La contestation des Jeux de Pékin trouve un nouveau souffle
February 21, 2008
La contestation des Jeux de Pékin trouve un nouveau souffle
PASCALE NIVELLE
Liberation
18 Feb 2008
Quelles nouvelles internationales dans la presse chinoise ? Madame Qian Wei, épouse de l’ambassadeur de Chine en France a reçu « des mains de Jean-Pierre Raffarin et au nom du président Sarkozy» le titre de commandeur des Arts et Lettres, lit-on dans… read more…
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Liste des chefs d’entreprises accompagnant le Président en Chine - N. Sarkozy en Chine
December 21, 2007
Sept ministres et secrétaires d’Etat et plus de quarante responsables et hauts dirigeants d’entreprises accompagnent le président de la République lors de son déplacement en Chine.
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Quarante et un chefs d’entreprises participent au voyage présidentiel :
-
Armand Albergel (Aria technologies),
Hubert Bazin (Gide Loyrette),
Giuliano Berretta (Eutelsat),
Pierre Bivas (Voltalis),
Isabelle Bouillot (China equity links),
Arnaud de Bresson (Paris Europlace),
Alain Blosseville (Terre de lin),
Fabrice Brégier (Airbus),
René Carron (Crédit Agricole),
Thierry Chambon (Cervin),
Jean-Marie Charpentier (Arte Charpentier),
Régine Charvet-Pello (RCP design global),
Michel Cicurel (compagnie financière Edmond de Rothschild Banque),
Pierre Clamadieu (Rhodia),
Thierry Dana (TD conseil),
Frank Dangeard (Thomson),
Olivier Darrason (Compagnie européenne d’intelligence stratégique),
Pierre Gadonneix (EDF),
Louis Gallois (EADS),
Philippe Germond (Atos origin),
Christian Girardeau (Citilog),
François Gourdon (Environnement SA),
Patrick Kron (Alstom),
Henri Lachmann (Schneider),
Michel Landel (Sodexho),
Anne Lauvergeon (Areva),
Daniel Le Coënt (Wirquin),
Sébastien Ledoux (Club des jeunes entrepreneurs France-Chine),
Gérard Le Fur (Sanofi-Aventis),
Christophe de Margerie (Total),
Gérard Mestrallet (Suez),
Charles Milhaud (Caisses d’Epargne),
Vianney Mulliez (Auchan),
Raphaël Palti (Altavia),
Pascale Perez (Richebourg),
Henri Proglio (Veolia),
Marc Restellini (Pinacothèque),
Franck Riboud (Danone),
Jacques Saadé (CMA-CGM),
Alexandre Sauvage (Leosphère)
Christophe Zellek (Techbois).
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26 Nov - Discours lors de la Conférence de presse conjointe avec Hu Jintao - N. Sarkozy en Chine
December 21, 2007
Déclaration du président de la République, M. Nicolas Sarkozy, lors de la Conférence de Presse conjointe avec le Président de la République Populaire de Chine, M. Hu Jintao, au Grand Palais du Peuple.
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(Pékin, 26 novembre 2007)
"Mesdames et Messieurs,
Avec le président, nous avons eu depuis hier, plusieurs heures de discussion substantielle. Je tiens d’abord à féliciter le président Hu Jintao pour sa réélection lors du XVIIème Congrès. Nous allons pouvoir travailler ensemble pendant les cinq prochaines années. J’ai invité le président Hu en France, pour une visite d’Etat en 2008, il a bien voulu accepter.
Je suis venu en Chine porteur de plusieurs messages. D’abord, la France veut construire avec la Chine un partenariat étroit tourné vers l’avenir, et ceci dans tous les domaines. Nous voulons progresser dans deux directions : la réciprocité comme principe, des progrès tangibles et concrets comme résultats. Je viens également en Européen avec un message européen : demain Pékin accueillera les représentants de l’Eurogroupe et mercredi, Messieurs Socrates, Barroso et Solana. Nous voulons progresser vers un nouvel accord de partenariat et de coopération entre l’Europe et la Chine. La France exerçant la Présidence de l’Union à partir de juillet 2008, elle jouera un rôle moteur. Enfin, j’ai voulu dire que le développement spectaculaire de la Chine est une chance pour le monde. Au fond, nous assistons à la plus grande aventure de modernisation de l’histoire de l’humanité. Ce développement est sans précédent par son ampleur et par sa rapidité. Naturellement, les Jeux Olympiques seront le point d’orgue de ce développement, et je viendrais avec plaisir pour répondre à l’invitation du président Hu.
La Chine a un statut de grande puissance mondiale, cela lui crée des responsabilités et des devoirs particuliers, dans tous les domaines, économique, politique, environnemental, c’est bien la raison pour laquelle j’ai proposé que le G8 devienne le G13. Le groupe des grandes nations du monde a besoin de la Chine. J’ai voulu placer au cœur de ma visite la question de l’environnement et du changement climatique, à quelques jours de la conférence de Bali. C’est la première fois que la Chine signe avec un Etat sur ce sujet, une déclaration conjointe, c’est extrêmement important. Nous souhaitons que la croissance chinoise évolue toujours avec une croissance forte mais décarbonnée et respectueuse de l’environnement, c’est l’intérêt de la Chine et c’est l’intérêt du monde. Nous sommes d’ailleurs prêts sur ce sujet avec transfert de technologies propres pour coopérer avec nos amis chinois. Ces nouvelles responsabilités chinoises devraient également s’exercer dans deux autres domaines internationaux.
Je pense d’abord à la relation entre les monnaies. Il faut arriver à des taux de change harmonieux et justes, qui bénéficieront à l’économie mondiale. Ceci implique, dans l’intérêt même de la Chine, d’accélérer l’appréciation de sa monnaie vis-à-vis de l’euro.
J’ai également évoqué la question de l’aide au développement de l’Afrique, l’engagement de la Chine en Afrique est bienvenu, mais cela ne doit pas se traduire par un nouvel endettement de ces pays alors que nous avons annulé leur dette. Sur le plan bilatéral, nous avons signé un grand nombre d’accords et de contrats, d’autres seront signés encore cet après-midi. Je remercie le président Hu pour son implication personnelle, nous sommes environ à 20 milliards d’euros de contrats, auxquels s’ajoutera une quinzaine de milliards pour l’usine de recyclage. Je suis particulièrement heureux des deux EPR et de la commande de 160 Airbus. Dans le domaine ferroviaire, j’ai insisté sur la pertinence pour le TGV Pékin-Shangaï du projet Alstom. J’ai voulu m’engager derrière les PME françaises qui veulent travailler en Chine.
J’ai souhaité le développement de nos relations harmonieuses avec le président ou sur des questions économiques comme la sécurité des investissements, la sécurité des produits, le respect de la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon. Nous allons faire de ces questions des thèmes de coopération plutôt que d’affrontements stériles. J’ai évoqué deux dossiers précis, ceux de Danone et Schneider, j’espère des progrès concrets dans la recherche de solutions amiables, avec le soutien des autorités de nos deux pays.
Nous avons également parlé du développement par la Chine d’un fond souverain de deux cent milliards de dollars susceptible d’investir en Europe. Je comprends que le président de ce fond est prêt à répondre à mes questions en venant en Europe. Il se rendra en France pour poursuivre son dialogue avec Christine Lagarde. J’ai proposé que la France et la Chine négocient un accord de gestion concertée des flux migratoires, car nous avons besoin d’étudiants chinois en France. Brice Hortefeux se rendra en Chine pour accélérer ce projet.
J’ai évoqué le nouvel engagement de la Chine sur les questions de sécurité internationale, j’ai félicité le président Hu pour les résultats obtenus sur la Corée du Nord, qui n’auraient pas pu être obtenus sans la Chine. Nous sommes convenus de travailler ensemble sur la Birmanie où Pékin a une influence importante sur la junte, sur l’Iran, où nous avons réaffirmé l’unité des Six et de la communauté internationale face à la crise nucléaire, sur le Darfour et sur le Tchad où j’ai remercié la Chine de son engagement pour persuader le gouvernement soudanais de trouver une solution.
Enfin, le président Hu a évoqué la question de Taiwan. Sur Taiwan, la position de la France est claire. Il n’y a, du point de vue français, qu’une seule Chine et Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. J’observe que ceci est d’ailleurs reconnu par l’immense majorité de la communauté internationale. Les aléas de l’histoire ont conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui, cette question doit être résolue par la négociation. Pour la France, toute remise en cause du statu quo par une initiative unilatérale doit donc être évitée car toute initiative unilatérale serait une grave erreur. Il faut promouvoir le dialogue, la coopération et la stabilité de la région. La France est donc fermement opposée au projet de référendum sur une adhésion aux Nations unis sous le nom de Taiwan. C’est une initiative inutile donc regrettable, je souhaite qu’elle ne soit pas poursuivie. Pour la France, il n’y a qu’une Chine, la France n’est donc pas favorable à l’indépendance de Taiwan.
Nous avons également évoqué la question des Droits de l’Homme. J’ai relevé les progrès depuis trente ans dans ce domaine et rappelé l’attachement de la France à des progrès supplémentaires, en particulier pour l’Etat de droit dans le domaine judiciaire, l’activité des journalistes et la peine de mort. J’ai rappelé les attentes sur une accession de la Chine au pacte sur les droits civils et politiques de l’ONU.
Je vais maintenant poursuivre ma visite avec d’autres rencontres avec le Premier ministre, Wen Jiabao, avec la communauté française et puis je me rendrai à Shanghai. En conclusion, je souhaite remercier le président, le gouvernement et le peuple chinois, au nom de toute la délégation française pour l’accueil exceptionnel qui nous a été réservé, pour la franchise, la liberté et l’intérêt de nos rencontres.
Alors, Monsieur le Président, rendez-vous à Pékin au mois d’août pour la cérémonie d’ouverture. Je dois quand même vous faire un aveu, votre invitation aux Jeux Olympiques, ce n’est pas très difficile de l’accepter. Je crois que, si vous ne m’y aviez pas invité, j’y serais allé quand même !
Merci beaucoup."
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La presse en parle - la première visite du Président Sarkozy en Chine
December 15, 2007
Le président français Nicolas Sarkozy accompagné de 7 ministres et de 40 chefs d’entreprise, se rend en Chine ce dimanche.
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"Nous voulons traiter franchement les sujets qui fâchent mais dans une approche constructive", y compris la question des droits de l’homme, confirme-t-on à l’Elysée.
Cinq thèmes seront prioritaires :
l’environnement, un sujet qui divise. Nicolas Sarkozy prononcera mardi à l’université Tsinghua de Pékin un discours sur l’environnement, et proposera à la Chine une coopération en matière de technologies propres.
les "relations économiques harmonieuses" : question des monnaies et du cours du yuan, la propriété intellectuelle et la lutte contre les contrefaçons , les fonds souverains, la sûreté des produits exportés, la protection des investissements étrangers et le rééquilibrage des échanges.
les échanges commerciaux
le rôle de la Chine sur la scène internationale
l’impact de l’aide financière sans conditions de Pékin aux pays d’Afrique (notamment contre des matières premières). "Nous avons massivement annulé la dette des pays africains. Nous espérons que ce travail ne va pas être réduit à néant par l’irruption de la Chine", explique l’Elysée.
Est prévue la signature d’importants contrats, notamment dans l’électronucléaire (Areva) et le transport aérien (Airbus).
Nicolas Sarkozy ne suscitera-t-il qu’une écoute polie de ses interlocuteurs, comme l’estime Valérie Niquet, spécialiste de la Chine à l’IFRI ? (Cf. ci-dessous)
Pour plus d’informations, consultez la revue de presse ci-dessous en cliquant sur les images des articles :
Sarkozy en Chine : 10 milliards d’euros de contrats en vue
Les Echos
23 Nov 2007
Lors de la première visite d’Etat qu’il entame dimanche en Chine, Nicolas Sarkozy compte établir « une relation forte, au moment où les relations entre Pékin et certains pays occidentaux ont tendance à se tendre ». Accompagné d’une délégation… read more…
Le défi de Sarkozy en Chine
Les Echos
23 Nov 2007
AldaevnetilSleardkeolzayveisniteCdhuinper, élseissentiments d’incertitude − si ce n’est d’inquiétude − l’emportentà Pékin. La relation franco-chinoise a longtemps été qualifiée de particulière, si ce n’est de privilégiée. Le général de Gaulle, en… read more…
Sarkozy va en Chine plaider pour « l’harmonie »
De notre envoyé spécial à Xi’an
Le Figaro
24 Nov 2007
DIPLOMATIE Le chef de l’État entame, demain, une visite d’État de trois jours dans un pays qui l’attend avec quelque appréhension. PARENTHÈSE internationale bienvenue après la crise des grèves, Nicolas Sarkozy s’envole aujourd’hui pour sa première… read more…
MAIS ENCORE…
Sanofi signerait un accord pour une usine de vaccins dans le cadre de la visite du Président Gérard Le Fur, directeur général du numéro quatre mondial de la pharmacie, Sanofi-Aventis devrait signer mardi un accord en Chine pour la construction d’une nouvelle usine de vaccins antigrippaux, avec le maire de Shenzhen, Xu Zingheng. Sanofi-Aventis (vaccins : Sanofi Pasteur) possède déjà trois usines de production de médicaments en Chine (Shenzhen, Pékin et Hangzhou).
- Interview Vidéo, "Visite du Président Sarkozy en Chine : ce qu’attendent les jeunes entrepreneurs français en Chine", par Jérôme Plan, pour Aujourd’hui la Chine.com, le 24/11/2007.
Vice-président de la Jeune Chambre Economique des Français de Pékin, il a fondé la Hutong School une école de langues. Il fait partie d’une génération de jeunes entrepreneurs français installés en Chine qui attend beaucoup de Nicolas Sarkozy… Voir la vidéo Ici, le 24/11/2007]
" Dossier Spécial sur la visite de Nicolas Sarkozy en Chine", le 24/11/2007 à 8h11 par AFP, sur aujourdhuilachine.com
"Lettre à Nicolas", Benoit Boisseuil, Lustintranslation
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Radio86 - Visite de Nicolas Sarkozy en Chine : quelles attentes ? par André Chieng
December 15, 2007
Notre partenaire Radio86 propose en audio Ici le point de vue d’André Chieng, avant la visite de Nicolas Sarkozy en Chine.
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André Chieng est Président de l’Asiatique européenne de commerce et vice-président du Comité France-Chine. Il est également l’auteur de "La pratique de la Chine, en compagnie de François Jullien" publié aux éditions Grasset.
"Cette semaine, Nicolas Sarkozy effectue sa première visite d’Etat en qualité de Président de la République en Chine. L’accueil est exceptionnel : dîner avec le Président chinois, puis le lendemain avec le Premier Ministre, coups de canon sur la Place Tian An Men, discours devant les étudiants de la prestigieuse Université Tsinghua, Nicolas Sarkozy aura droit au grand jeu ! Mais au-delà du protocole, que faut-il attendre de cette visite ?
Que faut-il attendre de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine ? La réponse convenue est de dire : renforcer l’amitié entre les deux peuples. Certes. Mais un autre enjeu me paraît éminemment important : renouveler son image.
Pour les Chinois, les Français sont des romantiques, ce qui rime avec sympathique, mais pas nécessairement avec scientifique ou technologique. Il est important que les Chinois sachent que la France est aussi le pays le plus avancé au monde dans le nucléaire, l’aéronautique ou le ferroviaire. Que la France, ce n’est pas seulement la Tour Eiffel, le pont Mirabeau et les croissants chauds qu’adorait Deng Xiaoping, mais aussi Airbus, Areva et Alstom. Jacques Chirac le disait déjà, il ne faut pas craindre de le marteler.
Et les Chinois, que peuvent-ils espérer de cette visite ? Sans doute aussi que leur image change dans le monde. Les Chinois d’aujourd’hui sont comme les Indiens dans les westerns américains des années 50 : ils représentent le mal et deviennent des boucs émissaires commodes. La vraie cause des déficits américains est l’insuffisance d’épargne aux Etats-Unis et ce sont les banques américaines qui ont plongé le monde dans la crise du sub-prime, mais rares sont les critiques proférées à l’encontre de l’Oncle Sam. En revanche, pas un économiste qui ne crie au scandale devant la fameuse sous-évaluation du yuan chinois. Dans le domaine de la protection du consommateur, le vrai responsable de la crise des jouets est la négligence de Mattel, mais c’est la fabrication en Chine qu’on accuse. En politique internationale, le monde entier hurle contre la Chine dès qu’une crise éclate quelque part du Soudan au Myanmar. Mais quand l’intervention de la Chine permet de faire avancer les choses, comme en Corée du Nord, personne ne lui en sait gré.
En quoi la visite de Nicolas Sarkozy peut-elle changer les choses ? Dans un domaine important dont le président français s’est aussi fait le champion : la protection de l’environnement. En effet, c’est un domaine où le partenariat est indispensable, où tous les pays du monde, y compris la Chine, doivent faire des efforts pour parvenir à un but commun : le sauvetage de la planète. Il ne s’agit pas de donner des leçons aux Chinois, mais de leur proposer une alliance sur un problème planétaire, ce qui ne pourra se faire qu’en les considérant comme des partenaires normaux. Les Chinois ne demandent rien de plus."
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Xinhua - Interview du Président Sarkozy à la veille de son départ
December 15, 2007
Le président français Nicolas Sarkozy a accordé vendredi une interview par écrit à l’agence de presse Xinhua, à la veille de son départ :
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Monsieur le Président, ce voyage à Pékin sera votre première visite en Chine depuis votre élection, ce sera donc un grand événement dans l’histoire des relations entre nos deux pays. Pourriez-vous nous dire ce que vous attendez de cette visite ? Quels messages voulez-vous passer au peuple chinois ?
Cette visite en Chine est mon premier déplacement en Asie depuis mon élection à la Présidence de la République. Ce que je veux dire au peuple chinois, c’est que la France est plus que jamais engagée aux côtés de la Chine. Elle suit une ligne claire sur l’unité de la Chine.
La France a confiance dans le développement de la Chine. Je veux que ce développement soit une chance pour elle-même et pour le monde. Face aux défis d’aujourd’hui, la France et la Chine partagent une même volonté de paix, de prospérité et d’harmonie. C’est dans cet esprit que j’entends travailler avec mon homologue chinois, et nous avons beaucoup à faire ensemble, qu’il s’agisse de l’environnement, des relations économiques ou de notre contribution à la sécurité dans le monde.
En accédant à la puissance, la Chine a naturellement vocation à assumer des responsabilités croissantes. C’est dans cet esprit que j’ai proposé d’élargir le G8 pour y inclure en particulier la Chine.
Vous avez défini le cadre de la politique étrangère de la France lors de la conférence des ambassadeurs à Paris au mois d’août de cette année. Comment voyez-vous les relations politiques et économiques entre nos deux pays ?
La relation franco-chinoise est caractérisée par une amitié et une confiance exceptionnelles. J’y suis profondément attaché. Le partenariat stratégique global franco-chinois est une donnée majeure de la politique étrangère de la France. Il est fondé sur la coopération et le respect mutuel. Il a vocation à couvrir tous les champs de coopération économique, scientifique, culturel. C’est une volonté politique. Mais ce qui est encore plus important, c’est que les Français et les Chinois se rencontrent, travaillent ensemble. 600.000 Chinois ont visité la France l’année dernière, et ce courant va croître encore. La création contemporaine chinoise suscite l’enthousiasme en Europe. Ce sont des signes forts de la modernité de nos relations.
Ce que je souhaite pour les années à venir, c’est que nos relations prennent un tour concret, avec des résultats tangibles pour nos deux peuples. Au-delà des secteurs traditionnels, je propose par exemple un nouveau champ de coopération sur l’environnement.
La croissance chinoise, son émergence comme puissance, suscitent l’admiration, mais aussi des interrogations. Mon souhait est de transformer ces questions en autant de thèmes de coopération entre nous.Ces relations doivent naturellement se développer dans le cadre européen. La France présidera l’Union européenne en 2008 lors du sommet Union européenne/Chine.
Selon vous, quels sont les efforts que nos deux pays doivent déployer pour parvenir à une coopération gagnant-gagnant ? Comment voyez-vous l’avenir du partenariat global stratégique ?
La réciprocité et la coopération doivent être au cur de notre action. Je souhaite que notre partenariat progresse encore dans ce sens. Nous devons renforcer nos projets en cours ( nucléaire, aéronautique, ferroviaire, par exemple). Dans le domaine économique, le développement de coopérations gagnant- gagnant suppose que les conditions d’une confiance durable sont réunies. Je souhaite créer les conditions de relations économiques harmonieuses. En particulier, les entreprises des deux pays doivent pouvoir compter sur le respect des engagements contractuels, sur des cadres législatifs, efficaces et impartiaux, ainsi que sur un système performant de protection de la propriété intellectuelle.
C’est à mon sens une priorité commune pour nos deux pays. Il est essentiel d’encourager les entreprises des deux pays à travailler ensemble. Cela s’adresse bien sûr aux grands groupes, mais aussi aux PME, qui offrent des technologies et des savoir- faire de premier plan. Je suis heureux aujourd’hui d’accompagner quelque 200 PME françaises dans leurs premiers contacts, et je l’espère, le développement de leurs premiers partenariats, avec la Chine.
Enfin, je souhaite que nos échanges scientifiques soient eux aussi tournés vers l’avenir. Je viens en Chine avec dix jeunes chercheurs français de grand talent qui travaillent déjà avec la Chine.
Monsieur le Président, vous êtes très attentif à la question de l’environnement. Selon vous, comment un grand pays en développement comme la Chine, avec une population nombreuse, peut- il résoudre les contradictions entre le développement de son économie et la protection de l’environnement ? Comment la France et la Chine peuvent-elles renforcer leur coopération dans ce domaine ?
C’est un défi qui concerne tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement. La clé réside dans le développement durable, c’est-à-dire dans un modèle de croissance plus respectueux de l’environnement et de l’homme, une croissance rapide, mais décarbonée. Notre responsabilité pour nos populations et pour les générations futures est d’adapter nos appareils industriels et de promouvoir un changement des comportements de chacun. C’est bien sûr très long. La France vient juste de faire sa révolution verte : après un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés et de la société civile, nous sommes parvenus à un consensus : le développement durable sera au cur de nos stratégies économiques et sociales. Ce qui peut sembler au départ une contrainte devient une chance de progrès collectif.
La Chine se développe à un rythme spectaculaire. Je sais que les dirigeants chinois veulent trouver les voies d’une croissance plus respectueuse de l’environnement. L’environnement, c’est à la fois un sujet pour les Chinois eux-mêmes et une affaire planétaire. La France consacrera au travers de l’AFD plus de 150 millions d’euros par an à la réalisation de projets d’infrastructures propres en Chine. Nos entreprises vont contribuer elles aussi par leurs investissements, par le transfert de leur savoir-faire, par leur implication dans des projets de développement propre à l’amélioration de la situation en Chine. Les entreprises françaises, dont de nombreuses PME, s’engagent dans l’ensemble des provinces de Chine, où elles ont tissé des liens solides. Je souhaite, au cours de ma visite, établir un grand partenariat avec la Chine dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. C’est l’objet de la déclaration que nous allons adopter sur ce thème.
Depuis votre entrée à l’Élysée, la diplomatie française est très dynamique, et la France fait entendre sa voix sur tous les points chauds de l’actualité internationale. Selon vous, quelles sont les questions les plus brûlantes auxquelles le monde doit faire face, et comment peut-on les résoudre ?
En ce début de XXIème siècle, la communauté internationale est confrontée à de nouvelles menaces : prolifération des armes de destruction massive, terrorisme de masse, criminalité organisée. Il y a aussi un bouleversement des équilibres économiques qui accroît la méfiance à l’égard de la globalisation, l’apparition de crises financières, qui pourraient se reproduire si les États ne choisissaient pas de mener une action résolue et concertée en faveur de la transparence et de la régulation des marchés internationaux, ou encore la question de l’immigration non maîtrisée. Nous avons aussi face à nous des risques majeurs auxquels nous sommes les premiers à être confrontés dans l’histoire de l’humanité, par exemple le réchauffement climatique, ou la pérennité des approvisionnements énergétiques.
La Chine et la France sont membres permanents du Conseil de sécurité. Ceci nous confère des responsabilités et des devoirs : agir pour la paix et la sécurité et dépasser nos intérêts immédiats.Face aux crises, nous devons travailler ensemble. La Chine s’engage sur la Corée du nord, la Birmanie, l’Iran. C’est un développement positif. Au Moyen Orient, quatre crises simultanées se développent. S’agissant du conflit israélo-palestinien, la seule solution satisfaisante est d’établir deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Il est indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix. C’est ce que nous essayons de faire à Annapolis, où se rend Bernard Kouchner. La France est passionnément attachée à la liberté et la souveraineté du Liban. Nous souhaitons que les Libanais élisent démocratiquement un Président en qui ils se reconnaîtront. Quant à la tragédie de l’Irak, elle ne peut pas nous laisser indifférents. C’est une nation qui se défait dans une guerre civile sans merci. Il n’y aura de solution que politique et cette solution passe par un processus de réconciliation nationale et un horizon clair de retrait des troupes étrangères.
Le dossier capital pour la communauté internationale est celui de l’Iran. Pour la France, un Iran doté de l’arme nucléaire est inacceptable. Ce qui se passe est un facteur grave de déstabilisation. La France est déterminée à poursuivre la politique décidée à Six, avec la Chine, alliant sanctions croissantes, mais aussi ouverture si l’Iran choisit de respecter ses obligations. Nous lui proposons la coopération et la paix. Les solutions qui émergent sur la Corée du Nord conduisent à la renonciation au nucléaire militaire et la fermeture des installations de Yongbyon. Ceci montre, après le renoncement de la Libye aux armes de destruction massive, qu’il existe un chemin s’il y a une volonté. La France compte beaucoup sur l’engagement et la fermeté de la Chine sur le dossier iranien.
Enfin, la Birmanie doit trouver un nouvel avenir après la crise récente. La situation actuelle, faite de répression et de sous développement est indigne, alors que ce pays devrait suivre ses voisins dans la voie du progrès. Il faut soutenir la mission de l’ONU, une démocratisation rapide et la libération des prisonniers politiques.
Pour vous, la construction européenne constitue la priorité des priorités de la diplomatie française, et vous avez personnellement beaucoup contribué à résoudre la crise institutionnelle de l’UE. Avec l’approfondissement de la globalisation, les relations de coopération entre l’UE et la Chine sont de plus en plus étroites. Quelles sont vos vues sur le développement de ce partenariat ?
Les relations entre l’UE et la Chine se développent rapidement. Elles doivent évoluer vers un partenariat stratégique global. L’Union européenne est déjà le premier partenaire commercial de la Chine. Il faut aller plus loin. C’est pour cette raison que l’Union européenne et la Chine ont lancé la négociation d’un nouvel Accord de partenariat et de coopération qui prévoit une coopération renforcée dans tous les domaines. Le sommet Union européenne/Chine se tiendra dans les prochains jours à Pékin. J’ai confiance dans la présidence portugaise de l’Union européenne, dans la Commission et dans Javier Solana pour faire progresser ce grand projet. Nous devons aussi faire progresser notre dialogue sur les questions de change. Je souhaite des relations harmonieuses et justes entre les grandes devises, l’Euro et le dollar, le Yuan et le Yen. C’est une condition de l’équilibre des relations internationales. Le premier dialogue entre la Chine et les Européens sur cette question, mardi prochain, est fondamental pour progresser.
En 2008, la France présidera l’Union européenne. Mon ambition est de faire de 2008 une grande année euro-chinoise, et, au-delà, entre l’Europe et l’Asie, grâce au sommet de l’ASEM, qui se tiendra à Pékin.
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25 Nov. - Vidéo et discours lors du gala de la CCIFC et remise du Prix PME 2007 - N. Sarkozy en Chine
December 15, 2007
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Allocution du Président de la République M. Nicolas Sarkozy, à l’occasion du dîner de gala de la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-chinoise et remise du prix "PME" de la CCIFC.
(Pékin, 25 novembre 2007)
"Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis d’être avec vous ce soir, à la fin de cette première journée en Chine, et de retrouver avec vous le visage de la France qui entreprend, de la France qui innove, de la France qui réussit, en Chine et dans le monde.
Je veux remercier la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-chinoise et sa présidente, Mme de Kermadec-Bentzmann, pour ce dîner de gala qui nous permet de nous retrouver, avec nos amis chinois, pour célébrer notre partenariat économique.
Je viens de m’entretenir avec le président Hu Jintao, et je lui ai dit à quel point la France tenait au lien privilégié qu’elle entretient avec la Chine. Un lien fort, entre deux pays à l’histoire si ancienne ; un lien politique étroit, une relation économique dynamique, grâce aux efforts que vous tous vous déployez chaque jour.
Je suis venu dire aux dirigeants et au peuple chinois que la France est plus que jamais engagée aux côtés de la Chine, que nous avons confiance dans son avenir, dans son développement, dans son progrès politique, économique, scientifique, dans son insertion harmonieuse dans ce monde du XXIème siècle qu’elle contribue à façonner. Le développement de la Chine, c’est une chance d’abord pour elle, et qui pourrait demander à un pays d’un milliard 300 millions d’habitants de ne pas se développer. C’est une chance pour le monde. Je suis venu à Pékin déterminé à renforcer notre coopération et notre partenariat et dire à la Chine que nous avons besoin d’elle pour régler des crises telles que celles de l’Iran, du Darfour, de la Corée du Nord, que nous avons besoin de la Chine pour trouver des solutions aux problèmes globaux auxquels le monde est confronté.
La Chine, grande puissance économique.
La Chine est engagée dans la plus grande aventure de modernisation de l’histoire de l’humanité. On n’a jamais vu cela, ni par sa rapidité, ni par son ampleur. Ceux qui ont connu la Chine il y a vingt ans ne la reconnaissent pas. Il est particulièrement impressionnant de voir à quel point le peuple chinois, qui plonge ses racines dans une histoire aussi ancienne, est capable de porter cette histoire et de porter l’avenir.
La Chine joue désormais un rôle essentiel, essentiel sur la scène économique mondiale. Elle est devenue en vingt ans une puissance commerciale, une puissance industrielle, une puissance financière, une puissance monétaire. La Chine, à elle seule, modifie par sa seule existence les équilibres du monde. Accéder à ce nouveau statut d’acteur mondial majeur, implique, c’est ce que j’ai dit à nos amis chinois, des droits et également des responsabilités, et donc des devoirs.
Je crois que la Chine l’a bien compris : la croissance chinoise ne doit pas et ne peut pas se faire au prix d’une dégradation de l’environnement mondial, de l’épuisement des ressources naturelles, d’un réchauffement accéléré de la planète. Sinon, à quoi bon se développer ? La question du développement durable n’est pas un gadget, ce n’est pas une étiquette écologique que l’on colle à certains projets. La question du développement durable est au cœur d’une révolution des mentalités. En France, autour de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Koscusko-Morizet, nous avons créé un grand ministère du Développement durable. Nous avons lancé cette grande consultation démocratique qu’on a appelée le "Grenelle de l’Environnement", que Jean-Louis a conduit avec beaucoup d’intelligence. Et dans le même temps, j’observe que le XVIIème congrès du Parti communiste chinois a mis en avant le thème du développement durable. Je souhaite convaincre la Chine d’accorder à la question de l’environnement et du changement climatique une priorité comparable à la nôtre. D’ailleurs, la France sera beaucoup plus crédible pour être entendue qu’elle donne l’exemple, non pas le contre-exemple. Loin d’être une contrainte, le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique sont des opportunités de croissance et de modernisation.
Nous devons avec la Chine relever le défi des matières premières. La Chine, à elle seule, représente aujourd’hui la moitié des importations mondiales de minerai de fer. Mais si elle suit le même mode de croissance que la Corée du Sud il y a quelques années, en 2020, ces importations seraient multipliées par quatre. Quant aux importations de pétrole, elles seraient multipliées par vingt à la même date. Ce que cela veut dire, c’est que la Chine ne pourra pas se développer de la même façon que la Corée du Sud, la France ou le Royaume-Uni en leur temps. Cela ne veut pas dire que la Chine se développera moins, cela ne veut pas dire que la Chine consommera moins, cela ne veut pas dire que les Chinois vivront moins bien, cela veut dire qu’il faut aider les Chinois à inventer dès le départ, dès la première étape, un modèle de croissance durable.
Nous sommes tous face à cet extraordinaire défi. J’ai bien conscience que c’est un défi qui peut nous opposer comme c’est un défi qu peut nous unir. Je veux dire que la France souhaite que ce défi nous unisse à la Chine.
Nous aurons le même problème de ressources et les solutions, il va bien falloir les trouver ensemble. J’ai voulu venir en Chine avec des entreprises spécialisées dans les technologies d’économie d’énergie, dans le recyclage, dans les énergies et les matériaux renouvelables. Ce sont beaucoup de PME, parce qu’il est dans l’intérêt de la Chine et de la France qu’elles puissent exercer leur savoir-faire en Chine, y fonder des filiales, y exporter leurs produits car leur action fondera le socle même d’une croissance durable dans nos deux pays.
J’ai abordé avec le président Hu Jintao la question monétaire. Comme je l’ai dit au président des Etats-Unis, comme je le dirai demain au Premier ministre Wen Jiabao : selon moi, un grand pays doit avoir une monnaie forte. Je souhaite convaincre que l’harmonie mondiale à laquelle la Chine est particulièrement attachée doit se traduire par un équilibre juste entre les grandes monnaies, qu’il s’agisse du dollar, de l’euro, du yen ou du yuan. La Chine a donc un rôle important à jouer, en concertation avec les autres acteurs, pour ne pas laisser s’accumuler les déséquilibres jusqu’au point où nous nous ne saurons plus comment nous en sortir. Entre amis, entre partenaires, on a le devoir de se parler et le devoir de se comprendre. Et je suis très heureux que les Européens puissent en discuter ouvertement avec la Chine pas plus tard que mardi prochain avec M. Juncker, président de l’Eurogroupe, le Commissaire européen Almunia et M. Trichet. Je me suis entretenu avec tous pour harmoniser nos discours. Je veux d’ailleurs que l’on comprenne que c’est le rôle d’un homme d’Etat que de parler des équilibres monétaires. Le marché, c’est capital, mais il est important aussi que nous prenions en charge les déséquilibres monétaires..
Une grande puissance économique telle que la Chine, qui sera bientôt la première puissance commerciale, a tout intérêt au respect des règles du jeu du commerce mondial. Je souhaite convaincre la Chine de poursuivre et de concrétiser les efforts qu’elle a engagés en termes de protection de la propriété intellectuelle, de sécurité des produits, de gouvernance économique, à l’heure où la Chine se dote de Fonds d’investissement public à vocation internationale, en termes d’ouverture réelle au commerce mondial et aux investissements étrangers. Ceci est au cœur, d’un mot qui me tient particulièrement à cœur, qui est le mot réciprocité. Je souhaite des relations mutuellement bénéfiques. Ces efforts, je suis persuadé que la Chine est prête à les faire. La Chine ne manque pas de motivation. La Chine est prête à accepter ces responsabilités. La Chine ne manque pas de courage. Toutes ces questions, j’en suis conscient, pourraient devenir des sujets de polémiques et d’inquiétudes. Mais je souhaite avec Christine Lagarde, qu’ils deviennent des sujets de coopération et de dialogue, avec le souci d’avancer ensemble. C’était au cœur de nos entretiens avec le président chinois. Je souhaite également que l’Union européenne s’engage sur ces questions. Le sommet Union européenne/Chine mercredi prochain sera de ce point de vue important. Je m’y attacherai pendant la présidence française en 2008.
Rôle des entreprises françaises implantées en Chine
J’ai personnellement tenu à ce que mon voyage en Chine et le forum organisé par UbiFrance, Monsieur le Président, puissent se dérouler au même moment. Je souhaitais avoir ce contact direct avec vous tous, pour vous dire ma détermination à soutenir les entrepreneurs qui s’engagent en Chine.
On dit parfois qu’entre la France et la Chine, la relation économique bilatérale n’a pas la même intensité, la même ampleur, que notre relation politique. Je crois que ce n’est pas exact.
Comme souvent, les chiffres donnent lieu à des interprétations. Alors, c’est vrai, notre déficit commercial se creuse. Les réformes engagées en France visent précisément à donner à nos entreprises les moyens de se développer, d’être plus fortes et plus compétitives, en particulier les PME. Hervé Novelli, qui m’accompagne ici, y consacre toute son énergie.
Depuis six mois, Mesdames et Messieurs, nous avons fait des réformes profondes pour la compétitivité de notre économie. J’ai parfaitement conscience que nous n’en sommes qu’au début. Cela va donc continuer. Nous avons allégé la fiscalité du travail pour encourager le travail. Nous avons réformé l’université pour lui permettre de mener librement sa stratégie et de nouer des partenariats avec les entreprises. Nous avons porté à 30 % le crédit impôt recherche : il n’y a pas une économie qui fait davantage, je le dis aux entrepreneurs français et chinois, l’Etat en France vous rembourse désormais 30 % de vos dépenses de recherche - développement. C’est désormais l’un des régimes les plus attractifs au monde. Et nous allons continuer. Nous allons réformer le droit du travail dont la rigidité est un frein à l’embauche et à l’investissement. Nous allons investir 5 milliards d’euros en 5 ans dans nos universités et augmenter de 25 % notre effort de recherche.
La France est en marche. Je n’oserai pas dire que la France s’est éveillée, mais je peux vous assurer en tous cas qu’elle est bien réveillée, la France. Parfois, il faut trouver le bon équilibre. En tout cas, la France prête à accueillir les investisseurs chinois, dès lors bien sûr que les règles de l’investissement étranger seront les mêmes dans chacun de nos deux pays. J’ai eu l’occasion de parler de certains dossiers avec le président chinois.
Je crois que rien ne serait plus erroné que de se refermer sur nous-mêmes. Il y a huit siècles la plus grande puissance économique du monde était ici. Elle avait la maîtrise des technologies les plus avancées, une administration parfaitement organisée, une formation de ses élites de très haut niveau. La Chine avait un appétit d’ouverture vers le monde, elle lançait sur les mers les grandes expéditions navales jusqu’au Moyen-Orient et en Afrique.
Et la Chine ne s’est fait dépasser que lorsqu’elle a mis fin à cette ouverture au monde, et qu’elle s’est en conséquence coupée de toute influence étrangère. Si la France et l’Europe font aujourd’hui le choix de la fermeture et du repli, le même sort les attendrait.
Je veux que la France tire pleinement parti de la formidable croissance chinoise. Nous devons jouer à plein la complémentarité de nos économies. La complémentarité, cela ne veut pas dire les services en France et l’industrie en Chine. Je le dis comme je l’ai dit au Creusot ou à Charleville-Mézières, je crois en l’avenir industriel de la France, l’industrie nucléaire, l’industrie aéronautique, si bien représentées dans les contrats qui seront signés demain, sont d’excellents exemples que l’industrie c’est aussi possible chez nous.
Mais nous devons aussi savoir développer en France toute la valeur ajoutée qui prépare et qui complète la fabrication d’un produit en Chine. Je pose la question ; pourquoi les ports français n’ont-ils pas su profiter de l’incroyable développement du trafic qui part de Shanghai ou Hong Kong ? Il y a quand même un problème. Il va falloir s’en occuper. Et bien nous allons nous en occuper.
Je suis aussi heureux d’intervenir devant vous parce vous démontrez que les marchés émergents ne sont pas qu’une affaire de grands groupes et de contrats à plusieurs milliards. On en a besoin quand même, jusqu’à demain, il faut être prudent, mais enfin vous démontrez qu’au XXIème siècle l’esprit d’entreprise ne s’arrête pas à une frontière ni à un continent.
J’ai voulu venir en Chine avec des PME, pour montrer que l’appui de l’Etat s’adresse à toutes les entreprises et qu’il faut redresser notre commerce extérieur, et que le redressement de notre commerce extérieur passe par les PME, par. des PME profitables, solides pour affronter un marché comme celui-ci, immense, et culturellement si différent et parfois complexe.
Je veux que le goût du risque, le goût de la réussite amène ici des milliers d’entreprises françaises. Et la réussite ce n’est pas un défaut, c’est une qualité. Je sais que vous partagez ce goût et que vous comprenez cette ambition.
La présence française en Chine a progressé ces dernières années. Le chiffre d’affaires que vous réalisez sur place, ici en Chine avec près de 1 800 implantations françaises, a représenté, en 2006, 20 milliards d’euros, soit deux fois et demie la valeur de nos exportations directes. C’est considérable. Chaque fois qu’une Citroën C-Triomphe, un modèle purement chinois, sort d’une usine chinoise, chaque fois qu’un consommateur chinois fait ses courses chez Auchan, chaque fois qu’un hélicoptère franco-chinois est vendu, que les joint-ventures que vous avez créés ici remportent des contrats, c’est de la prospérité supplémentaire pour nos entreprises en France, ce sont aussi des emplois d’ouvriers, d’ingénieurs, de techniciens, de commerciaux, qui sont créés en France. Dans ce grand pays, nous la France, avec nos grands groupes, nos PME, nos entrepreneurs, nous avons réussi à trouver notre place.
En 2010, se tiendra l’exposition universelle de Shanghai. Nous devons ensemble affirmer la présence de la France en Chine. Je compte sur nos entreprises, en particulier les plus grandes, pour contribuer au succès du pavillon français. C’est une façon élégante de faire appel à votre générosité, dont on pourra dire qu’elle sera grande et pas forcément spontanée, parce que j’ai légèrement insisté.
Pour accompagner cette présence française, vous avez besoin des meilleures conditions d’accueil, pour vous et pour vos familles. J’aimerais souligner devant vous l’inventivité, l’esprit d’entreprise dont la Communauté d’Affaires française, et en particulier les conseillers du Commerce extérieur, font preuve pour trouver une solution pour la construction du nouveau lycée français de Pékin, grâce à un partenariat public-privé. Je le dis comme je le pense. C’est pour moi une priorité, cela ne sert à rien d’encourager les entrepreneurs à investir dans de grands pays comme la Chine et ne pas avoir une école pour éduquer et former leurs enfants. Cela serait parfaitement contradictoire. Il faut que nous fassions ce nouveau lycée.
J’aimerais également vous remercier pour votre solidarité vis-à-vis des jeunes entrepreneurs français et des PME qui ont besoin de votre aide et de votre expertise pour prendre pied sur ce grand marché. Il y a dans la salle des représentants de quelque 150 PME françaises qui m’accompagnent dans mon voyage. Dans certains cas, ce sont leurs premiers pas sur le marché chinois. Vous allez rencontrer lundi et mardi des centaines d’entreprises chinoises qui veulent développer des partenariats commerciaux avec la France lors d’un grand forum franco-chinois. Ces partenariats, je ne l’ignore nullement, ne seront pas forcément faciles à faire aboutir. Ils vous réserveront peut-être des surprises, j’espère qu’elles seront bonnes, il peut y en avoir de moins bonnes. Mais si vous voulez faire des affaires en Chine, vous implanter ici, vous pourrez compter, au-delà de l’appui évident de l’ambassade, sur l’aide des autres entrepreneurs installés ici, sur les conseillers du Commerce extérieur, et bien sûr, Madame la Présidente, sur la Chambre de Commerce franco-chinoise.
Je souhaite enfin m’adresser à nos amis chinois qui sont avec nous ce soir. Mon message est simple : ayez confiance en la France, ayez confiance en ses entrepreneurs. Vous trouverez avec eux des partenaires compétents, dynamiques, respectueux de vos usages, engagés dans la durée. Vous ne le regretterez pas de nous faire confiance. Je voudrais également vous dire que la Chine nous a aidés, sur derniers temps à régler des crises. Je pense à la Corée du Nord. Je pense au Darfour qui n’est pas réglé, mais où la Chine a joué un rôle considérable. Je pense à la Birmanie où j’ai demandé au président Chinois de s’engager vigoureusement pour que nous trouvions une solution. Je pense à l’Iran où nous avons besoin de la voix de la Chine. La France n’a pas peur du développement de la Chine. La France comprend qu’elle a un rôle majeur dans la stabilité du monde, mais la France veut que la Chine prenne toute sa part du règlement des grandes questions du monde : le yuan, les règles équitables, la réciprocité, ce sont des sujets dont nous parlons entre amis et le rôle du président de la République d’un pays comme le nôtre c’est de soutenir et d’aider les entrepreneurs. Pas simplement pour venir une fois assister à la signature, mais pour vous aider sur le long terme. Et je dis à tous ceux qui veulent tenter l’aventure du marché chinois, que nous sommes engagés derrière eux sur le long terme. Et engagés, cela veut dire vous faciliter la tâche et non pas vous la compliquer. Et engagés, cela veut dire également que les risques que vous prenez, vous en aurez le juste retour. Et finalement, quand on fait tous ces efforts, c’est pour gagner des marchés et pour gagner de l’argent. Et il n’y a pas à s’en excuser car nous, ce que nous souhaitons c’est des entreprises qui gagnent des marchés et qui gagnent de l’argent. Parce que les entreprises qui ne gagnent pas de marchés et qui ne gagnent pas d’argent, cela a du mal à créer des emplois. Donc, maintenant, qu’il soit dit qu’en France, la réussite c’est un objectif et cela ne fait pas peur.
Je voudrais que vous sachiez que ce que l’on a engagé avec le gouvernement et François Fillon ne s’arrêtera pas. Ce n’est que le début, je suis sûr que cela réjouit une majorité d’entre vous. Cela peut en inquiéter une petite minorité mais c’est comme cela. J’ai été élu pour changer les choses, je les changerai. Et le gouvernement doit porter un vaste mouvement de réformes de la France pour nous mettre en situation de gagner dans la compétition internationale pour arriver au plein emploi et pour sortir de cette malédiction française qui fait qu’il y a plus de chômeurs, moins de jeunes qui ont un travail, plus de quinquagénaires en pré-retraite. Ce n’est pas cela la vision que nous voulons de la France.
La vision d’une France qui travaille et où chacun se sent respecté parce qu’il a la juste rémunération de son travail. Vous aurez noté que ce n’est pas de la politique, c’est juste des convictions. Et les convictions, lorsque l’on engage une action à la tête d’un pays comme le nôtre, cela compte.
Il y a parmi nous des représentants de PME. Peut-être serez-vous d’ici quelques années les lauréats d’un prix prestigieux, que je vais remettre pour l’année 2007, et qui distingue - aux yeux de la Communauté d’affaires - la PME française la plus performante et la plus exemplaire de l’année en Chine.
Au fond, je suis là, si le Bon Dieu me prête vie, jusqu’en 2012, peut être que j’aurai l’occasion de remettre un autre de ces prix.
Je voudrais que Mme de Kermadec-Bentzmann me rejoigne pour la remise du prix PME et qu’elle appelle l’entreprise lauréate."
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27 Nov - Vidéo et discours à l’Université Qinghua - N. Sarkozy en Chine
December 15, 2007
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Discours du Président de la République française Nicolas Sarkozy à l’Université Qinghua
mardi 27 novembre 2007
Mesdames, Messieurs,
C’est une grande joie pour moi de m’exprimer devant vous, à l’intérieur de cette prestigieuse Université, vous qui êtes l’avenir de la Chine. Vous avez la chance d’étudier, dans cette Université qui est le creuset de la formation de tant de grands savants et de grands intellectuels chinois.
Je mesure ce que cela représente pour chacun d’entre vous d’être ici, d’avoir mérité cette chance et d’avoir surmonté toutes les épreuves de la compétition, que j’imagine rude, dans un pays dont le ministère de l’Education nationale a la responsabilité de deux cent cinquante millions d’élèves et d’étudiants. A celles et ceux qui feront la Chine de demain, je veux parler en responsable d’une nation millénaire européenne, fière de ses traditions comme de sa modernité. Je veux vous parler en ami, respectueux de nos différences et désireux de renforcer nos liens.
Je veux vous parler de l’état de notre planète, de notre bien commun, de la lutte que Chinois, Français comme tous les êtres humains de la planète, nous devons mener contre les changements climatiques, sans perdre une seconde. Je suis venu vous dire que nous avons dépassé les limites de ce que notre planète peut supporter.
Je sais le dynamisme qui est le vôtre, qui est celui de votre pays tout entier, la fierté légitime que vous pouvez tirer de ce dynamisme. Je connais la passion d’entreprendre aussi. Chaque jour, le monde entier s’étonne de voir la Chine changer.
En m’adressant à la jeunesse chinoise, je voudrais donc parler à tous ceux qui croient aux vertus, à l’audace, à la volonté et qui sont soucieux de transmettre aux générations futures les chances de mener une vie meilleure. Un jour, ce seront vos enfants qui seront assis à votre place.
Je suis venu vous dire que le défi que nous avons à relever pour limiter le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques sur la planète, ce défi engage l’avenir de l’humanité. Ce n’est pas simplement la question des Chinois, de l’Europe ou des Français, c’est la question de l’avenir de l’être humain sur la planète. La réponse que nous mettrons ensemble nous permettra de faire du monde de demain, un monde d’opportunités. La croissance, le développement doivent aller de pair avec la protection de la nature. Nous ne pouvons plus opposer développement et protection de la nature. Pour que le monde de demain soit sûr et juste, nous avons besoin d’une vision partagée des réponses que nous allons apporter ensemble à ce défi absolument gigantesque.
La Chine et la France doivent montrer le chemin au monde. C’est le sens de ma visite ici. Que savons-nous aujourd’hui avec certitude ? 2.500 meilleurs scientifiques mondiaux se sont réunis au sein d’un Groupe intergouvernemental, 2.500 scientifiques de tous les pays du monde et que nous ont-il dit ? Ils nous ont dit que la sécurité du monde est profondément menacée par les changements climatiques. Ils nous ont dit que la concentration des gaz à effet de serre provoquera un réchauffement de la planète jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Ces scientifiques ont mis en évidence qu’au-delà d’un seuil de 2 degrés de réchauffement par rapport à l’ère que nous connaissons, que si nous laissons gagner 2 degrés de plus, il n’y aura plus de retour possible. Les changements seront irréversibles, tant pour les populations que pour la biodiversité.
Le défi climatique et environnemental nous impose d’agir pour garantir, non pas l’avenir des générations qui vont vous suivre mais la vôtre. Votre santé, votre pays, notre planète.
Je tiens à rendre hommage aux experts du GIEC, qui ont travaillé depuis l’anonymat des débuts jusqu’à aujourd’hui. Ils ont affronté l’incrédulité, mais aujourd’hui, plus personne ne peut dire qu’on ne savait pas. Nous savons.
Le GIEC a reçu le Prix Nobel de la Paix, en compagnie d’AL GORE, qui a beaucoup contribué à sortir ces questions primordiales du ghetto scientifique et de l’affrontement idéologique. Ce n’est plus une question d’experts, cela devient une question pour chacun d’entre vous.
Le consensus est aujourd’hui total. Le Secrétaire général des Nations Unies a consacré une réunion aux changements climatiques au mois de septembre dernier à New York. Tous les pays, toutes les idéologiques, toutes les religions sont aujourd’hui d’accord : on ne peut plus attendre.
Ces changements climatiques menacent durablement notre développement. La croissance des pays comme la Chine, au-delà du strict court terme, risque d’en être profondément affectée. Non seulement l’action doit être urgente, mais elle doit être collective, pas les uns contre les autres, mais ensemble. Et elle doit être ambitieuse.
La menace est sans précédent, les frontières ne serviront à rien, car aucune frontière ne peut arrêter le réchauffement climatique. Les opinions publiques, y compris en Chine, demandent que nous agissions ensemble pour que cesse le scandale des cancers dus à la pollution, des atteintes à la santé et de la destruction de notre planète.
Il nous faut donc définir un cadre d’action, et pour moi, je vous le dis, le cadre d’action légitime, c’est celui des Nations Unis. Le changement climatique est un problème global, la réponse doit être globale. Il ne peut pas y avoir une réponse de l’Europe et une réponse de l’Asie. Il ne peut pas y avoir une réponse des pays du Nord et une réponse des pays du Sud. La réponse doit être globale et ce sont les Nations Unis qui portent cette globalité. La prochaine conférence de Bali, dans quelques jours, doit nous permettre d’adopter une feuille de route ambitieuse pour aboutir à ce cadre global avant la fin 2009.
Le point central de la politique ambitieuse que nous devons nous donner, c’est la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre. Ce point ne peut plus faire débat. Ne pas agir, je pèse mes mots, serait criminel.
J’ai conscience que nous sommes encore loin du consensus sur les moyens et la méthode pour atteindre cet objectif. Certains souhaitent que nous nous donnions une obligation de résultats pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; d’autres préfèrent une obligation de moyens.
Il faut que nous soyons à la hauteur de l’enjeu. D’après les scientifiques, nous avons une fenêtre d’action de 40 ans. Nous pouvons encore agir, si nous agissons ensemble avant 2050 environ. Dans cette fenêtre de 40 ans, si nous ne nous appuyons que sur les ruptures technologiques à moyen et long terme, le risque est grand de repousser devant nous, devant vous, les efforts qui seront de ce fait toujours plus importants compte tenu des dégâts déjà occasionnés.
C’est pourquoi je crois et je veux en convaincre mes amis chinois que nous devons définir un objectif chiffré et collectif de stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre et de maîtrise du réchauffement climatique sous un seuil tolérable. Si nous ne nous fixons pas d’objectif, nous n’arriverons pas à éviter la catastrophe.
L’Union européenne propose de réduire au niveau mondial les émissions de 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990. La France a décidé d’aller encore plus loin. Elle a décidé de diviser par 4 ses émissions d’ici à 2050. Mes chers amis, je ne viens pas dire aux Chinois, faites ce que la France est incapable de faire. Je viens dire aux Chinois, la France veut montrer l’exemple, nous allons diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre, mais la France seule ne peut rien. La France le fait parce que la France veut être entendue dans l’ensemble du monde et vous, l’opinion publique chinoise, vous, la jeunesse chinoise, vous devez nous aider à convaincre tous les responsables d’éviter la catastrophe.
La France approuve le principe de responsabilité différenciée entre pays dans les changements climatiques en cours. Alors, je le sais, mon pays a historiquement pollué davantage par tête d’habitant que le vôtre et c’est la raison pour laquelle, mon pays doit prendre des engagements plus importants que le vôtre.
J’ai voulu, dès après mon élection, rassembler l’ensemble des partenaires de l’Etat, les collectivités locales, les entreprises, les syndicats et les organisations non gouvernementales, pour inventer un nouveau modèle de croissance, parce que la mobilisation de toute la population est nécessaire et les Organisations non gouvernementales, y compris en Chine, ont un rôle utile à jouer.
Mes chers amis, vous avez besoin de croissance, parce que chaque année, vous avez 25 millions de Chinois qui ont besoin d’un emploi. Mais cette croissance ne peut pas se faire au détriment de la protection de votre environnement.
L’enjeu est bien celui-ci : réconcilier croissance et environnement, alors que jusqu’à présent, on a toujours opposé croissance et environnement. Et bien nous sommes au limite du supportable.
La France vient de décider un investissement sans précédent destiné à « dé-carboner » la croissance pour produire moins de gaz à effet de serre. La Chine va faire le même investissement à son échelle. Car la Chine est déjà confrontée à des phénomènes qui mettent en danger son développement et la santé du peuple chinois. Pollution de l’air, pollution de l’eau et accélération de la désertification, montée des eaux sont déjà des phénomènes que la Chine connaît dans des proportions jamais imaginées dans le passé récent.
Je perçois les preuves de la volonté chinoise d’agir dans le XIe plan quinquennal, qui mise sur un développement durable préservant les ressources naturelles, dans la décision d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% d’ici 2010 ou encore dans celle de réduire de 50% la consommation d’énergie des bâtiments.
S’il y a un pays dont la tradition est proche de celle de la France pour le rapport de l’homme et de la nature, c’est bien la Chine.
Depuis plus de 4 000 ans, fidèle à sa tradition, la Chine s’est attachée à préserver les grands équilibres de la nature.
La Chine peut une nouvelle fois démontrer son savoir-faire, et même sa capacité à être un modèle.
Je pense à l’Exposition universelle que vous allez accueillir à Shanghai en 2010, exposition dont le thème est le développement durable en milieu urbain. Elle sera l’occasion, cette exposition, d’afficher votre ambition. La France sera présente ; La France a d’ailleurs été la première à annoncer sa volonté de participer à cet événement majeur que sera l’Exposition universelle de Shanghai.
Je me réjouis que nous ayons la perspective de resserrer la coopération franco-chinoise dans les multiples domaines liés à la lutte contre les changements climatiques. Avec Jean-Louis BORLOO, nous avons proposé au gouvernement Chinois de créer un comité franco-chinois pour mettre en commun toutes nos technologies pour préserver l’environnement et favoriser le développement durable.
Et les résultats sont là. La France est aujourd’hui le grand pays européen qui a le taux d’émission de gaz à effet de serre le plus faible. Grâce au nucléaire, grâce aux énergies renouvelables, 90% de la production d’électricité en France se fait sans émission de carbone.
Si la France émet 35% de gaz à effet de serre par habitant de moins que la moyenne de l’OCDE, elle le doit aux transports économes en carbone comme le Train à grande vitesse ou les voitures de technologie française, qui sont plus propres que la moyenne des voitures fabriquées dans le monde.
La France va relever le défi écologique. La France demande à la Chine de travailler avec elle pour que ce défi soit un défi mondial.
Je souhaite que nos entreprises, Veolia, Suez, EDF, Areva, Alstom, Saint-Gobain, Total, Bouygues, Peugeot-PSA, Renault, parmi tant d’autres, ainsi que les institutions bancaires françaises, très impliquées dans la lutte contre les changements climatiques, nouent des partenariats en Chine et construisent dans la durée des relations fortes entre nos deux pays. Je sais qu’elles pourront s’appuyer sur des compétences chinoises extraordinaires, dont votre Université est l’une des plus brillantes illustrations.
Nous allons engager dans cet esprit de grands projets de recherche et développement, sur la captation-séquestration de carbone, sur le « charbon propre », qui concerne ô combien la Chine qui a tant de mines, sur la production d’énergie à partir des déchets, sur les véhicules électriques.
Je propose l’établissement d’un groupe de travail réunissant des responsables et des experts de nos deux pays, pour déterminer les conditions et les meilleures solutions pour faciliter le développement et la diffusion de technologies propres. Je souhaite que ce groupe puisse faire très vite des propositions concrètes. Nous mettrons les moyens financiers au service de ce groupe.
Mais puisque nous renforçons notre partenariat, je veux sans détour vous dire que je défendrai le principe d’un mécanisme de compensation carbone aux frontières de l’Union européenne, à l’égard des pays qui ne se doteraient pas de règles contraignantes de réduction des gaz à effet de serre. Je prends mes responsabilités. Je ne suis pas l’homme du double langage. Je vais être franc : le marché mondial ne peut fonctionner que s’il est juste. Et chers amis de Chine, ce ne serait pas juste que les producteurs européens soient sanctionnés, que le travail en Europe soit pénalisé et découragé, uniquement parce que les engagements pris par l’Union européenne pour lutter contre les changements climatiques resteraient unilatéraux. C’est ensemble que nous allons préserver la planète. C’est ensemble que nous allons porter le poids de la réduction des gaz à effet de serre.
C’est une exigence de justice, elle est facile à annoncer dans mon pays en France. Elle est plus complexe à dire ici et pourtant, je le dis ici par respect et par amitié : le monde a besoin que la Chine s’engage dans la réduction de production des gaz à effet de serre.
Cette exigence de justice, je l’applique aussi naturellement à votre souci légitime de poursuivre votre développement. Nous ne disons pas à la Chine, ayez moins de croissance. Nous disons à la Chine : ayez davantage de croissance, mais une croissance propre.
Je ferai des propositions pour prendre en compte l’adaptation des pays en développement au changement climatique, en particulier ceux qui sont les plus exposés. Le récent cyclone au Bangladesh, les menaces pesant sur les petits Etats insulaires de l’Océan indien, la désertification croissante en Afrique, tout doit nous pousser à nous réveiller et à être solidaires. La France et la Chine pourraient d’ailleurs réfléchir ensemble aux modalités de leur aide à l’Afrique, en particulier pour rendre cette aide systématiquement compatible avec cette nécessité d’agir en faveur de l’adaptation.
La lutte contre la déforestation doit également être abordée sous l’angle de la justice et de la solidarité avec les pays forestiers. Nous devons être auprès d’eux pour faire face à un chantier considérable, car la déforestation est responsable d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. On ne peut pas laisser les pays avec des forêts aussi importantes seuls face à la responsabilité de les entretenir. Je pense notamment à la deuxième forêt du monde. La première c’est celle de l’Amazonie, la seconde est celle du bassin du Congo en Afrique. Qui peut penser que les pays du bassin du Congo peuvent entretenir la deuxième forêt du monde ? Les pays qui accepteront de lutter contre la déforestation rendront service à l’humanité. Il faudra en tenir compte dans notre soutien et trouver le moyen de rémunérer cet effort. Pour entretenir la forêt du Congo, il faut que ces pays acceptent de prélever un arbre par hectare tous les vingt-cinq ans. Ils ne peuvent pas faire face à ce défi sans précédent.
Je voudrais conclure ces propos en revenant sur la nécessité d’une réponse globale au phénomène du réchauffement climatique.
Il faut que nous arrivions à diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.
La Chine doit continuer son développement, mais la Chine doit s’engager dans le développement durable.
Je propose à la Chine de se joindre à un nouveau contrat mondial, à un véritable New Deal écologique et économique. Je propose que la Chine influe immédiatement, profondément et durablement, à la mesure de sa dimension et de sa force, sur les modes de production et de consommation énergétique.
La Chine peut prendre cette décision stratégique. La Chine le peut, parce que la Chine a des atouts formidables : la valeur de sa formation, notamment scientifique, sa capacité, sans égale dans le monde, à planifier, son dynamisme économique, son influence et son prestige dans le monde. La Chine peut prendre cette décision stratégique. Je souhaite qu’elle soit à la hauteur de son histoire en la prenant. La Chine le peut, la Chine doit le vouloir.
J’ai mesuré en septembre dernier à New York lors du Sommet organisé par le Secrétaire général des Nations Unies qu’une grande majorité de pays appelait de leurs vœux un accord global où chacun s’engagerait à contribuer à la lutte contre le changement climatique, selon ses responsabilités, sa puissance, ses moyens.
La Chine est une grande puissance respectée. Elle peut montrer, en matière de protection de l’environnement, le chemin.
Je vous remercie.
Si vous avez des questions, c’est bien volontiers que j’y répondrais.
QUESTION – Merci de votre venue, Monsieur le Président. Comment pensez-vous que nos deux pays peuvent faire des efforts pour coopérer sur les questions d’environnement et de développement durable ?
LE PRESIDENT – D’abord, je vous félicite pour ce français remarquable et cette affiche que vous avez trouvée dans vos archives lointaines, qui me rappellent de bons souvenirs.
