINES, CHINOISES, EUROPEENNES : EXEMPLES DE LEURS IMPACTS EN AFRIQUE
Jean-Pierre RAZAFY-ANDRIAMIHAINGO *
Certains pourraient considérer que ce n’est que maintenant que les Chinois font « irruption » en Afrique. Ils se trompent. Il faut d’abord bien se convaincre que, contrairement à une image trop répandue, le Chinois n’est pas « que » agriculteur. Il est aussi marin. Ainsi, dès le début du 15ème siècle à l’époque faste de la dynastie des Ming et bien avant les découvreurs portugais, le pavillon chinois s’imposait déjà, notamment avec le grand navigateur Zhen He, dans les mers de la Sonde, de l’océan indien et, à l’ouest jusqu’aux côtes de l’Afrique orientale et australe. Pour le commerce, bien sûr. Mais aussi, et surtout, dans une démarche de découvreur et de messager de la civilisation chinoise que les échanges avec le monde persique et l’Islam vont par la suite accentuer. Ainsi, très tôt la Chine a-t-elle acquis de l’Afrique une connaissance certaine qu’ensuite les vicissitudes de sa propre évolution historique ont quelque peu effacé jusqu’à notre époque contemporaine.
Aujourd’hui, la Chine qui peut se prévaloir d’une « mémoire africaine » redécouvre donc l’Afrique, bien sûr sous un jour nouveau mais pas nécessairement sous le seul prisme des intérêts économiques comme on a trop tendance à le croire ou à le faire croire. Il y a une véritable approche africaine de la Chine, qui prend différentes formes. Au départ, certes pour renforcer sa posture stratégique face à l’Occident et à l’ancienne URSS, mais aussi pour se racheter de l’image désastreuse que risquait de provoquer en Afrique les manifestations hostiles des étudiants chinois de Tian’Anmen contre les boursiers africains, dès le début des années 1990 les plus hauts dirigeants chinois firent des tournées dans différents pays d’Afrique, à commencer par le Maghreb, ce continent africain étant désormais promu au rang de partenaire d’une Chine en train d’élaborer une nouvelle vision globale des affaires internationales. C’est donc d’abord par le biais diplomatique pur, et en sa fondant sur des relations amicales avec les dirigeants africains, que durant pas moins de dix ans, de 1990 à 2000, la Chine a tissé patiemment sa toile relationnelle en Afrique pour y marquer durablement sa présence. Les relations proprement économiques, se caractérisant par des échanges commerciaux encadrés et des investissements directs chinois sur le continent africain, ne viendront qu’après comme étant une « suite naturelle ».
Question difficile, car je n’ai aucune qualité pour y répondre. Mais, d’instinct j’observe que la Chine comme l’Afrique se caractérisent par la diversité de leurs cultures. Par contre, il y a certainement des références spirituelles, philosophiques et culturelles africaines et chinoises qui peuvent se mettre en parallèle. Elles se situent essentiellement dans le rapport à la société et à l’Humain. A titre d’exemple, il m’apparaît qu’en Chine comme en Afrique la notion d’ « individu » ne se conçoit que par rapport à sa place, à son rôle, dans la collectivité, soit familiale, soit sociale. C’est ainsi que traditionnellement il n’est pas de mise que l’ « individu » ait une posture le distinguant de trop de son groupe « naturel ». Cette sorte de conformisme moral et social est nécessaire à la cohésion sociale et à un code comportemental utile à une forme d’harmonie recherchée. Quant au genre humain, notion moderne s’il en est puisqu’il constitue désormais la référence universelle, tant le Chinois que l’Africain s’y trouvent à leur aise. L’interpénétration du genre masculin et féminin se conçoit parfaitement, l’un allant de pair avec l’autre, et l’un se construisant avec l’autre. Ici également, l’opposition et la contradiction ne sont pas de mise.
Ceci étant, loin de moi l’idée qu’à travers ces notions apparemment communes se dégagent des conceptions forcément communes. La Chine et l’Afrique ont développé des civilisations si différentes et de façon si séparée. Par contre, je souligne qu’à travers leur histoire respective, la Chine et l’Afrique ont assimilé différents apports allogènes à une source commune, en particulier par l’Islam, et ceci constitue certainement autant de facteurs de rapprochement culturel, voire spirituel et civilisationnel. A cet égard, je voudrais évoquer les liens existant entre le monde chinois - et, par extension asiatique, sachant que ce monde asiatique est fortement imprégné par la civilisation chinoise, y compris jusqu’en Asie du Sud-Est – et l’Afrique orientale. Je me réfère à nouveau aux incursions maritimes chinoises dans l’Océan indien occidental depuis le 15ème siècle pour souligner le fait qu’à travers le commerce avec certaines contrées africaines baignées par cet océan des transferts culturels chinois ont eu lieu. Le sens inverse est moins certain. Toujours est-il qu’à propos notamment de ces contrées, spécialement les îles de l’océan indien occidental, il n’est pas exagéré d’évoquer une forme de culture afro-asiatique bien vivante et dont certains se prévalent d’ailleurs au quotidien sur le plan culturel. Sur un autre plan, cet esprit afro-asiatique a trouvé une traduction éminemment politique puisque c’est sur cette base qu’à l’occasion de la conférence de Bandoeng en 1955 a pris racine le mouvement des non-alignés et de la lutte contre le sous-développement dans lequel pays asiatiques, au premier rang desquels la Chine, et africains se sont retrouvés unis dans une solidarité idéologique qui, de façon spectaculaire, se retrouve revitalisée à l’occasion du premier Forum sur la coopération sino-africaine qui s’est tenu à Pékin en octobre 2000.
C’est dire que, pour toutes ces raisons au niveau de la conscience vécue, j’incline à penser qu’en effet il y a des points de rencontres culturels – dans le sens le plus large du terme - entre l’esprit africain et l’esprit chinois.
Comment imaginez-vous l’avenir de la Chine en Afrique sous ses différents angles : économiques, politiques, culturels… ?
La réponse à votre question se déduit naturellement des faits que j’ai rappelé. Il est indéniable que les relations de la Chine avec l’Afrique sont appelées à se renforcer rapidement. C’est avec patience, méthode et intelligence que la Chine a su gagner la confiance des Africains, en ayant par ailleurs posé tous les jalons d’une relation durable. A l’issue du premier Forum sur la coopération sino-africaine une Déclaration de Pékin a été adoptée à l’unanimité aux termes de laquelle les parties s’engagent à promouvoir des programmes de coopération dans des domaines-clés : économie, commerce, finance, technologie, transport, environnement et tourisme. Un processus de suivi des décisions prises a été mis en place au moyen de comités d’action, de conférences ministérielles ou de réunions d’ambassadeurs et d’experts. A cet égard, en Novembre 2002 s’est tenu à Addis-Abeba une rencontre très importante avec des résultats tangibles : institutionnalisation des Forums sino-africains ; accentuation et extension, notamment en lien avec le NEPAD, des programmes de coopération sur le plan économique et social. Parallèlement, la Chine annule unilatéralement les dettes des pays africains les plus pauvres et réduit certaines autres.
L’intensification de la coopération sino-africaine se poursuit avec une autre étape d’importance : le récent Sommet Chine-Afrique de Novembre 2006 au cours duquel le Président HU JINTAO a pu annoncer l’offre par la Chine d’un véritable partenariat stratégique à l’Afrique, manière également de conjurer les reproches sur un supposé néocolonialisme chinois. Cette offre a immédiatement trouvé sa traduction par la mise en place d’un Fonds de Développement Chine-Afrique doté d’un milliard de dollars destiné à financer le commerce et l’investissement des entreprises chinoises en Afrique. Récemment en Mai 2007, la Chine a nommé un « Monsieur Afrique » en la personne de LIU GUIJIN, visant spécialement à concurrencer en Afrique la coopération européenne. Celui-ci a, de façon significative, affirmé que la Chine, pays en développement et du sud, « comprend mieux les besoins » des Africains et y répond de façon plus adéquate par une forme de coopération sud-sud. Ajoutez à cela que l’aide chinoise ne s’embarrasse pas de conditionnalités politiques ou par référence aux droits de l’Homme et que sa pratique des taux d’intérêts bancaires défie toute concurrence. Je signale au passage, pour avoir longuement étudié la question, que la conception chinoise de la démocratie et des droits de l’Homme, qui récuse toute forme d’universalisme, obéit à d’autres critères inspirés par ses propres standards philosophiques.
La Chine s’est ainsi forgée en Afrique un avenir certain en y mettant le paquet, si j’ose dire. La réalité force à considérer que la présence chinoise en Afrique est bien perçue par les Africains tant que les Chinois maintiennent leur effort, comme ils s’y attèlent, d’une compréhension bienveillante. Y a-t-il un prix à payer, quand et sous quelle(s) formes ? Rien de précis ne peut se formuler à cet égard pour l’instant. Il est cependant certain que sur le plan diplomatique, tant par rapport au cas de Taïwan que dans le long processus d’affirmation de l’influence chinoise sur les grandes questions internationales sur lesquelles la Chine se trouve confrontée aux plus grandes puissances, pour l’appui également à ses initiatives au sein des Nations Unies comme des institutions onusiennes, la Chine a besoin des voix africaines. Bien entendu, reste que la Chine est fortement intéressée par les énormes ressources énergétiques de l’Afrique, mais quelle autre grande puissance, mise à part singulièrement la Russie – pour l’instant -, ne s’y intéresse pas ?
- D’éviter que les investissements chinois créent des situations de confrontation, des positions monopolistiques et aboutissent à imposer des conditions contraires à l’intérêt national ;
- D’encourager la création de joint-ventures impliquant différents investisseurs, ce dans un souci d’équilibre et de dividendes économiques et sociales au profit des nationaux;
- D’intéresser différents bailleurs de fonds d’autres pays partenaires dans les projets à dimension stratégique.
Il est impératif qu’aux yeux des Chinois l’Afrique ne soit pas perçue comme un nouvel Eldorado des temps modernes où tout et n’importe quoi est permis. Cela suppose, en somme, que chacun des pays africains développe une politique économique et sociale forte, claire, précise, efficace, déterminée où l’Etat joue son rôle régulateur et d’orientation en laissant cependant jouer le principe d’une libre et saine concurrence dans les différents secteurs économiques, et qui se traduise par une articulation et une programmation sur le moyen et le long termes avec des choix prioritaires ainsi que la mise en place des institutions propres à mettre en œuvre une vision nécessairement stratégique.
* Jean-Pierre RAZAFY-ANDRIAMIHAINGO, Ambassadeur de Madagascar, est Sinisant diplômé supérieur de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris, Avocat et Enseignant universitaire spécialiste de la Chine en matière institutionnelle et juridique.
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Chine - Environnement vs Croissance
February 8, 2008
Reportage vidéo
Chine - environnement vs Croissance
by road0008
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Une série d’émissions asiatiques à l’occasion du Nouvel An Chinois
February 7, 2008
A l’occasion du Nouvel An Chinois, Canal Académie, la première radio académique francophone sur Internet, a sélectionné une série d’émissions « asiatiques » :
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- La vertu selon la culture chinoise : discours de François Cheng prononcé en séance solennelle de rentrée de l’Académie française
- Henri Maspéro, grand orientaliste sinologue de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
- L’opéra de Pékin : l’architecture au service des arts du spectacle. Rencontre avec son architecte Paul Andreu, de l’Académie des beaux-arts
- Profil de la nouvelle femme chinoise avec Marianne Bastid-Bruguière, de l’Académie des sciences morales et politiques
- La Chine et la démocratie, avec Mireille Delmas-Marty, de l’Académie des sciences morales et politiques
- Marco Polo, un Vénitien en Chine avec Philippe Ménard, professeur émérite à l’Université Paris Sorbonne
- Le barrage des trois gorges : enjeux et perspectives avec Thierry Sanjuan, géographe spécialiste de la Chine
- La rivière et son secret, un livre de Zhu Xiao-Mei présenté par Jean Mauduit
- Dans le miroir des marionnettes chinoises. Jean-Luc Penso, lauréat de la Fondation culturelle franco-taïwanaise 2007
[Ecouter les émissions audios ICI
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Interview Newsletter Sourcing: Jeremie Ni - Le Sourcing en Chine
January 16, 2008
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Jérémie NI : Ancien élève de l’ESSEC et spécialiste de l’industrie automobile chinoise, Jérémie NI a accompagné une dizaine d’entreprises européennes à développer des activités en Chine, comprenant étude de marché, établissement de la stratégie de développement, identification des partenaires et mis en place du partenariat. En tant que gérant de la société SINAUTEC Jérémie NI a aussi réalisé de nombreuses missions de sourcing en Chine et assuré les prestations d’inspection de qualité et de logistique. Contact : jeremie.ni@objectif-chine.com
Part 1
- Definition du sourcing
- Pouvez vous nous décrire en quelques mots l’état actuel du l’atelier du monde chinois ?
- Pour quelles raisons les sociétés occidentales vont vers la Chine pour le sourcing ?
- Selon vous, quelle est la procédure d’une opération de sourcing en Chine?
- D’après vos expériences, quels type de produits peut on sourcer en Chine actuellement ?
- Pourquoi lit on souvent dans la presse que les produits chinois sont d’une mauvaise qualité ?
- Pour garantir la qualité, quelles mesures doit on prendre ?
- Dans une opération de sourcing, les acheteurs se focalisent souvent sur le prix et cette méthode conduit dans beaucoup de cas aux échecs. Pourquoi ?
- Quelles sont les meilleurs façons pour négocier le prix avec les Chinois ?
Part 2
- Lorsque vous sous traitez la production en Chine, vous transférez certaines expertises aux Chinois. Comme faire pour protéger les know how ?
- Le succès de sourcing ne dépend pas uniquement du prix. La logistique est un maillon important. Comment ça se passe en chine dans ce domaine ?
- On constate que les bons fournisseurs ont souvent des carnets de commandes bien remplis. Par conséquent, il paraît nécessaire de développer avec les fournisseurs chinois une relation à long terme. Comment doit on le comprendre ?
- Enfin, le sourcing en Chinois doit il s’inscrire dans la stratégie de développement de l’entreprise occidentale ?
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Interview Newsletter Sourcing - Les salons comme plateforme de sourcing
January 15, 2008
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Interview de Marie Dominique de Fondaumière
Coordination, Promotion and Development Manager Asia Exhibition Manager
Shanghai Mode Lingerie
Société Eurovet
(Fédération professionnelle de la Maille)
Pour en savoir plus, téléchargez les fichiers PDFs suivants :
Kit de presse salon de Shanghai
Kit de presse salon de Hong-Kong
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Video de présentation du Honk-Kong Mode Lingerie d’avril 2007
January 14, 2008
Cette video est en rapport avec la newsletter sur le sourcing du mois de janvier 2008
"Le sourcing en Chine"
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Radio86 - Visite de Nicolas Sarkozy en Chine : quelles attentes ? par André Chieng
December 15, 2007
Notre partenaire Radio86 propose en audio Ici le point de vue d’André Chieng, avant la visite de Nicolas Sarkozy en Chine.
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André Chieng est Président de l’Asiatique européenne de commerce et vice-président du Comité France-Chine. Il est également l’auteur de "La pratique de la Chine, en compagnie de François Jullien" publié aux éditions Grasset.
"Cette semaine, Nicolas Sarkozy effectue sa première visite d’Etat en qualité de Président de la République en Chine. L’accueil est exceptionnel : dîner avec le Président chinois, puis le lendemain avec le Premier Ministre, coups de canon sur la Place Tian An Men, discours devant les étudiants de la prestigieuse Université Tsinghua, Nicolas Sarkozy aura droit au grand jeu ! Mais au-delà du protocole, que faut-il attendre de cette visite ?
Que faut-il attendre de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine ? La réponse convenue est de dire : renforcer l’amitié entre les deux peuples. Certes. Mais un autre enjeu me paraît éminemment important : renouveler son image.
Pour les Chinois, les Français sont des romantiques, ce qui rime avec sympathique, mais pas nécessairement avec scientifique ou technologique. Il est important que les Chinois sachent que la France est aussi le pays le plus avancé au monde dans le nucléaire, l’aéronautique ou le ferroviaire. Que la France, ce n’est pas seulement la Tour Eiffel, le pont Mirabeau et les croissants chauds qu’adorait Deng Xiaoping, mais aussi Airbus, Areva et Alstom. Jacques Chirac le disait déjà, il ne faut pas craindre de le marteler.
Et les Chinois, que peuvent-ils espérer de cette visite ? Sans doute aussi que leur image change dans le monde. Les Chinois d’aujourd’hui sont comme les Indiens dans les westerns américains des années 50 : ils représentent le mal et deviennent des boucs émissaires commodes. La vraie cause des déficits américains est l’insuffisance d’épargne aux Etats-Unis et ce sont les banques américaines qui ont plongé le monde dans la crise du sub-prime, mais rares sont les critiques proférées à l’encontre de l’Oncle Sam. En revanche, pas un économiste qui ne crie au scandale devant la fameuse sous-évaluation du yuan chinois. Dans le domaine de la protection du consommateur, le vrai responsable de la crise des jouets est la négligence de Mattel, mais c’est la fabrication en Chine qu’on accuse. En politique internationale, le monde entier hurle contre la Chine dès qu’une crise éclate quelque part du Soudan au Myanmar. Mais quand l’intervention de la Chine permet de faire avancer les choses, comme en Corée du Nord, personne ne lui en sait gré.
En quoi la visite de Nicolas Sarkozy peut-elle changer les choses ? Dans un domaine important dont le président français s’est aussi fait le champion : la protection de l’environnement. En effet, c’est un domaine où le partenariat est indispensable, où tous les pays du monde, y compris la Chine, doivent faire des efforts pour parvenir à un but commun : le sauvetage de la planète. Il ne s’agit pas de donner des leçons aux Chinois, mais de leur proposer une alliance sur un problème planétaire, ce qui ne pourra se faire qu’en les considérant comme des partenaires normaux. Les Chinois ne demandent rien de plus."
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27 Nov - Vidéo et discours à l’Université Qinghua - N. Sarkozy en Chine
December 15, 2007
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Discours du Président de la République française Nicolas Sarkozy à l’Université Qinghua
mardi 27 novembre 2007
Mesdames, Messieurs,
C’est une grande joie pour moi de m’exprimer devant vous, à l’intérieur de cette prestigieuse Université, vous qui êtes l’avenir de la Chine. Vous avez la chance d’étudier, dans cette Université qui est le creuset de la formation de tant de grands savants et de grands intellectuels chinois.
Je mesure ce que cela représente pour chacun d’entre vous d’être ici, d’avoir mérité cette chance et d’avoir surmonté toutes les épreuves de la compétition, que j’imagine rude, dans un pays dont le ministère de l’Education nationale a la responsabilité de deux cent cinquante millions d’élèves et d’étudiants. A celles et ceux qui feront la Chine de demain, je veux parler en responsable d’une nation millénaire européenne, fière de ses traditions comme de sa modernité. Je veux vous parler en ami, respectueux de nos différences et désireux de renforcer nos liens.
Je veux vous parler de l’état de notre planète, de notre bien commun, de la lutte que Chinois, Français comme tous les êtres humains de la planète, nous devons mener contre les changements climatiques, sans perdre une seconde. Je suis venu vous dire que nous avons dépassé les limites de ce que notre planète peut supporter.
Je sais le dynamisme qui est le vôtre, qui est celui de votre pays tout entier, la fierté légitime que vous pouvez tirer de ce dynamisme. Je connais la passion d’entreprendre aussi. Chaque jour, le monde entier s’étonne de voir la Chine changer.
En m’adressant à la jeunesse chinoise, je voudrais donc parler à tous ceux qui croient aux vertus, à l’audace, à la volonté et qui sont soucieux de transmettre aux générations futures les chances de mener une vie meilleure. Un jour, ce seront vos enfants qui seront assis à votre place.
Je suis venu vous dire que le défi que nous avons à relever pour limiter le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques sur la planète, ce défi engage l’avenir de l’humanité. Ce n’est pas simplement la question des Chinois, de l’Europe ou des Français, c’est la question de l’avenir de l’être humain sur la planète. La réponse que nous mettrons ensemble nous permettra de faire du monde de demain, un monde d’opportunités. La croissance, le développement doivent aller de pair avec la protection de la nature. Nous ne pouvons plus opposer développement et protection de la nature. Pour que le monde de demain soit sûr et juste, nous avons besoin d’une vision partagée des réponses que nous allons apporter ensemble à ce défi absolument gigantesque.
La Chine et la France doivent montrer le chemin au monde. C’est le sens de ma visite ici. Que savons-nous aujourd’hui avec certitude ? 2.500 meilleurs scientifiques mondiaux se sont réunis au sein d’un Groupe intergouvernemental, 2.500 scientifiques de tous les pays du monde et que nous ont-il dit ? Ils nous ont dit que la sécurité du monde est profondément menacée par les changements climatiques. Ils nous ont dit que la concentration des gaz à effet de serre provoquera un réchauffement de la planète jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Ces scientifiques ont mis en évidence qu’au-delà d’un seuil de 2 degrés de réchauffement par rapport à l’ère que nous connaissons, que si nous laissons gagner 2 degrés de plus, il n’y aura plus de retour possible. Les changements seront irréversibles, tant pour les populations que pour la biodiversité.
Le défi climatique et environnemental nous impose d’agir pour garantir, non pas l’avenir des générations qui vont vous suivre mais la vôtre. Votre santé, votre pays, notre planète.
Je tiens à rendre hommage aux experts du GIEC, qui ont travaillé depuis l’anonymat des débuts jusqu’à aujourd’hui. Ils ont affronté l’incrédulité, mais aujourd’hui, plus personne ne peut dire qu’on ne savait pas. Nous savons.
Le GIEC a reçu le Prix Nobel de la Paix, en compagnie d’AL GORE, qui a beaucoup contribué à sortir ces questions primordiales du ghetto scientifique et de l’affrontement idéologique. Ce n’est plus une question d’experts, cela devient une question pour chacun d’entre vous.
Le consensus est aujourd’hui total. Le Secrétaire général des Nations Unies a consacré une réunion aux changements climatiques au mois de septembre dernier à New York. Tous les pays, toutes les idéologiques, toutes les religions sont aujourd’hui d’accord : on ne peut plus attendre.
Ces changements climatiques menacent durablement notre développement. La croissance des pays comme la Chine, au-delà du strict court terme, risque d’en être profondément affectée. Non seulement l’action doit être urgente, mais elle doit être collective, pas les uns contre les autres, mais ensemble. Et elle doit être ambitieuse.
La menace est sans précédent, les frontières ne serviront à rien, car aucune frontière ne peut arrêter le réchauffement climatique. Les opinions publiques, y compris en Chine, demandent que nous agissions ensemble pour que cesse le scandale des cancers dus à la pollution, des atteintes à la santé et de la destruction de notre planète.
Il nous faut donc définir un cadre d’action, et pour moi, je vous le dis, le cadre d’action légitime, c’est celui des Nations Unis. Le changement climatique est un problème global, la réponse doit être globale. Il ne peut pas y avoir une réponse de l’Europe et une réponse de l’Asie. Il ne peut pas y avoir une réponse des pays du Nord et une réponse des pays du Sud. La réponse doit être globale et ce sont les Nations Unis qui portent cette globalité. La prochaine conférence de Bali, dans quelques jours, doit nous permettre d’adopter une feuille de route ambitieuse pour aboutir à ce cadre global avant la fin 2009.
Le point central de la politique ambitieuse que nous devons nous donner, c’est la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre. Ce point ne peut plus faire débat. Ne pas agir, je pèse mes mots, serait criminel.
J’ai conscience que nous sommes encore loin du consensus sur les moyens et la méthode pour atteindre cet objectif. Certains souhaitent que nous nous donnions une obligation de résultats pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; d’autres préfèrent une obligation de moyens.
Il faut que nous soyons à la hauteur de l’enjeu. D’après les scientifiques, nous avons une fenêtre d’action de 40 ans. Nous pouvons encore agir, si nous agissons ensemble avant 2050 environ. Dans cette fenêtre de 40 ans, si nous ne nous appuyons que sur les ruptures technologiques à moyen et long terme, le risque est grand de repousser devant nous, devant vous, les efforts qui seront de ce fait toujours plus importants compte tenu des dégâts déjà occasionnés.
C’est pourquoi je crois et je veux en convaincre mes amis chinois que nous devons définir un objectif chiffré et collectif de stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre et de maîtrise du réchauffement climatique sous un seuil tolérable. Si nous ne nous fixons pas d’objectif, nous n’arriverons pas à éviter la catastrophe.
L’Union européenne propose de réduire au niveau mondial les émissions de 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990. La France a décidé d’aller encore plus loin. Elle a décidé de diviser par 4 ses émissions d’ici à 2050. Mes chers amis, je ne viens pas dire aux Chinois, faites ce que la France est incapable de faire. Je viens dire aux Chinois, la France veut montrer l’exemple, nous allons diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre, mais la France seule ne peut rien. La France le fait parce que la France veut être entendue dans l’ensemble du monde et vous, l’opinion publique chinoise, vous, la jeunesse chinoise, vous devez nous aider à convaincre tous les responsables d’éviter la catastrophe.
La France approuve le principe de responsabilité différenciée entre pays dans les changements climatiques en cours. Alors, je le sais, mon pays a historiquement pollué davantage par tête d’habitant que le vôtre et c’est la raison pour laquelle, mon pays doit prendre des engagements plus importants que le vôtre.
J’ai voulu, dès après mon élection, rassembler l’ensemble des partenaires de l’Etat, les collectivités locales, les entreprises, les syndicats et les organisations non gouvernementales, pour inventer un nouveau modèle de croissance, parce que la mobilisation de toute la population est nécessaire et les Organisations non gouvernementales, y compris en Chine, ont un rôle utile à jouer.
Mes chers amis, vous avez besoin de croissance, parce que chaque année, vous avez 25 millions de Chinois qui ont besoin d’un emploi. Mais cette croissance ne peut pas se faire au détriment de la protection de votre environnement.
L’enjeu est bien celui-ci : réconcilier croissance et environnement, alors que jusqu’à présent, on a toujours opposé croissance et environnement. Et bien nous sommes au limite du supportable.
La France vient de décider un investissement sans précédent destiné à « dé-carboner » la croissance pour produire moins de gaz à effet de serre. La Chine va faire le même investissement à son échelle. Car la Chine est déjà confrontée à des phénomènes qui mettent en danger son développement et la santé du peuple chinois. Pollution de l’air, pollution de l’eau et accélération de la désertification, montée des eaux sont déjà des phénomènes que la Chine connaît dans des proportions jamais imaginées dans le passé récent.
Je perçois les preuves de la volonté chinoise d’agir dans le XIe plan quinquennal, qui mise sur un développement durable préservant les ressources naturelles, dans la décision d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% d’ici 2010 ou encore dans celle de réduire de 50% la consommation d’énergie des bâtiments.
S’il y a un pays dont la tradition est proche de celle de la France pour le rapport de l’homme et de la nature, c’est bien la Chine.
Depuis plus de 4 000 ans, fidèle à sa tradition, la Chine s’est attachée à préserver les grands équilibres de la nature.
La Chine peut une nouvelle fois démontrer son savoir-faire, et même sa capacité à être un modèle.
Je pense à l’Exposition universelle que vous allez accueillir à Shanghai en 2010, exposition dont le thème est le développement durable en milieu urbain. Elle sera l’occasion, cette exposition, d’afficher votre ambition. La France sera présente ; La France a d’ailleurs été la première à annoncer sa volonté de participer à cet événement majeur que sera l’Exposition universelle de Shanghai.
Je me réjouis que nous ayons la perspective de resserrer la coopération franco-chinoise dans les multiples domaines liés à la lutte contre les changements climatiques. Avec Jean-Louis BORLOO, nous avons proposé au gouvernement Chinois de créer un comité franco-chinois pour mettre en commun toutes nos technologies pour préserver l’environnement et favoriser le développement durable.
Et les résultats sont là. La France est aujourd’hui le grand pays européen qui a le taux d’émission de gaz à effet de serre le plus faible. Grâce au nucléaire, grâce aux énergies renouvelables, 90% de la production d’électricité en France se fait sans émission de carbone.
Si la France émet 35% de gaz à effet de serre par habitant de moins que la moyenne de l’OCDE, elle le doit aux transports économes en carbone comme le Train à grande vitesse ou les voitures de technologie française, qui sont plus propres que la moyenne des voitures fabriquées dans le monde.
La France va relever le défi écologique. La France demande à la Chine de travailler avec elle pour que ce défi soit un défi mondial.
Je souhaite que nos entreprises, Veolia, Suez, EDF, Areva, Alstom, Saint-Gobain, Total, Bouygues, Peugeot-PSA, Renault, parmi tant d’autres, ainsi que les institutions bancaires françaises, très impliquées dans la lutte contre les changements climatiques, nouent des partenariats en Chine et construisent dans la durée des relations fortes entre nos deux pays. Je sais qu’elles pourront s’appuyer sur des compétences chinoises extraordinaires, dont votre Université est l’une des plus brillantes illustrations.
Nous allons engager dans cet esprit de grands projets de recherche et développement, sur la captation-séquestration de carbone, sur le « charbon propre », qui concerne ô combien la Chine qui a tant de mines, sur la production d’énergie à partir des déchets, sur les véhicules électriques.
Je propose l’établissement d’un groupe de travail réunissant des responsables et des experts de nos deux pays, pour déterminer les conditions et les meilleures solutions pour faciliter le développement et la diffusion de technologies propres. Je souhaite que ce groupe puisse faire très vite des propositions concrètes. Nous mettrons les moyens financiers au service de ce groupe.
Mais puisque nous renforçons notre partenariat, je veux sans détour vous dire que je défendrai le principe d’un mécanisme de compensation carbone aux frontières de l’Union européenne, à l’égard des pays qui ne se doteraient pas de règles contraignantes de réduction des gaz à effet de serre. Je prends mes responsabilités. Je ne suis pas l’homme du double langage. Je vais être franc : le marché mondial ne peut fonctionner que s’il est juste. Et chers amis de Chine, ce ne serait pas juste que les producteurs européens soient sanctionnés, que le travail en Europe soit pénalisé et découragé, uniquement parce que les engagements pris par l’Union européenne pour lutter contre les changements climatiques resteraient unilatéraux. C’est ensemble que nous allons préserver la planète. C’est ensemble que nous allons porter le poids de la réduction des gaz à effet de serre.
C’est une exigence de justice, elle est facile à annoncer dans mon pays en France. Elle est plus complexe à dire ici et pourtant, je le dis ici par respect et par amitié : le monde a besoin que la Chine s’engage dans la réduction de production des gaz à effet de serre.
Cette exigence de justice, je l’applique aussi naturellement à votre souci légitime de poursuivre votre développement. Nous ne disons pas à la Chine, ayez moins de croissance. Nous disons à la Chine : ayez davantage de croissance, mais une croissance propre.
Je ferai des propositions pour prendre en compte l’adaptation des pays en développement au changement climatique, en particulier ceux qui sont les plus exposés. Le récent cyclone au Bangladesh, les menaces pesant sur les petits Etats insulaires de l’Océan indien, la désertification croissante en Afrique, tout doit nous pousser à nous réveiller et à être solidaires. La France et la Chine pourraient d’ailleurs réfléchir ensemble aux modalités de leur aide à l’Afrique, en particulier pour rendre cette aide systématiquement compatible avec cette nécessité d’agir en faveur de l’adaptation.
La lutte contre la déforestation doit également être abordée sous l’angle de la justice et de la solidarité avec les pays forestiers. Nous devons être auprès d’eux pour faire face à un chantier considérable, car la déforestation est responsable d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. On ne peut pas laisser les pays avec des forêts aussi importantes seuls face à la responsabilité de les entretenir. Je pense notamment à la deuxième forêt du monde. La première c’est celle de l’Amazonie, la seconde est celle du bassin du Congo en Afrique. Qui peut penser que les pays du bassin du Congo peuvent entretenir la deuxième forêt du monde ? Les pays qui accepteront de lutter contre la déforestation rendront service à l’humanité. Il faudra en tenir compte dans notre soutien et trouver le moyen de rémunérer cet effort. Pour entretenir la forêt du Congo, il faut que ces pays acceptent de prélever un arbre par hectare tous les vingt-cinq ans. Ils ne peuvent pas faire face à ce défi sans précédent.
Je voudrais conclure ces propos en revenant sur la nécessité d’une réponse globale au phénomène du réchauffement climatique.
Il faut que nous arrivions à diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.
La Chine doit continuer son développement, mais la Chine doit s’engager dans le développement durable.
Je propose à la Chine de se joindre à un nouveau contrat mondial, à un véritable New Deal écologique et économique. Je propose que la Chine influe immédiatement, profondément et durablement, à la mesure de sa dimension et de sa force, sur les modes de production et de consommation énergétique.
La Chine peut prendre cette décision stratégique. La Chine le peut, parce que la Chine a des atouts formidables : la valeur de sa formation, notamment scientifique, sa capacité, sans égale dans le monde, à planifier, son dynamisme économique, son influence et son prestige dans le monde. La Chine peut prendre cette décision stratégique. Je souhaite qu’elle soit à la hauteur de son histoire en la prenant. La Chine le peut, la Chine doit le vouloir.
J’ai mesuré en septembre dernier à New York lors du Sommet organisé par le Secrétaire général des Nations Unies qu’une grande majorité de pays appelait de leurs vœux un accord global où chacun s’engagerait à contribuer à la lutte contre le changement climatique, selon ses responsabilités, sa puissance, ses moyens.
La Chine est une grande puissance respectée. Elle peut montrer, en matière de protection de l’environnement, le chemin.
Je vous remercie.
Si vous avez des questions, c’est bien volontiers que j’y répondrais.
QUESTION – Merci de votre venue, Monsieur le Président. Comment pensez-vous que nos deux pays peuvent faire des efforts pour coopérer sur les questions d’environnement et de développement durable ?
LE PRESIDENT – D’abord, je vous félicite pour ce français remarquable et cette affiche que vous avez trouvée dans vos archives lointaines, qui me rappellent de bons souvenirs. Il y a 3.000 étudiants français en Chine et beaucoup plus d’étudiants chinois en France, puisque je pense que l’on doit être aux alentours de 25 ou 30 000.
Je voudrais vous dire que la France considère qu’il n’y a pas encore assez d’étudiants chinois dans ses universités. Les étudiants chinois sont les bienvenus en France, ils sont sérieux, travailleurs, ils apportent beaucoup à nos universités.
Je souhaite que davantage de jeunes étudiants français viennent se former dans vos universités. Il y a en a une centaine dans votre université ici, 3 000 sur toute la Chine, mais vous avez bien compris que je ne suis pas venu ici pour donner une leçon. Je ne vois d’ailleurs pas au nom de quoi on pourrait donner une leçon à la Chine qui a plusieurs millénaires d’histoire. Je suis venu pour dire à la Chine : vous êtes plus forts encore que vous ne l’imaginez, mais mettez cette force au service de la paix dans le monde et au service de l’équilibre dans le monde.
C’est un défi formidable pour vous. Vous avez les atouts et les compétences pour l’atteindre. Vous devez vous soucier de l’état de la planète. Vous devez vous préoccuper de ce qui se passe de l’autre côté de vos frontières, parce que ce qui se passe de l’autre côté de vos frontières c’est aussi l’air que vous respirez. Si c’est la catastrophe dans les pays voisins du votre, ce sera la catastrophe dans le vôtre. Si la pollution fait des ravages sur la santé des autres, la pollution fera des ravages sur la santé de vos familles. Ne pensez pas que le fait d’être un habitant de la Grande Chine suffise pour ne pas subir les conséquences du réchauffement climatique. Vous êtes concernés autant que les autres. Mais comme vous êtes plus nombreux que les autres et plus puissants que les autres, vous devez prendre davantage de responsabilités que les autres. Un milliard 300 millions, un développement sans précédent dans l’histoire de l’humanité, vous ne pouvez pas ne pas être dans ce combat de la préservation de la planète, parce que cette planète est la votre. Elle n’est pas plus la votre que la mienne, mais elle ne l’est pas moins.
Mon pays, comme les pays industrialisés, ont fait des erreurs dans leur développement il y a un siècle, c’est vrai. Ce n’est pas une raison pour que vous commettiez les mêmes erreurs que celles que nous avons commis à votre place, de notre temps. Parce que la facture, c’est vous qui la paierez. Tel est le message que je suis venu tenir, non seulement aux dirigeants chinois mais à l’opinion publique.
Il faut se réveiller. Le monde a besoin de vous. N’ayez pas peur, le monde n’a pas peur de vous, mais prenez ces responsabilités. Assumez-les. Nous ne vous demandons pas de renoncer à votre développement, nous vous demandons d’y réfléchir. Développez-vous, ayez la croissance extraordinaire que le monde vous envie, mais soyez un modèle du développement durable. Ne soyez pas une caricature du développement. La Chine doit montrer l’exemple. La Chine a souvent montré le chemin, ce défi-là, c’est peut être le plus important de l’histoire de l’humanité. C’est la planète qui est en jeu, c’est l’avenir de notre espèce qui est en jeu. Nous avons besoin de la Chine.
QUESTION – Monsieur le Président, je suis étudiant en chimie. Que pourriez-vous donner comme gestion pour former davantage d’étudiants en chimie. On dit en Chine que si on donne un poisson à un homme, il mangera un jour, si on lui apprend à pêcher, il mangera toute sa vie. Que proposez-vous ?
LE PRESIDENT – Vous savez, dans toutes les discussions que j’ai eues avec la délégation qui m’accompagne, je n’ai pas dit aux Chinois : « achetez-nous nos produits », je leur ai proposé que nous nous associons ensemble. Sur le nucléaire, nous allons faire une société commune. Quant aux transferts de technologie, ils ne me font pas peur.
Nous ne voyons pas la Chine comme une immense banque où l’on viendrait se servir parce qu’il y a des moyens considérables. Nous voulons accompagner votre développement.
Nous ne vous demandons pas simplement d’acheter nos produits, nous sommes prêts, comme pour l’Airbus 350 à construire une partie de cet avion chez vous. Pour que les ingénieurs chinois puissent apprendre à construire les meilleurs avions du monde et qu’en conséquence, les compagnies d’aviations chinoises achètent Airbus plutôt que Boeing.
C’est un accord gagnant-gagnant que nous vous proposons. Nous vous disons : « nos meilleures technologies, nous allons les partager avec vous ». Mettez vos moyens au service de ce développement et choisissez la France comme partenaire. Parce que la France veut travailler avec vous. La France ne veut pas seulement être un client ou un fournisseur, la France veut être un partenaire, un associé, un ami. Un partenaire stratégique, donc sur l’histoire du poisson, apprenez-lui à pêcher, nous avons beaucoup à apprendre des Chinois, et peut être vous avez à apprendre de nos entrepreneurs.
C’est une association que je suis venu proposer. Je ne suis pas un banquier, je ne suis pas un chef d’entreprise, je suis un chef d’Etat, donc je dois proposer une alliance stratégique. Nous formerons vos hommes, nous créerons des entreprises en France, mais nous demandons la réciprocité. Nous ouvrons nos marchés, nous voulons que vous ouvriez le vôtre. Nous sommes prêts à vous associer à vous, soyez prêts à vous associer à nous. Voilà, ce que je suis venu proposer, c’est-à-dire un accord équilibré. Un accord sur le long terme. Pas simplement un accord entre deux Présidents, un accord entre deux pays. Parce que nous avons une responsabilité historique.
Et je suis venu dans le pays qui a le plus fort développement au monde, pour lui dire « faites de ce développement-là un exemple pour le restant du monde ». Et la France sera là pour vous y aider, avec ses ingénieurs, avec ses chimistes, avec ses techniciens. Nous voulons bâtir l’avenir avec vous. Je ne suis pas venu seulement pour signer des contrats et puis repartir chez moi. Je suis venu pour poser les bases de cet accord stratégique qui nous permettra, dans la durée, Chine et France, de construire l’avenir pour l’humanité. C’est cela que je suis venu faire et si je suis venu vous rencontrer, ce n’est pas pour vous proposer un contrat, c’est pour vous convaincre que l’on a besoin de vous
QUESTION – Monsieur le Président, accepteriez-vous que je vous donne ce journal où l’on parle de vous ?
LE PRESIDENT – Merci de m’avoir donné ce journal, je vous promets de regarder les images. Je ne suis pas sûr de pouvoir le lire dans le texte, mais enfin, je me le ferai traduire. En tout cas, je n’oublierai pas ce joli sourire et ce merveilleux journal.
QUESTION – Bonjour, Monsieur le Président, je suis étudiante en médecine. Chacun sait que les problèmes de l’environnement sont devenus des gros problèmes, que tout le monde y travaille, mais, soit ces politiques ne sont pas très efficaces, soit ce sont des politiques incompatibles avec les politiques de développement économique. Pourriez-vous nous dire, en France, quelles politiques sont utilisées pour combiner protection de l’environnement et développement économique ? Je vous remercie.
LE PRESIDENT – Nous avons décidé un changement capital en France qui n’a pas été facile à prendre. C’est que, désormais, avant tout choix d’un investissement majeur, nous intégrerons le coût écologique d’un investissement qui ne correspondrait pas au développement durable.
Jusqu’à présent, lorsque l’on décidait d’une route, d’un train, d’une réalisation, d’un service publique, on comparait le coût de cet investissement et on n’intégrait pas son impact sur la pollution. Désormais, nous intégrerons l’impact sur la pollution et nous choisirons systématiquement l’équipement qui respectera le développement durable.
Pourquoi, Madame, vous qui êtes étudiante en médecine ? Parce que je suis le chef d’un Etat démocratique, où les responsables doivent rendre des comptes. Je ne veux pas qu’un jour, on vienne me dire, « par la faute d’une décision que vous avez prise, mon enfant a le cancer ».
Nous avons en France à gérer les conséquences d’un véritable scandale sanitaire qui est celui de la présence de l’amiante dans un certain nombre de bâtiments, puisqu’au lendemain de la guerre, tous les bâtiments étaient construits avec de l’amiante. Lequel d’entre vous accepterait pour lui ou pour sa famille de travailler dans un bâtiment où il sait qu’il y a de l’amiante et que l’amiante donne le cancer ? Lequel l’accepterait ? Personne.
Et bien, nous avons décidé une véritable révolution, celle d’intégrer ce coût écologique pour prendre la bonne décision. Et dans le gouvernement que j’ai constitué autour du Premier ministre, François FILLON, le numéro 2 du gouvernement et seul ministre d’Etat, c’est le ministre du Développement durable. Jusqu’à présent, le ministre en charge du développement durable était l’un des derniers du gouvernement, simplement une petite touche de couleur verte, pour faire bien. Désormais, il est, dans l’ordre protocolaire, le premier des ministres. Quand nous avions une décision à prendre en matière industrielle, on tenait compte des impératifs économiques. Désormais, nous tenons compte du développement durable.
Comprenez-moi bien, il y a trop de chômage dans mon pays. Nous avons, comme vous, besoin de croissance, mais nous voulons une croissance propre ; nous ne voulons pas d’une croissance sale. Nous voulons une croissance qui protège notre pays et l’avenir de la planète. Nous ne voulons pas d’une croissance qui détruise la planète, car si la planète est détruite, que restera-t-il pour vous et pour vos enfants ? Et dans 30 ou 40 ans, vos enfants se tournerons vers vous et vous dirons : « qu’avez-vous fait ? » Et vous ne pourrez pas répondre « je savais et je n’ai rien fait ». Vous savez maintenant, vous devez faire et ce ne sont pas vos enfants qui doivent faire, c’est vous qui devez prendre la décision.
C’est nous qui devons agir tout de suite, maintenant, parce que demain il sera trop tard. Et le regard des générations qui nous suivront, sur vous, sur nous, sera très cruel si nous les mettons dans une situation irréversible. Et croyez bien que je n’exagère pas. Tout ce que je dis, les 2.500 scientifiques mondiaux l’ont affirmé. Maintenant, vous savez vous aussi, en Chine. Vous pouvez et vous savez. La question maintenant c’est est-ce que vous voulez ? Vous pouvez et vous savez. Dites au monde que vous voulez. Voilà ce que le monde attend de la Grande Chine éternelle.
QUESTION – Bonjour Monsieur SARKOZY, je suis étudiant à l’Ecole centrale de Pékin. Je suis très content de vous voir et lorsque vous reviendrez en Chine, pourriez-vous venir à l’Ecole centrale de Pékin car tous les professeurs et mes camarades voudraient vous y accueillir ? Bienvenue en Chine.
LE PRESIDENT – Je vais revenir en Chine cette année parce qu’avec le ministre des Sports qui m’accompagne, Bernard LAPORTE, il y a un évènement planétaire chez vous. Je vais vous dire une chose, nous, en France, les Jeux Olympiques, on adore. C’est une fête et vous avez beaucoup de chance d’avoir les Jeux Olympiques à Pékin. Je souhaite pour la Chine que cela soit un succès extraordinaire et je peux vous dire qu’il y aura une grande délégation du gouvernement français. Cela va être la bagarre pour savoir qui vient et qui ne vient pas, mais rendez-vous au mois d’août. S’il y a des étudiants à l’Ecole centrale au mois d’août, je vous promets que je viendrai vous dire bonjour.
Merci à tous, je dois partir maintenant à Shanghai et je voudrais vous dire que c’est extrêmement émouvant pour moi de parler à des représentants de la jeunesse du plus grand pays au monde. J’espère que vous avez compris que j’ai parlé avec amitié, avec considération et surtout avec espoir. Le monde compte sur vous, jeunes Chinois.
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Radio86 - Conversation avec Hubert Vedrine sur la Chine
December 3, 2007
"Conversation sur la Chine en compagnie d’Hubert Védrine", Radio86 03.12.2007 .
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Hubert Védrine, était l’invité de Chine Hebdo samedi 1er décembre pour une discussion à bâtons rompus sur la Chine. Les relations franco-chinoises, la Chine dans la mondialisation et ses implications, le rapport de force EU-Chine à construire, le yuan, l’embargo : autant de sujets décryptés par l’ancien Ministre des Affaires étrangères.
Ecouter la conversation sur Radio86.
Hubert Védrine, Ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002. Il est l’auteur du Rapport sur la France et la mondialisation et de Continuer l’histoire parus aux éditions chez Fayard respectivement en 2007.
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