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	<title>Objectif-Chine.com &#187; Monde Chinois</title>
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	<description>Gestion des besoins d&#039;Information pour la Chine et cartographie de l&#039;information</description>
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			<item>
		<title>Géopolitique de l&#8217;eau en Chine</title>
		<link>http://www.objectif-chine.com/2009/07/09/geopolitique-de-leau-en-chine/</link>
		<comments>http://www.objectif-chine.com/2009/07/09/geopolitique-de-leau-en-chine/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2009 00:34:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>andraini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement-Energie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.objectif-chine.com/?p=79688</guid>
		<description><![CDATA[par Franck Galland
Extrait de l&#8217;article de la revue Monde Chinois n&#176; 15 &#8211; L&#8217;eau en Chine 
&#160;
&#160; Fid&#232;le &#224; son profil &#233;conomique et d&#233;mographique d&#8217;exception, la Chine concentre tous les param&#232;tres de la d&#233;mesure en mati&#232;re environnementale. Grand pays par le nombre (1,305 milliards d&#8217;habitants) et la taille (9 ,6 millions de km&#178;), la Chine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="color: rgb(45, 45, 45);"><a target="_blank" href="http://choiseul-editions.com/revues-politique-detail-Monde-chinois-numero-156-6.html#"><img width="84" height="116" src="http://www.objectif-chine.com/wp-content/uploads/image/MC15_leau_en_chine_couv.jpg" style="border: 3px solid rgb(255, 255, 255);" class="alignleft" alt="" /></a>par Franck Galland</h3>
<p style="font-variant: small-caps;">Extrait de l&#8217;article de la revue <em>Monde Chinois n&deg; 15 &ndash; L&#8217;eau en Chine</em> <br />
&nbsp;</p>
<p class="text_citation"><span class="ouvrir_guillemets">&nbsp;</span> Fid&egrave;le &agrave; son profil &eacute;conomique et d&eacute;mographique d&rsquo;exception, la Chine concentre tous les param&egrave;tres de la d&eacute;mesure en mati&egrave;re environnementale. Grand pays par le nombre (1,305 milliards d&rsquo;habitants) et la taille (9 ,6 millions de km&sup2;), la Chine est relativement peu pourvue en eau douce. Si sa population repr&eacute;sente 21% de la population mondiale, le pays ne dispose que de 7% des ressources en eau douce de la plan&egrave;te. <span class="fermer_guillemets">&nbsp;</span></p>
<p style="clear: both;">&nbsp;</p>
<p><strong>D&rsquo;une part, il existe en Chine une forte in&eacute;galit&eacute; dans la r&eacute;partition de l&rsquo;eau par rapport &agrave; sa population</strong> (15% de l&rsquo;eau au nord pour 45% de la population). C&rsquo;est &eacute;galement en Chine que les ressources en eaux d&eacute;clinent le plus rapidement avec 90% des cours d&rsquo;eau ass&eacute;ch&eacute;s une partie de l&rsquo;ann&eacute;e, provoquant ainsi une p&eacute;nurie d&rsquo;eau, voire un rationnement de cette denr&eacute;e, pour certaines grandes villes comme P&eacute;kin. Enfin, la pollution et la qualit&eacute; des eaux en Chine posent &eacute;galement probl&egrave;me, notamment &agrave; cause des accidents et pollutions industrielles dues &agrave; une faiblesse de maintenance. Tout ceci contribue &agrave; &eacute;tablir un constat alarmant pour l&rsquo;environnement en Chine mais aussi et surtout pour la sant&eacute; de sa population &agrave; long terme (300 millions de chinois n&rsquo;ont pas acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;eau courante, ce qui provoque des vagues de migrations vers des zones urbaines bient&ocirc;t surpeupl&eacute;es et aux risques sanitaires importants). <br />
C&rsquo;est donc dans ce contexte que le gouvernement chinois s&rsquo;est d&eacute;cid&eacute; &agrave; agir en d&eacute;veloppant les infrastructures n&eacute;cessaires pour &laquo; apporter &raquo; l&rsquo;eau aux r&eacute;gions qui n&rsquo;en ont pas, voire m&ecirc;me pour d&eacute;tourner le cours de certains fleuves pour en alimenter d&rsquo;autres, d&eacute;veloppant ainsi de grands projets de constructions de barrages, de canaux et de syst&egrave;mes d&rsquo;assainissement.</p>
<p><strong>D&rsquo;autre part, cette question de l&rsquo;eau&nbsp; est &eacute;galement devenue un enjeu environnemental et strat&eacute;gique r&eacute;gional. </strong><br />
En t&eacute;moignent les tensions entre Russie et Chine autour du fleuve Amour et ses probl&egrave;mes de pollution (au benz&egrave;ne notamment en 2005 par une usine chinoise) ; ou encore des tensions avec le Kazakhstan dont le cours de ses fleuves et le niveau de ses lacs (dont le lac Balkhach) ont diminu&eacute;, que ce soit suite aux travaux d&rsquo;am&eacute;nagement de la r&eacute;gion du Xinjiang par la Chine ou bien encore suite &agrave; l&rsquo;augmentation des ponctions chinoises sur le cours des fleuves alimentant en eau le Kazakhstan. Ces tensions autour des ressources en eau se retrouvent &eacute;galement dans les relations avec le rival indien, autour du plateau tib&eacute;tain. Principale source des grands fleuves asiatiques, et donc indiens, ce plateau est un espace strat&eacute;gique pour la Chine et pour ses propres besoins en eau. De cette eau du Tibet pourrait donc appara&icirc;tre des tensions qui pourraient devenir extr&ecirc;mes entre ces deux grands d&rsquo;Asie, que ce soit autour du fleuve Brahmapoutre, sacr&eacute; et vital &agrave; l&rsquo;Inde et dont le cours est menac&eacute; par les projets de d&eacute;veloppement r&eacute;gionaux chinois, ou encore autour du Tibet m&ecirc;me dont le repeuplement par P&eacute;kin pour son int&eacute;r&ecirc;t strat&eacute;gique risque d&rsquo;augmenter les besoins en eaux de la r&eacute;gion au d&eacute;triment des fleuves indiens.</p>
<p><strong>Face &agrave; ces cons&eacute;quences potentiellement graves</strong> que peuvent avoir ces projets d&rsquo;am&eacute;nagement sur les relations avec ses voisins, la Chine a entrepris de d&eacute;velopper de nouvelles technologies pour garantir un approvisionnement en eau de qualit&eacute; &agrave; sa population. P&eacute;kin a pu ainsi rattraper son retard dans l&rsquo;assainissement des grandes villes, et a m&ecirc;me d&eacute;pass&eacute; beaucoup d&rsquo;autres pays dans le d&eacute;veloppement des technologies de dessalement de l&rsquo;eau de mer, voire d&rsquo;ensemencement de nuages qui permettrait de stimuler les processus de pr&eacute;cipitation, de dissiper nuages et brouillards, ou encore de pr&eacute;venir de la gr&ecirc;le.</p>
<p><strong>C&rsquo;est donc autour de ces enjeux vitaux et strat&eacute;giques que se structure la question de l&rsquo;eau en Chine.</strong> <br />
Comment garantir de l&rsquo;eau &agrave; 1,3 milliard de chinois tout en sachant que cette ressource diminue dans toute la r&eacute;gion, et tout en &eacute;vitant le conflit avec ses voisins ? Doit-on s&rsquo;attendre, surtout avec les nouvelles technologies d&rsquo;approvisionnement et les projets d&rsquo;am&eacute;nagement d&eacute;velopp&eacute;s par la Chine, &agrave; une &laquo; guerre environnementale &raquo; ? <br />
Et surtout, quelles seront les cons&eacute;quences humaine et g&eacute;opolitique des r&eacute;ponses apport&eacute;es par les diff&eacute;rents acteurs ? L&rsquo;Organisation de coop&eacute;ration de Shangha&iuml; (OCS), qui regroupe les pays concern&eacute;s par la question de l&rsquo;eau en Chine, a certainement ici un r&ocirc;le majeur &agrave; jouer dans les n&eacute;gociations et l&rsquo;anticipation des probl&egrave;mes &agrave; venir autour de cette ressource.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a target="_blank" href="http://choiseul-editions.com/revues-politique-detail-Monde-chinois-numero-156-6.html#">&#8230; Lire l&#8217;article &raquo;</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="border: 1px solid rgb(51, 51, 51); padding: 8px 8px 4px;"><strong>Franck Galland est directeur de la s&ucirc;ret&eacute; de Suez Environnement</strong>, acteur mondial de la gestion de l&#8217;eau et des d&eacute;chets. Pr&eacute;sident du Coll&egrave;ge des op&eacute;rateurs d&#8217;infrastructures vitales au sein du Haut Comit&eacute; Fran&ccedil;ais pour la D&eacute;fense Civile. Auteur de nombreux articles sur la g&eacute;opolitique de l&rsquo;eau, il vient notamment de publier <em>l&rsquo;Eau: g&eacute;opolitique, enjeux, strat&eacute;gie</em>  aux Editions du CNRS (septembre 2008).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La disparition du vieux Pékin</title>
		<link>http://www.objectif-chine.com/2009/05/13/la-disparition-du-vieux-pekin/</link>
		<comments>http://www.objectif-chine.com/2009/05/13/la-disparition-du-vieux-pekin/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 May 2009 06:33:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>andraini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.objectif-chine.com/?p=67346</guid>
		<description><![CDATA[par Nicolas Vinoy
&#160;
La rupture. Un mot incontournable pour d&#233;finir l&#8217;importante mutation architecturale que vit aujourd&#8217;hui la Chine. Les plus grandes villes chinoises sont d&#233;sormais m&#233;connaissables pour l&#8217;observateur d&#8217;il y a seulement quinze ou vingt ans. La destruction cr&#233;ative se pose en nouveau credo des autorit&#233;s, dont la volont&#233; l&#233;gitime de modernisation s&#8217;effectue souvent au d&#233;triment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="color: rgb(45, 45, 45);">par Nicolas Vinoy</h3>
<p>&nbsp;</p>
<p>La rupture. Un mot incontournable pour d&eacute;finir l&rsquo;importante mutation architecturale que vit aujourd&rsquo;hui la Chine. Les plus grandes villes chinoises sont d&eacute;sormais m&eacute;connaissables pour l&rsquo;observateur d&rsquo;il y a seulement quinze ou vingt ans. La destruction cr&eacute;ative se pose en nouveau credo des autorit&eacute;s, dont la volont&eacute; l&eacute;gitime de modernisation s&rsquo;effectue souvent au d&eacute;triment du riche patrimoine de l&rsquo;empire du Milieu. Peu &agrave; peu, les derniers vestiges de l&rsquo;architecture traditionnelle volent en &eacute;clats. L&rsquo;ancien dans sa globalit&eacute; &ndash; ou presque &ndash; tombe sous les coups des bulldozers, entra&icirc;nant la disparition compl&egrave;te (Zhengzhou et Taiyuan), ou partielle (Nankin, Xi&rsquo;an, et Suzhou <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(1)<span>Fr&eacute;d&eacute;ric Edelmann, Fran&ccedil;oise Ged (dir.), <em>Positions, portrait d&rsquo;une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;architectes chinois,</em> Actar/Cit&eacute; de l&rsquo;architecture et du patrimoine, Barcelone/Paris, 2008.</span></a>) de villes historiques&hellip;<br />
Mais, sans conteste, P&eacute;kin et sa r&eacute;cente et prodigieuse m&eacute;tamorphose, symbolisent le mieux cette politique de modernit&eacute; destructrice, d&eacute;nonc&eacute;e par nombre d&rsquo;intellectuels, comme Catherine Xia, &eacute;crivain et essayiste franco-chinoise n&eacute;e et r&eacute;sidant toujours dans la capitale : &laquo; Ce qui se passe ici est un drame pour le patrimoine mondial. Les quartiers historiques repr&eacute;sentaient l&rsquo;&acirc;me du vieux P&eacute;kin, un v&eacute;ritable mus&eacute;e vivant d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme. Une ville qui d&eacute;truit son pass&eacute; n&rsquo;a pas d&rsquo;avenir <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(2)<span>Entretien de l&rsquo;agence France-Presse, ao&ucirc;t 2008.</span></a> &raquo;.</p>
<h3>P&eacute;kin, cit&eacute; m&eacute;di&eacute;vale</h3>
<p><img width="294" height="194" src="http://www.objectif-chine.com/wp-content/uploads/image/vieux_pekin1_acassier.jpg" class="alignright" alt="&copy; Adeline Cassier" title="Sc&egrave;ne de vie dans les hutong pr&egrave;s de la tour du tambour (Gulou) - Avril 2007 &copy; Adeline Cassier" />Pour prendre toute la mesure de ce bouleversement culturel op&eacute;r&eacute; ces deux derni&egrave;res d&eacute;cennies dans la capitale chinoise, un bref rappel historique s&rsquo;impose.<br />
En l&rsquo;an 1267, Hu Bilie, premier empereur de la dynastie Yuan (1271-1368), d&eacute;cide de construire sa capitale, Dadu, sur l&rsquo;actuel site de P&eacute;kin. Toute la conception de la future ville se base sur le code de conduite confuc&eacute;en qui gouverne &agrave; l&rsquo;&eacute;poque les rapports interpersonnels de la soci&eacute;t&eacute; f&eacute;odale chinoise. Les premiers <em>hutong</em> (ruelles) et <em>siheyuan</em> (maisons &agrave; cour carr&eacute;e) apparaissent et s&rsquo;affirment comme l&rsquo;expression m&ecirc;me de ce code, maintenant au sein de chaque quartier et de chaque habitation, le syst&egrave;me social hi&eacute;rarchique. Les principales r&egrave;gles de conduite dans une maison traditionnelle marquent ainsi une stricte distinction entre l&rsquo;int&eacute;rieur et l&rsquo;ext&eacute;rieur, le sup&eacute;rieur et l&rsquo;inf&eacute;rieur, l&rsquo;homme et la femme, le ma&icirc;tre et le domestique.<br />
Dans le d&eacute;tail, l&rsquo;aile nord de chaque <em>siheyuan</em> s&rsquo;av&egrave;re la plus importante puisqu&rsquo;orient&eacute;e au sud et donc recevant prioritairement la lumi&egrave;re du soleil. Par cons&eacute;quent, la chambre centrale, pi&egrave;ce b&eacute;n&eacute;ficiant du meilleur emplacement, devient la salle de r&eacute;ception ou la salle des anc&ecirc;tres. Les chambres situ&eacute;es &agrave; l&rsquo;est de l&rsquo;aile nord sont g&eacute;n&eacute;ralement occup&eacute;es par les grands-parents, et celles de l&rsquo;ouest par le chef de famille.<br />
Les g&eacute;n&eacute;rations les plus jeunes logent dans les ailes est et ouest du <em>siheyuan</em>. Traditionnellement, le fils a&icirc;n&eacute; et sa famille logent dans l&rsquo;aile est, tandis que le cadet et sa famille r&eacute;sident dans l&rsquo;aile ouest.<br />
L&rsquo;aile sud de la maison abrite les chambres d&rsquo;amis, les salles d&rsquo;&eacute;tudes, les cuisines et les r&eacute;serves. Les fen&ecirc;tres des chambres donnent toutes sur la cour centrale. Des murs &eacute;crans sont dress&eacute;s directement dans les portes principales, afin d&rsquo;emp&ecirc;cher la vue depuis l&rsquo;ext&eacute;rieur. La vie &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la cour rel&egrave;ve ainsi d&rsquo;un monde confin&eacute;, qui souligne la diff&eacute;rence de statut entre les g&eacute;n&eacute;rations, les primaut&eacute;s filiales et les sexes.<br />
V&eacute;ritables symboles de l&rsquo;architecture traditionnelle de l&rsquo;empire du Milieu et du mode de vie si particulier en d&eacute;coulant, les <em>siheyuan</em> et les <em>hutong</em> demeurent les principales caract&eacute;ristiques du tissu urbain p&eacute;kinois pendant pr&egrave;s de sept si&egrave;cles. M&ecirc;me malmen&eacute; lors de la p&eacute;riode mao&iuml;ste, l&rsquo;essentiel de ce patrimoine r&eacute;siste jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. Mais l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration des r&eacute;formes voulues par Deng Xiaoping, et le spectaculaire d&eacute;veloppement &eacute;conomique qui s&rsquo;en suit dans la capitale, vont rapidement pr&eacute;cipiter le vieux P&eacute;kin dans son tombeau.</p>
<h3>Le pr&eacute;texte des Jeux olympiques</h3>
<p>Tout commence par un simple sinogramme trac&eacute; &agrave; la peinture blanche, qui appara&icirc;t aux murs d&rsquo;un <em>hutong</em>, une ruelle du centre historique de la capitale : 拆. Il signifie litt&eacute;ralement &laquo; chai &raquo;, soit &laquo; &agrave; d&eacute;truire &raquo;. Dans le meilleur des cas, les habitants du quartier disposent de deux &agrave; trois semaines avant que leurs maisons traditionnelles ne soient enti&egrave;rement ras&eacute;es. &laquo; Les d&eacute;g&acirc;ts sont inou&iuml;s &raquo;, d&eacute;plore Li Xinjia, l&rsquo;un des responsables de l&rsquo;Institut de sauvegarde du patrimoine, une ONG de P&eacute;kin : &laquo; De 1949 &agrave; 1990, le nombre de<br />
<em>hutong</em> est rest&eacute; stable &agrave; environ 3000. Mais en l&rsquo;an 2000, il n&rsquo;y en avait d&eacute;j&agrave; plus que 2500, et aujourd&rsquo;hui on en d&eacute;nombre un millier. C&rsquo;est bien simple : en moyenne, trois <em>hutong</em> disparaissent chaque semaine depuis 2001 <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(3)<span>Agence Reuters, &laquo; La mort des <em>hutong</em> &raquo;, juillet 2008.</span></a> &raquo;.<br />
2001, l&rsquo;ann&eacute;e de l&rsquo;obtention des Jeux de P&eacute;kin par le pouvoir, est le v&eacute;ritable d&eacute;but de l&rsquo;emballement du syst&egrave;me pour faire de la ville olympique de 2008, le symbole de la toute nouvelle puissance &eacute;conomique chinoise. L&rsquo;utilisation des Jeux &agrave; des fins urbanistiques n&rsquo;est pas une sp&eacute;cificit&eacute; propre &agrave; la Chine, mais bien la caract&eacute;ristique commune &agrave; l&rsquo;ensemble des pays et des villes accueillant cet &eacute;v&eacute;nement sportif plan&eacute;taire, et ce depuis les Jeux canadiens de Montr&eacute;al en 1976. L&rsquo;ampleur de la profonde et fulgurante m&eacute;tamorphose de P&eacute;kin reste cependant, et pour longtemps, un cas &agrave; part : &laquo; Les Jeux n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; qu&rsquo;un pr&eacute;texte de la part des autorit&eacute;s pour vendre la ville aux promoteurs immobiliers &raquo;, juge aujourd&rsquo;hui l&rsquo;architecte v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien Antonio Ochoa-Piccardo <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(4)<span><em>Ibid</em></span></a> qui travaille depuis 15 ans dans la capitale chinoise. Il d&eacute;plore &laquo; le manque de r&eacute;flexion pr&eacute;alable de la part des responsables chinois sur la mobilit&eacute; et les transports. Il n&rsquo;y a pas eu au d&eacute;part une v&eacute;ritable politique urbaine clairement d&eacute;finie comme &agrave; Barcelone pour les Jeux de 1992 &raquo;.<br />
En l&rsquo;espace de sept ans, le centre-ville de P&eacute;kin se transforme dans tous les sens, &agrave; une vitesse ph&eacute;nom&eacute;nale. La construction de sites olympiques, de tours de bureaux, de complexes r&eacute;sidentiels et autres centres commerciaux, entra&icirc;ne une d&eacute;molition quasi syst&eacute;matique des vieux quartiers, au nom de ce que la municipalit&eacute; appelle &laquo; l&rsquo;indispensable d&eacute;veloppement urbain &raquo;. Mais comme le souligne fort justement Fr&eacute;d&eacute;ric Edelmann, journaliste pour <em>Le Monde</em> et r&eacute;cent commissaire de l&rsquo;exposition &laquo; Dans la ville chinoise &raquo; au palais de Chaillot, cet essor constructif sans pr&eacute;c&eacute;dent dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;, port&eacute; sans aucun doute par une r&eacute;elle volont&eacute; de modernisation, s&rsquo;explique aussi et surtout par une sp&eacute;culation qui place la construction comme principale source d&rsquo;enrichissement de la Chine contemporaine : &laquo; L&eacute;gitimer la destruction de ce patrimoine historique par les n&eacute;cessit&eacute;s du d&eacute;veloppement urbain est un contresens. La densification apparente des quartiers anciens n&rsquo;a plus rien &agrave; voir avec l&rsquo;am&eacute;lioration de la vie, mais tout avec la sp&eacute;culation fonci&egrave;re : les surfaces des logements &ndash; notamment les plus luxueux &ndash; augmentent, mais non la population log&eacute;e <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(5)<span>Fr&eacute;d&eacute;ric Edelmann, &laquo; La Chine fait table rase &raquo;, <em>Le Monde,</em> 2006</span></a> &raquo;.</p>
<h3>Le combat des d&eacute;fenseurs du patrimoine</h3>
<p>Qu&rsquo;en pense la population chinoise ? La derni&egrave;re enqu&ecirc;te de l&rsquo;Institut de sauvegarde du patrimoine, r&eacute;alis&eacute;e aupr&egrave;s des habitants des vieux quartiers, r&eacute;v&egrave;le un avis partag&eacute; : si un bon tiers s&rsquo;oppose aux destructions, pr&egrave;s de la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux ne regrette pourtant pas de devoir quitter des maisons souvent insalubres pour des appartements neufs. La modernit&eacute; au service de la lutte contre la pr&eacute;carit&eacute; devient l&rsquo;argument r&eacute;current du discours des autorit&eacute;s pour convaincre les plus r&eacute;ticents : &laquo; Les &eacute;trangers sont contre la destruction des <em>hutong</em> et des <em>siheyuan</em> car ils les trouvent pittoresques. Mais qu&rsquo;ils viennent y vivre un an, qu&rsquo;ils sachent un peu ce que c&rsquo;est que de s&rsquo;habiller les nuits froides d&rsquo;hiver pour aller aux toilettes, et ils comprendront que les P&eacute;kinois n&rsquo;ont pas de regret <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(6)<span>Agence France-Presse, <em>&laquo; P&eacute;kin, ville nouvelle &raquo;,</em> juillet 2008.</span></a> &raquo;, lance Hu Yuanzi, professeur &agrave; la retraite ayant v&eacute;cu 35 ans dans un <em>hutong</em> au nord-est de la ville. Le vieil homme habite aujourd&rsquo;hui un appartement moderne en bordure du cinqui&egrave;me p&eacute;riph&eacute;rique : trois pi&egrave;ces, salle de bains avec douche et chauffage central. &laquo;J&rsquo;ai pass&eacute; ma vie dans une petite maison mal chauff&eacute;e, je veux au moins vivre le temps qu&rsquo;il me reste dans de bonnes conditions m&ecirc;me si c&rsquo;est &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur de la vieille ville &raquo;, explique-t-il, conscient n&eacute;anmoins d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; rejet&eacute; comme tant d&rsquo;autres du centre historique, d&eacute;sormais hors de prix pour le p&eacute;kin moyen. &laquo; Bien s&ucirc;r, nous avions une vie communautaire qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui, mais le quotidien &eacute;tait difficile. Nous nous chauffions au charbon, la maison &eacute;tait toujours sale et enfum&eacute;e. Chaque ann&eacute;e, des gens mouraient, empoisonn&eacute;s par les &eacute;manations d&rsquo;oxyde de carbone provenant de la combustion du charbon. Comment voulez-vous regretter cela ? &raquo;<br />
Le profond changement de la population p&eacute;kinoise sur 60 ans illustre &eacute;galement l&rsquo;&eacute;volution des mentalit&eacute;s observ&eacute;e chez les habitants de la capitale. De 4 millions en 1949, la population p&eacute;kinoise fr&ocirc;le aujourd&rsquo;hui la barre des 17 millions, avec une majorit&eacute; originaire de province : &laquo; Les habitants ont chang&eacute; &raquo;, soupire Li Xinjia de l&rsquo;Institut de sauvegarde du patrimoine. &laquo; Il y a 30 ans, c&rsquo;&eacute;tait encore de vrais P&eacute;kinois qui vivaient ici. Avec le d&eacute;veloppement &eacute;conomique de ces derni&egrave;res d&eacute;cennies, sont arriv&eacute;s des gens qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;affection particuli&egrave;re pour cette ville. Tout ce qu&rsquo;ils viennent chercher, c&rsquo;est du travail et des conditions de vie meilleure que dans les campagnes. Il est par cons&eacute;quent tr&egrave;s difficile de leur faire prendre conscience de l&rsquo;importance de ces vieux quartiers, et du mode de vie qui va avec. &raquo; Alors l&rsquo;Institut organise des formations pour apprendre aux gens &agrave; entretenir leur vieille maison, ou imagine des microcr&eacute;dits pour y maintenir les familles les plus pauvres. Le d&eacute;fi est quotidien pour les membres de l&rsquo;ONG, comme d&rsquo;ailleurs pour l&rsquo;ensemble des d&eacute;fenseurs de ce patrimoine, intellectuels, avocats, historiens, dont le combat fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention toute particuli&egrave;re des autorit&eacute;s.<br />
L&rsquo;exemple de Ni Yulan en est une preuve flagrante. Depuis plus de dix ans, cette avocate de 47 ans est engag&eacute;e dans la lutte contre les d&eacute;molitions des vieux quartiers et contre les expropriations sauvages des habitants. Avec l&rsquo;aide de ses militants, elle a d&eacute;nonc&eacute; &agrave; plusieurs reprises les compensations financi&egrave;res insuffisantes accord&eacute;es aux familles expuls&eacute;es par le gouvernement, indemnisations fr&eacute;quemment en dessous du prix du march&eacute; &ndash; de l&rsquo;ordre de 10000 yuans le m&egrave;tre carr&eacute;, soit 1000 euros environ, contre 30000 &agrave; 40000 yuans normalement, donc 3000 &agrave; 4000 euros. Accus&eacute;e en 2002 d&rsquo;avoir port&eacute; atteinte &agrave; la propri&eacute;t&eacute; publique lors d&rsquo;une manifestation contre la destruction d&rsquo;une maison traditionnelle et emprisonn&eacute;e pendant un an, Ni Yulan a de nouveau &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;e au mois d&rsquo;avril 2008 pour s&rsquo;&ecirc;tre oppos&eacute;e, cette fois-ci, &agrave; la d&eacute;molition de sa propre maison. Son proc&egrave;s, pr&eacute;vu le 4 ao&ucirc;t &ndash; soit quatre jours avant l&rsquo;ouverture des Jeux olympiques devant accueillir plus de 20000 journalistes &eacute;trangers &ndash; s&rsquo;est trouv&eacute; opportun&eacute;ment report&eacute; &agrave; une date ult&eacute;rieure, le parquet invoquant un besoin de temps pour rassembler des preuves. Toujours dans l&rsquo;attente de son proc&egrave;s &agrave; ce jour, Ni Yulan n&rsquo;a donc pas assist&eacute; au mois de novembre dernier &agrave; la destruction de sa maison.<br />
Mais gr&acirc;ce &agrave; des combats comme le sien, une premi&egrave;re prise de conscience, certes tardive, permet en mai 2006 de d&eacute;finir 25 quartiers &laquo; &agrave; pr&eacute;server &raquo;, le ministre de la Culture Sun Jiazheng regrettant alors publiquement les destructions aveugles du centre historique. Mais ces 25 quartiers sont presque aussit&ocirc;t red&eacute;coup&eacute;s en 40 entit&eacute;s r&eacute;duites, et un grand nombre de zones soi-disant prot&eacute;g&eacute;es sont finalement raccourcies pour faire passer des autoroutes &agrave; six ou huit voies. Parall&egrave;lement, la ville vient tout juste d&rsquo;entreprendre la plus grosse campagne de r&eacute;novation de quartiers anciens de son histoire moderne. 1474 <em>siheyuan</em> s&rsquo;appr&ecirc;tent &agrave; &ecirc;tre retap&eacute;es dans une quarantaine de <em>hutong</em>. L&rsquo;op&eacute;ration, enti&egrave;rement aux frais de la municipalit&eacute;, co&ucirc;tera 250 millions de yuans (environ 25 millions d&rsquo;euros), soit &laquo; la plus grosse somme jamais consacr&eacute;e &agrave; une r&eacute;novation de ce genre depuis la fondation de la R&eacute;publique populaire <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(7)<span>&laquo; P&eacute;kin prot&egrave;ge son patrimoine &raquo;, <em>China Daily,</em> juin 2008.</span></a> &raquo;, se f&eacute;licite ainsi la municipalit&eacute;, qui vient en outre de classer 658 <em>hutong</em> &agrave; son patrimoine. &laquo; Faites le calcul. Il reste aujourd&rsquo;hui environ 1000 <em>hutong</em> &agrave; P&eacute;kin. Avec ces 658 qui viennent d&rsquo;&ecirc;tre class&eacute;s au patrimoine de la ville, cela veut dire que plus de 300 <em>hutong</em> sont encore appel&eacute;s &agrave; dispara&icirc;tre sous les coups des bulldozers &raquo;, explique, fataliste, Li Xinjia de l&rsquo;Institut de sauvegarde du patrimoine.</p>
<h3>Une incompr&eacute;hension culturelle ?</h3>
<p>Loin de vouloir porter au final un quelconque jugement sur ce bouleversement architectural sans pr&eacute;c&eacute;dent dans l&rsquo;histoire d&rsquo;une ville comme P&eacute;kin, fort est de constater le profond d&eacute;calage existant entre une vision occidentale, stup&eacute;faite devant la disparition annonc&eacute;e d&rsquo;un tel patrimoine &ndash; les <em>hutong</em> appartiennent aux lieux les plus pris&eacute;s des touristes &ndash; et une vision chinoise, fort bien r&eacute;sum&eacute;e par Liang Sicheng (1901-1972), l&rsquo;un des plus c&eacute;l&egrave;bres architectes et historiens chinois du XXe si&egrave;cle : &laquo; Il n&rsquo;y a g&eacute;n&eacute;ralement pas en Chine une comp&eacute;tition de long&eacute;vit&eacute; avec la nature. Les Chinois se contentent d&rsquo;une loi consistant &agrave; remplacer le vieux par le neuf, en consid&eacute;rant la vie et la mort comme un cycle naturel. On ne se soucie pas de la long&eacute;vit&eacute; ou de la fugacit&eacute; des r&eacute;alit&eacute;s mat&eacute;rielles, on n&rsquo;a pas l&rsquo;ambition de ne jamais les voir p&eacute;rir &raquo;. Cette destruction presque &laquo;meurtri&egrave;re&raquo; du patrimoine pour nos yeux d&rsquo;Occidentaux, ne rel&egrave;verait que de l&rsquo;ordre naturel aux yeux des chinois. Une diff&eacute;rence de culture fondamentale que l&rsquo;&eacute;crivain britannique Rudyard Kipling souligna ainsi : &laquo; l&rsquo;Orient est l&rsquo;Orient, l&rsquo;Occident est l&rsquo;Occident, et jamais ces deux mondes ne parviendront &agrave; se comprendre &raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-size: 1em;"><em>Article extrait de la revue <span style="font-variant: small-caps;">Monde Chinois n&deg; 16 &ndash; Le renouveau de l&rsquo;architecture en Chine</span></em></p>
<p style="font-size: 1em;"><em>Cet article est illustr&eacute; de photographies d&rsquo;Adeline Cassier, sc&egrave;nes de vie dans les hutong. Retrouvez-les sur notre site : &nbsp;<a href="http://www.objectif-chine.com/2009/05/13/photos-du-vieux-pekin/">Voir les photos</a></em></p>
<p style="font-size: 1em;"><em>Retrouvez &eacute;galement d&rsquo;autres images d&rsquo;Adeline Cassier sur son blog : &nbsp;<a target="_blank" href="http://chinopsis.canalblog.com/">http://chinopsis.canalblog.com</a></em></p>
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		<title>Oléoducs et gazoducs chinois à l&#8217;aube du XXIe siècle : les vecteurs d&#8217;une diplomatie de l&#8217;énergie</title>
		<link>http://www.objectif-chine.com/2009/05/11/oleoducs-et-gazoducs-chinois-a-laube-du-xxie-siecle/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>andraini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

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		<description><![CDATA[par Lo&#239;c Simonet *
&#160;
Syriana, le film r&#233;alis&#233; en 2005 par Stephen Gaghan, met en sc&#232;ne un jeune prince arabe, &#233;pris de volont&#233; de r&#233;forme, qui retire l&#8217;exclusivit&#233; des droits de forage de gaz naturel &#224; une compagnie texane qui en d&#233;tenait jusque-l&#224; le monopole, pour les attribuer &#224; une soci&#233;t&#233; chinoise, s&#8217;attirant ainsi la vindicte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="color: rgb(45, 45, 45);">par Lo&iuml;c Simonet <a href="#mini_cv">*</a></h3>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Syriana</em>, le film r&eacute;alis&eacute; en 2005 par Stephen Gaghan, met en sc&egrave;ne un jeune prince arabe, &eacute;pris de volont&eacute; de r&eacute;forme, qui retire l&rsquo;exclusivit&eacute; des droits de forage de gaz naturel &agrave; une compagnie texane qui en d&eacute;tenait jusque-l&agrave; le monopole, pour les attribuer &agrave; une soci&eacute;t&eacute; chinoise, s&rsquo;attirant ainsi la vindicte de la CIA. Cette mise en sc&egrave;ne foisonnante de la collusion entre les ma&icirc;tres de l&rsquo;or noir et les pouvoirs politiques illustre un ph&eacute;nom&egrave;ne majeur de ce troisi&egrave;me mill&eacute;naire commen&ccedil;ant : l&rsquo;irruption de la Chine sur l&rsquo;&eacute;chiquier p&eacute;trolier et gazier international, qui fait entrer une inconnue dans l&rsquo;&eacute;quation de la g&eacute;opolitique de l&rsquo;&eacute;nergie et d&eacute;s&eacute;quilibre les courants d&rsquo;&eacute;changes. <em>&laquo; De la m&ecirc;me fa&ccedil;on que les commentateurs d&eacute;signent le XXe si&egrave;cle comme le &ldquo;si&egrave;cle am&eacute;ricain&rdquo;, le d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle pourrait marquer l&rsquo;&eacute;mergence de certains pays en d&eacute;veloppement, &agrave; commencer par la Chine et l&rsquo;Inde .&raquo;</em> <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(1)<span>Rapport du Conseil national du renseignement am&eacute;ricain, cit&eacute; par le <em>Bulletin de l&rsquo;industrie p&eacute;troli&egrave;re</em>, n&deg; 10400, 4 ao&ucirc;t 2005, p. 5</span></a></p>
<p>Cinqui&egrave;me producteur mondial de p&eacute;trole mais deuxi&egrave;me consommateur d&rsquo;&eacute;nergie apr&egrave;s les &Eacute;tats-Unis et avant le Japon, la Chine a utilis&eacute; en 2005 320 millions de tonnes de p&eacute;trole, soit pr&egrave;s de 12 % de plus que l&rsquo;ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente. Pour maintenir une croissance &eacute;conomique de 9,5 % en moyenne et alors que ses propres r&eacute;serves s&rsquo;&eacute;puisent, l&rsquo;<em>empire du Milieu</em> devra, au cours des ann&eacute;es &agrave; venir, accro&icirc;tre des importations de p&eacute;trole qui ont pourtant augment&eacute; de 34,8 % en 2004 <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(2)<span>Chiffres fournis par Sylvie Le Brun, &laquo; La Chine assouvira-t-elle sa soif d&rsquo;&eacute;nergie ? &raquo;, <em>P&eacute;trole &amp; Gaz Informations,</em> n&deg; 1776, mai-juin 2005, p. 56. La Chine devrait importer 900 millions de barils de p&eacute;trole en 2006. Sa d&eacute;pendance p&eacute;troli&egrave;re, de 50 % &agrave; l&rsquo;heure actuelle, pourrait passer &agrave; 70 % en 2020.</span></a>. Quant &agrave; la d&eacute;pendance chinoise en mati&egrave;re gazi&egrave;re, elle devrait conduire le pays &agrave; importer de 40 &agrave; 100 milliards de m&egrave;tres-cubes de gaz en 2010, selon les sc&eacute;narios <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(3)<span>Chiffres fournis par Catherine Locatelli, &laquo; L&rsquo;enjeu &eacute;nerg&eacute;tique des relations entre la Chine et la Russie Caspienne &raquo;, <em>Revue de l&rsquo;&eacute;nergie,</em> n&deg; 563, janvier-f&eacute;vrier 2005, p. 19. Pour des estimations tr&egrave;s pr&eacute;cises de la demande chinoise de gaz, voir Kang Wu et Fereidun Fesharaki, &ldquo;Higher natural gas demand has China looking worldwide&rdquo;, <em>Oil &amp; Gas Journal,</em> vol. 103, n&deg; 27, 18 juillet 2005, pp. 50-57</span></a>. Les projections de croissance font de &laquo; l&rsquo;atelier du monde &raquo; le plus grand march&eacute; mondial pour les produits, les services et les technologies li&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie et la source la plus importante de croissance de la demande d&rsquo;&eacute;nergie au cours de la p&eacute;riode 2000-2020 <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(4)<span>Pour une analyse globale de la place de la Chine dans le jeu &eacute;nerg&eacute;tique mondial, on renverra &agrave; Pierre No&euml;l et Michal Meidan, &laquo; La Chine ou l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un g&eacute;ant &eacute;nerg&eacute;tique &raquo;, <em>Probl&egrave;mes &eacute;conomiques,</em> n&deg; 2889, 21 d&eacute;cembre 2005, pp. 2-8. Article repris dans l&rsquo;&eacute;tude de la Documentation fran&ccedil;aise consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;Asie, Sophie Boisseau du Rocher et Fran&ccedil;ois Godement (dir.), <em>L&rsquo;approvisionnement &eacute;nerg&eacute;tique de la Chine,</em> Paris, 2005-2006, pp. 43-61</span></a>.</p>
<p>Ce dynamisme tr&egrave;s soutenu de la consommation &eacute;nerg&eacute;tique chinoise a in&eacute;vitablement des cons&eacute;quences sur les relations internationales et la g&eacute;opolitique : selon une &eacute;tude de prospective &agrave; long terme r&eacute;alis&eacute;e en f&eacute;vrier 2005 sous l&rsquo;&eacute;gide du National Intelligence Council am&eacute;ricain, ce ph&eacute;nom&egrave;ne devrait constituer le &laquo; facteur majeur &raquo; qui contribuera &agrave; d&eacute;finir la politique &eacute;trang&egrave;re et de d&eacute;fense chinoise et conduira P&eacute;kin &agrave; accentuer son &laquo; activisme &raquo; au plan mondial, &agrave; la recherche de la maximisation et de la diversification de ses approvisionnements en &eacute;nergie <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(5)<span>Traduite par <em>Le P&eacute;trole et le Gaz arabes,</em> vol. XXXVII, n&deg; 862, 16 f&eacute;vrier 2005, p. 3</span></a>.</p>
<p>Pr&egrave;s des deux tiers des importations chinoises de p&eacute;trole brut proviennent aujourd&rsquo;hui du Moyen-Orient. Outre l&rsquo;instabilit&eacute; propre &agrave; cette zone, ce p&eacute;trole est achemin&eacute; vers la Chine par des routes maritimes plac&eacute;es sous le contr&ocirc;le des &Eacute;tats-Unis. Comme son rival am&eacute;ricain, comme l&rsquo;Inde ou les pays de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, la Chine poursuit donc l&rsquo;objectif de s&eacute;curiser ses approvisionnements, en prenant pied dans les pays d&eacute;tenteurs de r&eacute;serves et en s&rsquo;effor&ccedil;ant de contr&ocirc;ler les routes terrestres qui relient les centres de production &agrave; ses grandes zones de consommation et qu&rsquo;elle consid&egrave;re &agrave; juste titre comme plus s&ucirc;res que les voies maritimes et davantage de nature &agrave; fixer avec ses partenaires une relation durable.</p>
<p>Dans ce contexte, la Chine accorde une importance toute particuli&egrave;re &agrave; ses approvisionnements terrestres par ol&eacute;oducs et par gazoducs. Elle a pos&eacute; plus de pipelines sur son propre territoire, depuis le milieu des ann&eacute;es 1990, qu&rsquo;au cours des quatre d&eacute;cennies pr&eacute;c&eacute;dentes <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(6)<span>Citons simplement le gazoduc g&eacute;ant de 4200 kilom&egrave;tres de long entre le gisement de Lunnan, dans le bassin du Tarim (province du Xinjiang), et Shanghai, qui a commenc&eacute; &agrave; fonctionner le 30 d&eacute;cembre 2004 (<em>Bulletin de l&rsquo;industrie p&eacute;troli&egrave;re,</em> n&deg; 10 251, 29 d&eacute;cembre 2004). <br />
Ce projet, le plus important chantier chinois avec le barrage des Trois Gorges sur le Yangzi et la voie ferr&eacute;e Qinghai-Lhassa, pr&eacute;sente de multiples avantages. D&rsquo;une part, l&rsquo;acheminement par voie terrestre, au sein de son espace national, affranchit la Chine des risques de turbulence strat&eacute;gique sur sa fa&ccedil;ade pacifique. D&rsquo;autre part, l&rsquo;importation de gaz permettra de r&eacute;duire la part du charbon, source de pollution, dans la production et la consommation d&rsquo;&eacute;nergie. Enfin, sa construction offrira &agrave; sept provinces enclav&eacute;es et qui figurent parmi les plus pauvres du pays (Gansu, Ningxia, Shaanxi, Shanxi, Henan, Anhui et Jiangsu) une source d&rsquo;&eacute;nergie, ce qui permettra &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;y d&eacute;localiser des industries. <br />
Pierre Biarn&egrave;s offre une carte r&eacute;cente et assez pr&eacute;cise du &laquo; futur gazoduc g&eacute;ant transchinois &raquo;, dans <em>Pour l&rsquo;empire du monde</em>, Ellipses, 2003, p. 553</span></a>. Elle tisse aujourd&rsquo;hui la toile qui lui permettra d&rsquo;accaparer &agrave; son profit les richesses min&eacute;rales de ses voisins, au grand dam de ses concurrents qui s&rsquo;effraient &agrave; juste titre de cet expansionnisme &eacute;conomique et de cette &laquo; diplomatie <em>globe-trotter</em> &raquo;. La Chine est d&eacute;sormais un acteur &agrave; part enti&egrave;re de ce nouveau &laquo; Grand jeu &raquo; de l&rsquo;&eacute;nergie, de cette nouvelle <em>&ldquo;Cold Oil War&rdquo;</em> <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(7)<span>L&rsquo;expression est de Nasib Nassibli, <em>&ldquo;Azerbaidjan: Oil and Politics in the Country&rsquo;s Future&rdquo;,</em> dans Michael P. Croissant et B&uuml;lent Aras (dir.), <em>Oil and Geopolitics in the Caspian Sea Region,</em> Praeger, 1999, p. 111</span></a>, perp&eacute;tuations de l&rsquo;affrontement des imp&eacute;rialismes de la fin du XIXe si&egrave;cle et de plusieurs d&eacute;cennies de Guerre froide.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>En Asie centrale, un exutoire au monopole russe</h3>
<p>La Chine cherche, depuis quelques ann&eacute;es, &agrave; se rapprocher des r&eacute;publiques de l&rsquo;Asie centrale dont elle abrite quelques minorit&eacute;s culturelles et &agrave; contrebalancer les influences am&eacute;ricaine et russe dans cette r&eacute;gion en plein bouleversement. L&rsquo;attention port&eacute;e par la Chine &agrave; ses marches occidentales &eacute;tait, jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1990, essentiellement dict&eacute;e par sa s&eacute;curit&eacute; et par la surveillance de ses minorit&eacute;s musulmanes. Elle rev&ecirc;t aujourd&rsquo;hui un caract&egrave;re &eacute;conomique plus marqu&eacute;.</p>
<p>Pour tirer profit d&rsquo;une demande chinoise en expansion, le Kazakhstan et le Turkm&eacute;nistan, tributaires jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1990 du r&eacute;seau russe pour l&rsquo;&eacute;vacuation de leurs hydrocarbures <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(8)<span>Si l&rsquo;Azerba&iuml;djan a r&eacute;cemment r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;affranchir d&rsquo;un transit obligatoire &agrave; travers la Russie, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;inauguration le 25 mai 2005 de l&rsquo;ol&eacute;oduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, il n&rsquo;en est pas de m&ecirc;me pour le Kazakhstan. En effet, l&rsquo;ol&eacute;oduc du Caspian Pipeline Consortium, mis en service le 26 mars 2001 sur une longueur de 1650 kilom&egrave;tres, relie le port d&rsquo;Aktau, sur la rive est de la mer Caspienne, puis Tenguiz et les gisements de l&rsquo;ouest du Kazakhstan, au port russe de Novorossiysk.</span></a>, se sont efforc&eacute;s de raccorder leurs r&eacute;seaux de gazoducs et d&rsquo;ol&eacute;oducs aux grandes cit&eacute;s de Chine septentrionale.</p>
<p>Le Kazakhstan fait, depuis 1997, l&rsquo;objet des attentions de la politique d&rsquo;investissement de P&eacute;kin dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie. L&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un ol&eacute;oduc de longue distance entre ce pays et la Chine &eacute;tait en germe depuis 1997. Ce pipeline a &eacute;t&eacute; inaugur&eacute; le 15 d&eacute;cembre 2005 entre Atasu, dans la r&eacute;gion de Karaganda, et Alashankou, dans le Xinjiang chinois, moins de seize mois apr&egrave;s le lancement des travaux de pose <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(9)<span><em>Les &Eacute;chos,</em> 16 d&eacute;cembre 2005, p. 7 ; <em>Middle East Economic Survey,</em> vol. 48, n&deg; 51, 19 d&eacute;cembre 2005, p. 19.<br />
La canalisation a &eacute;t&eacute; construite par CNPC et KazMunaiGaz et a repr&eacute;sent&eacute; un investissement de 700 millions de dollars.</span></a> ; le 25 mai 2006, le p&eacute;trole a commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;&eacute;couler &agrave; travers cette canalisation de 1 240 kilom&egrave;tres, dont la capacit&eacute; annuelle initiale devrait &ecirc;tre de dix millions de tonnes. Cet &eacute;v&eacute;nement a &eacute;t&eacute; comment&eacute; comme un symbole, comme le &laquo; cha&icirc;non manquant &raquo; de la politique chinoise en Asie centrale et comme l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une puissante strat&eacute;gie d&rsquo;investissement dans la r&eacute;gion.</p>
<p>La liaison Atasu-Alashankou devrait &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute;e, en 2011, par un tron&ccedil;on reliant Kenkiyak, dans l&rsquo;ouest du Kazakhstan, &agrave; Kumkol, au centre du pays, ce qui permettrait de relier directement &agrave; la Chine les gisements des rives de la mer Caspienne ; elle atteindrait alors une longueur de 3 000 kilom&egrave;tres, en incluant le tron&ccedil;on qui reliera en 2008 Alashankou &agrave; la nouvelle raffinerie chinoise de Dushanzi, en cours de construction. Les responsables de la compagnie d&rsquo;&Eacute;tat KaiMunaiGaz r&eacute;fl&eacute;chissent &agrave; la pose d&rsquo;un gazoduc vers la Chine, qui pourrait &ecirc;tre op&eacute;rationnel en 2008 et courrait parall&egrave;lement au nouvel ol&eacute;oduc.</p>
<p>Le Kazakhstan devrait servir de trait d&rsquo;union entre la Russie et la Chine, puisque l&rsquo;ol&eacute;oduc Atasu-Alashankou est utilis&eacute; par int&eacute;rim par la compagnie russe Transneft, avant l&rsquo;entr&eacute;e en service de l&rsquo;ol&eacute;oduc Sib&eacute;rie-Pacifique dont il sera question ci-apr&egrave;s. En avril 2006, 300 000 tonnes de p&eacute;trole russe avaient d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; achemin&eacute;es &agrave; travers le pipeline sino-kazakh, par lequel devraient transiter 1,3 million de tonnes par an.</p>
<p>Le 3 avril 2006, Hu Jintao et son homologue turkm&egrave;ne S. Niyazov ont sign&eacute; un accord pr&eacute;voyant la d&eacute;livrance de gaz turkm&egrave;ne &agrave; son voisin chinois et la pose d&rsquo;un gazoduc qui aboutirait &agrave; Urumqi, &agrave; &eacute;ch&eacute;ance 2009, approvisionn&eacute; par les gisements exploit&eacute;s en commun sur la rive droite du fleuve Amu Darya <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(10)<span><em>Middle East Economic Survey,</em> vol. 49, n&deg; 15, 10 avril 2006, p. 13</span></a>. Ce projet requerrait la coop&eacute;ration de l&rsquo;Ouzb&eacute;kistan et du Kazakhstan, dont ce tuyau devrait traverser les territoires et pourrait ainsi accro&icirc;tre l&rsquo;interd&eacute;pendance entre ces quatre pays d&rsquo;Asie centrale.</p>
<p>Hydrocarbures kazakhstanais et turkm&egrave;nes satisfont la pr&eacute;occupation chinoise de s&eacute;curit&eacute; des approvisionnements, puisqu&rsquo;ils sont directement achemin&eacute;s vers le territoire chinois, sans transiter &agrave; travers des pays tiers ou soumis &agrave; l&rsquo;instabilit&eacute;, ni &agrave; travers des voies maritimes contr&ocirc;l&eacute;es par les &Eacute;tats-Unis. Ils permettent en outre de renforcer la coop&eacute;ration bilat&eacute;rale de la Chine avec ses voisins imm&eacute;diats et de contrebalancer l&rsquo;influence russe ou am&eacute;ricaine dans ces pays, &laquo; travaill&eacute;s &raquo; par un lobby pro-chinois. Thierry Kellner, sp&eacute;cialiste du monde chinois et de l&rsquo;Asie centrale, ne consid&egrave;re pas ces ressources comme vitales pour la Chine, mais comme relevant de la &laquo; politique p&eacute;riph&eacute;rique &raquo; par laquelle le pays cherche &agrave; cr&eacute;er autour de son territoire un environnement pacifique, gr&acirc;ce &agrave; ses relations de bon voisinage <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(11)<span>Interview&eacute; par le <em>Bulletin de l&rsquo;industrie p&eacute;troli&egrave;re,</em> n&deg; 10500, p. 2</span></a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Russie et Chine : &laquo; Je t&#8217;aime, moi non plus &raquo;</h3>
<p>La coop&eacute;ration entre la Russie, deuxi&egrave;me producteur mondial de p&eacute;trole et la Chine, deuxi&egrave;me consommateur mondial assoiff&eacute; d&rsquo;&eacute;nergie, semble in&eacute;luctable. Outre l&rsquo;attractivit&eacute; d&rsquo;un pays fortement &laquo; &eacute;nergivore &raquo;, elle contribue &agrave; affranchir la Russie de sa d&eacute;pendance des march&eacute;s europ&eacute;ens et &agrave; augmenter la part du p&eacute;trole russe dans les importations chinoises, qui ne s&rsquo;&eacute;levait en 2004 qu&rsquo;&agrave; 4,4 %. Les 4250 kilom&egrave;tres de fronti&egrave;res communes qui lient les deux pays multiplient les options possibles pour la pose de futurs pipelines. Fond&eacute;e sur le trait&eacute; d&rsquo;amiti&eacute; et de coop&eacute;ration du 16 juillet 2001, la relation sino-russe s&rsquo;apparente donc, non pas &agrave; une v&eacute;ritable alliance, mais &agrave; un partenariat solide <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(12)<span>Voir Lucia Montanaro-Jankowski, &laquo; Chine-Russie : des int&eacute;r&ecirc;ts convergents &raquo;, <em>Questions internationales,</em> n&deg; 6, mars-avril 2004, La Documentation fran&ccedil;aise, pp. 70-78. <br />
Les deux puissances ont la m&ecirc;me approche des enjeux li&eacute;s &agrave; l&rsquo;instabilit&eacute; politique de certains pays de la r&eacute;gion (Tadjikistan, Kirghizstan) et des risques que cette situation fait peser sur leur propre s&eacute;curit&eacute;. Le rapprochement de la Chine et de la Russie en mati&egrave;re de lutte contre le terrorisme et le s&eacute;paratisme musulmans a ainsi servi la volont&eacute; chinoise de contrecarrer la menace des autonomistes musulmans avec lesquels P&eacute;kin est aux prises et qui pourraient exercer sur le trac&eacute; des pipelines des actions terroristes.</span></a>.</p>
<p>La Russie a sign&eacute; avec la Chine, en juin 1997, un accord portant sur l&rsquo;&eacute;tude de faisabilit&eacute; d&rsquo;un gazoduc de 3000 kilom&egrave;tres de long qui relierait les champs sib&eacute;riens de Kovyktinskoye (ou Kovykta, dans l&rsquo;oblast d&rsquo;Irkoutsk) &agrave; la mer Jaune, au large de la c&ocirc;te est chinoise ; le gaz serait ensuite r&eacute;export&eacute; vers la Cor&eacute;e du Sud, le Japon et d&rsquo;autres pays de la r&eacute;gion <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(13)<span>Les experts des deux pays ont sugg&eacute;r&eacute; une dizaine d&rsquo;itin&eacute;raires possibles pour cette conduite, dont un traversant la Mongolie. Pour d&rsquo;&eacute;videntes raisons politiques et de s&eacute;curit&eacute;, la Chine pr&eacute;f&egrave;re que ce trac&eacute; &eacute;vite le territoire mongol. Les &Eacute;tats-Unis, au moins jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir de l&rsquo;&eacute;quipe Bush, appuyaient pourtant l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un &laquo; pont &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; <em>(energy bridge)</em> entre Irkoutsk et P&eacute;kin, &agrave; travers la Mongolie (cf. notamment les discours de 1999 et 2000 de Jan H. Kalicki, conseiller aupr&egrave;s du d&eacute;partement du Commerce am&eacute;ricain, sur le site Internet de l&rsquo;Office of Public Affairs : http://www.ita.doc.gov)</span></a>. Ce projet a depuis sembl&eacute; marquer le pas mais, lors de sa visite en Chine, en mars 2006, le pr&eacute;sident Poutine a promis que deux gazoducs relieraient son pays &agrave; la Chine avant 2011, l&rsquo;un entrant par l&rsquo;ouest depuis Yamal, en Sib&eacute;rie occidentale, l&rsquo;autre par l&rsquo;est, ce dernier susceptible de desservir les champs de Kovykta <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(14)<span><em>Les &Eacute;chos,</em> 22 mars 2006, p. 7 ; <em>Le Monde,</em> 23 mars 2006, p. 6</span></a> ; aucune date, aucun volume, aucun trac&eacute; pr&eacute;cis ni aucune base de tarification n&rsquo;ont cependant &eacute;t&eacute; avanc&eacute;s dans le protocole d&rsquo;accord sino-russe sign&eacute; &agrave; cette occasion. Ce protocole a &eacute;galement act&eacute; la volont&eacute; du russe Transneft de construire, avant 2008, une &laquo; canalisation bifurqu&eacute;e &raquo; vers la Chine qui desservirait les champs de Talakan et de Vankor, un ol&eacute;oduc que CNPC serait dispos&eacute; &agrave; financer <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(15)<span><em>P&eacute;trostrat&eacute;gies,</em> n&deg; 961, 27 mars 2006, p. 2</span></a>.</p>
<p>Comme on le voit, cette proximit&eacute; g&eacute;ographique n&rsquo;a pas toujours d&eacute;bouch&eacute; sur des engagements fermes, mais bien plut&ocirc;t sur cette politique d&rsquo;&laquo; un pas en avant, deux pas en arri&egrave;re &raquo; que les autorit&eacute;s chinoises ont reproch&eacute; &agrave; Moscou, &agrave; l&rsquo;occasion de la derni&egrave;re visite du pr&eacute;sident Poutine : <em>&laquo; P&eacute;kin voit d&eacute;sormais Moscou comme le front le plus compliqu&eacute; d&rsquo;une &ldquo;diplomatie du p&eacute;trole&rdquo; par ailleurs conqu&eacute;rante &raquo;</em> <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(16)<span>Jean-Jacques M&eacute;vel, &laquo; Entre P&eacute;kin et Moscou, de l&rsquo;&eacute;nergie &agrave; revendre &raquo;, <em>Le Figaro,</em> 22 mars 2006, p. 3</span></a>. Les p&eacute;rip&eacute;ties du futur ol&eacute;oduc Sib&eacute;rie-Pacifique illustrent ce &laquo; jeu de dupes &raquo; dont P&eacute;kin, une fois n&rsquo;est pas coutume, n&rsquo;est pas sorti vainqueur.</p>
<p>L&rsquo;ol&eacute;oduc &laquo; Sib&eacute;rie orientale &ndash; Oc&eacute;an Pacifique &raquo; doit permettre de desservir le gisement de Taichet (r&eacute;gion d&rsquo;Irkoutsk). Jusqu&rsquo;&agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 2005, la Russie a souffl&eacute; le chaud et le froid en privil&eacute;giant, tour &agrave; tour, deux options : d&rsquo;une part, un trac&eacute; vers le terminal de la baie de Perevoznaya ou, selon des informations r&eacute;centes, vers Nakhodka, privil&eacute;giant ainsi une option qui lui permet de desservir, outre le Japon, la Cor&eacute;e du sud, voire les &Eacute;tats-Unis ; d&rsquo;autre part, une ramification vers le grand centre p&eacute;trolier chinois de Daqing, &agrave; partir de Skovorodino, cit&eacute; de la province de l&rsquo;Amour proche de la fronti&egrave;re chinoise. Jusqu&rsquo;&agrave; r&eacute;cemment, cette option chinoise offrait la traduction du rapprochement strat&eacute;gique entre les deux puissances engag&eacute;es dans une coop&eacute;ration dans l&rsquo;industrie de l&rsquo;armement, conjointement oppos&eacute;es au d&eacute;ploiement militaire am&eacute;ricain dans la r&eacute;gion, depuis le 11 septembre, et qui viennent d&rsquo;apurer l&rsquo;ensemble de leurs diff&eacute;rends frontaliers, mettant ainsi fin &agrave; quarante ans de litiges.</p>
<p>La visite du pr&eacute;sident russe &agrave; Tokyo, en novembre 2005, a conf&eacute;r&eacute; une impulsion d&eacute;cisive &agrave; l&rsquo;option japonaise. Au cours de sa visite &agrave; P&eacute;kin, en mars 2006, le pr&eacute;sident russe n&rsquo;a donn&eacute; &agrave; ses interlocuteurs chinois aucune certitude qu&rsquo;une bretelle de l&rsquo;ol&eacute;oduc Sib&eacute;rie-Pacifique traverserait la Chine, contrairement aux intentions fermement affich&eacute;es de ses interlocuteurs <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(17)<span><em>Le Monde,</em> 23 mars 2006, p. 6. La construction de la premi&egrave;re tranche du pipeline, jusqu&rsquo;&agrave; Skovorodino (2390 kilom&egrave;tres), a commenc&eacute; le 28 avril 2006 et devrait s&rsquo;achever en 2008 ; la phase 2, dont le calendrier reste impr&eacute;cis, prolongerait le pipeline jusqu&rsquo;&agrave; Nakhodka (1800 kilom&egrave;tres) et porterait sa capacit&eacute; de 600000 barils/jour (premi&egrave;re phase) &agrave; 1,6 million de b/j. L&rsquo;ol&eacute;oduc Sib&eacute;rie-Pacifique s&rsquo;&eacute;tirera donc sur 4130 kilom&egrave;tres, ce qui en fait le pipeline le plus long au monde. <br />
Sa construction co&ucirc;tera aux alentours de 14 &agrave; 16 milliards de dollars, assum&eacute; pour moiti&eacute; par le Japon. La canalisation traversera des r&eacute;gions caract&eacute;ris&eacute;es par des conditions g&eacute;ologiques et climatiques extr&ecirc;mes (franchissement de 48 cours d&rsquo;eau, risques sismiques tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s, merzlota, inondations, coul&eacute;es de boue, avalanches, incendies, etc.). L&rsquo;&eacute;tude de son trac&eacute; a soulev&eacute; de d&eacute;licates questions li&eacute;es au respect de l&rsquo;environnement.</span></a>. La d&eacute;ception a &eacute;t&eacute; grande en Chine, dont le territoire offrait pourtant une voie plus courte et moins ch&egrave;re, bien que potentiellement moins rentable que la route japonaise, et qui ne poss&egrave;de gu&egrave;re d&rsquo;alternative &agrave; l&rsquo;ol&eacute;oduc du Pacifique <a class="wp_infobulle" onclick="return false" href="#">(18)<span>Le prolongement de l&rsquo;ol&eacute;oduc jusqu&rsquo;&agrave; Daqing permettrait &agrave; la Chine de doubler la capacit&eacute; de ses raffineries du nord-est.</span></a>.</p>
<p><a name="mini_cv"></a>&nbsp;</p>
<p style="border: 1px solid rgb(51, 51, 51); padding: 8px 8px 4px;">* L&rsquo;auteur est fonctionnaire au minist&egrave;re fran&ccedil;ais de la D&eacute;fense (direction des affaires juridiques) et pr&eacute;pare une th&egrave;se de doctorat consacr&eacute;e au r&eacute;gime juridique des pipelines en droit international (universit&eacute; Paris I Panth&eacute;on-Sorbonne). Il s&rsquo;exprime ici &agrave; titre personnel.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>
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		<title>Le Parti communiste chinois pourra-t-il conserver son autorité sur le pays ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Apr 2009 10:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>andraini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

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		<description><![CDATA[par Andrew J. Nathan*
&#160;
D&#233;finition de l&#8217;objet du d&#233;bat
Ce n&#8217;est pas la m&#234;me chose d&#8217;analyser la trajectoire actuelle de la Chine et de pr&#233;voir ce qui peut se passer &#224; l&#8217;avenir. Il est toujours possible que des &#233;v&#233;nements impr&#233;vus fassent quitter &#224; un pays la route qu&#8217;il est en train de suivre, quelle qu&#8217;elle soit, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="color: rgb(45, 45, 45);">par Andrew J. Nathan*</h3>
<p>&nbsp;</p>
<h3>D&eacute;finition de l&#8217;objet du d&eacute;bat</h3>
<p>Ce n&rsquo;est pas la m&ecirc;me chose d&rsquo;analyser la trajectoire actuelle de la Chine et de pr&eacute;voir ce qui peut se passer &agrave; l&rsquo;avenir. Il est toujours possible que des &eacute;v&eacute;nements impr&eacute;vus fassent quitter &agrave; un pays la route qu&rsquo;il est en train de suivre, quelle qu&rsquo;elle soit, et l&rsquo;aiguillent sur une autre. Ceci s&rsquo;est souvent produit en Chine, et cela se produira sans doute encore. La trajectoire de la Chine pourrait par exemple &ecirc;tre perturb&eacute;e par un affaiblissement de l&rsquo;&eacute;conomie am&eacute;ricaine, une crise sanitaire, une guerre en Cor&eacute;e ou dans le d&eacute;troit de Ta&iuml;wan <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(1)<span>Andrew J. Nathan, &ldquo;Present at the Stagnation: Is China&rsquo;s Development Stalled?&rdquo;, <em>Foreign Affairs</em>, juillet-ao&ucirc;t 2006, pp. 177-182.</span></a>.</p>
<p>Mais, autant que je sache, le d&eacute;bat engag&eacute; sur le th&egrave;me <em>&laquo; O&ugrave; va la Chine ? &raquo;</em> porte sur ce qui pourrait arriver, en fonction des faits qui sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; constat&eacute;s. Certains affirment que la Chine se trouve aujourd&rsquo;hui confront&eacute;e &agrave; de trop nombreux d&eacute;fis, auxquels elle r&eacute;pond fort mal, ce qui rend tr&egrave;s probable l&rsquo;effondrement prochain de son syst&egrave;me politique <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(2)<span>Un point de vue pr&eacute;sent&eacute; par exemple par Gordon Chang, <em>The Coming Collapse of China,</em> Random House, New York, 2001.</span></a> (ils ne pr&eacute;cisent pas ce qui se produirait apr&egrave;s un tel effondrement). D&rsquo;autres pensent que l&rsquo;aspiration &agrave; la d&eacute;mocratie devient si forte que le syst&egrave;me va probablement se d&eacute;mocratiser <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(3)<span>Bruce Gilley, <em>China&rsquo;s Democratic Future: How It Will Happen and Where It Will Lead,</em> Columbia University Press, New York, 2004.</span></a>. En ce qui me concerne, je dirais plut&ocirc;t que les forces qui jouent actuellement un r&ocirc;le dans le syst&egrave;me, bien qu&rsquo;elles soient complexes et parfois en d&eacute;saccord, conduisent au contraire &agrave; un maintien au pouvoir de ce que j&rsquo;ai appel&eacute; un r&eacute;gime autoritaire persistant <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(4)<span>&laquo;China&rsquo;s Changing of the Guard: Authoritarian Resilience&raquo;, <em>Journal of Democracy,</em> vol. 14, n&deg; 1, janvier 2003, pp. 6-17.<br />
NdR. : Nous traduisons <em>resilient authoritarian regime</em> par r&eacute;gime autoritaire persistant. Il faut bien comprendre les deux aspects de &laquo;r&eacute;sistance&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire que le r&eacute;gime se trouve renforc&eacute; par ses r&eacute;actions aux d&eacute;fis et de continuation, c&rsquo;est-&agrave;-dire que malgr&eacute; les adaptations, c&rsquo;est le m&ecirc;me r&eacute;gime qui survit.</span></a>.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes, nous nous int&eacute;ressons ici plut&ocirc;t au pr&eacute;sent qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;avenir, ou encore nous nous int&eacute;ressons &agrave; l&rsquo;avenir dans la mesure o&ugrave; on peut le lire dans le pr&eacute;sent. Il est certain que les choses vont changer, mais la seule mani&egrave;re de pr&eacute;voir quelle forme ces changements prendront consiste &agrave; analyser les forces qui s&rsquo;exercent aujourd&rsquo;hui. Ma th&egrave;se est que les forces qui pourraient conduire &agrave; un effondrement ou &agrave; une d&eacute;mocratisation du r&eacute;gime n&rsquo;existent pas encore, alors que des forces de soutien au r&eacute;gime autoritaire continuent &agrave; s&rsquo;exercer. Je ne pr&eacute;tends pas savoir combien de temps cette situation durera.</p>
<p>Lorsque je dis que le syst&egrave;me autoritaire est &laquo;persistant&raquo;, je ne veux pas dire qu&rsquo;il est immobile. On constate un grand nombre de changements de politique et, m&ecirc;me s&rsquo;ils sont moins nombreux, quelques changements structurels. La capacit&eacute; de s&rsquo;adapter &agrave; de tels changements fait partie de la &laquo;persistance&raquo;. Mais si on met entre parenth&egrave;ses l&rsquo;impact hypoth&eacute;tique d&rsquo;une force qui ne serait pas visible aujourd&rsquo;hui &ndash; changement exog&egrave;ne ou &eacute;v&egrave;nement contingent &ndash;, la tendance actuelle est celle d&rsquo;un maintien d&rsquo;un r&eacute;gime autoritaire, et non d&rsquo;un changement de nature du syst&egrave;me.</p>
<p>La politique am&eacute;ricaine vis-&agrave;-vis de la Chine doit &ecirc;tre con&ccedil;ue et conduite en fonction de cette situation.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Autoristarisme persistant</h3>
<p>Je qualifie le r&eacute;gime autoritaire chinois de &laquo;persistant&raquo; car il demeure fortement autoritaire, et fermement attach&eacute; au pouvoir. Voici quelques signes de la persistance du r&eacute;gime :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la tranquille prise de pouvoir de Hu Jintao en 2002-2003 et la mani&egrave;re dont son pouvoir s&rsquo;est consolid&eacute; depuis ;</li>
<li>la capacit&eacute; du r&eacute;gime &agrave; identifi er les probl&egrave;mes &eacute;conomiques et sociaux et &agrave; mener des politiques capables de r&eacute;pondre &agrave; ces probl&egrave;mes. La r&eacute;forme du syst&egrave;me bancaire et l&rsquo;abolition de la taxe sur les c&eacute;r&eacute;ales dans les campagnes constituent des exemples r&eacute;cents. De telles r&eacute;formes sont rarement appliqu&eacute;es en douceur, mais elles ont souvent des effets significatifs sur le long terme &ndash; ce que d&eacute;montre toute l&rsquo;histoire des programmes de r&eacute;formes depuis 1978 ;</li>
<li>un soutien tr&egrave;s large de l&rsquo;opinion publique au r&eacute;gime. En 2002, lors d&rsquo;une &eacute;tude nationale portant sur un &eacute;chantillon pris au hasard, la question suivante &eacute;tait pos&eacute;e : <em>&laquo; Dans quelle mesure &ecirc;tes-vous satisfait ou m&eacute;content du fonctionnement de la d&eacute;mocratie dans notre pays ? &raquo;.</em> 79 % des Chinois ainsi sond&eacute;s ont affirm&eacute; &ecirc;tre assez ou tr&egrave;s satisfaits, un taux qui place la Chine en deuxi&egrave;me position parmi huit pays asiatiques ayant men&eacute; des enqu&ecirc;tes similaires <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(5)<span>Tianjian Shi, &ldquo;China: Democratic Values Supporting an Authoritarian System&rdquo;, dans Yun-han Chu, Larry Diamond, Andrew J. Nathan et Doh Chull Shin (dir.), <em>Citizens and Democratic Politics in East Asia</em> (&agrave; para&icirc;tre).</span></a> (de nombreux Chinois ne contestent pas l&rsquo;affirmation du r&eacute;gime selon laquelle il serait une d&eacute;mocratie) ;</li>
<li>le fait que revendications sociales et dissidence politique ne parviennent pas &agrave; joindre leurs efforts. Il y a effectivement des d&eacute;sordres sociaux, comme le montre notamment la donn&eacute;e statistique souvent cit&eacute;e qui &eacute;value &agrave; 84 000 le nombre d&rsquo;&laquo;incidents de masses&raquo; en 2005, mais les mouvements de protestation ne se f&eacute;d&egrave;rent pas. Pour paraphraser Mao, une simple &eacute;tincelle ne suffit pas aujourd&rsquo;hui &agrave; commencer un feu de prairie, et ceci est d&ucirc; aux efforts des &laquo;pompiers&raquo; du r&eacute;gime.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Les racines de la r&eacute;silience</h3>
<p>Voici les &eacute;l&eacute;ments qui s&eacute;curisent la mainmise du r&eacute;gime autoritaire sur le pouvoir :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la croissance &eacute;conomique a am&eacute;lior&eacute; le bien-&ecirc;tre de la plus grande partie de la population, lui donnant un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; la survie du r&eacute;gime actuel, en tous cas tant qu&rsquo;elle continue &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier de ses politiques et de sa stabilit&eacute; ;</li>
<li>en mati&egrave;re de politique &eacute;trang&egrave;re, le r&eacute;gime a obtenu des r&eacute;sultats, en apparence et en r&eacute;alit&eacute;, comme l&rsquo;attribution des jeux olympiques de 2008 &agrave; P&eacute;kin, la r&eacute;sistance aux &Eacute;tats-Unis et au Japon sur de nombreuses questions, et (c&rsquo;est ainsi que le per&ccedil;oivent les citoyens chinois) le blocage des tendances ind&eacute;pendantistes du pr&eacute;sident ta&iuml;wanais Chen Shuibian. De telles performances entra&icirc;nent un sentiment de fiert&eacute; au sein d&rsquo;un public nationaliste ;</li>
<li>le r&eacute;gime maintient plusieurs institutions devant servir de valves de s&eacute;curit&eacute; qui, pour inefficaces qu&rsquo;elles soient, mettent &agrave; la disposition des citoyens m&eacute;contents une alternative &agrave; l&rsquo;opposition au parti au pouvoir. Ceci inclut le syst&egrave;me des &laquo;lettres-et-visites&raquo;, des tribunaux, le syst&egrave;me de r&egrave;glement des litiges administratifs, la possibilit&eacute; d&rsquo;&eacute;crire des lettres aux m&eacute;dias, et les salles de discussion sur Internet (qui sont surveill&eacute;es et manipul&eacute;es par le gouvernement) ;</li>
<li>le r&eacute;gime a pu utiliser la r&eacute;pression pour pr&eacute;venir l&rsquo;&eacute;mergence de toute opposition politique substantielle. Il amadoue les manifestants en leur offrant des concessions partielles alors que par ailleurs il arr&ecirc;te les organisateurs. Lorsqu&rsquo;il est confront&eacute; &agrave; des opposants d&eacute;termin&eacute;s et organis&eacute;s comme le Parti d&eacute;mocratique chinois ou le Falungong, il commence par observer, puis il arr&ecirc;te et emprisonne les militants. Le r&eacute;gime a cr&eacute;&eacute; une force de cyber-police de la Toile et investi dans une technologie qui lui a permis jusqu&rsquo;ici de neutraliser l&rsquo;utilisation d&rsquo;Internet, que ce soit pour coordonner des organisations ou pour d&eacute;clencher des mouvements spontan&eacute;s ;</li>
<li>le r&eacute;gime a dirig&eacute; de loin le syst&egrave;me complexe de propagande, de sorte que l&rsquo;opinion publique per&ccedil;oive une certaine diversit&eacute; et une libert&eacute; significative dans les m&eacute;dias, alors que les messages politiques sensibles sont &eacute;limin&eacute;s de la sph&egrave;re publique <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(6)<span>Ashley Esarey, <em>Speak No Evil: Mass Media Control in Contemporary China,</em> Freedom House, Washington, 2006.</span> </a> ;</li>
<li>c&rsquo;est le Parti qui d&eacute;signe en son sein les &eacute;lites &eacute;conomiques et sociales, si bien qu&rsquo;il est devenu une &eacute;tape n&eacute;cessaire pour les personnes qui ont des projets <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(7)<span>Pour les politologues, le fait d&rsquo;&ecirc;tre la seule option disponible dans une soci&eacute;t&eacute; est consid&eacute;r&eacute; aujourd&rsquo;hui comme un indicateur de la consolidation des r&eacute;gimes d&eacute;mocratiques en sciences politiques. Il est logique que le m&ecirc;me crit&egrave;re s&rsquo;applique aux r&eacute;gimes autoritaires.</span></a>. Ainsi, la plupart des entrepreneurs et intellectuels ambitieux travaillent avec le Parti, qu&rsquo;ils en soient membres ou que leur relation rel&egrave;ve du client&eacute;lisme informel ;</li>
<li>le r&eacute;gime dispose de syst&egrave;me de prises de d&eacute;cision politique n&eacute;cessaires pour r&eacute;agir aux &eacute;volutions &eacute;conomiques et sociales. M&ecirc;me si une grande partie de l&rsquo;administration du pays est corrompue, le r&eacute;gime a install&eacute; au sein de l&rsquo;organe central du parti et de quelques ramifications provinciales des technocrates qualifi&eacute;s. Ceux-ci r&eacute;unissent des donn&eacute;es, entretiennent experts et groupes de r&eacute;flexion, et d&eacute;lib&egrave;rent entre eux afin que ceux qui organisent la bureaucratie soient &eacute;cout&eacute;s. Le gouvernement est ainsi capable d&rsquo;identifier ses principaux probl&egrave;mes (par exemple en ce qui concerne le syst&egrave;me financier, la politique environnementale par rapport aux charges qui p&egrave;sent sur les paysans et au filet de s&eacute;curit&eacute; sur le bien-&ecirc;tre social), et il prend souvent (pas toujours) des d&eacute;cisions reposant sur un bon niveau d&rsquo;expertise technique. Non seulement le gouvernement est capable de prendre des d&eacute;cisions, mais il peut aussi souvent (pas toujours), les imposer &agrave; l&rsquo;administration ;</li>
<li>un &eacute;l&eacute;ment crucial de la persistance du r&eacute;gime r&eacute;side dans la soif de pouvoir de son &eacute;lite. Les dirigeants se serrent les coudes. S&rsquo;ils devaient se s&eacute;parer (comme Gilley <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(8)<span>Bruce Gilley est professeur adjoint des Affaires Internationales &agrave; la New School University &agrave; New York. Auteur de <em>China&rsquo;s Democratic Future et Tiger on the Brink: Jiang Zemin and China&rsquo;s New Elite.</em></span></a> le pr&eacute;voit), alors il est exact que cela signerait rapidement la fin du r&eacute;gime, qu&rsquo;il s&rsquo;effondre ou qu&rsquo;il se lance dans une transition d&eacute;mocratique. Mais les dirigeants ont bien compris la le&ccedil;on des &eacute;v&eacute;nements de Tian&rsquo;anmen et de la chute des r&eacute;gimes communistes en Union sovi&eacute;tique, en Europe de l&rsquo;est et en Pologne, selon laquelle la chose la plus importante pour eux est de ne pas montrer de divergence. Comme Mao le disait, <em>&laquo; de toutes les priorit&eacute;s, garder le pouvoir est la plus importante &raquo;</em> <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(9)<span>Roderick MacFarquhar et Michael Schoenhals, <em>Mao&rsquo;s Last Revolution,</em> The Belknap Press of Harvard University Press, Cambridge, 2006, p. 168.</span></a>. C&rsquo;est dans ce but que l&rsquo;&eacute;lite a mis en place des r&egrave;gles qui limitent l&rsquo;intensit&eacute; des conflits politiques. Parmi ces r&egrave;gles, on trouve celle qui veut que les principaux dirigeants prennent leur retraite &agrave; 70 ans, le fait que ces dirigeants importants puissent prendre des d&eacute;cisions dans les domaines qu&rsquo;ils ma&icirc;trisent, mais que les d&eacute;cisions importantes soient prises collectivement, et que les personnes plus &acirc;g&eacute;es, &agrave; la retraite, n&rsquo;interviennent pas dans le champ politique. C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; cela que, sous les pr&eacute;sidences de Jiang Zemin et Hu Jintao, les dirigeants ont ma&icirc;tris&eacute; leurs relations de mani&egrave;re &agrave; &eacute;viter l&rsquo;&eacute;mergence de toute rupture destructrice, qu&rsquo;elle provienne du pouvoir ou de la politique.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p style="border: 1px solid rgb(51, 51, 51); padding: 8px 8px 4px;">* Andrew J. Nathan est membre du National Committee on U.S-China Relations et de l&rsquo;American Political Science Association. Il est aussi professeur de sciences politiques &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Columbia.<br />
Ces remarques ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;es dans le cadre des d&eacute;bats de la <strong>Fondation Carnegie pour la paix internationale</strong> <em>(Carnegie Endowment for International Peace)</em> en 2006-2007, sur le th&egrave;me<em> &laquo;Une nouvelle conception de la politique chinoise &raquo; </em>(Biblioth&egrave;que du Congr&egrave;s, Washington, 5 octobre 2006).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.objectif-chine.com/?p=61404&amp;page=2">&#8230; Lire la suite &raquo;</a></p>
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		<title>Washington, Tokyo et Pékin face à la question taïwanaise : bilan et perspectives</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 11:52:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>andraini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chine & politique internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

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		<description><![CDATA[par Herv&#233; Couraye
&#160;
Il y a, dans l&#8217;histoire de Ta&#239;wan de ces soixante derni&#232;res ann&#233;es, plusieurs tournants. C&#8217;est au moment o&#249; la guerre de Cor&#233;e &#233;clate en 1950, alors que les torts du pass&#233; n&#8217;avaient pas encore &#233;t&#233; r&#233;par&#233;s, que l&#8217;apparition de nouvelles variables a conduit au degr&#233; &#233;lev&#233; de complexit&#233; que constitue aujourd&#8217;hui la question [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="color: rgb(45, 45, 45);">par Herv&eacute; Couraye</h3>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a, dans l&rsquo;histoire de Ta&iuml;wan de ces soixante derni&egrave;res ann&eacute;es, plusieurs tournants. C&rsquo;est au moment o&ugrave; la guerre de Cor&eacute;e &eacute;clate en 1950, alors que les torts du pass&eacute; n&rsquo;avaient pas encore &eacute;t&eacute; r&eacute;par&eacute;s, que l&rsquo;apparition de nouvelles variables a conduit au degr&eacute; &eacute;lev&eacute; de complexit&eacute; que constitue aujourd&rsquo;hui la question de Ta&iuml;wan. Avec la situation de la Cor&eacute;e du Nord, elle repr&eacute;sente toute proportion gard&eacute;e l&rsquo;autre &laquo; d&eacute;sordre s&eacute;curitaire &raquo; en Extr&ecirc;me-Orient.</p>
<p>C&rsquo;est entendu, et on nous le r&eacute;p&egrave;te, nous sommes &agrave; un nouveau tournant. Mais lequel et quand ? C&rsquo;est ici que les avis divergent. S&rsquo;agit-il du rendez-vous olympique de 2008, moment choisi par P&eacute;kin pour voir l&rsquo;affirmation mondiale de la R&eacute;publique populaire de Chine comme ce fut le cas en 1964 pour le Japon ? Pour l&rsquo;heure une chose est s&ucirc;re, les enjeux autour de l&rsquo;avenir de l&rsquo;&icirc;le d&eacute;passent la seule question locale et leurs cons&eacute;quences seront avant tout li&eacute;es &agrave; des incertitudes s&eacute;curitaires mondialis&eacute;es. O&ugrave; en est exactement la position am&eacute;ricaine depuis le renversement diplomatique de la visite historique en Chine de Richard Nixon en 1972 ? Quelle est la position du Japon et comment doit-on appr&eacute;cier, au-del&agrave; de son suivisme traditionnel des &Eacute;tats-Unis, ses derni&egrave;res &eacute;volutions en mati&egrave;re de d&eacute;fense sur cette question ? Et comment comprendre la modernisation de l&rsquo;Arm&eacute;e populaire de Lib&eacute;ration (APL) ? Doit-elle &ecirc;tre per&ccedil;ue comme une rh&eacute;torique permettant de neutraliser le syst&egrave;me de d&eacute;fense ta&iuml;wanais dans l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;un d&eacute;barquement chinois dans l&rsquo;&icirc;le ou comme la volont&eacute; de changer &agrave; plus long terme le <em>statu quo</em> &agrave; son profit en s&rsquo;engageant r&eacute;solument &agrave; contrecarrer toute forme d&rsquo;intervention militaire de la VIIe Flotte am&eacute;ricaine ?</p>
<p>Telles sont quelques-unes des questions que cet article se propose d&rsquo;aborder avec, au c&oelig;ur de sa r&eacute;flexion, la phrase prononc&eacute;e par Mao Zedong : <em>&laquo; Le petit enjeu est Ta&iuml;wan, le grand est le monde &raquo;</em> <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(1)<span>&laquo;Memorandum of Conversation, October 21&raquo;, 1975 cit&eacute; par William Burr dans <em>The Kissinger Transcripts,</em> the New Press, New York, 1998, p. 391</span></a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Rendez-vous manqu&eacute;s</h3>
<p>Comme le montre l&rsquo;attitude des diff&eacute;rentes administrations am&eacute;ricaines, Ta&iuml;wan est depuis toujours une variable controvers&eacute;e de la politique &eacute;trang&egrave;re des &Eacute;tats-Unis vis-&agrave;-vis de la Chine. Rappelons que le 1er d&eacute;cembre 1943, date de la d&eacute;claration du Caire, ainsi que le 26 juillet 1945, date de la d&eacute;claration de Postdam, successivement les pr&eacute;sidents Franklin D. Roosevelt et Harry S. Truman s&rsquo;&eacute;taient engag&eacute;s sur le retour de Ta&iuml;wan au sein du giron de la Chine continentale de Tchang Kai-chek aussit&ocirc;t apr&egrave;s la conclusion officielle d&rsquo;un trait&eacute; de paix entre les pays alli&eacute;s et le Japon tout juste vaincu. L&rsquo;encha&icirc;nement des &eacute;v&eacute;nements ci-dessous va emp&ecirc;cher de panser cette plaie historique ouverte le 17 avril 1895 par la cession de Ta&iuml;wan par la dynastie Qing &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e japonaise en vertu du trait&eacute; de Shimonoseki formalisant la victoire du Japon sur la Chine. Dix ans plus t&ocirc;t (1884-1885), la guerre franco-chinoise s&rsquo;&eacute;tait conclue par la perte de l&rsquo;Indochine &agrave; la suite de l&rsquo;attaque victorieuse des troupes fran&ccedil;aises men&eacute;e par Joffre, pendant que les vaisseaux de la marine chinoise mouillaient au port. On est fond&eacute; &agrave; penser que cela a pu donner des id&eacute;es aux Japonais. Une chose est s&ucirc;re : en 1898, le parlement imp&eacute;rial japonais d&eacute;battait de l&rsquo;id&eacute;e de vendre Ta&iuml;wan &agrave; la France pour la somme de cent millions de yens, les parlementaires japonais &eacute;tant sceptiques sur la capacit&eacute; de leur pays &agrave; g&eacute;rer un territoire colonis&eacute; <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(2)<span>Han-yu Chang et Ramon H. Myers, &laquo;Japan Colonial development Policy in Taiwan 1895-1906: A case of Bureaucratic Entrepreneurship&raquo;, <em>The Journal of East Asian Studies,</em> vol. 22, n&deg; 4, ao&ucirc;t 1963, pp. 433-449.</span></a>.  On ne saura jamais ce qu&rsquo;il serait advenu de Ta&iuml;wan si la France avait achet&eacute; l&rsquo;&icirc;le au Japon en 1898. Quoi qu&rsquo;il en soit, Ta&iuml;wan s&rsquo;est trouv&eacute; au c&oelig;ur des relations franco-chinoises au XIXe si&egrave;cle et, plus tard au XXe si&egrave;cle, c&rsquo;est la Chine qui appuiera militairement H&ocirc; Chi Minh pour chasser la France d&rsquo;Indochine et qui prendra sa revanche.</p>
<p>Ni l&rsquo;annonce officielle de la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, ni celle des forces japonaises encore pr&eacute;sentes sur Ta&iuml;wan le 25 octobre 1945, ne permettront le transfert de souverainet&eacute; au r&eacute;gime communiste de la R&eacute;publique populaire de Chine quand le PCC aura pris le pouvoir. Quittant Nankin pour se r&eacute;fugier &agrave; Ta&iuml;wan en 1949, Tchang Kai-chek, chef du gouvernement du Kuomintang (Guomindang), nomma le g&eacute;n&eacute;ral Chen Yi gouverneur de la &laquo; province ta&iuml;wanaise &raquo;, organisa la purge des communistes et instaura sur l&rsquo;&icirc;le une loi martiale qui fut maintenue jusqu&rsquo;en 1987. Derri&egrave;re la fin du Kuomintang (KMT) avec, &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re plan l&rsquo;opposition entre l&rsquo;arm&eacute;e rouge et les nationalistes, apparaissent les premiers d&eacute;sirs de r&eacute;sistance des Ta&iuml;wanais face au monde ext&eacute;rieur et &agrave; l&rsquo;attitude du Japon. Staline comme Tchang Kai-chek n&rsquo;avaient-ils pas un seul ennemi commun, le Japon ? Tels sont les principaux facteurs de complexit&eacute; de l&rsquo;histoire de Ta&iuml;wan. Ajoutons encore qu&rsquo;au moment o&ugrave; les &Eacute;tats-Unis se pr&eacute;parent &agrave; d&eacute;clencher les combats sur la p&eacute;ninsule cor&eacute;enne et &agrave; raboter le concept d&rsquo;unit&eacute; de la Chine en songeant &agrave; l&rsquo;autod&eacute;termination de l&rsquo;&icirc;le, Zhou Enlai et Tchang Kai-chek (Jiang Jieshi) ont une position commune et rejettent la tentative.</p>
<p>Six mois apr&egrave;s le d&eacute;but de la guerre de Cor&eacute;e, Truman ordonnera &agrave; la VIIe Flotte de dissuader toute attaque contre Formose et fixera comme condition pr&eacute;alable &agrave; la r&eacute;solution de cette question le retour &agrave; la stabilit&eacute; dans le Pacifique et surtout la signature d&rsquo;un trait&eacute; de paix avec le Japon <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(3)<span>&laquo;Statement Issued by the President&raquo;, <em>Department of State, Foreign Relations of the United States,</em> juin 1950, vol. VII, 1976, pp. 202-20327.</span></a>. Pour ne rien arranger, l&rsquo;abandon par le Japon de toute revendication territoriale sur Ta&iuml;wan dans le trait&eacute; de paix de San Francisco du 8 septembre 1951 ne pr&eacute;cisait pas &agrave; qui l&rsquo;&icirc;le &eacute;tait r&eacute;troc&eacute;d&eacute;e, ce qui conduisit aux ambigu&iuml;t&eacute;s actuelles. Voil&agrave; les raisons essentielles pour lesquelles le pr&eacute;sident am&eacute;ricain d&eacute;clara en 1950 la neutralit&eacute; de Ta&iuml;wan et pla&ccedil;a l&rsquo;&icirc;le sous protection militaire am&eacute;ricaine. C&rsquo;est encore le bombardement des &icirc;lots de Quemoy et Matsu &agrave; proximit&eacute; des c&ocirc;tes ta&iuml;wanaises par la Chine populaire en 1957, qui conduisit &agrave; la r&eacute;vision du trait&eacute; de s&eacute;curit&eacute; nippo-am&eacute;ricain conclu en 1951. Il faudra attendre la d&eacute;cision du pr&eacute;sident Nixon d&rsquo;&eacute;tablir un dialogue avec P&eacute;kin amorc&eacute; par le rapprochement soudain des &Eacute;tats-Unis et de la Chine en plein contexte de la Guerre froide suite &agrave; la visite d&rsquo;Henry Kissinger en Chine le 15 juillet 1971, pour que soit officiellement reconnu le principe d&rsquo;&laquo; une seule Chine &raquo; dans le communiqu&eacute; de Shangha&iuml; du 27 f&eacute;vrier 1972 <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(4)<span>&laquo;Negotiating US-Chinese Rapprochement: New American and Chinese Documentation Leading Up to Nixon&rsquo;s 1972 Trip&raquo;, <em>National Security Archive Electronic Briefing Book,</em> n&deg; 70 ; <em>Memorandum of Conversation,</em> 26 octobre 1971.</span></a>. Pour l&rsquo;anecdote, cette visite tenue secr&egrave;te fut accueillie comme un choc par les Japonais, le Premier ministre Sato n&rsquo;en ayant &eacute;t&eacute; inform&eacute; que trois minutes avant la d&eacute;claration officielle du pr&eacute;sident am&eacute;ricain. Cette politique du fait accompli marqua le premier pas japonais d&rsquo;un suivisme, depuis sans faille, &agrave; la politique men&eacute;e par Washington, bien qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque il se soit pli&eacute; non sans r&eacute;ticence &agrave; la nouvelle donne am&eacute;ricaine.</p>
<p>Depuis, la pr&eacute;occupation majeure des &Eacute;tats-Unis est le maintien de la paix et de la stabilit&eacute; dans le d&eacute;troit de Ta&iuml;wan. La d&eacute;fense de ces int&eacute;r&ecirc;ts s&rsquo;exprime par les engagements s&eacute;curitaires am&eacute;ricains &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Taipei. Mentionnons le Taiwan Relations Act (TRA), une loi promulgu&eacute;e en mars 1979, la politique officielle d&rsquo;apaisement poursuivie par chacune des administrations fond&eacute;e sur les &laquo; deux communiqu&eacute;s &raquo;<a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(5)<span>Le communiqu&eacute; sino-am&eacute;ricain de Shangha&iuml; du 27 f&eacute;vrier 1972 ; le communiqu&eacute; sino-am&eacute;ricain du 17 ao&ucirc;t 1982 devant progressivement mettre un terme aux ventes d&rsquo;armes &agrave; Ta&iuml;wan.</span></a>, ainsi que l&rsquo;engagement r&eacute;it&eacute;r&eacute; des &Eacute;tats-Unis &agrave; apporter un soutien militaire &agrave; l&rsquo;&icirc;le en cas de crise grave. Cette volont&eacute; fut manifest&eacute;e par l&rsquo;administration Clinton en 1996 lors du d&eacute;ploiement de deux porte-avions am&eacute;ricains dans le d&eacute;troit &agrave; l&rsquo;occasion de la tenue des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles ta&iuml;wanaises sous haute tension.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Le dilemme ta&iuml;wanais pour les liens nippo-chinois</h3>
<p>L&rsquo;article 8 de la d&eacute;claration de Postdam stipulait que le territoire du Japon serait limit&eacute; &agrave; ses quatre &icirc;les principales mais laissait de c&ocirc;t&eacute; la question &eacute;pineuse de savoir &agrave; quel pays serait r&eacute;troc&eacute;d&eacute;, selon les termes de la d&eacute;claration du Caire, l&rsquo;ensemble des territoires d&eacute;rob&eacute;s ou arrach&eacute;s &agrave; la Chine : les Pescadores (archipel des Peng-hu), la Mandchourie (en 1931) et Formose (en 1895). Rappelons d&rsquo;embl&eacute;e que le Japon n&rsquo;&eacute;tant pas signataire de ces d&eacute;clarations, seul le trait&eacute; de paix de San Francisco sign&eacute; en 1951 s&rsquo;impose dans les faits. Le d&eacute;but des relations entre le Japon et l&rsquo;&icirc;le de Ta&iuml;wan prit un tour nouveau avec la lettre (28 avril 1952) du Premier ministre japonais au Secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat am&eacute;ricain John Foster Dulles dans laquelle il annon&ccedil;ait que le Japon &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; conclure un trait&eacute; de paix avec le gouvernement du Kuomintang &agrave; Taipei, et &agrave; normaliser ses relations avec la Chine et l&rsquo;&icirc;le. Or, la principale lacune du trait&eacute; de San Francisco ayant &eacute;t&eacute; de ne pas nommer explicitement le pays auquel &eacute;tait reconnue la souverainet&eacute; de Ta&iuml;wan, cette ambigu&iuml;t&eacute; pr&eacute;figura la complexit&eacute; des relations entre le Japon et les deux gouvernements chinois antagoniques de l&rsquo;&eacute;poque. Cons&eacute;quence ou non du d&eacute;but de climat de Guerre froide en Extr&ecirc;me-Orient, il semble bien que cette ambigu&iuml;t&eacute; &eacute;tait voulue par la partie japonaise qui ne souhaitait pas se mettre &agrave; dos les deux gouvernements chinois rivaux. Plus tard, une position de suivisme &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des &Eacute;tats-Unis va se mettre en place comme le montre l&rsquo;attitude de Kakuei Tanaka en 1972 quand il d&eacute;clare qu&rsquo;en vertu des articles 2 et 3 du communiqu&eacute; nippo-chinois du 29 septembre 1972 <em>&laquo; le gouvernement japonais reconna&icirc;t le gouvernement chinois comme l&rsquo;unique repr&eacute;sentant l&eacute;gal de la Chine &raquo;</em>.</p>
<p>Pour mieux comprendre la sensibilit&eacute; de cette question pour Tokyo et P&eacute;kin, on peut rappeler plus r&eacute;cemment les campagnes anti-japonaises du mois d&rsquo;avril 2005. &Agrave; n&rsquo;en pas douter, la pr&eacute;tention du premier ministre Koizumi &agrave; se rendre quoi qu&rsquo;il advienne au temple de Yasukuni fut l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur des violentes manifestations chinoises. S&rsquo;il fut, politiquement parlant, impensable pour Junichiro Koizumi de se voir dicter sa ligne de conduite par P&eacute;kin, l&rsquo;obligeant vis-&agrave;-vis de l&rsquo;&eacute;lectorat conservateur &agrave; ne pas faire ce que la Chine lui demandait, il en va autrement des injonctions des &Eacute;tats-Unis. On peut, en effet, l&eacute;gitimement penser que cette instrumentalisation des manifestations traduisait l&rsquo;irritation de P&eacute;kin contre la d&eacute;claration conjointe nippo-am&eacute;ricaine de f&eacute;vrier 2005 qui affirmait explicitement la protection de l&rsquo;&icirc;le par les deux pays dans l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une attaque chinoise.</p>
<p>Derri&egrave;re la phras&eacute;ologie de la d&eacute;claration commune nippo-am&eacute;ricaine de 1996 qui stipulait que <em>&laquo; les b&eacute;n&eacute;fices de la paix et de la prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;manant de l&rsquo;alliance sont dus non seulement &agrave; la d&eacute;termination des peuples des deux pays mais aussi aux efforts intrins&egrave;ques accomplis afin d&rsquo;assurer la libert&eacute; et la d&eacute;mocratie &raquo;</em> <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(6)<span><em>US-Japan Joint Declaration on Security, Alliance for the Twenty-First Century,</em> minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res du Japon, Tokyo, 17 avril 1996.</span></a> les d&eacute;cideurs japonais cherchaient &agrave; persuader P&eacute;kin qu&rsquo;en aucune mani&egrave;re cette r&eacute;vision n&rsquo;interf&eacute;rait avec la question de Ta&iuml;wan. De m&ecirc;me avec les lignes directrices de 1997 qui laissaient un flou sur la port&eacute;e de cette r&eacute;vision en parlant d&rsquo;un support japonais aux forces militaires am&eacute;ricaines en cas de conflit dans les zones limitrophes du Japon comme requis, mais se refusait d&rsquo;y inclure Ta&iuml;wan. C&rsquo;est ainsi, par le resserrement des accords s&eacute;curitaires avec Washington, que la position japonaise a montr&eacute; un &eacute;tat d&rsquo;esprit nouveau, en ne se contentant plus seulement de r&eacute;agir mais en sugg&eacute;rant. Dans la m&ecirc;me veine, citons les propos de Shigeru Ishiba, ancien directeur de l&rsquo;Agence de D&eacute;fense, qui, s&rsquo;exprimant en 2003 au sujet de Ta&iuml;wan, expliquait <em>&laquo; qu&rsquo;il serait absurde d&rsquo;occulter Ta&iuml;wan des discussions sur la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Asie du Nord-Est &raquo;</em> <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(7)<span>Shigeru Ishiba, &laquo;Japan Claims Right to Hit Missiles Flying Post Nation&raquo;, <em>The Japan Times,</em> 23 juin 2003.</span></a>. N&rsquo;en d&eacute;plaise aux diplomates chinois, le Japon a accept&eacute; cette fois l&rsquo;ensemble des revendications am&eacute;ricaines au sujet de la d&eacute;fense de Ta&iuml;wan en &eacute;voquant l&rsquo;&icirc;le comme un enjeu s&eacute;curitaire commun <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(8)<span>Voir texte du comit&eacute; consultatif s&eacute;curitaire am&eacute;ricano-japonais (2+2) qui s&rsquo;est tenu le 19 f&eacute;vrier 2005 &agrave; Washington.</span></a>. Rappelons, &agrave; ce propos, que ce fut la premi&egrave;re fois depuis 1972, date de la visite de Koh Se-kai envoy&eacute; sp&eacute;cial de Taiwan &agrave; Tokyo, que le gouvernement japonais exprima clairement son intention sur cette affaire dans une d&eacute;claration. Comme le disait Cervant&egrave;s : <em>&laquo; Ceux qui jouent avec les chats ne doivent-ils pas s&rsquo;attendre &agrave; &ecirc;tre griff&eacute;s ? &raquo;</em></p>
<p>Si les &Eacute;tats-Unis s&rsquo;efforcent d&rsquo;entretenir un discours s&eacute;curitaire du <em>statu quo</em>, le r&ocirc;le jou&eacute; par le Japon n&rsquo;en comporte pas moins des priorit&eacute;s g&eacute;ographiques. Situ&eacute;es &agrave; plus de 400 kilom&egrave;tres &agrave; l&rsquo;est de Ta&iuml;wan en Mer de Chine orientale, la souverainet&eacute; sur les &icirc;les Senkaku <a href="#" onclick="return false" class="wp_infobulle">(9)<span>DiaoYuTai pour P&eacute;kin et Taipei.</span></a> est une autre pierre d&rsquo;achoppement entre Tokyo, P&eacute;kin et Taipei. En reconnaissant que le Japon apporterait son assistance aux &Eacute;tats-Unis en cas de conflit entre la Chine et Ta&iuml;wan, Tokyo a non seulement d&eacute;clench&eacute; l&rsquo;ire chinoise quant &agrave; une &eacute;ventuelle ing&eacute;rence dans ses affaires int&eacute;rieures mais a renforc&eacute; en Chine le sentiment d&rsquo;une promesse japonaise non tenue. P&eacute;kin n&rsquo;aura pas manqu&eacute; d&rsquo;appr&eacute;cier qu&rsquo;au mois de d&eacute;cembre 2006 l&rsquo;US Navy et les FMAD japonaises ont men&eacute; pendant une semaine leur exercice d&rsquo;entra&icirc;nement <em>(ANNUALEX 18)</em> le plus important de l&rsquo;ann&eacute;e &agrave; proximit&eacute; des &icirc;les Senkaku, et que Washington et Tokyo ne vont pas se r&eacute;soudre &agrave; des lignes directrices bis &eacute;largies, sachant qu&rsquo;au mois de f&eacute;vrier 2007, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, consid&eacute;r&eacute; comme pro-Taipei, et le vice-pr&eacute;sident am&eacute;ricain Dick Cheney se sont entretenus &agrave; Tokyo sur la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;archipel et ses menaces ext&eacute;rieures. Si Pyongyang occupa les neuf dixi&egrave;mes de leurs pens&eacute;es, on peut imaginer que leurs &eacute;changes ont port&eacute; sur la situation autour de Ta&iuml;wan. Que soit &eacute;voqu&eacute; aussi clairement le r&ocirc;le que Tokyo aurait &agrave; jouer dans l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;un conflit dans le d&eacute;troit est ind&eacute;niablement une nouveaut&eacute; pour l&rsquo;alliance nippo-am&eacute;ricaine. <a href="http://www.objectif-chine.com/?p=60052&amp;page=2">&#8230; Lire la suite &raquo;</a></p>
<p>
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		<title>Monde Chinois, revue de référence de l&#8217;Institut Choiseul</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2008 22:47:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>julithez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de coeur]]></category>
		<category><![CDATA[Monde Chinois]]></category>

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		<description><![CDATA[Connaissez vous Monde Chinois de l&#8217;Institut Choiseul ? 
Cr&#233;&#233;e en 2004 et dirig&#233;e jusqu&#8217;en 2007 par Jacques Baudouin, Monde Chinois est une revue de r&#233;f&#233;rence en langue fran&#231;aise enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; l&#8217;analyse des &#233;volutions &#233;conomiques, strat&#233;giques, politiques et culturelles de l&#8217;ensemble form&#233; par la R&#233;publique populaire de Chine, Ta&#239;wan, Hong Kong et Singapour. 
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			<content:encoded><![CDATA[<h3>Connaissez vous <em>Monde Chinois</em> de l&rsquo;Institut Choiseul ? <a href="http://www.choiseul-editions.com/revues-geopolitique-Monde-Chinois-13.html"><img width="158" border="0" alt="Monde Chinois" src="http://www.choiseul-editions.com/imgRevues/13_image.jpg" class="alignleft" /></a></h3>
<p>Cr&eacute;&eacute;e en 2004 et dirig&eacute;e jusqu&#8217;en 2007 par Jacques Baudouin, <em><strong>Monde Chinois</strong></em> est une revue de r&eacute;f&eacute;rence en langue fran&ccedil;aise enti&egrave;rement consacr&eacute;e &agrave; l&#8217;analyse des &eacute;volutions &eacute;conomiques, strat&eacute;giques, politiques et culturelles de l&#8217;ensemble form&eacute; par la R&eacute;publique populaire de Chine, Ta&iuml;wan, Hong Kong et Singapour. <br />
<span style="text-align: left;"><strong>Public :</strong> Chercheurs, universitaires, journalistes, cadres d&#8217;entreprises et de l&#8217;administration publique et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, un public averti int&eacute;ress&eacute; par les &eacute;volutions &eacute;conomiques, sociales et politiques du monde chinois. <br />
<strong>Directeur de la r&eacute;daction :</strong> Ren&eacute; Vi&eacute;net. </span></p>
<p style="clear: both;">&nbsp;</p>
<h4>Derniers num&eacute;ros :</h4>
<p><strong>Num&eacute;ro 10</strong> &#8211; <em>Printemps-Et&eacute; 2007 </em> Un monde chinois en transition <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-119-13-0.html">Un monde chinois&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 9</strong> &#8211; <em>Hiver 2006-2007 </em> Chine, les enjeux de la mondialisation <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-103-13-0.html">Chine, les enjeux&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 8</strong> &#8211; <em>Et&eacute;/automne 2006 </em> La Chine en Afrique <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-74-13-0.html">La Chine en&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 7</strong> &#8211; <em>Printemps 2006 </em> Diasporas chinoises <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-55-13-0.html">Diasporas&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 6</strong> &#8211; <em>Hiver 2005-2006 </em> Chine populaire : exorciser le mao&iuml;sme ? <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-54-13-4.html">Chine populaire :&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 5</strong> &#8211; <em>&Eacute;t&eacute;-Automne 2005 </em> La politique &eacute;trang&egrave;re de la RPC en Asie <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-53-13-4.html">La politique&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 4</strong> &#8211; <em>Printemps 2005 </em> Ta&iuml;wan-RPC : quelles fronti&egrave;res ? <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-52-13-4.html">Ta&iuml;wan-RPC :&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 3</strong> &#8211; <em>Hiver 2004-2005 </em> Les ONG chinoises dans le Yunnan <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-51-13-4.html">Les ONG chinoises&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 2</strong> &#8211; <em>&Eacute;t&eacute;-Automne 2004 </em> Les ambitions spatiales de la Chine <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-50-13-8.html">Les ambitions&#8230;</a></p>
<p><strong>Num&eacute;ro 1</strong> &#8211; <em>Printemps 2004 </em> Droit et politique de la concurrence dans le monde chinois <a href="http://www.choiseul-editions.com/revue-geopolitique-detail-Monde-Chinois-numero-49-13-8.html">Droit et&#8230;</a></p>
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<p><strong>L&#8217;Institut Choiseul</strong> pour la politique internationale et la g&eacute;o&eacute;conomie est un centre de recherche ind&eacute;pendant consacr&eacute; &agrave; l&#8217;analyse des relations internationales, des strat&eacute;gies et des rapports de force dans les domaines &eacute;conomiques, politiques et culturels internationaux. L&#8217;Institut Choiseul est pr&eacute;sid&eacute; par Pascal Lorot depuis 2003. <br />
L&#8217;Institut Choiseul participe &agrave; la politique &eacute;ditoriale de six revues sp&eacute;cialis&eacute;es, publi&eacute;es par son p&ocirc;le Choiseul Editions&nbsp;: <em>G&eacute;o&eacute;conomie, S&eacute;curit&eacute; globale, Maghreb-Machrek, Probl&egrave;mes d&#8217;Am&eacute;rique latine, Monde chinois, Politique am&eacute;ricaine, Nordiques</em>.</p>
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